bothunter a écrit :
Le problème ne réside donc pas selon moi dans l'expression de tous dans une pratique artistique mais dans l'acceptation par les pouvoirs publiques que les créations humaines étant communes et disons banales, les revendication des professionnels de la culture-produit dans le champs de la société civile sont nulle et non avenues.
Plus simplement, le Web2.0 a démontré que n'importe qui peut être du même niveau qu'un artiste pro dans le cadre du marché de la culture-produit, par conséquent on peut légitimement remettre en question les majors et leurs artistes présentés comme relevant de l'exception. Et par conséquent remettre en cause leur légitimiter à demander à ce qu'on protège leur modèle économique par des lois anti-démocratiques et la reconnaissance de l'existence d'une propriété intellectuelle. Ce qui est partagé par tous ne peut être réclamé comme une exception par un.
Tout l'enjeu est là.
Tu vois, je crois que je comprends ce que tu veux dire mais, il me semble que les MJC dans les années 80 essayaient déja de faire comprendre ( croire ) que nous étions tous des artistes. Le but était surtout de mettre en oeuvre une certaine vision de l'aménagement de l'espace urbain en mettant chacun à sa place. Jack Lang a créé la fête de la musique avec cette vision de l'aménagement du temps dans l'espace urbain. Tout le monde est musicien une fois l'an, le reste du temps étant pour les pros. C'est pour ça que pour les plus vieux d'entre nous, "la culture par tous" fait un peu grincer des dents.
Les MJC existaient déjà dans les années 80 (la plus forte croissance des constructions des MJC étant la période 60-70) et sont nées en 44, et font partie d'un mouvement plus ancien encore, celui de l'Éducation Populaire, dont les prémices dans les années 20-30 (Léo Lagrange, notamment), ont donné la fusion, temporaire, du ministère de l'Instruction (Éducation aujourd'hui) et de celui de la Culture, le ministre en question était Jean Zay, qui, avant sa mort en 1944, avait publié une proposition de loi pour restreindre la durée des droits des auteurs.
Éducation Populaire :
http://www.crajepmp.org/index.php?rubrique_id=8
Jean Zay :
http://www.ecrans.fr/Droit-d-auteur-Jea ... ,7798.html
Les MJC sont des associations, souvent indépendantes, qui mènent des projets de proximité avec des habitants. L'objectif étant de créer du "lien social", permettre aux populations de se rencontrer, de créer, de partager ensemble.
Maintenant, oui, ce sont de jolis mots, une belle communication politique, pourquoi pas. Mais il est à noter que les MJC ont un statut à part dans le monde associatif, notamment par leur statut "à vocation d'intérêt général", si particulier à la France et que des nouvelles dispositions européennes veulent supprimer pour faire rentrer les associations dans le jeu de la concurrence du marché (une association étant considérée comme un acteur économique au même titre qu'une entreprise).
Les questions du "Bien Commun", d'accès aux œuvres, aux informations, sont des questions fondatrices pour les MJC. Mais leur diversité (historiques, de fondations, de quartiers, de populations...) fait que ces missions transversales pour toutes les structures sont menées par différents biais, sports, arts numériques, macramé, sortie familiales...
On fait du sport, mais différemment, on y apprend que l'essentiel n'est pas la performance, mais le fait de faire ensemble... (ceci est un exemple). Je ne dis pas que cela est mieux ou moins bon, mais c'est
une définition de l'Éducation Populaire. Faire des MJC le seul instrument (avec souvent un seul biais sur-représenté, le sport, le hip-hop (parfois)) de "l'intégration" de populations de quartiers cosmopolites est une erreur historique de la gauche de cette époque. Une MJC ne remplace pas un travail, une place dans une société, une représentation politique... etc...