Vous n'êtes pas forcement des cons, la discussion ici n'est pas dénuée d'interet, et certains se piquent même du luxe d'être objectifs et intelligents.
Mais en premier vous manquez mais alors royalement d'humour. Et en deuxieme c'est incroyable comment vous vivez dans un monde de clivages. Là je reviens parce que je peux pas m'en empecher en lisant maintenant que je fais partie d'une élite.
Whaoooo!!!! C'est marrant, en chiant ce matin putain j'en avais pas conscience, pis en buvant mon café j'ai fait comme la terre entiere, j'ai tourné mon sucre dis-donc. Pis je vous lis et je repense à ma vie de petit voyou de banlieue parti de chez lui à 15 balais pour parcourir la france, toxicomane et cambrioleur, petit punk du forum des halles en construction, vivant de manche, de dépouille et de racket du paternel avec qui je suis en conflit comme tout ado qui se respecte, je me vois sur scene à 17 ans avec les Chiuahua dans les squatts, un speed-ball dans les veines à me prendre pour Elvis parce que ma mère est dans la salle

Je me vois ne pas pouvoir rester plus de six mois d'affilée dans une ville sans être completement grillé avec pour tout un tas de raison plein de gens qui veulent me defoncer la tronche tellement j'embrouille. Je me vois en 81 partir à Bordeaux parce que là-bas ça suinte le rock'n'roll, je me vois laisser tomber d'être le chanteur de Camera Silence tellement ils jouent trop fort que j'entend pas ce que je dis, je me vois naïf comme un trou du cul avec l'avenement de Mitterand, arreter la came, remonter à Paris, apres une condamnation pour vol....de matos de musique en flagrand délit dans une caisse volée, je me vois tomber amoureux, pour elle arreter mes conneries, profiter du piston de ma mère pour placer quelques dessins dans des journaux militants, devenir assistant décorateur, puis me lancer dans la peinture de rue à travers le courant de la figuration libre en integrant le groupe Puissance Populaire, vivre dans un squatt rue de charonne, passer ma vie mon book sour le bras à faire le "booktin" et me brancher partout où je pouvais pour vendre du graphisme, en papier peint, en foulars, des logos, je rêvais de peindre un Boeing. J'exposait mes croutes dans les bars de paris, noyé dans la masse de tous les ptits mecs comme moi à l'époque. Là je vois mon père qui, royal, me dit "je vais t'aider à t'installer" et me fille 200 000 francs, je sais pas ce qu'il croyait que j'allais faire avec ça, ptet et encore me payer une chambre de bonne avec chiottes sur le palier alors qu'il me fallait un atelier. J'achette une peniche pourrie à Toulouse pour cent balles et toute la tune part à la faire flotter et y foutre un moteur. Je vis comme un charclo, sans eau, sans chauffage, je bouffe de la rouille et je pue le gaz-oil, je peins et je vend mes toiles à credit aux gens du coin, en viste à mes potes parisiens je rencontre Marina, aujourd'hui chanteuse de Marousse, je tombe completement fou d'elle, mais elle n'est pas libre. Un soir de beuverie elle me dit " les mecs ils veulent des filles dans leur groupes mais juste pour faire les coeurs" Ca tombe pas dans l'oreille d'un sourd, je rentre chez moi et je pioche dans la tonne de poeme que j'ai pu écrire et j'en fait des chansons. Ces chansons je vois tout de suite qu'eles font chialer mes voisins du canal et tout à coup la frequentation feminine sur mon épave augmente de façon expotentielle, ce qui me vaut même pas mal d'embrouilles

Je remonte l'épave sur paris en defonçant tout, pont, écluses, et tout l'avant de mon rafiot, desesperant même deux fois les gendarmes de m'arreter tellement ils allaient se retrouver avec mon rafiot sur les bras, je me faisais chasser de la ville comme dans un western. Je branche Marina pour qu'elle joue avec moi de l'armonica, de la clarinette et du saxo, et chanter, parce qu'elle savait faire tout ça, et tous les deux on fonde le groupe La Marmaille Nue avec Ptit Louis ex Rouquins aujourd'hui Jim Murple. On écume les bars, les squatts, les petits festivals parisiens, et on tombe sur le Tourtour, petit theatre de 120 places qui devient notre base de combat, de dévellopement, on y joue quand on veut, on est chez nous. Le patron me demande de faire une demande de RMI pour pouvoir me faire un contrat emploi solidarité. Et là pour la premiere fois de ma vie je me retrouve en sorte payé pour faire de la musique et me develloper sur scene. 2500 francs par mois. On y fait des dizaines et des dizaines de concerts, on passe nos nuits à coller nos affiches dans paris, nos journées à prendre des contacts presse, tourneurs et producteurs, tout le monde s'en fout, on rame, la salles est pleine de toujours nos potes et c'est saoulant, Marina est plus serieuse que moi et cherche des subs, elle tombe sur le FAIR fond d'aide et d'intervenion du rock (je crois) et dépose une maquette. Puis le groupe splite, et malheureux comme un poux je continue tout seul a eructer sur scene, en picollant de plus en plus. C'est là que j'apprend qu'on a gagné la bourse du FAIR et que le morceau sur la compil cartonne. Comme je l'ai déjà dit ici un editeur est venu me voir et je lui ait dit fais moi signer quelque part et je te donne mes editions, deux mois plus tard je signe chez Carrere. Mon album sort et il cartonne.
