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Re: Au fond du temps - [estrella sin cara]

Publié : 23 juil. 2007, 20:26
par psychoslave
Dans le mouvement des "licences libres", plusieurs temps sont peut-être identifiables.

Les premiers temps, fortement inspirés du logiciel libre, de ses concepts adaptés à une économie qui fonctionne parce qu'elle n'est pas basée sur la diffusion monétarisée (ou si peu dans le monde du logiciel libre).
Les premières licences libres sont pas inspiré du logiciel libre, elles en sont une conséquence. Malgrès qu'il n'y ai pas beaucoup d'argent fait sur la distribution du logiciel libre, il y a quand même une économie énorme basé sur le logiciel libre, on vends alors plutôt du service.
L'évolution vers la diffusion, en écho aux débats sur le p2p et l'échange de fichiers sur internet (napster, kazaa... pour situer l'époque). C'est le moment où les Creative Commons dans cet esprit d'accepter les diffusions naissent pour rendre le partage possible et surtout souhaité.
Il serait bon de préciser que c'est l'évolution de la distribution des fichiers musicaux qui a évolué. Le partage de connaissances à toujours été possible et été souhaité par masse de gens depuis perpette. Les CC mise à part avoir apporté la confusion sur ce qu'est une licence libre, je vois pas ce qu'elles ont apportés à ce niveau là.
La professionnalisation, aujourd'hui des initiatives tentent de lier le paiement des diffusions commerciales (un soucis totalement absent des premières heures du mouvement) et la libre diffusion.
N'importe quoi :
https://agia.fsf.org/order/
http://www.openbsd.org/orders.html

Pour ne citer que deux poids lourds du logiciel libre. Il y a un tas d'autres exemples de logiciels libre qu'il faut payer pour se procurer, genre x-chat, ou gcompris dans leurs versions windows.

Bref, se faire de la tune avec des œuvres sous licence libre, ça toujours été possible et encouragé.
A priori, les mentions NC permettent une relative tranquillité sur ces soucis. Ce n'est pas une restriction de la liberté d'expression mais une volonté de protéger,
L'enfer est pavée de bonnes intentions. Le problème c'est que ton soucis de protéger se traduit par une répression de ma liberté d'expression.
puis d'être rétribué pour une diffusion
Être rétribué pour une diffusion, il n'y a rien de mal à cela. Vouloir être systématiquement rétribué s'il y a diffusion (qu'il y ai de l'argent en jeux ou pas), ça c'est de la dictature. Tu en fous pas une rame quand je copie un fichier d'un enregistrement dont tu es l'auteur, alors pourquoi on devrait te payer? Tu ferais mieux de chercher à te faire payer les heures de travail que ça t'as pris pour faire ta compo.
Un peu comme si les serveurs qui hébergent Ubuntu devaient payer des droits d'auteurs pour héberger l'iso du système, en informatique, ceci n'est pas concevable, pour la musique/cinéma c'est une des bases de rémunérations de beaucoup d'acteurs du marché
Je vois, ça te dérange pas de pas payer pour copier, utiliser, modifier, redistribuer un certain type de fichier, mais pour un autre type de fichier, là ce serait scandaleux. Bah si l'industrie qui produit ces fichiers est pas capable d'exister sans brider ma liberté d'expression, j'aime autant qu'elle disparaisse.
Une musique peut véhiculer un message, une idée qui identifie l'artiste.
Ou pas. L'œuvre est indépendante de son auteur. L'exemple classique c'est Céline, c'est un pro-nazi, mais il a fait voyage au bout de la nuit qui est un livre assez bon pour que j'ai eu à l'étudier pour mon bac de français. Si demain je chante une chanson nazi, ça ne veut pas dire que j'ai des idées nazi. Ça te renseignera aucunement sur mes idéaux. Ça te renseignera juste sur le fait qu'à un moment donné, j'ai chanté cette chanson.
Si une de mes musiques est reprise dans un meeting pro-pédophiles (comme le parti politique néerlandais), mon identité est affiliée à eux. Ce n'est pas le cas pour un logiciel.
N'importe quoi, alors si demain ce parti décide de jouer du U2, subitement les membres du groupe vont se voir affiliée à eux?

