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ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Tout ce qui concerne les différences et points communs entre les licences libres existantes...
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incaudavenenum
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Re: ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Message par incaudavenenum »

dj3c1t a écrit : Ensuite, comme Toto, je remarque que la plupart des interventions sur ce sujet en faveur de la ND mettent en avant un intérêt relatif aux textes. Et j'avoue que c'est un truc que je peux aussi comprendre, je crois. Du moins ça résonne sur certaines idées persos, certains ressentis que j'ai moi-même vis à vis de mes morceaux.
Cela rejoint bien l'idée que le "libre" peut connaître différentes déclinaisons selon le domaine concerné : les problématiques, les enjeux et les usages ne sont pas forcément identiques pour un logiciel, un texte (informatif, scientifique, littéraire, politique...), une musique, une chanson, une photo, une vidéo, un dessin, une BD, un site web...
C'est d'ailleurs la force des CC, contrairement à la LAL, il me semble, de proposer plusieurs jeux de clauses qui permettent d'adapter les licences libres ou ouvertes à ces différents domaines.

Il est intéressant de constater que la clause ND, si l'on en croit nos quelques témoignages, est utilisée plus particulièrement pour des textes ou des textes mis en musique que pour des musiques seules. Je me demande d'ailleurs si, au contraire, la LAL ne serait pas plus en vogue du côté des musiques instrumentales, voire électroniques ou expérimentales ? A voir... Il y aurait sans doute là matière à une étude de type sociologique (ce que Dana appelait naguère de ses voeux, il me semble), et matière à réflexion aussi autour du rapport au sens et au sentiment dans l'art, autour de la notion de mélodie et de travail en musique, et autour de la dialectique langage/musique (langage de la musique et musique du langage).

En tout cas, c'est important, je trouve, de laisser l'auteur choisir la licence qui lui convient en fonction du projet esthétique/artistique/idéologique/politique qui lui est propre dans le champ d'activités qui est le sien. C'est pourquoi j'aimerais que les libristes barbus habitués au dénigrement des "clauses impures" (NC et ND) cessent enfin de s'offusquer de l'utilisation de ces clauses ou de considérer qu'elles ne sont qu'une première étape pour un artiste avant de basculer vers la "vraie liberté".
Je lis souvent des propos qui consistent à dire, en gros, que l'évolution souhaitable pour un artiste qui vient au libre est de passer de la CC BY-NC-ND à la CC BY-NC-SA, puis à la CC BY-SA ou à la LAL, qui seraient l'apanage des vrais libristes arrivés à maturité. Plus rares sont ceux qui prônent de prolonger ensuite l'aventure jusqu'à la CC BY, ou même jusqu'à la "DO WHAT THE FUCK YOU WANT" ou encore jusqu'à la non-licence CopyHeart voire jusqu'à la diffusion d'oeuvres anonymes dont tout un chacun pourrait s'approprier librement la paternité — car, puisque rien ne se crée ex nihilo, autant que chacun puisse être propriétaire de tout.
Laissons tout simplement l'auteur choisir ce qui convient selon lui à son but. Le choix de telle ou telle clause devrait être considéré sur le même plan que le choix d'un mot, d'une note, d'une couleur dans une oeuvre ou que le choix d'une police de caractère, d'un outil, d'un instrument ou d'un pinceau.
Le rôle d'un site comme Dogmazic doit être justement d'expliquer les conséquences juridiques ou éthiques du choix de telle ou telle clause, afin que les auteurs choisissent en connaissance de cause. Rappelons qu'un même auteur peut parfaitement avoir recours à des licences différentes selon les oeuvres et les supports. Cette liberté de "petit tyran", comme il a été dit ailleurs, ne nuit en rien à l'usager dès lors qu'elle suit une certaine cohérence. S'il est indéniable qu'un auteur ne peut garder un contrôle total sur ce qui est fait de son oeuvre (aucune licence ni aucune loi ne saurait d'ailleurs garantir ce contrôle), il faut bien cependant qu'il puisse, lorsqu'il crée son oeuvre puis lorsqu'il la diffuse, exprimer sa volonté, son intention, en disant : "ça, ça a un sens tel quel et je ne veux pas que ce soit déformé", ou "ça, je veux que ça se répande de façon virale pour affaiblir le monde de la rente et promouvoir la liberté des échanges et la coopération entre les humains", ou encore "ça, je ne veux pas que ce soit une marchandise", voire le contraire : "ça, je veux que ce soit une marchandise et j'espère me faire plein de thunes avec", mais dans ce dernier cas, on n'est plus dans le cadre de la musique libre, évidemment.
TOTORESK
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Re: ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Message par TOTORESK »

