Re: ''L'age de peer'': esclavage 2.0
Publié : 24 oct. 2006, 17:07
Virgo a écrit :Au départ Warhol s'est servi de l'imagerie publicitaire et de celle des magazines people de son époque en temps que matériau pour mieux détourner le sens des images d’une société de consommation, les icônes du cinéma comme Marilyn deviennent de purs produits reproductibles destinés au consommateur etc.... (mais son attitude est plus qu’ambigue)Virgo a écrit : Pour moi la pub utilise notamment l'art et l'artiste peut lui-même se servir de la pub. Il suffit, par exemple, d'examiner le parcours d'un Andy Warhol pour s'en convaincre.
Dire que Wahrol a fait de la pub est totalement abusif. Il a bien sûr été récupéré par les publicitaires qui n’ont pas manqué d’amalgamer à leur avantage art et publicité.
La pub a toujours récupéré l’art en le singeant, (Magritte a été l’artiste le plus pillé par la pub) ça ne veut pas dire que la pub puisse être considéré comme de l’art. (je me répète)
Une artiste comme Barbara Kruger utilise aussi le langage graphique de la propagande publicitaire et des médias en détournant et rendant visible l'aspect souvent totalitaire de ceux ci (de manière dirrecte et avec moins de cynisme qu’andy Wahrol)
http://www.pbs.org/art21/slideshow/popup.php?slide=541
Vigo, ce n'est pas parce qu'un artiste se sert de la pub comme d'un "materiau" que la pub devient de l'art.
Donc............ la dérive et la confusion continue je vois, (au sujet de l’art et de la pub, ci dessus)
mais ce n’est pas étonnant car cette inversion des valeurs a un réel rapport avec le débat dans la mesure il se produit actuellement et de plus en plus souvent un glissement sémantique du terme usuel «d’Artiste » (comme le faisait remarquer Dana dans un de ses essais) :
Que des chanteurs de Karaoké à la télé soient aujourd’hui des artistes, ou bien encore dans le monde de l’art contemporain quand des fonctionnaires commissaires d' expos se prennent ouvertement pour de (super) artistes dans la mesure ou ils mettent en scène, commandent les œuvres d'artistes et ordonnent un tout, l’expo étant considérée ici comme une sur-œuvre.
Dans cette logique de glissement sémantique et de détournement du statut artistique,
et selon (entre autres) les idées de l’âge de peer pointées par Pola.k, les fans, le public, les auditeurs pourront eux aussi réclamer ce statut d’artistes dans la mesure ou (dans ce système) l’artiste n’existe pas sans eux, et que « l’artiste » est ce que le public veut qu’il soit.
Dans cette lignée star-accadémicienne implacable, L’auteur Alban Martin devrait donc modifier son ouvrage en fonction de nos remarques, afin que son produit culturel soit en parfaite adéquation avec les attentes des diverses sensibilités du public.
Comme Pola je pense qu’il est urgent de repérer et dénoncer ce type de dérives et d’usurpations.