Page 8 sur 14
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Publié : 03 oct. 2009, 20:37
par yza
Concernant la gestion collective, ce n'est pas vraiment le mot collectif qui me gène mais surtout la répartittion et en matière d'art, on peut tourner le problème dans tous les sens, la notion de popularité reviendra fatalement. Si c'est pour se reoutrouver dans le cas de la SACEM autant y aller de suite et pour ceux qui souhaitent en changer les règles qu'ils le fassent de l'interieur, ce sera plus facile ^^
Je préfère donc largement une gestion individuelle avec mutualisation des moyens permettant à tous ceux qui le souhaitent d'avoir accès à ces moyens, plutôt qu'une gestion collective qui répartit des revenus, avec des critères qui seront fatalement considérés à tort ou à raison (pour peu que la raison ait quelque chose à voir avec les goûts et les couleurs) comme injustes par certains.
Pour en revenir aux popositions ou aux évocations de Jérémie, je reviens là-dessus et j'insiste et plussois tdBt quand il dit :
"Désolé mais c'est débile. Conditionner le revenu à la circulation à la "masse" d'échange est une abération totale quand on parle de licence de LIBRE DIFFUSION."
Ce à quoi Jérémie répond :
Oui mais ils peuvent le faire, voir pire une rémunération en fonction des ventes des standards commerciaux. 2 attitudes : Soit on s'en tape (pas besoin de troller) soit on pense que les auteurs CC AL pourraient être concerné et là question c'est comment participer au débat, et quelle piste proposer.
C'est pourtant incompatible avec le fait que même la plus restricitve des licences autorise la mise à dispo et le téléchargement A TITRE GRATUIT...Cette gratuité fait peur certes, elle n'est pas à la mode hadopienne, certes, mais elle fait partie du lot.
Qaund on choisit une licence ouverte, on sait que l'œuvre va circuler passer par des tuyaux et que l'on ne se fera pas rémunérer sur chaque trajet de chaque copie : c'est écrit dans la licence, bordel !
La rémunération en fonction de la circulaiton des flux est une idée des hadopiens. Je conçois qu'ils défendent cette idée, puisque cela fait partie du modèle économique de l'industrie du divertissement, mais cela n'a, historiquement et intrinsèquement, rien à voir avec les Licences Ouvertes bien au contraire, TOUT au contraire.
C'est pourquoi je suis farouchement opposée à une quelconque répartition d'une rémunération globale redistribuée par l'asso musique libre (en l'occurence) au titre de la simple présence sur l'archive.
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Publié : 03 oct. 2009, 21:25
par dj3c1t
Yza dit:
je suis farouchement opposée à une quelconque répartition d'une rémunération globale redistribuée par l'asso musique libre (en l'occurence) au titre de la simple présence sur l'archive.
merci.
je rejoins et plussois fortement Yza et Tdbt sur ce point:
si j'utilise des licences de libre diffusion, c'est justement pour que la diffusion soit libre.
...
et je réitère ma question:
quel rapport entre les LO et les forfaits 3G ?
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Publié : 04 oct. 2009, 02:21
par tdBt
[presque HS]
Je fait une rechute dans les séries US (et j'en découvre des terribles), et je pense dj3c1t qu'une partie de la réponse pour la 3G est dans les séries télé. Tordu ? Essayons.
Prenons une série télé hyper populaire quoique hyper navrante : Greys anatomy.
C'est bourré, mais alors 2 par épisode au moins de hits, ou pseudo hit, ou pseudo découverte, bref de musique "produit(e)" c'est la manne de la synchro, et en regardant, on sent très bien, qu'il y a des executive éditor dont c'est le boulot de placer leurs artistes pour des synchros dans des séries ultre populaire. == Générer des royalties "parceque les artistes meurent du téléchargement", comme on à déplacé les revenus du disque (qui se meurent c'est tout) on se rabat sur les concerts 3D à120 euros, la synchro série ou film (les beastie boys dans un star trek ??? si, si) qui rapporte plein de pognon. Et surprise, c'est toujours pas les auteurs qui palpent (mon exemple est très copyright donc limité à la gestion à l'américaine ou l'auteur a, en gros, tout laché à son éditeur).
