En complément : un beau texte débile publié dans libé :
http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/198649.FR.php
auquel j'ai répondu (ma réponse sera "peut-être publié sur le net, dans le journal papier faut pas y compter, ou alors au mieux dans la rubrique "courrier".. de tutes façons, nous autres, on n'est pas assez comme il faut pour avoir le droit à une tribune dans libé n'est-ce pas ? on n'est pas assez médiatique..)
ma réponse donc, qui a à voir avec mon "professionels versus amateurs :
Je suis d'accord avec vous sur un point : "à quoi sert d'aider à produire toutes ces œuvres (...) si on le défend pas, etc." Cela revient en effet à dépenser des fortunes pour la jouissance de quelques élites, au mépris du peuple abandonné de fait aux divertissements proposés par le marché, lequel on le sait, ne vise qu'à satisfaire les pulsions les plus archaïques.
Les chaînes de télévision ne défendent pas la Culture dont vous parlez, alors qu'elles devraient le faire (dans un monde meilleur); au contraire elles exposent d'autre cultures (les séries américaines, la star ac', etc.). Ce serait là le rôle du politique de modifier la programmation des chaînes de télévision. Soit. Pourquoi pas ? Dans d'autres pays, les gouvernements sont beaucoup plus interventionistes que chez nous vis-à-vis des médias (ce qui suscite aussi une certaine indignation chez les défenseurs des libertés, mais bon, on ne peut pas satisfaire tout le monde n'est-ce pas ?)
Mais vous allez plus loin : le fond du problème c'est le manque d'éducation du public, "des gens", leur manque de désir pour la Culture telle que vous l'entendez. Il faudrait donc "installer dès le plus jeune âge" (je reprends vos mots) certaines habitudes, qui permettraient au public de séparer le bon grain de l'ivraie, de distinguer ce qui vaut comme Culture, et ce qui ne vaut pas (sous entendu : leur propre culture en général). Leur apprendre à goûter l'opéra subventionné, le théâtre subventionné, l'art contemporain subventionné (je reprends vos exemples), afin de les apprécier à leur juste place dans la hiérarchie des oeuvres.
Plus de 40 ans de politiques culturelles et ce constat d'échec : on ne parvient toujours pas à intéresser les masses (le public), à cette haute Culture, aux Grandes oeuvres. Votre solution mérite d'être tentée : si la Culture dont vous parlez échoue à séduire les masses, forçons les masses à désirer la Culture : en plus ça permettra de consolider les emplois culturels, voire d'en créer de nouveau.
Pour un autre regard sur ces questions, je conseillerai la lecture d'un texte du doc. Kasimir Bisou (c'est un pseudonyme) : "La critique des politiques culturelles à l'aune de la « diversité culturelle", 2005 publié sur le foruma de Nancy :
http://www.foruma.fr/.
Et mon propre essai : "Professionnels versus amateurs", disponible à cette adresse :
http://www.another-record.com/danahilli ... ateurs.htm
Dana Hilliot (artiste et compositeur) <== c'est juste un pique pour l'auteur de la tribune de libé, qui se dit lui-même : compositeur et artiste multimédia (mouarff)