Ton identité est les œuvres que tu peux produire sont deux choses complètement indépendantes.

Si j'applique ton raisonnement, ça vaudrait aussi pour les logiciels. Ce parti utilise freeBSD, freeBSD, c'est un OS de pédophile.
Une oeuvre est rattachée à son auteur et elle peut, le cas échéant lui porter préjudice (demande à sam s'il peut dire quand il rencontre certains "amis du show-biz" que c'est lui qui a chanté "téléchargé c'est illégal")...
Ce qui rattache un auteur et son œuvre et son auteur, c'est la paternité, ni plus, ni moins. Ce lien mis à part, ils sont totalement indépendants l'un de l'autre.

Puis bon, pour nourrir un peu ta réflexion, va demander à samuel hocevar se qu'il pense du fait qu'il est dans l'illégalité parce qu'il est l'un des auteurs de VLC (merci DADVSI). Comme quoi une œuvre, quel quel soit, peut toujours te porter préjudice effectivement. Mais elle renseigne pas forcément sur ton état d'esprit.

Re: Au fond du temps - [estrella sin cara]

Publié : 23 juil. 2007, 22:13
par psychoslave
pia a écrit : qui te parle d'information, de connaissance, on parle d'oeuvre...
Une œuvre si elle peut être stocké sur une ordinateur, c'est de l'information, des données. Oui j'imagine ton désarroi en apprenant ça, quel connard je peux être de penser que le fruit de tes tripes c'est rien de plus qu'une bouillie de bits à mes yeux. Détrompe toi, la suite de bits, ce n'est qu'une copie d'un enregistrement d'une interprétation d'une œuvre. Donc non on ne parle pas exactement d'œuvre ici, on parle de copies d'enregistrements d'interprétations d'œuvres.
ou bien tu remets même en cause l'idée de paternité ? d'auteur ?
C'est bien la seule chose que je ne remet pas en cause dans notre système de droit d'auteur, c'est marrant que tu dises ça.
moi, je fais de la musique, j'en revendique la paternité et j'ai pas envie qu'un margoulin fasse du pognon avec, mais je veux bien que n'importe qui puisse l'écouter et la diffuser gratuiteemnt.
Que personne puisse se faire du fric dessus c'est jouable. Si tu ne la publies pas. Dans le cas contraire, ce qu'il te faut c'est la capacité d'empêcher qui que ce soit de faire de rediffuser les données que tu as diffusé, de manière autre que ce que tu veux bien. Bref de dicter aux gens ceux qu'ils ont droit de s'échanger comme données. Je sais, ça fait pas plaisir de l'entendre dis comme ça, mais ce que veux cette part de toi, c'est être un dictateur.
et puis tu es bien trop sérieux...tu prends tout au premier degré...
XD
Ah, j'suis trop sérieux, c'est bien la première fois qu'on me dit ça. Je prends pas tout au premier degré. Que quelqu'un ai fait usage de second degré est que je soit passé à coté, je veux bien le croire, mais je vois pas où (reste a savoir si cette phrase est de l'humour ou pas, si tu me suis).

C'est vrai que j'ai tendance à tout analyser de manière très poussé, mais je vois plus ça comme une qualité qu'un défaut.

Re: Au fond du temps - [estrella sin cara]

Publié : 23 juil. 2007, 23:25
par lonah
précieux psychosalve

Je me permet d'être quelque peu frustré. BinaryMind t'a expliqué assez clairement le pourquoi de notre choix de vocabulaire et (plus important) le pourquoi de notre peu d'intransigeance sur des question que tu semblais prendre pour fondamentales.

Tu y as répondu en deux lignes , et de là une certaine déception. Quitte à ce que nous essayions de progresser la main dans la main vers une extase commune de la raison, ne pourrais tu élaguer un peu plus ta condamnation?

