- L'association Musique Libre ne peut, toute seule être un catalyseur d'initiatives autour des cultures libres, puisque chacun monte "son truc" dans "son coin" depuis trois ans environ.
- Malgré sa présence dans un certain nombre de ces structure, il n'y a pas de ligne, de charte référentielle, tous le monde fait en fonction de ses petits intérêts particuliers (j'y reviens plus bas) et certainement pas pour un intérêt "communautaire" mais peut-on blâmer cette situation, puisqu'il n'y a pas de communauté?
- Par contre, quand il s'agit d'utiliser l'image éthique reconnue de l'association pour l'aura de ces initiatives, là, tout le monde est d'accord...
- Enfin, l'association Musique Libre n'a jamais eu vraiment de soutien de la part de la communauté (qui n'existe pas, normal), de la part de certains acteurs, fort sympathiques au demeurant mais qui, une fois leur petits intérêts en mouvement, délaissent le sérail pour mener ses propres actions, de la part des institutions ou du pouvoir politique (quel que soit le bord).
Non, aucun soutien "public" fort , juste des " c'est formidable ce que vous faites" , c'est gratuit et ça n'engage à rien.
Les petits intérêts:
Nombres d'acteurs autour des cultures libres, ne sont là que par opportunisme, au départ, c'est une démarche de découverte d'un champ culturel, (merci à dogma et dans une certaine mesure jamendo), c'est des discussions fort intéressantes permettant de comprendre les tenants et les aboutissants.
Par la suite, assé rapidement , c'est "comment vais-je m'insérer dans ce truc?", et "quels intérêts perso je peux y trouver".
C'est à partir de là que l'on peut constater les différentes techniques possibles :
(pour ceux qui voudraient aussi faire "leur truc", c'est quelques conseils)
- Promotion de son groupe:
Tout simple, il faut s'impliquer un peu (pas trop sinon ça prend trop de temps) et se "placer" dès qu'il y a une manifestation qui est organisée, du coup on est sur de faire de la scène systématiquement, et on devient "le groupe" de référence des manifestations autour des cultures libres.
- Promotion personnelle:
Quand on a des ambitions politiques (de quartier), là c'est pas pareil, il faut être partout, beaucoup travailler dans différentes structures, être présent à toutes les manifestations et surtout être "pote" avec tout le monde, trouver toutes les idées "super bonnes" et se les approprier bien entendu.
A partir de là , fonder une structure par idée, et entraîner le plus possible de participant (peu importe si ils ont des positions contradictoires) et s'agiter dans les médias.
Au bout d'un moment, ça paye, on ne vois plus que vous et on parle de vous, c'est gagné.
Alors que certains ont une autre technique, c'est écrire des bouquins, se mettre en marge tout en se présentant comme "penseur", "philosophe" du libre et noyauter les structures afin d'y faire sa place honorifique et par là même être présent dans les médias et donc avoir de la "visibilité", refaire un bouquin et recommencer.
(peu importe si les idées de fond sont sérieuses ou pas il existera toujours des gens pour les promouvoir).
- Rémunération des artistes, pour se rémunérer bien entendu:
Là, c'est un peu plus subtil, il faut choisir une structure qui aura les moyens de vous rémunérer.
Une asso, c'est difficile, parce que généralement peu de salariat, très peu de financement, donc très long à obtenir une place payée.
Un entreprise, c'est encore plus dur, rentabilité, taxes , charges, développement d'activité, c'est jamais gagné, puis il faut beaucoup bosser pour un rendement moyen, non, pas un bon plan au final , plus d'enmerdes que de sous.
Un société civile qui perçoit des subventions et des dons, là, ça sent bon.
En fait le truc, c'est de s'imposer comme un intermédiaire incontournable, donc gros travail au départ auprès des institutions et des politiques, en présentant un axe de travail qui "plait" , du genre la "sainte rémunération des artistes".
A partir de là, on peut aussi faire un peu de lobbying avec des grosses structures privées en leur promettant une "exclu" sur l'exploitation des sociétaires en échange de gros financements sous forme de dons, mécénat ou sponsoring.
Donc, pour résumer, on part d'une idée dans l'air du temps: "la rémunération des artistes", on explique que l'on a "LA" solution, on monte un buzz sérieux sur le sujet, et on commence l'activité.
