Pour nous contacter : soyez au rendez-vous sur IRC ! ⋅ Parcourir l'archive musicale Dogmazic ⋅ Notre Blog ⋅ Notre Documentation
Bonjour à tous,

Le forum Musique Libre a migré !

Pas d'inquiétude, vos comptes et vos messages ont été migré ! Mais nous n'avons pas pu migrer les mots de passe, il vous faudra donc cliquer sur "J’ai oublié mon mot de passe" et suivre la procédure.

Welcome back ;)

sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Discussions sur ce qui se passe dans le monde de l'industrie du disque.
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par dana »

C'est bizarre
je trouve que tout le monde a des choses intéressantes à dire
mais ça tourne à la méchanceté assez vite
why ?

Il y a tellement de désirs et d'enjeux différents
Parmi les mloistes qui postent, nous n'avons pas tous déjà au départ les mêmes positions :
certains sont musiciens, parfois créateurs, parfois interprètes, parfois les deux
certains ne sont pas musiciens mais militants pour les licences de libre diffusion
et encore : chacun n'a pas la même vision de ce que devrait impliquer les licences de libre diffusion
certains ont une position critique vis-à-vis du marché, d'autres sont plus modérés
etc.. etc..

On peut peut-être essayer non pas de se mettre d'accord mais au moins de classer nos désirs selon des grilles plus ou moins nuancées :

Nous sommes tous d'accord je crois sur les points suivants :

il existe de fait plusieurs manières de faire exister sa musique : disons de JOhnny Hallyday au mec qui fait des trucs dans sa chambre sans en avoir jamais parlé à personne, on peut décrire une grande pluralité de pratiques.

Il existe aussi plusieurs manières de faire de l'argent avec sa musique. Mais on doit bien convenir que toutes ces manières (pas si nombreuses finalement) n'ont pas la même efficacité (si on prend comme critère les revenus effectifs engrangés par la mise en circulation des oeuvres)

Le fait est qu'il y a beaucoup de créateurs et très peu qui gagnent de l'argent avec leurs créations et encore moins qui payent leur loyer avec cet argent.

BOn.. JUsque là on est d'accord oui ?

Après la question se pose de savoir si les artistes devraient être rémunérés pour leur création.
Dans les faits c'est rare.
Est-ce qu'internet change quelque chose à cela ? Est-ce qu'on peut penser qu'internet va représenter une nouvelle source de revenus pour les créateurs ?
Ou plutôt : est-ce qu'Internet va rendre possible une rémunération pour plus de créateurs que le marché traditionnel ?

Bon..
si on répond oui, la question se pose alors de savoir quelles sources de revenus existent sur le net pour le moment.
Le téléchargement payant n'est pas très adapté normalement aux créateurs qui ont choisi les licences de libre diffusion (enfin, disons que pourquoi pas après tout, mais c'est absurde puisque les morceaux sont librement diffusables etc..)
Le versement d'éventuels droits d'auteur à la sauce Licence globale me parait pour les mêmes raisons assez absurde (et de toutes façons ce n'est plus d'actualité)
les donations sont également un autre moyen : elle suppose d'une part que les internautes éprouvent le désir de soutenir financièrement les artistes, et d'autre part que les dits internautes aient les moyens de le faire. Je ne sais pas si c'est le cas.. J'en doute : je crois plutôt que les budgets consacrés à la culture n'ont pas augmenté aussi vite que l'offre culturelle ("pas aussi vite" : c'est un euphémisme :)
Reste la publicité : mais, indépendamment de l'avis qu'on a par rapport à la prolifération des réclames sur internet (comme dans les médias ou dans la rue, peut-être en pire), la publicité engendrera -t-elle suffisamment de revenus pour satisfaire le désir des créateurs qui souhaitent être rémunérés ?
ça c'est une question économique (je serais tenté de répondre : non)

C'est mon résumé de nos débats, il vaut ce qu'il vaut.

