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petit traité de philosophie sonore

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bothunter
Messages : 97
Inscription : 31 mai 2010, 19:39

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par bothunter »

ouep , mais es-que faire en sorte que le son soit audible sur un téléphone portable ,ça fait pas justement "opération marketing" ?
perso si je vendais du son je préfèrerai que mon son soit meilleur sur une chaine hi-fi classique , ou grosse sono ou pc avec bonne carte son et haut-parleur...Etc....kit a avoir de la perte , que ce soit inaudible , sur pc portable ou téléphone portable....Etc.....

Comment , "artistiquement" , peut-on penser a ça?
Ce n'est que mon avis sur la question, en fonction de mon expérience. Peut-être qu'un ingé-son ou quelqu'un qui a de meilleurs notion du mastering comme Lunt pourrait te dire l'inverse, je ne sais pas.
Mais le fait est que la musique enregistrée sert surtout à ventre des moyens de reproduction. Une Major a tout intérêt à faire masteriser ses prods pour qu'elles passent sur des HP de téléphone portable, parce que c'est aussi un argument pour vendre ces appareils qui serviront à vendre de la musique. Je me rappelle d'une anecdote dans les années 90. Public ennemy avait fait masterisé un de ses albums pour que les fréquences flinguent les haut-parleurs des sonos de voiture. En tant qu'artiste, nous pouvons légitimement faire en sorte que notre musique ne soit pas écoutable avec un casque bas de gamme.
ça devrai être l'inverse....a "l'auditeur" , au "spectateur" de s'adapter.......
Oui, au moins de faire l'effort de respecter l'oeuvre. Mais vu ce qu'est devenue la musique, c'est-à-dire un fond sonore pour se détendre en faisant les courses, pourquoi les auditeurs feraient-il des efforts ? Encore faut-il qu'ils pensent que ça en vaille la peine.
Je pensais vraiment pas que le "mastering" n'était qu'une question de format ou support....je pensais que l'inge-son pouvait justement rajouter "sa touche"..en collaboration avec l'artiste.....justement comme un musé adapterai "l'environnement" a la toile du peintre ...la profondeur , le contraste , la lumière , la circulation autour de la toile...Etc.....etc...... et la ou justement la plupart des musés se contenterai d'un mur "neutre" et d'un éclairage "typique"......un autre pourrait proposer a l'artiste de mettre sa toile sur un socle mobile , en rotation , avec un éclairage changeant sur un laps de temps , ou que sait-jeuu.....etc.....de "mettre en scene" l'œuvre.......
Il n'y a pas de grands albums sans grands ingé-sons. Comme il n'y a pas de grands concerts sans grands ingé-sons. Ce n'est pas pour rien que dés qu'ils le peuvent, les artistes trimballent avec eux leur ingé-son. ^^

La musique enregistrée avant l'ère mp3, était le résultat d'un travail en studio, que ce soit en qualité d'enregistrement, de mixage et de traitement du son. Miles Davis était impressionnant sur scène mais sur ses albums il était rendu impressionnant par le travail de l'ingé-son. Comme le dit Lunt dans son essai, il n'y a pas de son naturel. Le meilleur concert sera sans intérêt restitué tel quel sans traitement du son, que ce soit en studio ou bien à l'aide d'un équaliser sur sa chaîne ou sa table de mixage.
dana
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Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par dana »

Il n'y a pas de grands albums sans grands ingé-sons.
d'accord avec toi si tu acceptes de préciser le mot "album" en disant par exemple "enregistrement" - parce qu'il y a dieu merci d'immenses "musiques" sans ingé-son (pour donner un exemple heu : Purcell, Jean-Sébastien Bach, Mozart, qui à ma connaissance ne disposaient pas d'un ingé son, ce qui les empêchât point d'être tout de même assez appréciés)
je suis toujours sidéré à l'idée de penser que le premier outil de gravure des sons audio sur un support matériel date de 1877.. c'est très récent quand on y songe. On vit comme si l'écoute d'un enregistrement avait toujours constitué la manière la plus évidente d'écouter de la musique. Mais bon.. je divague..
c'était là une parenthèse (et je me vois pas dire grand chose de plus, vu que tout ce que j'ai appris du son je le dois quasiment entièrement à Giles = lunt :)
bothunter
Messages : 97
Inscription : 31 mai 2010, 19:39

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par bothunter »

Dana : " d'accord avec toi si tu acceptes de préciser le mot "album" en disant par exemple "enregistrement" - parce qu'il y a dieu merci d'immenses "musiques" sans ingé-son (pour donner un exemple heu : Purcell, Jean-Sébastien Bach, Mozart, qui à ma connaissance ne disposaient pas d'un ingé son, ce qui les empêchât point d'être tout de même assez appréciés)."