La 3G ? Pareil, nouvelle niche, nouveau terrain de jeu marketing, placer ses artistes, au moins essayer de tirer du blé de la magnifique arnaque de la musique issue des catalogues acquis par des opérateurs télécoms. Dans tous ces pseudos nouveaux canaux rémunérateur, qui palpe ? l'auteur ? l'interprète (pour faire plaiz à _sam) ? Je ne le crois pas.
Après penser que la 3g est un marché c'est vraiment un truc de marketeux bas du front. Il y a peu de temps on vendait des sonneries de tél 3euros pour 1min de musique, il faut pas réver, l'accès à "l'internet d'un opérateur" via un tél portable finira fatalement par devenir un vrai accès internet (si c'est pas le cas ça changera pas grand chose) et il sera juste plus simple, moins cher, moins contraignant, présentera plus de choix de les télécharger "illégalement". Pour l'instant les opérateurs s'arrangent pour qu'on ai pas le net (le vrai) sur les téléphones pour nous refiler leur daube. Mais penser que ce marché va durer est absurde, il devra rejoindre l'offre "légale" (payante) en ligne.
En attendant on bourre le crane des utilisateurs en leur disant quil y a "internet ET internet" (sous tendu l'internet d'O'rage est mieux, mdr) et globalement dans les médias on continue de dire que internet c'est la jungle et qu'il faut y mettre bon ordre.
J'aime pas leur nom, mais les partis pirates du monde entier me semblent avoir une meilleure vision de la profonde réforme du droit "au partage" nécessaire. (mais je pense pas qu'on puisse monter un parti politique entier sur ces seules valeurs, c'est tout un débat en même temps, ça peut se tenir)
dF
edit : pour l'anecdote sachez que les partis pirates français se sont unifiés, c'est bien ça coco, et qu'en se baladant sur leur site on peut trouver un forum aiimsa, modéré par... je vous le donne en mille... Quand je pense que certains trouvent les modos abusifs par ici, je me demande bien ce que peut donner un fofo modéré par l'illustre dje"bafouille"...
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Publié : 04 oct. 2009, 03:33
par dj3c1t
ah !
thanks Tdbt pour ton explication
disons (si je comprend un peu...), étant donné le contexte, donc Internet, 3g, etc, j'imagine bien que ça puisse secouer les neurones des organismes de gestion collectives qui se basent sur la diffusion pour calculer les sous...
maintenant
que les "opérateurs" (internet ou mobile ou les deux ou ce que vous voulez) s'amusent à inclurent ou pas des services "culturels" dans leurs offres, je vois toujours pas ce viennent faire les LO dans ce bronx. Que ces opérateurs se tirent la bourre pour savoir qui aura la plus grosse offre "culturelle", c'est une question qui du point de vue des zicos n'a de sens que dans une approche qui :
1) se gère de manière collective
2) se focalise sur la diffusion
Tandis que les LO proposent justement :
1) une gestion individuelle
2) qui s'affranchit complètement des méthodes de diffusion
pour quelqu'un qui utilise les licences de libre diffusion, que la diffusion se fasse via Internet, 3g, rayons X ou par téléportation, démolécularisation, ou que sais-je, qu'est-ce que ça change ?
mais je suis peut-être trop à chailles pour piger le truc (ce qui est aussi fort probable, dans ce cas si une bonne âme veut bien m'éclairer...). Mais bon... pour dire vrai, je dois avouer que ça fait quelques posts que je suis complètement largué. je comprend même pas pourquoi ça pose débat dans la section "Faire de la musique sous copyleft". donc je remercie au passage Tdbt pour sa tentaive d'explication et je retourne dans ma cave même pas voutée -->
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Publié : 04 oct. 2009, 04:18
par a-Sansara
@yza
yza a écrit :Même si l'auteur peut changer d'avis (droit de retrait) l'utilisateur final peut faire valoir la licence s'il est de bonne foi et il y a de forte chance pour qu'il puisse prouver qu'il l'est.
oui ça c'est l'irrévocabilité de la licence, que je ne remet nullement en cause, on contraire. Ce dont je parle ce n'est pas le droit de retrait de l'auteur.
