Re: nouvel album BUBBLIES sur une clé USB sans DRM
Publié : 08 sept. 2006, 14:23
au sujet des protections appliqués sur les enregistrements musicaux portés sur des supports
j'en causais avec un disquaire récemment qui me disait que même chez les majors, il n'y avait pas encore une majorité de cds "protégés"
loin de là
le problème des Bubblies, c'est qu'ils débarquent d'un monde ancien (d'une scène qui a connu ses heures de gloire dans les années 90, notamment en France, les dyonisos, les autour de Lucie, les gens de chez Lithium, tahiti 80, phoenix, etc. portés par quelques magzines (les inrocks Magic!) qui à l'époque pouvaientr être considérés comme "indépendants", qui ont très vite squaté les salles subventionnés, le printemps de bourges etc.
Scène talentueuse sans nul doute
mais
qui subit de plein fouet l'évolution du marché du disque, la réduction du catalogue des grands distributeurs et des disquaires, la baisse des ventes (car c'est surtout les ex-lables indé de cette époque qui en patissent en vérité, plus que les majors)
et qui s'est inscrite à la l'époque à la SACEM (ce qui était considéré comme "quasiment obligatoire", en l'absence d'alternative, qui ont pu dans quelques cas prétendre à l'intermittence du spectacle, au moins provisoirement
et qui ont en définitive complètement raté l'émergence d'une autre scène (je parle notament dans les musiques indie), peu médiatisée, peu soutenue ou pas du tout par les pouvoirs publics, scène bien plus indépendante en vérité, qui se débrouille totalement par elle-même, adepte du Do IT Yourself, peu intégré dans les réseaux des salles subventionnées, qui en général chante de surcroît en anglais, ce qui ne le fait pas chez nous, ne sont pas intermittentes et ne cherchent pas à l'être, etc.
Je ne dis pas que cette scène est meilleure ou moins bone que l'autre, je dis juste que les choses fonctionnent très différemment.
Du coup
la scène des années 90 est coincée
ele aimerait bien pouvoir reprendre le flambeau des indé
mais entre temps, d'autres se sont lancés, avec des méthodes totalement différentes, complètement étrangères au système institutionnel et au marché du disque, et utilisant internet à bloc
la scène des années 90 nous a toujours regardé de haut, et la plupart du temps ignoré avec dédain
c'est la raison pour laquelle je suis plus que sceptique quand je vois les mecs débarquer aujourd'hui pour nous apporter la "bonne nouvelle"
Nous nous sommes démmerdés sans aucun soutien
nous avons créé nos propres réseaux
nous avons des fans dans le monde entier (mais suscitons peu d'enthousiasme en France, c'est ainsi, ce n'est pas grave : je préfère qu'un australien m'écrive pour commander un scud de dana hilliot, plutôt que de subit le mépris de programmeurs de salles subventionnés ou de distributeurs frileux d'ici parce que je chante en anglais)
bref
les temps ont changé
et je doute que c'est avec une clé USB, fut-elle le vecteur de jouissances sensibles tout juste propres à susciter le rire (et avouer tout de même que c'est risible non ?), que ces artistes que je respecte par ailleurs artistiquement, parviendront à attirer autour d'eux les acteurs de la nouvelle scène indépendante.
J'ai trop de mauvais souvenirs de groupes installés qui considéraient mon petit label avec mérpis, ne daignant même pas nous adresser la parole alors qu'on vendait des disques sur un stand juste à côté du leur trois jours durant, pour avoir la naïveté de croire qu'aujourd'hui les mentalités ont à ce point changé.
Je note d'ailleurs que nos chers BUbblies se sont contentés de poster sur leur thread de clé USB, dédaignant les autres posts du forum, n'ayant pas un mot sur les musiques qui sont proposées sur Dogmazik.
Leur position, sous couvert d'ouverture, est en réalité à sens unique : admirez nous (du fait de notre CV). Méais je ne vois pas qu'il y ait quelque chose en retour. CE qu'ils oublient c'est qu'ils parlent ici non seulement à des fans potentiels , mais aussi à des créateurs, la plupart du temps.
Mais bon.
Je généralise, j'exagère surement, et je suis victime de mon ressentiment vis-àvis d'une période difficile, quand je débutais le label, et qu'on me regardait vraiment de haut.
Aujourd'hui, les choses ont bien changé, le dit label a une certaine notoriété, largement aussi importante que celle des Bubblies, et d'ailleurs, je ne travaille plus dans le domaine de la musique.