Il ne me semble pas que les artistes dont tu cites les noms aient fait des albums, notion encore plus récente que le premier enregistrement sonore ^^

Par contre, on construisait des théatres et des opéras pour magnifier leurs oeuvres, l'acoustique étant un élément essentiel pour la musique non amplifiée.

Mais je ne suis pas entièrement d'accord avec toi. Ces immenses musiques sont venus à nos oreilles contemporaines par le biais de l'enregistrement et donc par le travail des ingé-sons. La musique classique ou symphonique n'étant pas les musique les plus faciles à enregistrer et à mixer. Ce n'est pas pour rien que certains enregistrements sont des références pour les mélomanes avertis.

Certe, les partitions papier sont énormes mais je ne suis pas musicien donc incapable de retranscrire des notes en son dans ma tête et d'en apprécier le génie...
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par dana »

en fait, une chose qu'on oublie souvent, c'est qu'avant l'invention de l'enregistrement "audio" donc, la seule manière de jouir de la musique c'était que quelqu'un la joue. Or, il y avait bien des musiciens, et bien des manières de l'entendre jouer. L'opéra certes (quoique ce soit là aussi très récent). Mais aussi par exemple, dans les salons bourgeois, les demoiselles de bonne famille prenait du bon temps et en faisait profiter leur entourage, en jouant sur leur épinette quelques airs connus et à la mode, ou bien dans la rue, tel ou tel chansonnier chantait sa ritournelle, au moyen age, les troupes de comédiens et musiciens se produisaient sur le parvis des églises, et dans bien des cultures, la musique était omniprésente : pensez aux griots d'Afrique de l'ouest, aux femmes chantant tout en pilant le mil, ou les aèdes grecs etc etc etc

et combien de musiques ainsi se sont perdues (pour nos grandes oreilles finasseuses de contemporains)

en fait je me fiche un peu ici de la manière dont ces musiques sont venus à nos grandes oreilles fourbues, épuisées, saturées de contemporains. je crois simplement que les questions d'acoustiques sont intéressantes mais disons très "actuelles". ce qui n'enlève rien à leur intérêt évidemment. Disons que ces problématiques ont rapport pas seulement à la jouissance de la musique, mais aussi à leur conservation. Et c'est un aspect fort important des choses en ce qui concerne le sujet des droits d'auteurs, qui a pris une drôle de tournure une fois que les outils de conservation et d'enregistrements sont devenus plus accessibles (disons à partir des années 50). D'où aussi le fait que les embellisseurs d'enregistrements soient devenus à des titres divers, depuis l'invention en France des droits voisins (sous l'empire du despote éclairé (ou pas) que prétendait être Jack Lang, en 1986), des postulants au droit d'auteur. Et que ça complique sévèrement les choses je trouve (j'ai toujours pensé que les interprètes et les producteurs n'auraient jamais du être admis au titre d'auteur. Que c'est l'erreur fatale qui fait qu'aujourd'hui c'est devenu la foire d'empoigne ce machin.. mais bon.. ça se dit plus ça.. je vais encore me faire incendier - ce de quoi je me fiche royalement d'ailleurs :)

mais là on est bien en amont ou éloigné en tous cas du texte de Giles, donc..

Sur ce :)
suppr13931
Messages : 121
Inscription : 14 déc. 2007, 23:21

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par suppr13931 »

Pour ce qui est du texte sur le mastering, je l’ai trouvé dur à lire là comme ça. Faut dire que 17 pages sur un ordi pour moi c’est trop long. Si je suis motivé, j’imprimerai tout ça et le lirai à tête reposée.

Je me réjouis que des techniciens trouvent dans leurs techniques de quoi philosopher.

Je n’y connais rien en mastering ni en mixage. Vraiment rien. Ce que je vois c’est que ma vieille chaîne est en train de me laisser tomber doucement et que si je veux avoir de quoi écouter de la musique correctement chez moi, il va falloir investir.