tourbillons73 a écrit :
TOTORESK a écrit : Tient oui, c'est interessant, ça. Finalement, à moins de vouloir vendre une zic telle qu'elle, ce qui reste un cas trés particulier d'utilisation commerciale, le fait d'interdire les modifs doit pas mal contribuer à bloquer une bonne partie des usages commerciaux. ça empèche effectivement d'y mixer un jingle, mais aussi d'en retravailler une version pour la "synchroniser" sur tout un tas de trucs. carrément.


oui ...je n'avais pas pensé au cas d'utilisation de la clause ND sans la clause NC a côté........ en faite , c'est aussi parce que c'est plus le cadre non-commercial qui m’intéressait avec cette clause ND........
Oui , mais c'est bien la clause ND qui a bloqué la diffusion.
la radio We7 (pour ne pas la citer)
toujours à cause de la clause de non-modification,
qui freinait l'ajout d'un jingle y compris avec mon autorisation.
Il aurait fallut que je change de licence pour être diffusé au final.
ça m'a été expliqué en english dans leur mail.

Par contre ils ont pris deux morceaux sous LAL ,
de qualité moindre (son et compo).
oui , j'avais bien compris...... je disais juste que lorsque j'ai ouvert ce débat j'ai (bêtement, :) ) oublié que le ND avait aussi un impact sur le cadre commercial....peut-être parce que je suis plus rarement tombé sur des musiques avec le ND sans le NC a côté ..........

par contre "l'avantage" d’être en licence plus permissive c'est que les clauses peuvent être levées ...tu aurais pu faire un contrat avec levé des clause uniquement pour ce cas.......si tu le souhaitais ...bien entendu.....
tourbillons73
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Re: ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Message par tourbillons73 »

TOTORESK a écrit :
par contre "l'avantage" d’être en licence plus permissive c'est que les clauses peuvent être levées ...tu aurais pu faire un contrat avec levé des clause uniquement pour ce cas.......si tu le souhaitais ...bien entendu.....
Je n'y ai pas pensé sur le coup , c'était en 2007.
Merci pour ton tuyau , ça pourra me servir ,
( si le cas se représente bien entendu )
Les démarches ne se font pas toutes seules,
mais il y a un avantage à gagner en visibilité.
TOTORESK
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Re: ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Message par TOTORESK »

incaudavenenum a écrit : S'il est indéniable qu'un auteur ne peut garder un contrôle total sur ce qui est fait de son oeuvre (aucune licence ni aucune loi ne saurait d'ailleurs garantir ce contrôle), il faut bien cependant qu'il puisse, lorsqu'il crée son oeuvre puis lorsqu'il la diffuse, exprimer sa volonté, son intention, en disant : "ça, ça a un sens tel quel et je ne veux pas que ce soit déformé", ou "ça, je veux que ça se répande de façon virale pour affaiblir le monde de la rente et promouvoir la liberté des échanges et la coopération entre les humains", ou encore "ça, je ne veux pas que ce soit une marchandise", voire le contraire : "ça, je veux que ce soit une marchandise et j'espère me faire plein de thunes avec", mais dans ce dernier cas, on n'est plus dans le cadre de la musique libre, évidemment.
t'as tout dis la incauda.......c'est exactement ça........