Si on enlève toutes les questions idéologiques ou éthiques (ce n'est pas la même chose) on peut décrire la problématique dans ces termes.

Après...
Quel est votre désir en tant qu'artiste ?
ça c'est une autre question
On peut d'une part s'intéresser à la manière dont les problèmes se posent, sans se sentir pour autant concerné. C'est même l'essence de tout débat politique. AU delà de nos pratiques particulières et de nos désirs particuliers, il y, a le désir de l'autre. La politique c'est tenir compte du désir de l'autre. Plus facile à dire qu'à faire c'est sûr (surtout quand l'autre est xénophobe etc..)

On peut très bien se demander par exemple si la publicité est un moyen viable de financer les créateurs, tout en refusant en tant qu'artiste la publicité comme moyen, et même toute rémunération, et même toute commercialisation (c'est désormais mon choix. Certains me disent que je suis suicidaire ou je ne sais quoi, c'est idiot : je me sens mieux comme ça voilà tout, et ça ne m'empêche pas d'avoir des amis qui souhaitent gagner de l'argent avec leur musique etc.. )

Le problème de ces posts, c'est qu'on mélange tous un peu nos propres choix en tant que Sujet, et des questions générales (par exemple : l'avenir de la musique sur internet etc..)
Ce n'est pas que les uns soient plus réalistes que les autres, c'est que les désirs diffèrent (et tant mieux).

On ne devrait pas avoir honte à mon avis de quitter le marché du disque (c'est mon cas) ou d'aspirer à y entrer. Ce sont deux positions qui se défendent.
Par exemple, je n'ai rien contre Jamendo (j'ai du être un des premiers artistes à y être invité pour mettre ne ligne un disque). Ce qui ne m'a pas empêché tout à l'heure de supprimer l'album que j'y avais placé voilà maintenant deux ou trois ans. Je comprends tout à fait qu'ils soient passés à une politique plus ouvertement commerciale (faut pas exagérer quand même : c'est pas encore Virgin Mega :) - ça se fera sans moi voilà tout. Si MLO faisait pareil, je quitterais mlo aussi, mais je n'en voudrais absolument pas aux créateurs de MLO. Au nom de la pluralité des désirs (tant que ça ne limite pas la liberté de l'autre, ça ne me pose pas de problèmes)
mpop
Messages : 664
Inscription : 25 mars 2006, 19:30

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par mpop »

Boudiou, ça c'est de la mise au point ! :shock:

J'ajouterai juste quelque chose que j'ai remarqué dans le débat : nitrom et d'autres ont parlé régulièrement d'éthique. Pour eux, il était contraire à l'Éthique de faire cohabiter musique libre et pubs pour SFR, voire musique libre et pub tout court.

Je ne reviens pas sur ce point du débat. Mais ce qui m'intéresse, c'est de voir comment nitrom s'indignait : les autres intervenants sur le forum n'avaient donc aucune éthique, pour ne pas voir qu'il y avait un problème ?

Le gros problème, c'est que l'éthique n'est pas un concept universel. Je suis sûr que beaucoup de patrons de majors observent une éthique personnelle. Parce que l'éthique, c'est un peu comme le désir : il y a là-dedans une sacrée pluralité, tout de même.

Tenez, on parle bien d'« éthique capitaliste ». Comme quoi…
user4640
Messages : 30
Inscription : 08 mars 2006, 15:17

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par user4640 »

}~ ... étude de la fourmi ... les mots s'évaporent ... ~{
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par dana »

