Ben disons que tu peux toujours adopter la licence « J'm'en fiche » ou bien la licence « Allez-y, hésitez pas à faire tourner ma musique »… bref, tu mets quelques mots sur ton site, et ça ira.
Le problème c'est que ces quelques mots ne sont pas une garantie légale. L'avantage des licences de libre diffusion, c'est qu'elles offrent (au moins théoriquement) à tous ceux qui vont obtenir ta musique sous cette licence la possibilité
légale[1] de rediffuser cette musique, sans crainte d'être inquiétés. C'est un peu bêtement formalisateur, et quand on est musicien on n'est pas toujours fan de ce genre de prise de tête juridiques, mais c'est une garantie pour ton public. Et à une époque où les principaux éditeurs d'œuvres culturelles se battent contre leur public, ça n'est pas forcément inutile.
Ensuite, c'est à toi de voir quelles seraient tes motivations pour utiliser une licence de libre diffusion. Les licences sont des dispositions technico-juridiques, et le sens que tu mets derrière (pragmatisme, opportunisme, positionnement idéologique, respect du public, « j'aime la culture libre et je rentre en communion avec les fleurs », etc.) dépends uniquement de toi[2].
Par contre, il faut savoir quelles sont les conséquences !
Pour l'essentiel, ce sont les conséquences de la libre diffusion. En théorie, une fois que tu as communiqué une œuvre (par exemple une chanson) à ne serait-ce qu'une seule personne, selon les termes de la libre diffusion, tu perds le contrôle sur tout ou partie de la diffusion de cette œuvre. C'est à dire que trente ans plus tard, n'importe qui peut la rediffuser sur son site (si le site n'est pas commercial dans certains cas), dans la rue, etc. Et chaque personne qui entre en possession de l'œuvre de la sorte devient un diffuseur légal[3].
Une des conséquences, c'est que si demain tu deviens une star, tes œuvres de jeunesse seront en libre circulation sur le net. Rien ne t'empêchera de les vendre par ailleurs (plus-value du support ou du service), mais tu ne pourras pas légalement rompre le contrat passé avec le public.
À l'inverse, si demain tu te sens un peu artiste maudit, et que tu veux te retirer dans un monastère en mettant fin à toute distribution des tes œuvres… ben tu ne pourras pas. Enfin si, rentrer dans un monastère tu pourras, mais pas le reste.
Troisième conséquence, et non des moindres : la SACEM demande à ses sociétaires qu'ils lui apportent le monopole de la gestion de leurs droits (le monopole que le code de la propriété intellectuelle donne aux auteurs, c'est la sacem qui le récupère…). Sauf que voilà, tu as déjà accordé un droit de diffusion au public pour certaines de tes œuvres. Si tu signes avec la SACEM, tu romps les termes du contrat passé avec le public. Donc Mme Michu pourra te faire un procès

… Bref, incompatibilité SACEM et licences de libre diffusion.
Enfin, si tu es à la SACEM, tu n'as pas non plus le droit de diffuser toi-même ta musique (même en téléchargement gratuit sur ton site), sauf à payer la SACEM pour ne revoir que 75-80% de la somme payée…
Voilà en gros la situation.
Ça va, c'est à peu près clair ?
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[1] La licence étant un contrat entre toi et le public, dans lequel tu accordes certains droits aux utilisateurs.
[2] À tout seigneur tout honneur : là en gros je cite dana.
[3] Avec plus ou moins de restriction : certaines licences autorisent les usages commerciaux, d'autres non.