Imaginons un type qui s'appelle truc muche et son nom de scène c'est duchmouk, il va voir un pote hacker, où au pire il passe par un ou plusieurs proxy. Il s'inscrit sur dogma sous le nom michetrique et gère le groupe duchmouk. Deux ans passent, il est content tout se passe bien il a l'opportunité (!?) de signer pour un prestigieux label super new tendance. (je passe les détails) il désinscrit le groupe ducmouk de dogma, efface tous les titres. Youpi c'est signé, deux ans passe, je rezappe les détails, puis un beau jour il y a une chasse au sorcière et untel qu'aimait bien duchmouk et qu'il l'a dans son disque dur se fait prendre par la gente hadopienne. Le gars il va rétorquer ben, c'est sous licence libre. Tu crois qu'il va le prouver comment si l'auteur truc muche nie avoir placé ses titres sous licences libre. Il est copyrighté, et l'auteur des titres, et il peut le prouver. le gars qui se fera pincé, il pourra être de bonne foi, je ne suis pas sur que sa bonne foi lui apportera la paix, d'autant s'il doit prouver son innocence.
ben ça paraît peut-être absurde dit comme ça, mais c'est en tout les cas facilement réalisable, le plus dur restant de signer l'enfermement.
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Publié : 04 oct. 2009, 13:16
par __sam
Je préfère donc largement une gestion individuelle avec mutualisation des moyens permettant à tous ceux qui le souhaitent d'avoir accès à ces moyens, plutôt qu'une gestion collective qui répartit des revenus, avec des critères qui seront fatalement considérés à tort ou à raison (pour peu que la raison ait quelque chose à voir avec les goûts et les couleurs) comme injustes par certains.
yza, si je résume ta phrase en la tirant un peu par les cheveux :
- tu préfères mutualiser de l'individuel plutôt que faire du collectif,
- tu préfères donner des moyens plutôt que des revenus,
je vais te dire qu'il vaut mieux aller droit au but, tu vas me dire qu'il vaut mieux dans mon cas s'inscrire à la sacem, je vais te répondre qu'actuellement c'est pas possible puisque la sacem n'accepte pas les NC BY SA (je mets pas 'CC' parce que cette organisation m'inspire de moins en moins confiance). etc.
mais du coup, puis-je te mettre dans la même case que mon ami tdBt (qui est en plus un bel homme) de ceux qui pensent que la gestion individuelle n'engendrera pas de comportement déviant (;)) et de libéralisme le plus forcené dans le milieu à risque des musiques populaires (musiques populaires en opposition à musique savantes, pas dans le sens populaire 'connu' et j'y mets aussi l'electronica minimaliste) ?
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Publié : 04 oct. 2009, 13:22
par jeremienestel
1. A Ysa
"C'est pourtant incompatible avec le fait que même la plus restricitve des licences autorise la mise à dispo et le téléchargement A TITRE GRATUIT...Cette gratuité fait peur certes, elle n'est pas à la mode hadopienne, certes, mais elle fait partie du lot.""
Je suis farouchement opposé à assimilé LAL à gratuit. Il n'existe pas de gratuité au téléchargement. JZ de la quadrature ne cesse de l'expliquer les coùt d'internet ne sont pas neutres : achat d'ordinateur, achat de l'abonnement internet.
Télécharger dans le cadre d'une utilisation non commerciale est un effet de bord de la licence, pas une conséquence.
Du fait de l''arrivé de la Licence globale, ou de ses petits frères; je suis farouchement opposé à ce que l'on assimile Licence libre à gratuit et que les auteurs sous LAL soit exclu des rémunérations induites. J'ai passé beaucoup de temps avec P. Aigrain pour que dans le cadre de sa licence créative, il pense à rémunérer les auteurs produisant des oeuvres sous LAL. Il avait tendance à considérer que les auteurs LAL ne souhaitait pas en bénéficier, quand cela ne reflète pas la majorité.
Je n'ai aucun mépris pour les auteurs s'inscrivant à JAMENDO PRO pour être rémunéré, et si JAMENDO était plus transparent et ethique cette initiative ne me choquerait pas.
Il y a bien des positions pluriels sur la volonté de certains auteurs de vouloir être rémunéré en utilisant des licences libres.
Pour en avoir longuement discuté avec A. Moreau et Lessing et RMS, les licences n'induisent pas un mouvement culturel mais un choix que fait l'auteur élargissant ses libertés ainsi que celle de son public.