Diaron écrit :
Je reviens juste un peu en arrière de quelques posts sur le problème qui ne serait pas la pub mais l'annonceur. La société Google n'est-elle pas côtée en bourse ? Ses principes de fonctionnement ne sont-ils pas les mêmes que Vivendi ?
Il y a 5 ans peut-être pas, aujourd'hui oui, plus ou moins. Effectivement si on demande des gages de moralité aux annonceurs, ça va être compliqué de choisir ses pubs. Je me souviens d'un webzine indie qui s'est un jour retrouvé avec une pub pour l'armée de terre : mais ils n'avaient manifestement pas le choix. C'est rigolo je trouve. Sur jamendo y'a plein de pubs pour des sites de téléchargement payant. C'est bizarre je trouve. Mais bon. On pourrait imaginer un site du mouvement Attack avec une pub pour Coca Cola ou Neslé, ça serait assez drôle aussi (de se dire que les uns financent les autres)
Pour la musique dite "libre", le problème ne serait-il pas le choix de ce mot "libre", dont la signification est tellement variable qu'il n'a pas de sens au fond ? Certains ne font-ils pas de guerre au nom de la liberté ? Le Marché n'est-il pas libre ?
Pour certains ce mot libre est synonyme d'anticapitalisme, pour d'autre d'ultra-libéralisme...
Ne pourrait-on pas trouver un autre mot à accoller aux créations artistiques, plus clair, illustrant une volonté de partager en dehors des systèmes à but lucratif ? Passé un temps nous avions la musique alternative...
ça on en a déjà parlé mille fois
le blog de monsieur mpop ici présent contient de précieux textes à ce sujet.
je suis d'accord avec toi : tout le champ politique utilise le mot libre sans aucun problème (à part peut-être le président de la corée du nord, faut voir). Je suis sur que tout le monde trouve que la liberté c'est cool, et que personne n'est d'accord sur le sens de ce mot :)
Combien sont ceux qui ont cessé de regarder la télé pour cause de publicité pour cerveaux disponibles ? (oui elle est raide celle-ci, et en plus un peu hors-sujet, c'est ce que je me suis dit en l'écrivant mais je la laisse quand même et je rajoute même : Faut-il brûler tous les jeux de Monopoli ?
pas moi
j'ai fait réparer ma télé pour le foot
et là je me tape des pubs horribles pour des voitures (je déteste les voitures)
Ce serait marrant que les concerts soient entrecoupés de slogans publicitaires : héhé
vous imaginez : et maintenant un moment PUB : et l'ingé son de diffuser un spot pour Conforama
mouarffff
Et pour finir, faut-il envisager de vivre de son art ou pour son art, et à quel prix ?
Oui.. mais rien que poser la question comme ça, on sent bien que c'est pas clair cette histoire de vivre "de" ou "pour".. "Vivre" déjà ..
On pourrait poser la question ainsi, de manière plus terre à terre :
"Faut-il envisager de toucher une rémunération par le biais du commerce de ses créations ?"
mais bon..
le "faut-il" pose d'emblée une question de "devoir vivre", sous entendu une question éthique voire morale. C'est-à-dire la question de la "bonne" vie.
Et puis, c'est marrant, mais je remarque que beaucoup de gens n'aiment pas qu'on parle de rémunération ou comme je le fais souvent, par provocation d'employer des expressions comme : "payer pour jouir"
On préfère un vague "Vivre de son art"..
Il n'y a pas de honte à mon avis à souhaiter que la jouissance de son oeuvre soit conditionnée par le versement d'une rémunération. Enfin moi ça ne me gène pas (même si c'est pas mon truc à titre personnel). Mais évidemment, dit comme ça..
héhé
PS : l'action Google correspond environ à mon revenu mensuel
(400 et quelques dollars :) mais ça doit bouger les actions j'imagine..
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par dana »

Mpop écrit :
Le gros problème, c'est que l'éthique n'est pas un concept universel. Je suis sûr que beaucoup de patrons de majors observent une éthique personnelle. Parce que l'éthique, c'est un peu comme le désir : il y a là-dedans une sacrée pluralité, tout de même.