mais aussi que certains font le choix d'utiliser une seule et même licence pour toutes œuvres...toutes catégories..... comment souvent le font des artistes sous LAL , parce qu'il y a derrière cela un certain "état d'esprit" (que je partage énormément , au passage....même si je ne me dis pas"full-libriste" )

et que aussi , malheureusement.....la CC.BY.NC.ND peut être utilisé par quelqu'un qui "" veux que ce soit une marchandise et qui espère se faire plein de thunes avec"
en tout cas il existe une "connotation " aux yeux de certains.....(a tort ou a raison? :c'est justement une des raisons de tous ces débat sur la NC.......ND......).Le fait que Jamendo vire la LAL de son catalogue .....le "power of open (mon cul!)" des CC ....... n'aide pas a améliorer cette image....et du coup le CC dérange plus que les clauses en elles mêmes....
ce pourquoi j'utilise la FMPL car elle a un petit gout de full-libriste tout en gardant la sauce du NC........
pour mettre tout le monde (presque d'accord) il faudrait une LAL NC....mais c'est carrément en dehors de l'état d'esprit des LALeux.....
non en faite il faudrait de nouvelles licences avec des clauses plus précises et qui n'appartiennent pas a une "boite" genre CC......
bref je m’écarte du sujet......
incaudavenenum a écrit :Laissons tout simplement l'auteur choisir ce qui convient selon lui à son but.
(...) Le rôle d'un site comme Dogmazic doit être justement d'expliquer les conséquences juridiques ou éthiques du choix de telle ou telle clause, afin que les auteurs choisissent en connaissance de cause.
oui et c'est dans cette idée de "connaissance de cause" que j'ai (re)lancé ce débat.....

et c'est aussi au milieu de ces débats , même "prises de tête parfois" que l'on peut mieux comprendre ...perso quand je suis arrivé sur dogma , c'est grâce a certains débats parfois(non ...souvent :) ) bien prise de tête que j'ai compris + de choses....voir changer d'avis sur certaines licences ou clauses ou autre......
TOTORESK
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Re: ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Message par TOTORESK »

Rufus a écrit :
Tu vois, d'un côté on oblige un usager à passer par un auteur pour lever une clause arbitrairement restrictive avec le risque d'en faire un délinquant si il ne s'y plie pas, et tout ça parce que l'auteur veut un retour à toux prix.
ça oui.........enfin on en discute et il se trouve qu'il y a justement des arguments qui se posent sur l'utilisation de textes , de paroles.......
....je respectes ...mais je suis pas convaincu...enfin je le vois pas de la même manière........que l'auteur "contrôle" , cette paternité , sur l’œuvre originale , elle est compréhensible.........mais le "contrôle" sur une copie ,en partie , de l’œuvre dans un usage non-commerciale......ça reste discutable............je m'y fais décidément pas...:)....je comprend pas le risque réel puisque une copie n'est plus elle "signée de la main de l'auteur original "......c'est l'auteur qui copie , qui "signe de sa main " les nouveaux textes, nouvelles paroles...mots.......du coup le seul lien entre l'auteur copié et le copieur :) , c'est la source citée .........
il y a la voix......ça c'est autre chose.......ça me fais cogiter.....
Rufus a écrit :De l'autre, on laisse l'usager faire ce qu'il veut d'une œuvre sous une licence full libre, et la loi étant du côté de l'auteur, il est toujours à même de dire qu'il n'est pas d'accord avec tel ou tel usage.
bah non........si il y a une licence , elle protège l'utilisateur.......il est dans ses droits.....
je vois mal un mec attaquer un artiste alors qu'il a mis ses œuvres sous LAL , si toutes les conditions stipulées dans la LAL sont respectées..............(ou autres licences libres...bien sur.....)
Rufus a écrit :La logique du Libre voudrait qu'on protège l'utilisateur final quel qu'il soit qu'il y ait modification ou commerce de l’œuvre car l'auteur reste tout puissant et peut saisir la justice à tous moments pour faire valoir son droit.

Moi, je suis un partisan du NON après plutôt que du NON avant avec le risque que ce NON soit non suivi et que l'utilisateur final commette un délit par ma faute simplement parce que mon raisonnement date d'un autre âge. ( enfin c'est mon point de vue, vous n'êtes pas obligés de le partager ).
ha bas la ......les licences libres ne servent plus a rien....ou alors elles ne sont pas du tout respectées et c'est un échec..........

tu dis : "l'auteur reste tout puissant et peut saisir la justice à tous moments pour faire valoir son droit."

