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sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Discussions sur ce qui se passe dans le monde de l'industrie du disque.
Rico
Messages : 2385
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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par Rico »

Pola-k a écrit :Je sais pas si le problème se situe vraiment du côté des infâmes musiciens qui ont envie de vivre -voire de bien vivre- de leur musique. Si on zappe évidemment les putassiers capable d'écrire une danse des canards pour faire un disque d'or, l'envie est assez légitime de passer du côté obscur de la force quand il n'y a que cette porte de sortie pour survivre, et faut dire que pour l'instant, le libre, ça nourrit pas son homme.
Attention, je n'ai jamais dit que tous les artistes étaient des opportunistes, mais que cette catégorie là n'a rien à faire dans le milieu du libre, car le libre en tant qu'outil de lutte contre des monopoles et philosophie du partage nécessite un tantinet de conscience politique et d'ouverture d'esprit.
Je n'ai pas non plus assimilé cet opportunisme à l'envie de vivre de sa musique.
De plus, tu dis que le libre ne nourrit (pour l'instant) pas son homme, j'en conviens, mais le non libre non plus, pour la grande majorité de ceux qui arpentent le circuit classique : c'est kif kif.
Pour terminer sur ce point, je n'ai jamais été contre l'idée qu'un artiste puisse vivre de sa musique, c'est la moindre des choses, qu'il utilise un circuit ou l'autre. Je suis seulement agacé de voir des artistes profiter du libre avec les mêmes réflèxes que dans le circuit classique.
Nous cherchons avant tout ici à créer de nouvaux rapports entre les différents acteurs de la musique, qui appellent de nouvelles mentalités.

dana a écrit :hum
oui
mais je dirais que le fond du problème n'est pas seulement là
il y a aussi beaucoup d'artistes qui sont indifférents à la chose politique
sans être spécialement opportunistes
parce qu'ils se considèrent d'abord commme des musiciens pas comme des juristes - et ils laissent le soin de gérer leur carrière à d'autres : c'est une non-position que je peux comprendre. Il est tout de même étonnant que les musiciens deviennent des juristes (quoique, les écrivains du XVIII ne l'étaient pas moins que nous ne le sommes pour de bonnes raisons)
Oui dana, ce n'est pas LE fond du problème, tu as raison, mais ces comportements contribuent à discréditer un mouvement qui nous tient à cœur.
Il n'y a pas besoin d'être érudit en droit ou surpolitisé pour se rendre compte que les intérêts du secteur indépendant sont menacés.
Quand je parle de conscience politique, c'est un minimum que j'évoque : la conscience d'une forme (brutale?) d'exploitation de la créativité basée sur une conception archaïque de la rentabilité (la marchandise). Cette conscience, un grand nombre d'artistes l'ont, ce qui ne les empêche pas de préférer confier leur carrière à d'autres.
Mais tant qu'à faire, autant que ces "autres" soient autre chose que des exploiteurs. C'est pourquoi je crois au grand rôle que les labels de musique libre auront à jouer dans un avenir proche.
dana
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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par dana »

