Help. Moi pas comprendre Bernard Miyet !
Publié : 12 janv. 2005, 19:26
"La liberté de l'internaute, celle de choisir sa musique, c'est aussi la liberté du créateur. Voilà un enjeu culturel et sociétal majeur."
Bernard Miyet, Président du Directoire, La musique en morceaux, nov.2004 (à ne pas confondre avec Bernard Minet, chansonnier de son état)
Ces deux phrases laissent une impression étrange. La première mêle de manière assez obscure la liberté de l'internaute et celle du créateur, et manifestement, il est question de musique, soit. La liberté du créateur et de l'internaute consiste en une même chose : choisir sa musique. On peut le reformuler ainsi. Mais cela n'aurait aucun sens. On sent bien que s'opère au contraire ici un déplacement plus subtil -et manque dans ma citation toute l'argumentation qui justifie ce déplacement. L'internaute - l'usager d'internet j'imagine- bénéficierait d'une liberté toute spéciale, en tant qu'internaute : celle de choisir sa musique. Bien : les internautes, qui, comme on le sait, sont tous sans exceptions des amateurs de musique, ne se connectent sur internet que dans ce but, sont libres de choisir leur musique. On s'en réjouit du côté des internautes. On se réjouit que ce droit nous soit reconnu, même si c'est de la bouche du président du directoire de la sacem, et même si, pour la majorité d'entre nous, on n'avait pas attendu qu'on nous le dise pour effectivement choisir d'écouter la musique qui nous plaît, et ne pas écouter la musique qui ne nous plaît pas. Notez au passage que cette liberté de choix n'est pas véritablement spécifique aux internautes, et il me semble, si mes souvenirs sont exacts, qu'on n'a pas attendu internet et Monsieur Miyet pour effectivement considérer que nous avions le droit d'écouter ce que nous voulions écouter - il n'en a pas été ainsi à toute époque et en toute nation, il n'a pas toujours été bien vu, sinon autorisé, d'écouter de la musique composée par des nègres par exemple. Plus étonnante est cette mention de la liberté du créateur. Etant à la fois l'un et l'autre quand l'envie m'en prend, c'est-à-dire internaute et créateur, j'ai peut-être quelque légitimité à me sentir concerné par cette affirmation de Monsieur Miyet (dont j'ignore au fait s'il est lui-même internaute et/ou créateur à ses heures perdues). Et là je ne vois pas non, je ne vois pas dans propre expérience comment s'articuleraient ma liberté d'internaute et ma liberté de créateur. Par exemple, j'écris une chanson. Bien. C'est un bon début non ? Suis-je libre de ce point de vue en tant que créateur ? Oui, dans un certain sens. Je pourrais plutôt aller chercher du travail ou faire un footing (ce serait peut-être plus raisonnable, meilleur pour mon porte-monnaie et ma santé). Maintenant, supposons qu'en tant qu'internaute – puisque j'ai ce privilège rare de porter les deux casquettes – je télécharge maintenant une chanson sur internet, selon mon libre choix comme le dit Monsieur Myiet. Bon. Dans les deux cas, je peux admettre que d'une certaine manière ma liberté soit en jeu. Mais j'ai beau triturer le problème dans tous les sens, je ne vois pas bien en quoi ces deux libertés seraient liées. Sans doute suis-je trop stupide, trop ignorant de ce qu'on veut dire par « liberté » -à supposer qu'il existe une définition ultime et décisive de ce mot quelque part.
N'empêche, la seconde phrase fait tout de même froid dans le dos : cette chose que je ne comprends pas, constituerait « un enjeu culturel et sociétal majeur. » Il est tout de même dommage et inquiétant qu'une personne comme moi, qui ait fait des études comme on dit, ses humanités, et qui de surcroît soit à la fois internaute et créateur, et donc doublement concernée par le propos de Monsieur Miyet, rate cet enjeu culturel et sociétal majeur (j'espère seulement qu'on ne laisse pas entendre ici que la simple question de la transformation de quelques sons en données numériques -c'est peut-être le sujet de la sentence présidentielle- constitue un enjeu sociétal et culturel majeur. Parce que dans ce cas là, le problème de la misère galopante dans le monde constituerait quoi ? Enfin : il n'en reste pas moins que sociétal est un joli mot.)
Bernard Miyet s'exprime ainsi sur le site web de la Sacem. Evidemment, en présentant cette phrase hors de son contexte, je ne lui rend pas justice. A vrai dire, j'ai beau lire et relire le texte dont je l'ai extraite, je continue de trouver cette phrase tout à fait incompréhensible. Mais, cette incapacité à donnner du sens à ce que dit Monsieur Miyet, c'est mon problème, et je n'imagine pas à seul instant que le Président du Directoire de la Sacem me sache pas ce qu'il dit quand il écrit ceci.