"son droit" en tenant compte de la licence ou pas? :) ..............

sinon bah la oui l'auteur est tranquille ..........par contre le mélomane , l'utilisateur....il l'a bien profond....

on accrocherai une petite licence a nos zic juste pour décorer...............
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dj3c1t
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Re: ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Message par dj3c1t »

Yo

En fait il me semble qu'en France, le droit moral (qui est incessible, donc qui reste quoi qu'il en soit à l'usage de l'auteur) permet de refuser n'importe quelle utilisation, après coup, si l'auteur décide que l'utilisation en question est en conflit avec ses valeurs. le droit moral quoi. Donc, et du moins en France, ce droit peut prendre le dessus sur les autorisations des licences. Ce qui fait que les utilisateurs ne sont jamais vraiment complètement sereins.

Bon après, je connais pas non plus dans le détail les modalités d'application de ce droit moral. Mais l'idée en gros est là.

sinon :
incaudavenenum a écrit :Il est intéressant de constater que la clause ND, si l'on en croit nos quelques témoignages, est utilisée plus particulièrement pour des textes ou des textes mis en musique que pour des musiques seules. Je me demande d'ailleurs si, au contraire, la LAL ne serait pas plus en vogue du côté des musiques instrumentales, voire électroniques ou expérimentales ? A voir... Il y aurait sans doute là matière à une étude de type sociologique (ce que Dana appelait naguère de ses voeux, il me semble), et matière à réflexion aussi autour du rapport au sens et au sentiment dans l'art, autour de la notion de mélodie et de travail en musique, et autour de la dialectique langage/musique (langage de la musique et musique du langage).
Oui. je m'étais amusé à un moment de reflexion inspirée :) à imaginer les motivations des utilisateurs des différentes licences, un peu dans l'idée justement d'une sorte de classification :
incaudavenenum a écrit :En tout cas, c'est important, je trouve, de laisser l'auteur choisir la licence qui lui convient en fonction du projet esthétique/artistique/idéologique/politique qui lui est propre dans le champ d'activités qui est le sien.
C'est suite à ces cogitations que j'avais élaboré cette histoire de "perfection" relative à la ND. Disons, si on met de coté l'aspect réaliste (ou pas) des restrictions, la démarche en ND m'avait donc inspiré cette approche un peu démonstrative. Je publie en ND parce que j'ai un message fort à faire passer, avec sa srtucture et sa cohérence. La ND demande à être écoutée, telle quelle. Ici, la motivation peut donc être esthétique mais aussi politique. Tandis que sans clause ND l'esthétique, même si elle reste présentée dans l'oeuvre d'origine, est moins mise en avant. Il s'agit plus d'une démarche contributive, donc qui peut aussi être pas mal politique, moins dans un message à passer que par la démarche de mise à dispo...

Bon, c'est trés supperficiel hein, comme analyse, et ça colle surtout à la façon dont j'envisage, à mon échelle perso, cette clause ND. Et c'est clair qu'une étude sociologique des utilisations des licences libres serait la bienvenue. Je serait en tout cas curieux d'en voir les conclusions.
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incaudavenenum
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Re: ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Message par incaudavenenum »