Assé rapidement, les artistes viennent dans le truc espérant tirer une bénéfice de leurs activités artistiques, et quand on atteint la masse critique, avec les pourcentage retenus pour "frais de fonctionnement" on arrive à avoir du pognon sans trop se fouler et donc un bon salaire à la clef.
Dans ce cas spécifique on peut citer la super société civile qu'est la SACEM, qui elle a réussi le tour de force d'être "mandatée par l'état" et donc devenir un intermédiaire incontournable qui dégage pas mal de profits pour son fonctionnement interne, tant mieux pour eux.
Gageons donc que les initiatives type SARD et autres (ce n'est pas forcément un procès d'intention, attendons de voir...) seront bien financées et permettrons à certains instigateurs de trouver un "revenu personnel de création d'intermédiaires" satisfaisant.
On peut in finé se demander si la promotion des cultures libres doit obligatoirement passer par l'acceptation de ce genre de comportements, tout en sachant que plus ces cultures seront reconnues, plus ce genre de comportements se développerons, je faisais un parralèle il y a peu avec les mouvements des radios libres ou du rock alternatif 25 ans auparavant, donc il ne s'agit pas d'une "nouveauté", on pourrait aussi faire la liste des hommes et femmes politiques "sortis" des milieux associatifs ou des "combats" laissant leurs idées au placard quand il s'agit d'intégrer une institution ou un pouvoir politique, de trouver un point de rémunération personnel.
Pour ce dernier point je pense que ceux qui se "placent" aujourd'hui le font trop hâtivement, le "marché" n'est pas "mûr", le chemin est encore long.
On me taxera sans doute de cynisme et autres délires déplacés, ou que sais-je, c'est de bonne guerre (de communication).
Ce n'est pas un jugement, mais un constat, force est de constater que quelque soit les idées, les structures, les combats, les "tartuffes" et imposteurs de tout poils ne manquent pas de s'insérer dans la "boucle" afin d'y trouver un intérêt particulier, c'est comme ça depuis la nuit des temps, cela ne me dérange pas plus que ça.
Ce qui me dérange c'est que cela dénature les idées de fond et par l'exploitation de "fausses bonnes idées" met en péril l'essence même des cultures libres dans leurs aspects alternatifs à l'industrie des loisirs numériques nécessaire à leurs développements plein et entier, à leurs places, leurs reconnaissances auprès des publics.
Doit-on aller réellement vers l'avènement d'une sous-culture gratuite (ou subventionnées) servant de faire valoir aux cultures industrielles?
Doit-on considérer le clivage amateur/professionnel comme seul qualificatif référentiel possible pour un artiste ou un créateur?
Doit-on considérer les artistes comme des abrutis qui ne sont pas capables de gérer eux-mêmes leurs oeuvres et leurs activités en leur imposant des "sociétés" de gestion?
La gestion individuelle n'est pas un jouet avec lequel on peut faire n'importe quoi.
Ce mode de gestion a besoin de "soutien" (juristes, contrats, aide au projets, systèmes de distribution, spectacle vivant, diffusion vers tous les publics) mais certainement pas de système de substitution amenant lentement vers une assimilation forcée à la gestion collective, c'est nul.
Par contre, rien n'empêche, lorsque ce type de comportement est avéré de se faire sa propre opinion et de dénoncer le cas échéant ces dérives, et c'est en ce sens que l'on doit être particulièrement vigilant et critique envers toute cette agitation stérile autour des initiatives de collecte et de répartition, de gestion des dons, de financement "global".
Rien n'empêche d'éviter de se laisser "prendre" au piège du faux débat que nous avons actuellement sur le sujet, nos divisions renforcent l'idée que seul un système comme celui présenté est "sérieux" pendant que d'autres se divisent et se frittent inutilement.
Ce n'est en aucun cas de la défiance mais bien de la vigilance critique, après, chacun est libre de faire ce qu'il veut bien entendu, en son nom propre (bien que j'ai du mal avec cette expression) ou au nom de telle ou telle organisation, mais de grâce sans prendre trop les gens pour des cons, ça finit par se voir...
Bonne zike à vous