(bisous)

Re: Au fond du temps - [estrella sin cara]

Publié : 23 juil. 2007, 23:53
par dana
sans déconner psychoslave , on a l'impression de retomber dans des débats qui datent de deux ou trois ans là
on dirait la réincarnation de ... humm (je m'autocensure là, les anciens auront deviné)
il y a déjà eu tout une littérature là dessus, les débats ont été assez furieux sur framasoft concernant la liberté des licences dites libres
j'ai écrit dans la dissémination de la musique qu'il nous fallait à nous autres artistes tuer le père informatique (en fait pas Stallman, car ce dernier a été très clair me semble-t-il en jugeant que les licences libres appliquées aux logiciels n'était pas transposables en l'état aux oeuvres artistiques : et il invitait les artistes à fabriquer leurs propres licences.)
Sur les fameuses clauses NC ND, tu dois être un des derniers à les considérer comme non-libres.. là aussi il y a eu plein de textes là dessus
et le truc le meilleur à mon avis, c'est celui de florent Vershelde (MPOP) qui a inventé lors de débats fiévreux sur framasoft le terme de "licences de libre diffusion"
http://www.framasoft.net/article320.html
(et auparavant j'avis publié cet éloge des licences CC NC ND qui avait suscité mult réactions :
http://www.framasoft.net/article4167.html
)

bon
tu as le droit évidemment de reprendre ces questions à zéro
mais par pitié, lis au moins les termes de ce débat qui a déjà eu lieu
la hache de guerre est enterrée entre la licence art libre et els licences creative commons à mon avis
ce serait dommage de la déterrer
et pour lonah, leur texte est vraiment très bon, très sincère et documenté
et puis ça change des arguties juridiques (qui sont néanmoins indispensables parfois).

et par pitié, si on pouvait laisser ce mot "libre" tranquille
le mot "libre" l'expression "licence libre" n'appartiennent à personne
ce serait quand même le comble qu'on décrète que le mot "libre ou l'expression "licence libre" ne sont pas "libres" ??
non ?
parce dans ce cas là va falloir faire un procès à Descartes et au libre arbitre par exemple:)

enfin, tu vois où je veux en venir ?

Re: Au fond du temps - [estrella sin cara]

Publié : 24 juil. 2007, 00:52
par aisyk
psychoslave, heureusement que je te parle de musique... (tu relieras aussi les textes des OML, et LAL les premières licences libres applicables aux oeuvres)

Si les parallèles sont existant entre la musique et le logiciel (les licences libres), leurs modes de diffusion (le jour où j'entendrais des lignes de code ubuntu dans ma radio ou à la tv et qu'elles feront vendre du coca...), leurs modes d'exploitation sont différents. Vouloir tout calquer sur le logiciel et son mode de rétribution économique (tu sais combien ça coûte un concert, combien ça coûte de payer des musicos qui jouent avec toi sur scène, qui enregistrent des zik pour ton album, tu sais combien ça coûte des journées en studio de répét, des tournées, des concerts, des locations de salles, du matos de home studio ?...), c'est nier que pour vivre de la musique il ne suffit pas d'être bon qu'à la gratte ou au synthé. Ca ne suffit pas. Qui paie un artiste quand il crée ses ziks et chansons (puisque forcément il ne joue pas sur scène pendant ce temps) ?

Au début, avant les disques de masse, les artistes étaient (bien) payés à la représentation, et les représentations coûtaient cher. C'est-à-dire que si une radio voulait avoir un jingle de musique, elle le faisait jouer dans son studio par des musiciens, inutile de te dire que ce genre de métier a complètement disparu aujourd'hui (depuis les années 30-40 en fait). Il n'y avait pas de droit d'auteurs à la diffusion sur les ondes puisqu'il n'y avait pas reproduction. Mais il y avait des droits d'auteurs pour les compositions, les partitions (le "E" de la Sacem est historiquement rattaché à ce métier).
Dans les lieux de concert, les musiques étaient très peu sonorisées et étaient jouées dans des lieux fermés et petits, ou dans la rue pour ceux qui en vivaient. La plupart des auteurs-compositeurs devaient leur salut à l'édition, à leur formation classique, s'ils en avaient une, ou aussi à leur exécution (en tant qu'interprète, dans un ensemble harmonique...).
Ce qui a fait exploser le nombre de musiciens (et tous les intermédiaires au passage), c'est le fait de pouvoir être rétribué par ses diffusions, c'est le fait de vendre des disques reproductibles à l'infini, que ses oeuvres puissent être réutilisées et apporter rémunération. C'est cette industrie là qui s'est fondée sur ces bases qui est en crise aujourd'hui, et la réponse des licences libres est tout à fait pertinente, mais elle ne devra pas se faire sans les musiciens. Et surtout, elle ne devra pas faire l'impasse sur la viabilité de son modèle pour les artistes.