dj3c1t a écrit : En fait il me semble qu'en France, le droit moral (qui est incessible, donc qui reste quoi qu'il en soit à l'usage de l'auteur) permet de refuser n'importe quelle utilisation, après coup, si l'auteur décide que l'utilisation en question est en conflit avec ses valeurs. le droit moral quoi. Donc, et du moins en France, ce droit peut prendre le dessus sur les autorisations des licences. Ce qui fait que les utilisateurs ne sont jamais vraiment complètement sereins.
Je trouve que les récentes discussions dévient vers quelque chose d'ubuesque, lorsqu'on en vient à parler d'utilisateurs "jamais complètement sereins", voire terrorisés par des auteurs tyranniques. Ce faisant, on se situe dans un monde d'idées où l'on confond le cadre juridique théorique et la réalité qui est avant tout régie par des rapports de force.
Rappelons donc quelques trucs de base :
un auteur tout seul, pour commencer, n'est rien face aux autres acteurs de la diffusion musicale (à commencer par le public) et surtout face aux forces constituées (industriels, pouvoirs publics...) ; le CPI tente de protéger l'auteur en lui accordant des droits moraux et patrimoniaux qui peuvent très bien rester théoriques s'il n'existe pas une puissance (publique ou privée : Etat, SACEM, MAFIA, lobby, syndicat, hommes de main...) capable de les faire respecter et prête à le faire ; il s'agit bien là de compenser l'état de faiblesse initial dans lequel se trouve l'auteur, et je ne suis pas loin de penser que la démesure théorique du droit moral "incessible", "inaliénable" (et sacré ?) ne sert qu'à cacher la misère d'un droit concrètement presque inapplicable (en déclarant la prorriété intellectuelle inaliénable, on espère qu'elle ne sera pas trop aliénée).
l'auteur de musique libre, lui, est encore moins que rien : il ne dispose pas de syndicat ni de MAFIA... pour faire respecter ses droits théoriques (ceux du CPI) ni ses clauses obscures (celles des LLD encore méconnues du plus grand nombre) ; il ne peut compter sur le service juridique de la SACEM pour le soutenir contre (par exemple) une chaîne de télé qui utiliserait sa musique sans son accord en dépit d'une clause NC, ND, ou SA ; il n'a pas forcément les moyens de payer d'anciens combattants yougoslaves pour aller expliquer gentiment aux dirigeants de Jamendo qu'il faut qu'ils arrêtent de faire passer leur épicerie malhonnête pour la "plateforme n°1 de la musique libre" ; il ne dispose pas des relais nécessaires pour organiser des manifestations de masse devant le siège moscovite d'une agence de mode qui utilise illégalement sa musique pour des défilés de mannequins anorexiques et toxicos, ni même pour faire connaître sa simple existence à la représentation nationale... etc.

Le mélomane, lui, est multiple, anonyme, et libre d'écouter ou pas la musique qui lui est proposée, de la faire connaître comme de la dédaigner, de l'applaudir comme de la couvrir de crachats. En dépit des lois, il fait bien ce qu'il veut, sans courir d'énormes risques dans le secret de son intimité malgré les tentatives hadopiesques pour le fliquer. Et dans le cas de la musique libre, quelles que soient les clauses, l'auteur lui donne entière liberté de jouir légalement de sa musique et de la partager. Il le met en principe à l'abri des représailles de type Hadopi et renonce à certains de ses droits théoriques (droits patrimoniaux).

Maintenant, celui qui veut faire un usage spécifique de la musique (par exemple à des fins commerciales, ou pour produire une nouvelle oeuvre dérivée) n'est pas le mélomane lambda. Il sait que d'ordinaire, le type d'usage qu'il envisage est réglementé, monnayé, voire illicite, et s'il va voir du côté de la musique libre, c'est précisément pour s'affranchir des contraintes ordinaires de la musique vendue sur le marché : il s'est donc renseigné et sait qu'il a affaire à un monde un peu plus complexe que celui de la SACEM, où existent différentes clauses, où certains usages sont soumis à l'obtention d'une autorisation de l'auteur... Il ne vient pas en petit lapin terrorisé par la lumière des phares. Il n'est pas ce pauvre utilisateur "jamais complètement serein" évoqué plus haut.

