Un ministre de la culture doit servir à :
1 - Se battre 24h/24 pour faire comprendre à ses petit camarade de bac à sable que la culture ne se limite pas au téléchargement payant d'une sonnerie de téléphone portable.
2- Se défoncer tous les jours pour faire accepter l'exception culturelle française au niveau international et contrer les attaques permanentes dont elle fait l'objet.
3 - Trouver dans les fonds de tirroir de l'etat et de l'europe du pognon pour aider au développement de la culture sous toutes ses formes.
4 - Promouvoir les initiatives alternatives au marché industriel afin de proposer un fond culturel commun alternatif accéssible au plus grand nombre malgré les
fractures sociales et numériques.
Par exemple demander aux grands médias nationnaux (radio, presse, tv, à faire une place juste aux cultures alternatives comme la musique libre par exemple...)
5 - Ne parler de culture qu'apres avoir vérifié par lui même que ses conseillers ne sont pas à la solde d'un lobby ou d'un groupe de pression oligarchique.
6 - Eventuellement réfléchir sur le droit d'auteur, mais dans une démarche objective, dans l'intérêt de tous, en s'entourant de gens capables de proposer
un modus vivendi respectueux de la diversité culturelle, des auteurs, des oeuvres et du public.
Donc, effectivement le ministre actuel ne nous sert pas à grand chose, mais c'est l'homme qui semble inadapté à la fonction et non l'inverse...
Tout ceci fait ressortir l'incompétence chronique de certains, qui non seullement creuse un peu plus tous les jours le fossé béant entre les citoyens
et la chose politique mais en plus discrédite le travail des quelques élus et acteurs politiques qui eux on bien compris que l'on ne peut
gouverner sans consulter, sans écouter et que personne n'a la science infuse, surtout dans des domaines aussi difficiles parce qu'universels que peuvent
être la culture ou les oeuvres de l'esprit.(en fait j'espere qu'il en reste quelques uns).
La culture est le mirroir de la société, une image de la diversité dans l'unité au travers d'un inconscient collectif qui s'enrichit a chaque instant des oeuvres individuelles.
Briser ce mirroir, c'est détruire le liant fondamental entre les êtres, tuer le rêve, cette capacité à partager l'immatériel, à se reconnaitre dans des sentiments ou des archétypes
communs, à construire une identité culturelle et sociale.
Il faut bien comprendre que sans fond culturel actif et diversifié, c'est l'âme de notre société qui meurt à petit feu.
Le pendant de la globalisation économique reste la globalisation culturelle libre dans toute sa diversité et ses différences.
Nier ce fait, c'est nier tout simplement l'existence intellectuelle de l'autre.
En son temps, un certain Goebbels brulait les livres et disait je cite:" quand j'entend parler de culture je sors mon pistolet" ou un truc dans le genre, ces gens nous disent
à présent: "Quand vous entendrez parler de culture sortez votre carte bleue".
Produire une culture exclusivement industrielle et marchande , c'est aussi nier la possibilité de chacun de s'exprimer en toute liberté, de le partager avec les autres.
Nous sommes donc en pleine "révolution culturelle" qui se fait par l'appauvrissement et la standardisation / modélisation du contenu, ne laissant aucune place à l'expression de la diversité et de la différence.
C'est d'autant plus contradictoire, que les possibilité de partage et de communications n'ont jamais été aussi développées et à la portée d'un nombre croissant.
(Et d'ailleurs le projet DADVSI tente de réguler et canaliser ces possibilités de communication et de partage, jugées trop dangeureuses.)
Ce phénomène n'a que quelques années, il s'est mis en place à l'issue de la deuxiemme guerre mondiale avec l'apparition de la société de consommation de masse
qui dans sa précipitation a confondu malheureusement l'être et l'avoir.
Le culte de l'electroménager des années 50 en est une représentation symbolique.
C'est donc à la fois une révolution mais ce cela reste toutefois marginal dans l'histoire de l'humanité sur le plan de l'organisation du phénomène
et de son étendue, peut être comparable à la "pax romana" mais dans une bien moindre mesure.
La consommation est une possibilité , pas une nécessité et le culturel n'est pas un bien exclusivement marchand, il doit rester dans le champ du possible,
pas dans l'obigation économique.
On peut croire alors que la volonté de cloisonner la culture et de la définir exclusivement en rapport à un aspect économique est une manoeuvre subtile pour
mieux contrôler incidieusement le citoyen en tentant de rendre son cerveau le plus "disponible" à la consommation.
Mais je ne consèderai pas ce talent machiavelique au ministre de la culture, il n'est pas au "niveau", il n'est qu'un exécutant malchanceux aux ordres
d'une bande d'abrutis incapables de trouver un sens aux quelques lignes que je viens d'ecrire, parce que leur seule référence solide , leur point d'appui dans
leurs réflexions reste l'aspect économique a l'exclusion de tout autre, par mépris, ignorance, ou pire par éducation.
Attention, je ne dis pas qu'il faille nier l'economique, mais simplement ne pas lui donner une place trop idéaliste voir religieuse pour certains mais plutot la considérer
comme un outil matériel nécessaire mais non suffisant, un des aspects du développement et non une finalité spirituelle universelle et incontournable, mère de toutes les réalités
de l'humanité.
Et ça,le ministre de la culture industrielle économique ferait bien d'y réfléchir deux minutes.
Nous devons déconstruire certains modèles afin de redonner un sens plus équilibré entre l'être et l'avoir, la France a été pionnière de cette réflexion à différentes
époques de son histoire et doit en grande partie son rayonnement actuel à ces révolutions philosophiques.
Il est grand temps d'en remmetre sérieusement une couche.
Mais où sont nos philosophes ? partis délocaliser leur pensée dans un cerveau "low cost" peut être...
A moins que l'on préferre le confort de la matrice à la réalité, l'engourdissement cérébral à l'explosion créatrice.
Bonne zike à tous