Cette liberté n'induit pas un dicta de positon philosophique sur la rémunération des auteurs. Chacun est libre de son choix. L'important c'est qu'il n'y est pas de position des uns ou des autres impactant la liberté "des uns et des autres". C'est un des principes essentiels des licences libre.
2. Sur 3G et autre
-------------------------
3G est un effet de bord, un exemple qu'Iphone a bien dans ses services valorisés des offres culturels (gratuite) au dépend d'autres.
Je ne pense pas que l'on réussira à transformer internet en un minitel 2.0, bien que.
Les menaces se font chaque jour plus pressante. Regardons la chine ...
Cette réalité d'un minitel 2.0 oblige à faire parti des négociations dans les deux lieux.
1. Garantir dans une perspective de Minitel 2.0 que les plateformes type Dogmazic, puisse se pérenniser et en faire reconnaître l'intêret me parait important. Faire valloir la richesse des oeuvres libres comme une offre légale méritant dêtre soutenu, aussi.
2. Lutter contre les tentatives d'un Internet Minitel 2.0 et faire valoir la valeur des oeuvres libres et l'intêret à ce que l'on soutienne plus les auteurs faisant le choix de ses licences.
ect.
... en substance
J.
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Publié : 04 oct. 2009, 13:35
par tdBt
1. Garantir dans une perspective de Minitel 2.0 que les plateformes type Dogmazic, puisse se pérenniser et en faire reconnaître l'intêret me parait important. Faire valloir la richesse des oeuvres libres comme une offre légale méritant dêtre soutenu, aussi.
2. Lutter contre les tentatives d'un Internet Minitel 2.0 et faire valoir la valeur des oeuvres libres et l'intêret à ce que l'on soutienne plus les auteurs faisant le choix de ses licences.
ect.
Héééé, c'est pas dans le bon sens :
1) lutter à mort pour qu'internet ne soit pas un minitel 2.0 (comme celui des téléphones)
2) Si internet deviens un minitel, re-générer un vrai internet quelque part avec nos ordis, nos serveurs, etc, etc... (même si on perds en puissance)
3) Enfin si internet neutre kaput (ça me parait aussi improbable), bah faut voir, soit on continue à essayer de faire valoir les LLD dans cet environnement devenu tout pourri (mais dans un minitel tout payant c'est juste pas possible), soit on déserte ce réseau et on monte encore autre chose.
Les visions de Lessig et Stallman de leur chères licences, sont quand même typiquement américaine, on perd jamais de vue le profit, un bon vieux libéralisme "american dream", et on se dédouane d'être des trotsky en expliquant qu'on ne modifie qu'une petite chose, la diffusion, que tout le reste est encore possible. (voir les positions de stallman sur les clauses NC). Les mecs sont pas des décroissant quoi.
dF
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Publié : 04 oct. 2009, 14:16
par jeremienestel
tdBt,
dans l'absolu je suis d'accord avec toi.
bemol, juste sur le pragmatisme et l'utopisme.
Je n'aime pas Trosky = Staline en puissance .
Préfère Makhno
bises
J.
Re: Comment définir l'utilisation commerciale d'une oeuvre ?
Publié : 04 oct. 2009, 15:50
par dj3c1t
jeremienestel a écrit :Je suis farouchement opposé à assimilé LAL à gratuit. Il n'existe pas de gratuité au téléchargement. JZ de la quadrature ne cesse de l'expliquer les coùt d'internet ne sont pas neutres : achat d'ordinateur, achat de l'abonnement internet.
ok
c'est là que je te suis pas du tout Jéremie.
ce que tu dis, là, c'est comme dire: pour pouvoir écouter de la zic, il faut être vivant, et pour être vivant, il faut manger et manger, ça coute des sous donc la zic est pas gratuite. j'veux dire, sur ce genre de raisonnement, y'a absolument rien qui est gratuit.
les ordis et les connections (internet, 3g, demolécularisation, etc) peuvent trés bien se passer de la zic pour exister. si des marketeux incluent des forfaits culturels dans les offres de connection, c'est parce qu'ils pensent que ce sera plus "attrayant". ça veut pas dire que c'est inéxorablement lié.
en ce qui concerne les LO, c'est pas une question de téléchargement. c'est une histoire de diffusion et ça inclue les transfères usb, les copies analogiques...