Quant à la clause ND, pour revenir tout de même au coeur du sujet, il ne faut décidément pas la concevoir, je pense, comme une volonté de l'auteur de se couvrir contre un "risque".
Totoresk a écrit :mais le "contrôle" sur une copie ,en partie , de l’œuvre dans un usage non-commerciale......ça reste discutable............je m'y fais décidément pas...Sourire....je comprend pas le risque réel puisque une copie n'est plus elle "signée de la main de l'auteur original "......c'est l'auteur qui copie , qui "signe de sa main " les nouveaux textes, nouvelles paroles...mots.......du coup le seul lien entre l'auteur copié et le copieur Sourire , c'est la source citée .........
Si tu envisages les choses sous cet angle, alors effectivement, la clause ND n'a pas grande signification, mais j'ajouterai qu'on peut en dire autant de la clause NC et aussi de la clause SA (dès lors qu'il ne s'agit que d'une copie, pourquoi devrait-elle être soumise au partage à l'identique ?). Je veux bien même aller encore plus loin : en quoi la revendication de paternité serait-elle plus légitime qu'un désir de présenter une oeuvre inaltérable ?
Ce qui compte, c'est l'intention exprimée par l'auteur, qui est inhérente à sa démarche artistique, et qui doit être respectée comme telle. Si l'auteur dit : "je ne veux pas que cette oeuvre soit modifiée", il a ses raisons, et c'est important qu'une clause lui permette d'affirmer clairement cette intention, alors même qu'il a fait le choix par ailleurs de livrer cette oeuvre qu'il veut non-modifiable à la libre diffusion. Le public privé du droit de modifier cette oeuvre sans autorisation n'est en rien spolié ni terrorisé : il peut déjà en jouir telle qu'elle est, et s'il veut tout de même la modifier (alors qu'il a à sa disposition d'autres musiques non soumises à clause ND), il peut demander dérogation à l'auteur, voire enfreindre carrément la volonté de celui-ci. Dans la plupart des cas en effet, ce dernier ne saura jamais qu'il y a eu transgression, ou, si l'usage reste relativement confidentiel, il y a peu de chance que l'auteur isolé, sans soutien collectif ni institutionnel, prenne le risque de s'épuiser en procédures judiciaires longues et coûteuses. Si la transgression, au contraire, donne lieu à une très large diffusion et représente un préjudice majeur pour l'auteur, il y a de fortes chances pour que le contrevenant soit déjà un gros poisson qui risque, pour une fois, d'avoir à répondre un peu de son manque de scrupules. Est-ce vraiment là un "utilisateur tyrannisé par un auteur tout-puissant" ?
Totoresk a écrit :ha bas la ......les licences libres ne servent plus a rien....ou alors elles ne sont pas du tout respectées et c'est un échec..........

tu dis : "l'auteur reste tout puissant et peut saisir la justice à tous moments pour faire valoir son droit."

"son droit" en tenant compte de la licence ou pas? Sourire ..............

sinon bah la oui l'auteur est tranquille ..........par contre le mélomane , l'utilisateur....il l'a bien profond....

on accrocherai une petite licence a nos zic juste pour décorer...............
Aucune loi n'est à coup sûr respectée. Si les licences libres qui se greffent sur des lois déjà souvent enfreintes (celles sur la propriété intellectuelle) ne sont pas respectées, cela ne signe pas leur "échec". Déjà, faire respecter les lois est à la charge des pouvoirs publics, pas des musiciens, ni même des plateformes de diffusion ou des rédacteurs des licences. Ensuite, il faut arrêter de fantasmer sur l'auteur "tout-puissant" qui peut "saisir la justice à tous moments". Personne ne saisit la justice à la légère. Et personne, ayant saisi la justice, n'est sûr de pouvoir "faire valoir son droit". Parce que la justice n'est pas application automatique de lois forcément inaptes à appréhender en bloc toute la complexité du réel. Les juges interprètent les lois en fonction d'un contexte qui est lui-même traversé par des rapports de force parfois peu compatibles avec la loi mais dont il est impossible, même pour un juge, de ne pas tenir compte. Je rappelle aussi que la justice, même de classe, s'appuie sur des débats contradictoires. Un mélomane respectueux des clauses d'une LLD qui se verrait ensuite poursuivi par l'auteur pour atteinte au droit moral en vertu de je ne sais quelle lubie de l'auteur lui-même aurait évidemment la possibilité de défendre sa bonne foi. Je ne sais cependant quel poids juridique aurait ladite licence. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de jurisprudence en la matière.