Tenez, on parle bien d'« éthique capitaliste ». Comme quoi…
ben oui
L'éthique dans l'éthique à nicomaque, ça signifie la vie la meilleure, le meilleur comportement. Depuis Aristote ça n'a pas beaucoup changé d'ailleurs. la morale elle aussi renvoie aux moeurs (tout comme le grec Ethos), c'est-à-dire un ensemble de comportements partagés par une communauté donnée. Sauf que la morale a pris un sens plutôt normatif, alors que l'éthique demeure d'abord un champ de questions ouvertes (les valeurs morales ne font pas discussion a priori, les questions éthiques répondent à des modifications du champ social ou comme ici technique)
Enfin, tout cela est une question d'usage dans une culture donnée.. Les deux sens se croisent souvent...

Bref..
Moi je crois que c'est crucial de poser les problèmes du point de vue éthique ou moral : parce qu'on vit plus ou moins ensemble, que nos propres désirs se confrontent aux désirs de l'autre. On peut aussi ne pas se soucier du désir de l'autre (c'est ce qu'on appele la perversion ou une certaine forme de nihilisme), ou faire semblant de s'en soucier (l'hypocrisie). Le fait même de poster dans un forum comme celui-ci prouve assez qu'on est soucieux du désir de l'autre, qu'on fait l'effort de s'y confronter.
Le problème, c'est que cette vie bonne ou "la meilleure", elle n'est pas descriptible une fois pour toute et universellement comme tu dis. On peut produire autant de définitions de la vie bonne que d'individus. Et chacun a de bonnes raisons (selon lui) de préférer cette vie là plutôt qu'une autre ou d'aspirer à telle ou telle vie.
Pour autant, la reconnaissance de cette pluralité ne devrait pas, à mon avis, conduire à l'abandon de la conversation sur les problèmes de la vie contemporaine du point de vue éthique. Même s'il est probable (et peut-être même souhaitable) qu'aucune réponse objective ne puisse être apportée à l'issue de ces conversations, le fait même de porter la discussion dans l'environnement de l'éthique, de se demander ce qui devrait être, ou ce qui serait le mieux (sous-entendu non seulement pour moi, mais pour les autres)
c'est déjà le début d'une vie ensemble possible, d'une société quoi..
Alors..
Poser la question de la publicité en terme éthique : oui bien sûr. Je ne crois pas que la référence à une réalité quelle qu'elle soit (dont la description est de toute manière elle-même sujette à caution) puisse dispenser de poser le problème éthique. Ou alors sinon, c'est la porte ouverte au règne des experts.
En disant cela, je me rend compte qu'en fait je ne fais que décrire une bonne partie du monde contemporain, dans lequel effectivement le recours aux experts dipense le plus souvent d'un débat.
Comme quoi..


[/b]
user4640
Messages : 30
Inscription : 08 mars 2006, 15:17

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par user4640 »

}~ ... étude de la fourmi ... fourmillière hors sujet ? ... les mots s'évaporent ... ~{
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par dana »

