Attention, je n'ai jamais dit que tous les artistes étaient des opportunistes, mais que cette catégorie là n'a rien à faire dans le milieu du libre, car le libre en tant qu'outil de lutte contre des monopoles et philosophie du partage nécessite un tantinet de conscience politique et d'ouverture d'esprit.Pola-k a écrit :Je sais pas si le problème se situe vraiment du côté des infâmes musiciens qui ont envie de vivre -voire de bien vivre- de leur musique. Si on zappe évidemment les putassiers capable d'écrire une danse des canards pour faire un disque d'or, l'envie est assez légitime de passer du côté obscur de la force quand il n'y a que cette porte de sortie pour survivre, et faut dire que pour l'instant, le libre, ça nourrit pas son homme.
Je n'ai pas non plus assimilé cet opportunisme à l'envie de vivre de sa musique.
De plus, tu dis que le libre ne nourrit (pour l'instant) pas son homme, j'en conviens, mais le non libre non plus, pour la grande majorité de ceux qui arpentent le circuit classique : c'est kif kif.
Pour terminer sur ce point, je n'ai jamais été contre l'idée qu'un artiste puisse vivre de sa musique, c'est la moindre des choses, qu'il utilise un circuit ou l'autre. Je suis seulement agacé de voir des artistes profiter du libre avec les mêmes réflèxes que dans le circuit classique.
Nous cherchons avant tout ici à créer de nouvaux rapports entre les différents acteurs de la musique, qui appellent de nouvelles mentalités.
Oui dana, ce n'est pas LE fond du problème, tu as raison, mais ces comportements contribuent à discréditer un mouvement qui nous tient à cœur.dana a écrit :hum
oui
mais je dirais que le fond du problème n'est pas seulement là
il y a aussi beaucoup d'artistes qui sont indifférents à la chose politique
sans être spécialement opportunistes
parce qu'ils se considèrent d'abord commme des musiciens pas comme des juristes - et ils laissent le soin de gérer leur carrière à d'autres : c'est une non-position que je peux comprendre. Il est tout de même étonnant que les musiciens deviennent des juristes (quoique, les écrivains du XVIII ne l'étaient pas moins que nous ne le sommes pour de bonnes raisons)
Il n'y a pas besoin d'être érudit en droit ou surpolitisé pour se rendre compte que les intérêts du secteur indépendant sont menacés.
Quand je parle de conscience politique, c'est un minimum que j'évoque : la conscience d'une forme (brutale?) d'exploitation de la créativité basée sur une conception archaïque de la rentabilité (la marchandise). Cette conscience, un grand nombre d'artistes l'ont, ce qui ne les empêche pas de préférer confier leur carrière à d'autres.
Mais tant qu'à faire, autant que ces "autres" soient autre chose que des exploiteurs. C'est pourquoi je crois au grand rôle que les labels de musique libre auront à jouer dans un avenir proche.