Mais une chose est sûre : dans le monde tel qu'il est, étant donné l'absence de force collective et de cohérence idéologique dans le tout petit monde de la musique libre, alors oui, on accroche juste "une petite licence à nos zics pour décorer". Mais la décoration, c'est déjà pas mal, et ça permet d'afficher des intentions et aussi de nommer des pratiques (partage, coopération...). Ce n'est pas rien. Et le temps viendra peut-être un jour où de telles décorations seront aussi des armes, pour peu qu'advienne un collectif prêt à s'en servir.
Diamond_d
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Re: ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Message par Diamond_d »

Yop!

Débat très intéressant, lire ces 4 pages de post me permet de me rendre compte de son utilité.

En gros la seul motivation qui a été invoqué est de pouvoir être au courant de se que devient sa musique, je trouve ça très juste mais je pense qu'en réalité la clause ND restreint beaucoup plus que ça et je trouve ça dommage de dire au gens qu'il est interdit de "modifier" une œuvre alors qu'en fait tout ce que l'on demande c'est un droit de regard sur ce qui en est fait.

J'aime bien le principe de remix, du coups si je suis amené a chercher un morceaux a remixer, je zap totalement toute clauses ND sans chercher a contacter l'artiste puisque pour moi le simple fait de poser une clause ND parle de soit et veut dire "ne touchez pas a mon travail" donc je ne vois même pas l’intérêt de demander a l'auteur puisque c'est clair dès le départ, au final je m'aperçois qu'il faut demander, je trouve cette clause un peu bizarre pour quiconque n'est pas complétement opposé a une évolution de sont travail.

En même temps cela traduit surement un manque dans les clauses CC, une clause "droit de regard" serait surement mieux que "non dérivative", ça parait plus juste, je trouve ça normale peut importe la licence, libre ou non, d'envoyer une copie a l'artiste pour lui dire "voila ce que j'ai fais de ton travail, t'en pense quoi?".

Après toutes ces licences c'est un peu compliqué au final, les contraintes ne sont pas très clairs, il faudrait vraiment unifier tout ça pour avoir une seul licence très clair sur ce que l'on peut et ne pas faire, ça me parait inévitable si on veut que le libre soit reconnu et surtout reconnaissable au yeux du grand publique.
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dj3c1t
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Re: ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Message par dj3c1t »

incaudavenenum a écrit :Ce faisant, on se situe dans un monde d'idées où l'on confond le cadre juridique théorique et la réalité qui est avant tout régie par des rapports de force.
d'une part.
et aussi :
Diamond_d a écrit :J'aime bien le principe de remix, du coups si je suis amené a chercher un morceaux a remixer, je zap totalement toute clauses ND sans chercher a contacter l'artiste puisque pour moi le simple fait de poser une clause ND parle de soit et veut dire "ne touchez pas a mon travail" donc je ne vois même pas l’intérêt de demander a l'auteur puisque c'est clair dès le départ, au final je m'aperçois qu'il faut demander, je trouve cette clause un peu bizarre pour quiconque n'est pas complétement opposé a une évolution de sont travail.
Donc y'a vraiment, dans certains cas, un écart énorme entre les intentions des musiciens (leurs attentes vis à vis des licences libres), et la réalité des utilisations ensuite.

Je racontais dans un autre thread que j'étais de plus en plus sceptique concernant les conditions d'utilisation après la diffusion, puisqu'une fois que le truc est dispo, si y'a pas une MAFIA ^^ pour réguler un peu, bah c'est dispo alors bon... j'imagine qu'à moins d'être un furieux du droit et de connaître par exemple cette histoire de droit moral, ben on est quand même super serein. De même ensuite pour une personne qui utilise donc une ND en se disant que l'idée est d'être tenu au courant. C'est manifestement pas gagné non plus.

C'est pour ça que "techniquement parlant", j'ai tendance à penser que c'est avant de diffuser qu'il faut fixer des conditions si on veut être sûr qu'elles soient respectées. Puisqu'une fois que la chose est publique, ben elle est publique, hein. Mais cette histoire de conditions avant de diffuser, c'est bien sûr une idée de plus qui a elle aussi ses limites selon ce qu'on espère pouvoir faire avec sa zic.