Quand je parle de conscience politique, c'est un minimum que j'évoque : la conscience d'une forme (brutale?) d'exploitation de la créativité basée sur une conception archaïque de la rentabilité (la marchandise). Cette conscience, un grand nombre d'artistes l'ont, ce qui ne les empêche pas de préférer confier leur carrière à d'autres.
Mais tant qu'à faire, autant que ces "autres" soient autre chose que des exploiteurs. C'est pourquoi je crois au grand rôle que les labels de musique libre auront à jouer dans un avenir proche.
oui
de fait la conscience politique c'est bien un problème qui dépasse largement le monde des artistes.
le minimum que tu évoques suppose déjà beaucoup : un idéal (du moi) d'artiste. (or il y a d'autres sortes d'idéaux liés aux pratiques artistiques : se faire un nom, devenir une star, plaire ou déplaire à ses parents, se faire des copains ou des copines)
Pour ce qui est des labels, ils auront efectivement une grande responsabilité dans la diffusion de nos idéaux
pour reprendre l'exemple que je citais plus haut, l'artiste dont je causais a parlé au label américain des licences de libre diffusion, que ce label n'utilisait pas. ça a fait partie en quelque sorte des premières négociations avant contrat (contrat assez classique somme toute). Le label est en tus cas intéressé. Ce serait marrant que ce soit une artiste française qui inaugure les licences de libre diffusion sur ce label. La plupart des artistes, trop heureux d'avoir une proposition auraient signé sans discuter. Comme l'artiste ne question n'atendait rien de particulier, elle est d'autant polus libre de négocier (d'autant plus qu'elle a d'autres propositions). Excusez mi de rester dans le vague mais tant que les choses ne sont pas faites, je préfère ne pas donner de nom :) mais bien sûr, si la chose aboutit ça sera un événement intéressant pour la communauté du libre.
Pour ma part je reste assez déçu de la manière dont les labels "classiques" snobent en général les licences de libre diffusion. dans mon esprit, quand je dirigeais another record, je me considérais comme un pédagogue et un militant. Tous les artistes qui sont passés dans le label en savent un bout sur les licences libres (et c'est pareil pour les artistes d'unique records par exemple) : on a même produit deux démissions de la sacem, c'est pas mal quand même !
Mais c'est sûr que ça demande des efforts pédagogiques, des explications. Ce qu'un artiste veut avant tout (en général), c'est un accroissement de sa notoriété, des concerts réguliers, un soutien matériel ou moral, un désir, etc. Les choses juridiques (et c'est aussi de ça dont il s'agit) ou philosophiques ou politiques, viennent rarement au premier plan des préoccupations, ce qui est normal.
le mot "exploiteur" me semble toutefois un peu fort concernant en tous cas les labels indépendants des majors ou des pseudos-majors. il y a des exceptions, mais dans l'ensemble, ces labels sont rarement rentables, c'est surtout une histoire de passion et de risques permanents (sur le plan financier notamment).
De toutes façons, il existe des moyens simples de vérifier si vous avez affaire à des gens sérieux ou pas : regarder le nombre de concerts de leurs artistes par an, la notoriété des dits artistes, et surtout le désir réel que ces gens ont de travailler avec vous, et les moyens qu'ils sont prêts à mettre pour réaliser ce désir.
Croire que les labels font leur beurre sur les artistes c'est un délire (qui ne date pas d'aujourd'hui.) Ça arrive bien sûr, mais franchement, c'est rare au niveau des indépendants (des petits on va dire). Et puis, la règle d'or, c'est de toujours lire un contrat avant de le signer, et de négocier. Les artistes qui se plaignent sont souvent ceux qui n'ont pas lu le contrat emportés dans l'enthousiasme d'une signature précoce.
-banni-
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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par -banni- »

J'ai vu une émission intéressante, pour une fois sur France 2 cette nuit en redif : Esprit libre.

Le débat portait sur la différence entre la culture Française et la culture Américaine.

Ce qui en est ressortit, c'est que la culture Américaine est plus dynamique, plus variées pour une raison essentielle : l'artiste en est le centre.

En France, la culture c'est trop sérieux pour la confier à des artistes...
-banni-
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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par -banni- »

Ca induit tout un tas de comportements chez tous les acteurs de l'art.
L'assistanat, la non conscience, cette espèce de facilité à confier à d'autre le plus important dans un monde marchand : la gestion de l'argent.

"Moi, je sui un artiste, les questions d'argent ne m'intéressent pas...je veux juste créer et jouir"

A un moment donné, il faut grandir.

C'est pour ça qu'à la Sacem, c'est le E qui a le pouvoir aidé par les AC qui sont des gros vendeurs alors quà la base, le AC se sont regroupés pour être un contre-pouvoir face aux E.

Maintenant, si les artistes en LLD sont les mêmes qu'à la Sacem, il y a fort à parier que rien ne changera.
dana
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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par dana »