C'est très contraignant la cohérence entre les propos et les actes. Je retire ma musique de Jamendo sous prétexte de pub et je regarde des millionnaires taper dans un ballon à grand renfort de pub...
héhé
moi je n'y vois pas d'entorse à mes propres logiques
qui évoluent cela dit :)
Parce que sans doute je ne mets pas sur le même plan ma pratique musicale et le foot.
J'adore le foot, c'est un spectacle qui me procure des orgasmes vifs et variés (bien que brefs). Je n'y peux rien c'est physique : je suis né et j'ai grandi dans l'espoir de devenir Steve cram ou Saïd Aouita (et disons que j'éta&is parti pour une carrière honnête au niveau national avant de découvrir l'alcool le sexe les drogues la musique et des trucs dans ce genre). Là où je vivais de toutes façons, à part le sport, tu n'avais pas grand chose d'autres pour jouir. Donc.. question de culture on va dire.
J'adore faire de la musique. Mais j'ai pas envie que mes chansons soient exposées sur un site qui propose de la publicité voilà tout. Qu'il y ait de la publicité ça ne me gène pas, que mes chansons contribuent à cette publicité ça m'ennuie, à titre personnel. Mais là il faudrait entrer dans des considérations psychanlytiques, extrêmement intimes pour expliquer d'où me vient cette aversion (tout aussi physique) pour le commerce..
Bref.
A tort ou à raison je ne mets pas cela sur le même plan.
En fait je ne vois pas le rapport..
Mes chansons sont disponibles sur un grand nombre de sites, je vois pas bien ce que ça change qu'elles ne soient plus sur Jamendo.
Et je le répète, je comprends très bien que Jamendo utilise les revenus de la pub. C'est une entreprise, ils ont des charges importantes. Un label associatif n'a pas ces charges.
Je m'étonne qu'ils n'y aient pas eu recours avant. ET si Jamendo doit continuer c'est sans doute à ce prix là. C'est le prix du succès en quelque sorte.
Le foot bah..
Je vois pas le rapport.
Quant aux millionnaires bah..
Je préfère que Zidane soit richissime (parce qu'il est unique, qu'il vient d'une cité très défavorisée, qu'il donne du bonheur, qu'il partage sa fortune avec ses proches etc..), plutôt que des pdg vereux se fassent des couilles en or en indemnités de licenciements après avoir fait couler une boîte et mis des milliers de gens au chomage.
mais en fait, je vois pas le rapport Diaron.
Encore que.. Je tiens Zidane ou Ronaldinho ou Maradona ou Cruyf pour de véritables artistes... Après tout, si il y a peut être un rapport.
mr_ersatz
Messages : 1018
Inscription : 23 juin 2004, 17:38

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par mr_ersatz »

ce qui m'épate, ce sont les amalgames et les diabolisations hâtives de notions pourtant souvent floues.
On aime parler de capitalisme, de libéralisme, de patron, de SARL, de marketing comme les mains du diable. De même que plusieurs fois je me suis insurgé sur l'utilisation systématique du terme "fasciste" à tout va.
On parle de choses aussi subjectives que l'éthique, la liberté, même d'équité sans non plus (vouloir) en comprendre la teneur, se contentant généralement de vision idéale, comme cela a été dit et répété, relative à chaque individu.
Finalement, l'anarchisme, quelque part, c'est de l'ultra libéralisme,
L'économie de marché, c'est ce qui a permis à des millions de français de manger de la viande plus d'une fois par semaine, et à priori, c'était quand même vachement mieux que l'union soviétique.
Les SARL restent de gros embaucheurs, et des patrons salauds, y en a pas plus que de salariés salauds (même certainement moins puisque que beaucoup moins nombreux).
On ne saluera jamais l'initiative de certains porteurs de projets qui les ont mené à bien, on ne saluera jamais un patron qui embauche dans sa PME et qui se bat pour ça, mais on dira toujours que les patrons sont des salauds parce qu'on a comme image d'une société Universal, Total/Fina/Elf ou Monsanto.
Le marketing, ben effectivement, c'est partout, et là encore, pas forcément diabolique. Seulement on a mis n nom sur des pratiques, et ces pratiques sont omniprésentes dans nos agissements, même si on se refuse à ce terme.
Faire une chouette pochette de disque ciblée, mettre les morceaux dans un certain ordre, c'est aussi du marketing. C'est fait pour plaire à son public ou au contraire pour marquer une empreinte inattendu qui finalement sera une image de marque.

Je dirais que pour réussir à fédérer le public de MLO, si varié soit-il, je n'ai pas l'impression d'être très loin du marketing, sachant qu'un mot de travers (là ça compte pas, je me lâche) froisse souvent une frange de notre adorée communauté. Donc on fera souvent attention aux attentes du public.

Tout cela, très contestable certes, pour dire que l'homme aime avant tout se faire des idées préconçues parce que ça lui plaît et c'est tout.