C’est bien joli d’être un mélomane ou un audiophile ou que sais-je encore mais ce n’est pas à la portée de tout le monde.

Encore le bon vieux cliché entre culture élitiste, de masse ou populaire etc.
TOTORESK
Messages : 529
Inscription : 01 déc. 2007, 18:01

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par TOTORESK »

C’est bien joli d’être un mélomane ou un audiophile ou que sais-je encore mais ce n’est pas à la portée de tout le monde.
c'est certain....mais bon , même avec les moyens...ça doit pas être simple de choisir LE matos qui retranscrit le mieux le son......

mais comme dit bothunter , déjà si il y avais le moins de perdition possible sur le format et sur le support....ça serai déjà ça de gagné......

mais bon.....on pourrait aussi parler de la qualité auditive de chacun..... es-que l'on perçois tous les mêmes sons de la même manière ? es-que certains d'entre nous ont l'audition altéré...ou au contraire une très bonne ouïe ?

D'ailleurs Lunt en parle dans son texte (de mémoire) , en faisant allusion a une éventuelle version pour malentendants sur archive.org .........

Mais bon il me parait plus pertinent de partir de la source de la création , et d'observer a quel moments les "pertes" réelles de "qualité" apparaissent ....et en quoi l'artiste , l'inge-son , le format , le support , le matos peuvent éviter ou corriger ces problèmes.....

et je pense que bothunter , en parlant du format touche un point important......honnêtement je ne connais pas le format FLAC......mais ça me donne envie de tester......(j'y cours!)

Après pour le "support" , j'aimerai bien avoir justement l'avis de "pros" : depuis la création du support musicale , lequel c'est fortement démarqué des autres jusqu'a aujourd'hui? ( par exemple , il y a 15 ans j'entendais souvent parlé du D A T.....)
Lunt
Messages : 17
Inscription : 20 nov. 2005, 14:17

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par Lunt »

les remarques continuent et je ne suis pas sur de pouvoir répondre à tout
donc je vais commencer par le message de totoresk qui me dit que je fais
une caricature de l'artiste. (il manque une subtilité de l'approche parfois)

Qu'il s'agisse des artistes (je mets au pluriel car il y a des modalités très
différentes) ou des ingénieurs du son, la question est de savoir jusqu'à quel
point ils sont agents ou acteurs de ce qui se produit, autant au sens musical
qu'au sens d'un processus social en cours.
IL n'y a pas forcément d'adéquation avec un logique marchande et c'est là
où je considère pour ma part, qu'on ne peut pas appliquer une logique où
tout serait la conséquence du "marché". (je ne dis pas que c'est la logique
de totoresk).
Le paradigme qui m'a interessé est celui de l'ingénieur du son musicien,
pour une raison basiquement nombrilisme et parce que c'est celle que je connais
le mieux puisque c'est mon cas. C'est le cas de bon nombre de personnes
qui n'ont pas fait que du home studio. Il est d'ailleurs interessant de travailler
avec un ingé son plutot batteur ou gratteu et on voit l'influence de cette pratique
sur ses prises mais c'est complexe à déconstruire.
Il nous manque des chiffres sérieux, une enquête qui permettrait de déterminer
des proportions sur les parcours, qui fait quoi, les intentions des acteurs ou agents.

Le plus choquant c'est quand les artistes n'ont pas de contrainte de marché
et qu'ils veulent adopter des standards que le marché leur imposerait,
s'ils étaient sur une grosse maison de disque. Ca n'est pas rare malheureusement
à en juger par certains démos qu'on reçoit mais ce n'est qu'un circuit.
Il faut que ca sonne "comme ça".

Matmix : concernant les expériences de musiciens, il y aurait là aussi beaucoup
à creuser et je peux témoigner, pour avoir été au côté d'un groupe qui a eu des
difficultés à ce niveau si bien qu'ils ont pris la décision d'aller à abbey road.
Je dirais on voit l'arbre à ses fruits, et contrairement à un autre studio où l'ingénieur du
son était tout sauf incompétent ils sont arrivés chez eux et il n'y avait rien à redire (des modifs étaient encore possible pour l'ingé son anglais).