Ce qui en est ressortit, c'est que la culture Américaine est plus dynamique, plus variées pour une raison essentielle : l'artiste en est le centre.
oui je suis d'accord avec ça (mêmre s'il faudrait nuancer)
j'en ai causé dans mon truc sur les amateurs que tu as lu
il y a aux states des choses très différentes, à la fois marqué par un libéralisme et un communautarisme très présents (tout le contraire de chez nous). Ce n'est pas la panacée mais je crois qu'on a des idées à tirer de l'expérience américiane telle que j'en ai causé dans mon truc sur les amateurs (chapitre IV je crois)
En France, si l'on écoute certains discours, il semble qu'il n 'y ait puisse pas y avoir de création sans institution administrative
c'est évidemment stupide
la plupart des gens sur dogmazik (ce qui fait pas mal d'artistes quand même) sont la preuve qu'on faire des tas de choses sans être inscrit dans je ne sais quelle liste administrative
Maintenant, si les artistes en LLD sont les mêmes qu'à la Sacem, il y a fort à parier que rien ne changera.
mais heu nit
ça a déjà changé
le problème à mon humble avis, c'est que ta vision est un poil manichéenne
il y a dans les faits une pluralité de désirs d'artistes qui s'expriment de manière plus ou moins staisfaisante pour eux.
je trouve ça très bien ainsi
les licences de libre diffusion connaissent un succès incroyable. Quand tu as vécu comme moi et les gars de dogmazik les touts débuts du mouvement, ça fait cho au coeur de voir comment tout ça est devenu banal 5 ans plus tard.
Les dérives qu'on constate aujourd'hui on en causait déjà il y a 5 ans, on les craignait déjà.
Un usage purement intéressé, promotionnel des LLD, il fallait s'y attendre
maintenant, le tableau n'est pas si noir : il y a quand même un paquet d'artistes qui y mettent bien autre chose qu'un choix promotionnel


Et sinon tu dis : rien ne changera
mais que veux-tu dire ?
quel changement voudrais-tu ?
une dislocation de la sacem
le règne sans partage des LLD ?
ou que les artistes sous LLD (lol : LSD) deviennent tous des philosophes, des moralistes, des saints ?
moi je dirais au contraire que les choses ont formidablement changé
pas toujours dans le sens om j'aurais aimé qu'elles changent -cf mon post ci-dessus concernant les labels traditionnels), mais ça a déjà changé
en fait ça change tout le temps
La sacem a perdu son monopole de fait
il existe désormais des alternatives sérieuses, éprouvées
le partage amateurs/professionnels a bougé (c'est pour ça qu'il y a des résistances parce que certains ont peur de perdre leur job)
je ne sais pas du tout où ytout ça va mener

peut-être que les LLD vont devenir des outils purement marketing
(si certains qui écrivent des livres de marketing ou font des plates formes commerciales récupèrent les LLD.. je citerai pas de nom :)
peut-être des stars vont se mettre à adopter les LLD et créer une dynamique nouvelle
peut-être les choses resteront en l'état, dans un certain flou artistique et juridique
je n'en sais rien
mais des choses changent tout le temps, ce qui veut dire qu'il y a aussi des choses qui ne changent pas (les désirs de faire du fric, de devenir des stars, les soucis éthiques etc. )
-banni-
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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par -banni- »

Bien sûr que le tableau n'est pas si noir et que les choses sont bien plus complexes, j'abonde dans ton sens.

Mais, d'une part, je n'explique pas tout de ma façon de penser et je fais des raccourcis et des simplifications pour éviter les posts longs que je trouve difficiles à lire sur un écran.

Ca a le mérite de provoquer des discussions et des explications éventuelles par la suite. :D
dana
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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par dana »

mais oui nit
d'où le plaisir de causer avec toi :)

moi aussi j'adore lancer des choses pour voir
-banni-
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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par -banni- »

Conséquences collatérale de la discussion sur la place publique de l'inconscience de Jamendo ? ( dans le sens qui n'est pas conscient, pour les non Francophones :) )

Jamendo lance Jamendo.org.

Sylvinus said :
Ce sera un espace géré par la communauté et ca permettra aux projets communautaires d'avoir plus de visibilité et d'infrastructure
Ou encore :
pas vraiment freenews/free ; ca sera + officiel que ca.. vraiment dans l'idée de redhat/fedora http://en.wikipedia.org/wiki/Fedora_Project
Alors, vraie intention de tenir compte de la communauté du libre ( tiens, y'avait une communauté ? ) ou bien une façade visant à anticiper d'éventuelles futures polémiques ?

En tous cas, ça mérite d'être surveiller....tanlan!!

:twisted:

Fil de la discussion : http://www.jamendo.com/fr/forums/discus ... s-/#Item_0
dana
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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par dana »

c'est quoi le rapport red hat / fedora ?
jamendo serait red hat et fedora jamendo.org ?
-banni-
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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par -banni- »

J'ai l'impression que le Jamendo.org serait lié à Jamendo.com comme redhat et fedora.

D'un coté, l'aspect commercial, de l'autre, l'aspect communautaire / developpement.

Je pense que c'est ça l'idée...
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