C'est ça l'élite? C'est une vie comme celle là l'élite? Des banlieusards qui ont passé toute une vie à se bouger le cul, à se prendre en main, à se cultiver de sa propre création et de celle des autres? Des gens qui ont assumé de passer leur vie au service de leurs passions et pas au service d'un credit banquaire, d'un propriétaire ou d'un patron?
C'est ça l'élite? Moi quand un mec m'arrete dans la rue et me dit putain mais t'es mano solo, vous savez quoi, ça me fait l'effet d'un controle d'identité. Je m'en fous moi, completement de vos clivages, je suis pas mano solo, je suis un pekin dans la rue, et je demande pas leurs papiers aux gens. C'est les gens qui sont dans un autres monde, c'est les gens qui créent l'élite. Et quand je leur repond, nan je suis un pekeno qui fait ses courses, ils m'insultent direct en me disant, mais putain pour qui tu te prend connard. Le mec en deux secondes il passe de l'admiration à la haine. Toute son histoire avec mano solo il l'a fait tout seul, moi là dedans, l'être humain, j'existe pas. Il s'en fout de ce que j'ai dans la tête, de ce que je peux vivre là dans l'instant, il me veut disponible et correspondant à ses fantasmes. Je ne fais pas partie de ces rapports. Ils ne valent rien. Car tout est faussé par le fait qu'il y à autant d'interpretations des choses qu'il y a de gens dans la salle, chacun sa resonnance interne selon sa vie, son histoire, ses references. Chacun va me coller son attente, et me detester direct dés que je n'y correspond pas. Les gens t'apprecient parce que tu as l'air d'un homme libre, mais ce sont les premiers à t'enfermer dans une case, dans un rôle que tu es sensé tenir, celui qu'ils jugent pur, dans leur vie à eux qui n'est qu'une compromission permanente. On en a eu l'exemple ici.
L'élite je m'en bat les couilles. Je fais de l'entrisme, je prend le pognon là où il est, les moyens où ils sont et je fais ma propagande à l'interieur du systeme. J'ai eu les boules de n'être que nominé aux victoires de la musique parce que le discours que je m'étais préparé à faire si je l'avais eu, putain je crois qu'il serait resté dans les annales. Mais ils m'ont vu venir. Ce que j'ai fait à travers tout ça c'est aussi donner au sida un autre visage, un visage de guerre, un visage de vitalité, un visage de créativité, un visage de colère, et un visage social. Completement independament de toute assos, en mon nom propre, refusant le pathos d'aller faire la manche au peuple alors que ses impots servent à remorquer des portes avions obsolettes. J'ai mené un long combat avec la presse qui me voulait absolument en porte drapeau, sur le theme que lutter contre l'exclusion n'est pas de rappeller à chaque fois que je suis sidéen et que s'ils ne peuvent pas parler de moi autrement c'est bien que pour eux un sidéen n'est pas un homme comme les autres. Leur délation permanente du fait à démontré pendant des années que les médias font d'un sidéen des êtres "à part". La france ne sera plus un pays d'exclusion sur ce sujet tant qu'on ne pourra pas dire "oui j'ai le sida, et alors?" sans être poursuivis par ça toute sa vie et que ça devienne son identité.
Alors vos clivages, ils valent pas mieux que les leurs, sauf que vous c'est pas le sida mais l'artiste major.
Mais moi chuis un pekeno enragé qui fait ses courses, et qui toute sa vie à mis ses couilles dans ses engagements, avec un ego surdimensionné comme le prouvent ces 29 pages, que j'assume completement car c'est un moteur positif qui vous manque cruellement on dirait.
Voilà je crois que j'en ai fin pour ce roman, si quelqu'un veut discuter avec moi bin venez donc chez moi, sortez de votre trou, comme ça ça fera ptet une discussion interressante sur mon forum où tout le onde roupille. Mais je sais tres bien que vous avez trop besoin du regard de vos petits copains et que cette discussion n'attire votre interet uniquement parce qu'elle se déroule ici, dans votre petit ghetto confortable de convaincus et de naïfs.
Allez, l'elite vous salue bien bas. Fumez donc une clope, rien que ça et vous engrossez des actionnaires, fumez un petard et vous engrossez tout un reseau d'enculés, la vie est pas si simle mes enfants, votre anticapitalisme primaire est ridicule et enfantin, il est juste le terreau des extremes, de droite comme de gauche. Vos clivages et votre sociologie à cent balles sur les élites manquent cruellement d'experience personnelles. Vous prenez une phrase par ci un phrase par là et tout est valeur sure. La seule valeur sure et encore, c'est ce que vous vivez vous, c'est ce que vous arriverez à créer, vous.