Vision donc assez pessimiste finalement. Chacun a des intentions vis à vis de ces licences, qu'elles soient politiques, esthétiques ou autre, et ces intentions trouvent des moyens d'expressions via les clauses et les différentes licences. Mais ça reste pas mal du domaine de l'intention.

Bon

Je nuancerais quand même un peu le tableau puisque sans être non plus trop exigeant sur les applications de ces licences, y'a tout de même un truc qui ressort, c'est que cette classification des utilisations (ND, NC, SA, ...) concerne en général des pratiques qui ont tendance à se faire connaître de façon assez naturelle. A l'opposé, le simple fait de diffuser est devenu, avec Internet, un acte complètement transparent, invisible. Tandis que dès qu'une utilisation est faite, avec un truc qui a été tétéchargé, on va voir un besoin plus ou moins fort de faire connaître le travail dérivé (ou simplement repris), parce que c'est par exemple une pub (dont le but premier est d'être vue par un maximum de gens) ou un film (idem, il faut du public, il faut se faire connaître). Donc sans être non plus à la hauteur d'une detection aussi paranoïaque q'une MAFIA sacemeuse, on voit quand même une tendance à voir les différentes utilisations (dérivation, commercialisation) se faire connaître. On est bien sûr loin ici de l'efficacité d'une armée d'agents infiltrés. Mais disons que contrairement au souhait hadopien de fliquer les téléchargements (ce qui me semble, du moins pour le moment, hautement improbable), la detection des utilisations reste à mon avis du domaine du possible dans une gestion individuelle. Et vue la façon dont j'envisage les choses, perso ça me convient à merveille.

Reste ensuite à voir ce qu'on veut faire respecter une fois l'usage repéré et le poids qu'on peut avoir tout seul pour y arriver. Et là par contre, c'est effectivement une autre histoire.

Etant plutôt attaché à penser la diffusion avant de publier, je ne suis pas sûr d'avoir envie de me lancer dans un syndicat, mais j'imagine que si le besoin fini par devenir pressant, les gens trouveront la motivation. Et ça se fera... ou pas, selon le coté réaliste de la chose.

Quoi qu'il en soit. C'est intéressant de voir, au delà donc de cette histoire de foutue réalité, comment les utilisateurs collent leurs intentions sur des licences et des jeux de clauses. A défaut d'être réaliste, ça donne au moins l'occas de passer un message sur ses attentes. Ce qui est déjà pas mal je trouve.
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Zeco
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Re: ND .... pour quelles raisons utilisez vous cette clause ?

Message par Zeco »

Diamond_d a écrit :Yop!
En même temps cela traduit surement un manque dans les clauses CC, une clause "droit de regard" serait surement mieux que "non dérivative", ça parait plus juste, je trouve ça normale peut importe la licence, libre ou non, d'envoyer une copie a l'artiste pour lui dire "voila ce que j'ai fais de ton travail, t'en pense quoi?".
J'ai l'impression que ça aurait un peu le même effet que la clause ND.
De mon point de vue, j'aurais peur de passer du temps des heures sur une chanson qui utilise un contenu autre, avant d'aller voir l'auteur/compositeur avec ma dérivation, et que celui-ci me réponde que non, ça ne lui plait pas, donc je n'ai pas le droit de diffuser ...
Du coup, je me retrouverais à zapper les licences "droit de regard" comme je zappe les licences "nd" dans les recherches
Diamond_d a écrit : Après toutes ces licences c'est un peu compliqué au final, les contraintes ne sont pas très clairs, il faudrait vraiment unifier tout ça pour avoir une seul licence très clair sur ce que l'on peut et ne pas faire, ça me parait inévitable si on veut que le libre soit reconnu et surtout reconnaissable au yeux du grand publique.
Hum, c'est un peu l'actuel rêve de creative commons dont tu parles ici, je suis pas sûr que ça fasse du bien au libre qu'il n'existe plus qu'une seule licence à multiples clauses ...
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