Bernard Miyet, Président du Directoire, La musique en morceaux, nov.2004 (à ne pas confondre avec Bernard Minet, chansonnier de son état)
Ces deux phrases laissent une impression étrange. La première mêle de manière assez obscure la liberté de l'internaute et celle du créateur, et manifestement, il est question de musique, soit. La liberté du créateur et de l'internaute consiste en une même chose : choisir sa musique. On peut le reformuler ainsi. Mais cela n'aurait aucun sens. On sent bien que s'opère au contraire ici un déplacement plus subtil -et manque dans ma citation toute l'argumentation qui justifie ce déplacement. L'internaute - l'usager d'internet j'imagine- bénéficierait d'une liberté toute spéciale, en tant qu'internaute : celle de choisir sa musique. Bien : les internautes, qui, comme on le sait, sont tous sans exceptions des amateurs de musique, ne se connectent sur internet que dans ce but, sont libres de choisir leur musique. On s'en réjouit du côté des internautes. On se réjouit que ce droit nous soit reconnu, même si c'est de la bouche du président du directoire de la sacem, et même si, pour la majorité d'entre nous, on n'avait pas attendu qu'on nous le dise pour effectivement choisir d'écouter la musique qui nous plaît, et ne pas écouter la musique qui ne nous plaît pas. Notez au passage que cette liberté de choix n'est pas véritablement spécifique aux internautes, et il me semble, si mes souvenirs sont exacts, qu'on n'a pas attendu internet et Monsieur Miyet pour effectivement considérer que nous avions le droit d'écouter ce que nous voulions écouter - il n'en a pas été ainsi à toute époque et en toute nation, il n'a pas toujours été bien vu, sinon autorisé, d'écouter de la musique composée par des nègres par exemple. Plus étonnante est cette mention de la liberté du créateur. Etant à la fois l'un et l'autre quand l'envie m'en prend, c'est-à-dire internaute et créateur, j'ai peut-être quelque légitimité à me sentir concerné par cette affirmation de Monsieur Miyet (dont j'ignore au fait s'il est lui-même internaute et/ou créateur à ses heures perdues). Et là je ne vois pas non, je ne vois pas dans propre expérience comment s'articuleraient ma liberté d'internaute et ma liberté de créateur. Par exemple, j'écris une chanson. Bien. C'est un bon début non ? Suis-je libre de ce point de vue en tant que créateur ? Oui, dans un certain sens. Je pourrais plutôt aller chercher du travail ou faire un footing (ce serait peut-être plus raisonnable, meilleur pour mon porte-monnaie et ma santé). Maintenant, supposons qu'en tant qu'internaute – puisque j'ai ce privilège rare de porter les deux casquettes – je télécharge maintenant une chanson sur internet, selon mon libre choix comme le dit Monsieur Myiet. Bon. Dans les deux cas, je peux admettre que d'une certaine manière ma liberté soit en jeu. Mais j'ai beau triturer le problème dans tous les sens, je ne vois pas bien en quoi ces deux libertés seraient liées. Sans doute suis-je trop stupide, trop ignorant de ce qu'on veut dire par « liberté » -à supposer qu'il existe une définition ultime et décisive de ce mot quelque part.
N'empêche, la seconde phrase fait tout de même froid dans le dos : cette chose que je ne comprends pas, constituerait « un enjeu culturel et sociétal majeur. » Il est tout de même dommage et inquiétant qu'une personne comme moi, qui ait fait des études comme on dit, ses humanités, et qui de surcroît soit à la fois internaute et créateur, et donc doublement concernée par le propos de Monsieur Miyet, rate cet enjeu culturel et sociétal majeur (j'espère seulement qu'on ne laisse pas entendre ici que la simple question de la transformation de quelques sons en données numériques -c'est peut-être le sujet de la sentence présidentielle- constitue un enjeu sociétal et culturel majeur. Parce que dans ce cas là, le problème de la misère galopante dans le monde constituerait quoi ? Enfin : il n'en reste pas moins que sociétal est un joli mot.)
Bernard Miyet s'exprime ainsi sur le site web de la Sacem. Evidemment, en présentant cette phrase hors de son contexte, je ne lui rend pas justice. A vrai dire, j'ai beau lire et relire le texte dont je l'ai extraite, je continue de trouver cette phrase tout à fait incompréhensible. Mais, cette incapacité à donnner du sens à ce que dit Monsieur Miyet, c'est mon problème, et je n'imagine pas à seul instant que le Président du Directoire de la Sacem me sache pas ce qu'il dit quand il écrit ceci.