Moi, en résumé, je dis que comme d'hab, rien n'est condamnable hormis les mauvais agissements des hommes.
Ne vous trompez pas, si il y a bien un truc qui me dégoute, c'est l'hyperpuissance des très grandes entreprises, leur pouvoir et leurs agissements dégueu aussi bien socialement, économiquement écologiquement, que politiquement. Mais je ne taperai certainement pas systémaitquement sur ceux qui font le tissu économique, et je rappelle que "économique" n'est pas un gros mot.
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par dana »

Moi, en résumé, je dis que comme d'hab, rien n'est condamnable hormis les mauvais agissements des hommes.
Ne vous trompez pas, si il y a bien un truc qui me dégoute, c'est l'hyperpuissance des très grandes entreprises, leur pouvoir et leurs agissements dégueu aussi bien socialement, économiquement écologiquement, que politiquement. Mais je ne taperai certainement pas systémaitquement sur ceux qui font le tissu économique, et je rappelle que "économique" n'est pas un gros mot.
On est d'accord.
L'économie c'est l'ensemble des échanges que font des individus les uns avec les autres (ou des groupes d'individus)
"Economie de marché" non plus n'est pas vraiment un gros mot : cela signifie simplement que ces échanges créent un marché (c'est-à-dire que l'ensemble des échanges devient en quelque sorte autonome)
Quand je file un disque à un ami, et qu'en échange il me paie une bière, il n'y a pas à proprement parler de marché : l'échange s'arrête là et il s'inscrit plutôt dans une relation d'amitié. Pour qu'il y ait relation commerciale dans le cadre d'un marché, il faut qu'il y ait une plusieurs acheteurs intéressés et plusieurs vendeurs. Enfin je résume, mais c'est un peu le principe. Le marché ne s'inscrit pas dans la sphère éthique ou morale (qui touche des relations entre des personnes) mais dans la sphère commerciale qui concerne avant tout des individus, consommateurs ou vendeurs.

Pourquoi les débats sont-ils si cho dès lors qu'on aborde le problème du commerce dans la sphère des oeuvres artistiques (et même comme on le voit dans un post ci-dessus, dans le domaine du sport)
Peut-être parce que les oauvres musicales ne sont pas une paire de chaussettes ?
Est-ce qu'on devrait vendre de la même manière des paires de chaussettes et des disques ?
Je pose la question hein ! Je n'ai pas forcément de réponse..
Dans les faits, le marketing sur le dernier coffret de Jonnhy est plus agressif que celui des dernières chaussettes de chez D**. mais bon.. ça ne nous fait pas baucoup avancer. On peut faire du marketing en respectant certaines règles qu'on s'est fixé.

J'avoue que si j'ai quitté another record, c'est justement parce qu''à certains moments J'avais l'impression de vendre des paires de chaussettes. Et ça m'ennuyait de ressentir cela. Quand vous commencez à avoir un peu de succès, il faut en faire paradoxalement encore plus, surveiller ce que vous dîtes, ce que vous faîtes, monter des press book des trucs dans ce genre. Pas mon truc en fait. Je m'étais trompé de voie (m'a fallu 5 ans pour le comprendre)

Si on se place du point de vue de l'objet, c'est difficile de produire des distinctions pertinentes je trouve. Quand une oeuvre vient sur le marché, que ce soit de la musique, de l'art contemporain, de l'art brut même !, il y a tout un système de valorisation qui se met en place, devant lequel on est amené à se positionner, faire des choix. Mais au fond, on est pris dans une sorte de logique, qui est la logique du marché. On peut essayer d'en modifier les règles à sa manière, de produire des signifiants différents (c'est ce que font beaucoup de labels indépendants, ou mlo par exemple, en insufflant des questionnements éthiques ou philosophiques dans le marketing), mais c'est difficile - enfin moi je n'y trouve plus mon compte.