On ne parle pas ici de propriété, mais plutôt de l'exercice d'un art comme d'un métier de travailleur.

Re: Au fond du temps - [estrella sin cara]

Publié : 24 juil. 2007, 08:53
par psychoslave
lonah a écrit :précieux psychosalve

Je me permet d'être quelque peu frustré. BinaryMind t'a expliqué assez clairement le pourquoi de notre choix de vocabulaire et (plus important) le pourquoi de notre peu d'intransigeance sur des question que tu semblais prendre pour fondamentales.

Tu y as répondu en deux lignes , et de là une certaine déception. Quitte à ce que nous essayions de progresser la main dans la main vers une extase commune de la raison, ne pourrais tu élaguer un peu plus ta condamnation?

(bisous)
Je suis désolé que cela te déçoive, mais que je te l'explique en 10 lignes ou en mille, c'est mon opinion qui ne te plaît pas. Mon point de vue, je l'ai expliqué de manière assez explicite, je pense. Ce que je pense être fondamental, c'est de savoir quel définition on met derrière quel mot, point. Si vous voulez vous amusez à détruire le sens que l'expression «licence libre» a pris ces vingts dernières années, vous êtres libre de le faire après tout. Je devrais peut être alors commencer à chercher un terme plus explicite que vous ne chercherez pas à revendiquer, un truc du genre «licence non liberticide» ou «licence qui ne brime pas la liberté d'expression». Bon ça sonne moins bien que licence libre, mais ça a l'avantage d'être plus explicite.

Pas la peine pour autant de prendre cela pour une condamnation, je ne fais qu'exposer mon point de vue, aussi désagréable celui-ci peut-il être à lire, il ne dit nullement «ceci est la vérité, obéissez». Le libre arbitre et la liberté d'expression sont des valeurs aux quelles je tiens beaucoup, je pense donc que la moindre des choses, c'est de respecter ceux des autres.

Bisous à toi aussi.
dana a écrit : sans déconner psychoslave , on a l'impression de retomber dans des débats qui datent de deux ou trois ans là
Tu me l'as déjà dit, j'ai déjà lu les divers liens que tu m'avais déjà donné précédemment. J'avoue que je n'ai pas fini encore de lire la dissémination de la musique, mais j'ai le pdf en gros sur mon bureau (virtuelle hein) et j'en lis un bout qu'en j'en ai l'occasion.
dana a écrit : j'ai écrit dans la dissémination de la musique qu'il nous fallait à nous autres artistes tuer le père informatique (en fait pas Stallman, car ce dernier a été très clair me semble-t-il en jugeant que les licences libres appliquées aux logiciels n'était pas transposables en l'état aux oeuvres artistiques : et il invitait les artistes à fabriquer leurs propres licences.)
Arrêtons de nous focaliser sur le logiciel (libre) 5 minutes. Je n'ai pas attendu d'entendre parler du logiciel libre et de Stallman pour attacher de la valeur à ma liberté d'expression. Stallman à eu une idée très ingénieuse en retournant le droit d'auteur contre lui même. Mais Stallman n'est pas mon gourou dont je suis les préceptes à la lettres. Si lui crois que le droit d'auteur ce justifie dans le domaine artistique, ça n'est pas mon cas.