Le message des Bubblies aurait été à mon sens beaucoup mieux perçu s'ils avaient pris la peine de s'intéresser réellement aux manières de notre petit monde, qui, même s'il apparait rarement dans les rayons de la Fnac, touche tout de même un public important.
j'en causais avec un disquaire récemment qui me disait que même chez les majors, il n'y avait pas encore une majorité de cds "protégés"
loin de là
le problème des Bubblies, c'est qu'ils débarquent d'un monde ancien (d'une scène qui a connu ses heures de gloire dans les années 90, notamment en France, les dyonisos, les autour de Lucie, les gens de chez Lithium, tahiti 80, phoenix, etc. portés par quelques magzines (les inrocks Magic!) qui à l'époque pouvaientr être considérés comme "indépendants", qui ont très vite squaté les salles subventionnés, le printemps de bourges etc.
Scène talentueuse sans nul doute
mais
qui subit de plein fouet l'évolution du marché du disque, la réduction du catalogue des grands distributeurs et des disquaires, la baisse des ventes (car c'est surtout les ex-lables indé de cette époque qui en patissent en vérité, plus que les majors)
et qui s'est inscrite à la l'époque à la SACEM (ce qui était considéré comme "quasiment obligatoire", en l'absence d'alternative, qui ont pu dans quelques cas prétendre à l'intermittence du spectacle, au moins provisoirement
et qui ont en définitive complètement raté l'émergence d'une autre scène (je parle notament dans les musiques indie), peu médiatisée, peu soutenue ou pas du tout par les pouvoirs publics, scène bien plus indépendante en vérité, qui se débrouille totalement par elle-même, adepte du Do IT Yourself, peu intégré dans les réseaux des salles subventionnées, qui en général chante de surcroît en anglais, ce qui ne le fait pas chez nous, ne sont pas intermittentes et ne cherchent pas à l'être, etc.
Je ne dis pas que cette scène est meilleure ou moins bone que l'autre, je dis juste que les choses fonctionnent très différemment.
Du coup
la scène des années 90 est coincée
ele aimerait bien pouvoir reprendre le flambeau des indé
mais entre temps, d'autres se sont lancés, avec des méthodes totalement différentes, complètement étrangères au système institutionnel et au marché du disque, et utilisant internet à bloc
la scène des années 90 nous a toujours regardé de haut, et la plupart du temps ignoré avec dédain
c'est la raison pour laquelle je suis plus que sceptique quand je vois les mecs débarquer aujourd'hui pour nous apporter la "bonne nouvelle"
Nous nous sommes démmerdés sans aucun soutien
nous avons créé nos propres réseaux
nous avons des fans dans le monde entier (mais suscitons peu d'enthousiasme en France, c'est ainsi, ce n'est pas grave : je préfère qu'un australien m'écrive pour commander un scud de dana hilliot, plutôt que de subit le mépris de programmeurs de salles subventionnés ou de distributeurs frileux d'ici parce que je chante en anglais)
bref
les temps ont changé
et je doute que c'est avec une clé USB, fut-elle le vecteur de jouissances sensibles tout juste propres à susciter le rire (et avouer tout de même que c'est risible non ?), que ces artistes que je respecte par ailleurs artistiquement, parviendront à attirer autour d'eux les acteurs de la nouvelle scène indépendante.
J'ai trop de mauvais souvenirs de groupes installés qui considéraient mon petit label avec mérpis, ne daignant même pas nous adresser la parole alors qu'on vendait des disques sur un stand juste à côté du leur trois jours durant, pour avoir la naïveté de croire qu'aujourd'hui les mentalités ont à ce point changé.
Je note d'ailleurs que nos chers BUbblies se sont contentés de poster sur leur thread de clé USB, dédaignant les autres posts du forum, n'ayant pas un mot sur les musiques qui sont proposées sur Dogmazik.
Leur position, sous couvert d'ouverture, est en réalité à sens unique : admirez nous (du fait de notre CV). Méais je ne vois pas qu'il y ait quelque chose en retour. CE qu'ils oublient c'est qu'ils parlent ici non seulement à des fans potentiels , mais aussi à des créateurs, la plupart du temps.
Mais bon.
Je généralise, j'exagère surement, et je suis victime de mon ressentiment vis-àvis d'une période difficile, quand je débutais le label, et qu'on me regardait vraiment de haut.
Aujourd'hui, les choses ont bien changé, le dit label a une certaine notoriété, largement aussi importante que celle des Bubblies, et d'ailleurs, je ne travaille plus dans le domaine de la musique.
Le message des Bubblies aurait été à mon sens beaucoup mieux perçu s'ils avaient pris la peine de s'intéresser réellement aux manières de notre petit monde, qui, même s'il apparait rarement dans les rayons de la Fnac, touche tout de même un public important.