Si on se place par contre au point de vue du sujet, on peut tout de même faire des distinctions :
Pour aller vite, permettez moi de distinguer trois instances su sujet :
L'individu - qui est en quelque sorte le sujet réduit au consommateur, mû comme le disent les économistes par ses intérêts particuliers et calculant de manière rationnelle comment maximiser ses profits.
La personne, qui serait le Sujet considéré dans sa dimension sociale et politique : nous ne sommes pas seulement des individus des monades détachés les uns des autres, mais des personnes, impliquées dans des relations incessantes, et formant de manière ponctuelle ou perenne des communautés, réglées par des lois par exemple, écrites ou non-écrites. Bref, on n'est jamais tout seul. De ce point de vue, ce qui compte c'est l'esprit de responsabilité, le questionnement éthique : on doit tenir compte du désir de l'autre. La personne évidemment n'est pas visée en tant que telle par le marché (et malheureusement, pas toujours par le politique, qui s'adresse trop souvent au consommateur plus qu'à la personne).
Le Sujet en tant que tel enfin, Sujet de désirs, effet d'une histoire personnelle, affective, de relations privilégiés avec certains autres sujets. Celui de la psychanalyse en fait. Et aussi celui de la création. C'est en tant que Sujet que l'artiste devient créateur, parce qu'il y met quelque chose de plus que sa responsabilité morale ou sa capacité de production.

On voit bien en gardant en tête ces trois instances du moi si on peut dire, ce qui entrâine des discussions sans fin et souvent confuses : parce que dans cette question apparemment anodine : "afficher de la publicité pour financer l'exposition de sa musique" sont concernés différents aspects du moi :
quand on s'indigne de la publicité sur jamendo, est-ce en tant qu'individu (pour des raisons commerciales), en tant que personne morale (pour des raisons politiques) ou en tant que sujet (pour des motifs inconscients) ?

Je crois que les différents posts s'expliquent en partie parce que les posteurs ne réagissent pas tous au même niveau.

Par exemple, en tant qu'individu, le cas jamendo me laisse de marbre (je comprends leur logique, c'est la logique du marché, tout comme dans ma vie de tous les jours, ou dans la gestion d'another record, je dois ou je devais agor en fonction d'impératifs purement économique)

En tant que personne morale, ça me gène aux entournures, mais certainement pas autant que les pratiques ignobles de certaines sociétés (par exemple certaines compagnies pétrolières ou céréalières ou pharmaceutiques) : disons que je trouve ça épuisant cette saturation publicitaire à laquelle les gens de cette planète sont soumis, et ça ne me paraît pas aller dans le bon sens (mais je suis plutôt un "décroissant", proche aussi des idées d'amartya Sen etc.. disons qu'en tant que personne je considère qu'il y a là une occasion de poser une question d'éthique, mais pas de s'en prendre à Jamendo en particulier, lesquels ont du se poser la question de toutes façons)

En tant que Sujet, le cas jamendo ne me concerne que parce que j'ai un disque sur leur site. Or, ce disque, avant d'être un produit comparable à une paire de chaussettes, est aussi mon oeuvre, et dans une certaine mesure (même si ce disque est à chier selon moi), quelque chose de moi en tant que sujet, un produit de mon inconscient, de ma vie intime, de mon histoire personnelle. Et, entant que Sujet, je n'ai pas envie que cette musique soit présentée à côté de publicités. Mais ce point de vue n'est pas un point de vue éthique : il est simplement l'expression d'un dégoût instinctif si on peut dire. Et je ne peux rien en dire ici (ceux qui veulent en savoir plus n'ont qu'à lire ce texte par exemple :
http://www.another-record.com/danahilli ... nalyse.htm
qui n'a rien à voir avec des considérations éthiques ou commerciales)

ET vous ?
votre position dans ce débat relève-t-elle de votre position en tant que Sujet, individu ou personne morale ?
user4640
Messages : 30
Inscription : 08 mars 2006, 15:17

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Message par user4640 »

}~ ... étude de la fourmi ... fourmillière et son environnement hors sujet ? ... les mots s'évaporent ... ~{
Répondre