D'ailleurs c'est quoi le domaine artistique? Qu'est ce qui fait cette différence si fondamentale entre une œuvre intellectuelle qui est artistique et une œuvre intellectuelle qui n'est pas artistique? Il y a le fameux argument de la fin fonctionnelle d'une œuvre artistique, mais quand on creuse un peu, cet argument s'avère en fait plutôt fumeux. Si une œuvre d'art n'a pas de but fonctionnel, alors point besoin de l'exposer au monde pour faire partager ce qu'elle inspire. Mais même là, même confiné dans le cadre d'un cercle privé, où seul l'auteur aurait connaissance de son œuvre, l'œuvre évacue ce qui traverse l'auteur, elle le décharge, voila son rôle. Et encore, là je ne parle pas des œuvres utilisés comme artifice pour ajouter de l'emphase à un sujet (par exemple une musique dramatique dans un reportage, au moment où le spectateur doit être ému) ou tout bêtement rapporter de l'argent.
dana a écrit : Sur les fameuses clauses NC ND, tu dois être un des derniers à les considérer comme non-libres..
Fusse-je le seul à penser quelque chose, ce n'est pas là un argument qui risque de me convaincre, tout au plus à me remettre en question. Pour être honnête, tu te trompes en pensant cela. La vérité c'est qu'il y a encore quelques mois, je ne pensais pas trop de mal des clauses NC, et j'utilisais moi même la licence CC-nc-by-sa. Mais entre temps, j'ai lu des argumentaires qui m'ont convaincus, car après réflexion, je les jugeais pertinent. J'ai également beaucoup débattu et réfléchis au sujet ces derniers mois.

Aujourd'hui j'ai un avis qui est partagé par peu, même dans la communauté du logiciel libre, celui que le droit d'auteur (et les brevets aussi d'ailleurs), ne devraient tout simplement pas exister, pour aucun domaine.

Ne t'en déplaise, il ne s'agit pas la d'une opinion qui ne fait suite à aucun travail de documentation et de réflexion. Tu as l'air de partir du principe que si j'en suis à avoir l'avis qui est le mien, c'est forcément que je n'ai pas assez réfléchis et pas lu assez les débats qui ont eu lieu sur le sujet. Et bien non, j'ai lu beaucoup de choses sur ce sujet, et j'y ai également beaucoup pensé.

Je ne suis pas hermétique à de nouveaux point de vus, si ils sont argumenté autrement que par des argumentum ad populum (que tu tentes toi même d'user ici) et autres ad hominem. Je ne dis pas que ce genre d'arguments ne soit pas lancé de bonnes foie, que ceux qui les lancent les utilisent pour se convaincre eux même. Mais ils font apparition quand il y a un trou dans un raisonnement. Pas d'argument capable de sous-tendre ce qu'on avance.

La réflexion que j'entretiens se base sur un axiome simple, il ne faut pas empêcher l'usage de la libre expression, tout en respectant la vie privée de chacun.
dana a écrit : là aussi il y a eu plein de textes là dessus
et le truc le meilleur à mon avis, c'est celui de florent Vershelde (MPOP) qui a inventé lors de débats fiévreux sur framasoft le terme de "licences de libre diffusion"
C'est très bien, et même si ce n'est pas parfait, c'est une solution. Seulement ce n'est pas ce que lonah et binary_mind utilisent comme vocabulaire. Ils parlent de licences d'art libre, qui autrement plus propice aux amalgames.
Aisyk a écrit : tu relieras aussi les textes des OML, et LAL les premières licences libres applicables aux oeuvres
Tu pourrais me citer des sources s'il te plaît?

Aisyk a écrit : Si les parallèles sont existant entre la musique et le logiciel (les licences libres), leurs modes de diffusion (le jour où j'entendrais des lignes de code ubuntu dans ma radio ou à la tv et qu'elles feront vendre du coca...), leurs modes d'exploitation sont différents.
Pour moi le parallèle c'est que dans les deux cas il s'agit de données. S'il y a des données, il y a possibilité de faire usage de libre expression. Ce que contiennent comme informations ces données, ce qu'on peut en faire, les modèles économique que cela peut créer, ce n'est pas se qui m'intéresse. Ce qui m'importe, c'est que je puisse faire usage de ma libre expression, sans me soucier de savoir si quelqu'un prétend détenir des droits sur tels ou tels données.