tomek : parmi les bêtises qu'on a pu me dire, il y a des affirmations du type je
masteries sur un système de très haute fidélité et moi de répondre mais qu'en restera t il sur un système hi fi moyen ? chacun a sa sauce.
bothunter témoigne que certaines prods de chicago sont faites pour tourner sur
des sonos très puissantes et ca me conforte dans cette idée : en matière de
mastering il faut savoir ce qu'on veut plus que jamais, savoir où ce que tu masterises atterrira d'ou aussi cette option d'un master par support et d'une téléologie technique.
Ceci dit c'est une chose de savoir ce qu'on veut, une autre de pouvoir dire qu'on
maitrise tout ce qu'on fait, et donc en feed-back notre intention s'en trouve affectée.

pardon pour les remarques que j'oublie ou celles que je laisse en instance car elles
méritent d'y réflechir mieux.
Lunt
Messages : 17
Inscription : 20 nov. 2005, 14:17

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par Lunt »

remarque de dana sur cette question de la musique jouée sans enregistrement : c'est ce
que j'essaye justement de pointer par rapport à la question de la mise en mémoire.
Que permet elle ? Qu'est ce qu'elle empêche ?
Un tableau , ou des fresques préhistoriques sont restées malgré une usure due au temps
et donc est ce que ca ne conditionne pas quelque chose sur les modalités de création
et de transmission de l'art ?

bothunter a raison de répondre qu'il y a eu des acoustiques étudiées pour les
concerts , comme les théatres antiques et ca poserait la question du mastering dans
une question plus large qui est celle des "conditions d'ecoute" sauf que l'enregistrement
met une distance supplémentaire , une étape de plus.
on reprend les beattles on ne les interprète pas comme on inteprète une partition
de baroque car quand on joue du baroque on est pas influencé par une mémoire
sonore enregistrée de l'epoque de la création.
pourrait il y avoir un chef d'orchestre sans mémoire ni désir ? (clin d'oeil bionien)
l'ecoute est individualisée aujourd'hui mais peut on dire que notre manière d'ecouter
la musique avec nos systèmes d'ecoute est si singulière ? c'est ça que j'essaye
de cerner aussi dans cet essai.

bon je fais des digressions du coup je dois m'arrêter là car le travail m'appelle.
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aisyk
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Re: petit traité de philosophie sonore

Message par aisyk »

Sur le mastering :
http://www.macmusic.org/articles/view.p ... Historique

Je lis ton texte et je vous en propose mon avis :)
dana
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Re: petit traité de philosophie sonore

Message par dana »

bien sûr qu'il existe une "histoire" savante de l'acoustique (un amphithéâtre ou une agora est une merveille d'acoustique - il est intéressant d'ailleurs de délirer sur l'acoustique de l'agora athénienne et la démocratie - comment se faire entendre de ses concitoyens.. suffit de voir comment sont conçues les assemblée de députés et sénateurs encore aujourd'hui : il y a un rapport direct entre la démocratie et l'acoustique..)

Mais
mais
je crois qu'il faut faire attention à ceci, que j'ai cru discerner dans certains des messages ci-dessus : accorder à cette préoccupation "acoustique" (que ce soit au niveau de la représentation , de la diffusion ou de l'enregistrement et l'écoute de ces enregistrements sur des machines sophistiquées) plus de part qu'elle n'en mérite, ce qui se traduit pas des énoncés du style : l'ingé-son est indispensable à la réalisation du chef d'oeuvre. (j'exagère et plaisante bien sûr).
la perspective que j'essaie de placer dans ce thread met au contraire l'accent sur toutes cette musique qui se dissémine dans l'espace qui est là, non pensé comme espace acoustique, en tous cas pas consciemment pas délibérément, donc pas planifié dans le processus de création comme tel, par exemple la place publique ouverte aux vents, le chant entonné sous la case du chef achuar battue par les pluies diluviennes de la forêt amazonienne, la salle de bains où Géraldine chantonne le dernier tube d'obispo etc..
ça n'enlève rien aux discussions qui ont cours ici à partir du texte de Giles, sauf que ça en relativise la portée un tout petit peu, du moins pour ceux d'entre vous qui seraient amenés à universaliser un petit peu trop les choses en accordant aux préoccupations acoustiques une part trop importante dans le processus de création et de "production" (il existe en fait une infinité de musiques, de pratiques musicales, "non produites" au sens moderne du terme. On s'en fout, obnubilé qu'on est pas nos machines sophistiquées, mais bon..).
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