De la démocratisation de la production artistique
Publié : 21 avr. 2006, 00:16
Bonjour à tous,
J'ai vu passer l'idée dans un des récents débats sur MLo : en l'espace d'une génération, le nombre d'auteurs d'œuvres (en particulier d'œuvres artistiques) aurait triplé. Il y avait une référence de donnée, sans grandes précisions, aussi ne l'ai-je pas retenue.
[aparté]
À côté de ça, je lis le numéro d'avril 2006 de Sciences Humaines (première fois que je lis ce magazine, c'est pas mal), avec un dossier intitulé « Qui a peur de la culture de masse ? »... dossier très intéressant, mais qui d'un bout à l'autre ne pose jamais la question de la production culturelle. On y parle beaucoup des médias (dont on fini par se demander QUI ils sont), et des diverses « médiacultures » qui résultent de l'appropriation (avec un certain nombre de ruses, de détournements) des messages culturels qu'ils véhiculent. On parle donc de réception (fort bien), mais pas de production.
[/apparté]
Si on pense maintenant aux évolutions de la société française au cours des trente ou quarante dernières années, avec :
– une généralisation de l'enseignement secondaire et supérieur,
– une exposition de tous à un nombre très important et relativement varié d'œuvres, via les médias et le marché des produits culturels,
– l'ascension récente des médias participatifs et/ou de l'auto-publication (le plus souvent de texte, messages, commentaires…), avec Internet ;
Si on prend en compte tout cela donc, et même sans mettre Internet dans la balance, on se dit que, forcément, le nombre de personnes voulant créer une œuvre culturelle ou se sentant capable de le faire a dû augmenter de manière significative par rapport, disons aux années 1950-1960.
Finalement, on peut poser la question : demain, tous artistes ?
Elle ne date pas d'hier, et je suppose (et d'autres sont plus renseignés que moi sur le sujet) qu'un certain nombre d'acteurs depuis un bon siècle ont du théoriser sur cette question.
Beaucoup de personnes ayant une situation institutionnelle (sociologues, journalistes, artistes établis, commentateurs divers mais néanmoins médiatiques) bottent régulièrement en touche, avec les arguments suivant :
– Tout le monde ne peut pas avoir du talent. Cf le mythe romantique de l'artiste divin/divinement inspiré. Il y a l'artiste, et les autres. On ne peut pas donner de définition du "talent" ? Qu'à cela ne tienne…
– Ça demande du travail / un investissement / une certaine compétence. Tiens, on croyait que c'était le talent qui comptait ? Ah mais oui, le talent c'est aussi le travail / l'investissement / la compétence. En tout cas, on oublie un peu facilement qu'à l'heure actuelle ils sont très nombreux ceux qui ont une compétence. Presque chaque personne que je connais à un "regard artistique" personnel, et une compétence "technique" qui pourrait lui servir de support.
– La société ne peut pas faire vivre une population entière d'artistes. Sans doute… on voit donc affleurer la question de la rémunération, et plus largement du statut social de l'artiste. Forcément, si tout un chacun devient artiste, c'est à dire producteur d'œuvre artistique (au sens large), il est peu probable que nous en fassions tous une activité rémunératrice.
Bon, mon argumentation ne va nulle part, mais c'est sans doute parce que je n'ai pas de raisonnement à démontrer. Je cherche surtout des éléments de réflexion, avis, références bibliographiques pourquoi pas (en ligne ou non), etc.
Ça m'intéresse profondément. Merci d'avance !
J'ai vu passer l'idée dans un des récents débats sur MLo : en l'espace d'une génération, le nombre d'auteurs d'œuvres (en particulier d'œuvres artistiques) aurait triplé. Il y avait une référence de donnée, sans grandes précisions, aussi ne l'ai-je pas retenue.
[aparté]
À côté de ça, je lis le numéro d'avril 2006 de Sciences Humaines (première fois que je lis ce magazine, c'est pas mal), avec un dossier intitulé « Qui a peur de la culture de masse ? »... dossier très intéressant, mais qui d'un bout à l'autre ne pose jamais la question de la production culturelle. On y parle beaucoup des médias (dont on fini par se demander QUI ils sont), et des diverses « médiacultures » qui résultent de l'appropriation (avec un certain nombre de ruses, de détournements) des messages culturels qu'ils véhiculent. On parle donc de réception (fort bien), mais pas de production.
[/apparté]
Si on pense maintenant aux évolutions de la société française au cours des trente ou quarante dernières années, avec :
– une généralisation de l'enseignement secondaire et supérieur,
– une exposition de tous à un nombre très important et relativement varié d'œuvres, via les médias et le marché des produits culturels,
– l'ascension récente des médias participatifs et/ou de l'auto-publication (le plus souvent de texte, messages, commentaires…), avec Internet ;
Si on prend en compte tout cela donc, et même sans mettre Internet dans la balance, on se dit que, forcément, le nombre de personnes voulant créer une œuvre culturelle ou se sentant capable de le faire a dû augmenter de manière significative par rapport, disons aux années 1950-1960.
Finalement, on peut poser la question : demain, tous artistes ?
Elle ne date pas d'hier, et je suppose (et d'autres sont plus renseignés que moi sur le sujet) qu'un certain nombre d'acteurs depuis un bon siècle ont du théoriser sur cette question.
Beaucoup de personnes ayant une situation institutionnelle (sociologues, journalistes, artistes établis, commentateurs divers mais néanmoins médiatiques) bottent régulièrement en touche, avec les arguments suivant :
– Tout le monde ne peut pas avoir du talent. Cf le mythe romantique de l'artiste divin/divinement inspiré. Il y a l'artiste, et les autres. On ne peut pas donner de définition du "talent" ? Qu'à cela ne tienne…
– Ça demande du travail / un investissement / une certaine compétence. Tiens, on croyait que c'était le talent qui comptait ? Ah mais oui, le talent c'est aussi le travail / l'investissement / la compétence. En tout cas, on oublie un peu facilement qu'à l'heure actuelle ils sont très nombreux ceux qui ont une compétence. Presque chaque personne que je connais à un "regard artistique" personnel, et une compétence "technique" qui pourrait lui servir de support.
– La société ne peut pas faire vivre une population entière d'artistes. Sans doute… on voit donc affleurer la question de la rémunération, et plus largement du statut social de l'artiste. Forcément, si tout un chacun devient artiste, c'est à dire producteur d'œuvre artistique (au sens large), il est peu probable que nous en fassions tous une activité rémunératrice.
Bon, mon argumentation ne va nulle part, mais c'est sans doute parce que je n'ai pas de raisonnement à démontrer. Je cherche surtout des éléments de réflexion, avis, références bibliographiques pourquoi pas (en ligne ou non), etc.
Ça m'intéresse profondément. Merci d'avance !