Aisyk a écrit : c'est nier que pour vivre de la musique il ne suffit pas d'être bon qu'à la gratte ou au synthé. Ca ne suffit pas. Qui paie un artiste quand il crée ses ziks et chansons (puisque forcément il ne joue pas sur scène pendant ce temps) ?
J'attache plus d'importance à la liberté d'expression qu'à la possibilité de gagner de l'argent en la réprimant.
Aisyk a écrit : Au début, avant les disques de masse, les artistes étaient (bien) payés à la représentation, et les représentations coûtaient cher.
Rien ne t'empêche de vendre ta prestation à ce que tu estimes être ça juste valeur encore aujourd'hui. À moins qu'il y ai trop d'artistes, que le marché soit saturé donc. Dans ce cas, c'est que ce n'est pas un métier économiquement viable dans le système économique actuellement en place.

Bien sûr avec le droit d'auteur, on peut artificiellement créer de la rareté au royaume de l'abondance. Créer un marché donc. Mais ce n'est pas parce qu'on arrive créer un marché, qu'il est moralement exploitable.

Re: Au fond du temps - [estrella sin cara]

Publié : 24 juil. 2007, 12:13
par lonah
Mais je n'ai absolument rien contre ton opinion, psychosalve, j'aimerais juste que tu m'expliques comment nous pourrions communiquer dans les milieux que nous avons cité avec la précision de vocabulaire que tu brandis.

Je suis à l'écoute de ta solution.

Je suis tout à fait disposé à suivre un nouveau comportement si quelqu'un me fait une argumentation me montrant que celui ci est possible et profittable.

(yiha)

Re: Au fond du temps - [estrella sin cara]

Publié : 24 juil. 2007, 12:49
par dana
psychoslave wrote :
Ce que je pense être fondamental, c'est de savoir quel définition on met derrière quel mot, point.
mon dieu
c'est justement là que ça coince psychoslave
disons qu'il y a un monde, celui des juristes par exemple, ou dans la plupart des sciences, qui exige que les gens appartenant à ces mondes s'entendent sur les définitions des mots qu'ils utilisent
mais :
la définition de la liberté par les juristes ou celle de l'atome par les physiciens n'empêche pas qu'on ait le droit d'employer ces mots en tant que poète par exemple, ou tout simplement dans le langage courant
C'est ce que dit Lonah:
j'aimerais juste que tu m'expliques comment nous pourrions communiquer dans les milieux que nous avons cité avec la précision de vocabulaire que tu brandis.
Si l'on veut communiquer hors de la sphère juridique ou de celle des spécialistes des licences de libre diffusion, il faut effectivement tolérer disons une certaine polysémie

le point que tu soulèves (même si je suis tut à fait opposé à l'idée qu'il y aurait une définition à défendre de l'expression "art libre" et une seule) est tout de même crucial :

Comment expliquer à un utilisateur lambda, pas au fait de nos arguties, les buts et natures de nos licences de libre diffusion ? Pour avoir fait animé pas mal de débats sur le sujet, hé ben je peux confirmer que c'est compliqué : tout dépend des personnes à qui tu causes. La difficulté majeure c'est que si tu emploies le mot "libre" par exemple, aussitôt, des tas d'associations d'idées s'agglutinent dans la pensée de l'interlocuteur. Tu sais comme moi que le mot "libre" n'est pas un mot comme le mot "chaise" par exemple : nous nous efforçons sur ce forum d'en faire un usage le plus neutralisé possible (sous son acception disons "juridique", ce qui demeure très aproximatif), mais dans la l'usage en vérité, c'est un mot qui ne désigne rien d'autre qu'une valeur, un état souhaitable. Note bien que cette valeur est brandie quasiment par tut le monde, que ce soit à droite ou à gauche, par les gens cultivés que par les ignares. tout le monde a une certane idée de ce que pourrait signifier "être libre", et tout le monde a tendance à trouver ça cool (à part certains conservateurs qui s'ne méfie come de la peste)

dès que tu utilises ce mot devant un public non averti de nos subtilités, tu soulèves des milliers de phantasmes (qui à mon avis renvoient toujours des désirs très archaïques, infantiles etc..)

Dans le texte présenté par Lonah et ses amis, franchement, je crois qu'il y a un bon équilibre entre le désir de communiquer de manière claire quelque chose sur les licences dites libre et l'adaptation à la capacité de compréhension d'un public non averti. Et je crois qu'ils ont fait attention justement de ne pas se laisser aller à des arguments trop démago (du style "nous sommes les héraults de la liberté ganagnagan")

Je ne suis pas d'accord avec toi, mais je comprends ton exigence de précision dans l'usage des mots (nous ne faisons pas porter cette exigence au même endroit voilà tout, c'est le cas des personnes qui se sont expliquées sur ce thread)
J'ai seulement l'impression qu'en t'attaquant à lonah, tu te trompes vraiment de cible là. il y a des tas de gens sur le net et ailleurs qui profitent de la satisfaction de se dire "libre", sans avoir pris le soin de se munir de définitions claires, et dans un but nettement plus ambigu que lonah.

Re: Au fond du temps - [estrella sin cara]

Publié : 24 juil. 2007, 13:48
par psychoslave
lonah a écrit :Mais je n'ai absolument rien contre ton opinion, psychosalve, j'aimerais juste que tu m'expliques comment nous pourrions communiquer dans les milieux que nous avons cité avec la précision de vocabulaire que tu brandis.

Je suis à l'écoute de ta solution.
Pourquoi ne pas utiliser le terme d'œuvres sous licence de libre diffusion en lieu et place de licences d'art libre ?

Si tu veux communiquer sur les licences libres, je te conseil d'apprendre les 4 libertés qui les définissent. Quand tu annonces qu'une licence libre, c'est 4 libertés, et que tu donnes la liste de ces libertés, les gens ne retiendront pas forcément l'ensemble de la liste, mais généralement ils retiennent qu'il y en a 4.

J'imagine que tu peux partir sur une base parallèle pour les licences de libre diffusion, présenter ce qu'est une licence de libre diffusion, qui elles présentent une liberté, celle de pouvoir redistribuer, hors contexte commercial. Je crois que c'est tout non? Donc pour expliquer la nature de votre démarche, il suffit d'expliquer que vous autorisez la rediffusion des œuvres dont vous avez acquis les droits, en dehors des cadres commerciaux.

Pour les buts de votre démarche, je ne crois pas que je l'ai saisi donc je ne serais l'exprimer. C'est quoi votre objectif?

Re: Au fond du temps - [estrella sin cara]

Publié : 24 juil. 2007, 13:48
par lonah
Afin d'appuyer ce que dit dana, une chose dont je suis convaincue est la suivante :

On ne change pas les moeurs d'une population entière d'un coup brutal, penser cela revient à avoir une vision quelque peu idyllique des phénomènes sociaux en viguer. Qui plus est quand une partie de ceux qui communiquent à cette population ont intérêt à déformer ou caricaturer notre discours.

A ce titre, pour peu que l'on admette que promouvoir une nouvelle vision sociale de l'art nécessite du temps, de la patience et énormément de pédagogie, le simple réalisme impose de raisonner en terme de palliers afin d'inviter peu à peu les gens à venir découvrir ce qui se cache derrière les mots, et d'éviter une caricature qui nous serait à proprement parler fatale.

Nous essayons de prouver avec Lonah qu'un groupe peut être professionel (promo avec attaché de presse, diffs radios et concerts sérieux) tout en diffusant ses oeuvres sous licences. La tâche est extrêmement difficile, et demande d'avancer doucement si on ne veut pas tout briser d'un coup.

(c'est tout du moins mon avis sur la question. Après, nous pouvons évidemment en débattre)