Le droit moral, rempart de la liberté culturelle
Publié : 20 juin 2006, 04:04
trouvé sur netlex, un très intéressant texte de Philippe Gaudrat, professeur de droit à Poitiers, spécialiste du droit d'auteur, à qui l'on doit un article remarqué en mai dernier, (titre : "Intérêts de l'investisseur contre droit d'auteur", surtitre : "Outre son absurdité, l'interdiction du téléchargement va à l'encontre de l'intérêt général.")
publié ici : libé et donc bien sûr maintenant inaccessible, sauf, chut, via gagleu (résultat nº4),
trouvé donc, ce texte sur le droit moral, rempart de la liberté culturelle. publié d'abord sur sgdl.org, site de la société des gens de lettre, comme fait foi le lien sur netlex, mais le lien est brisé, et ce texte introuvable sur sgdl.org...
dommage vu son intérêt... (c'est moi qui met en gras)
Le droit moral dans la création liée, par Philippe Gaudrat
→ Le droit moral, rempart de la liberté culturelle Si l’on veut abandonner le droit moral, pour intégrer le paradis culturel américain, il faut, au moins et préalablement, mesurer la portée du geste. On abandonne la défense de l’intérêt général pour ne plus servir que des intérêts privés antagonistes ; et du combat des lobbies auxquels on ne peut plus échapper, il est mathématiquement assuré que c’est celui des producteurs et des diffuseurs qui sortira vainqueur. Plusieurs raisons y concourent. La disparition du droit moral fragilise le créateur et le ravale rapidement au rang de travailleur, n’ayant droit qu’à une rémunération appropriée (comme dit la directive de 2001), qui tend à se fondre dans le salaire ou les honoraires. Le monopole, délié du créateur, devient un outil de puissance dans les mains des diffuseurs qui contrôlent entièrement le marché et appliquent la politique que dicte leurs seuls intérêts (exemples des majors du disque). A partir d’un certain seuil de puissance économique, les associations de consommateurs ne sont plus en mesure de faire contrepoids ; lors du vote du DMCA, quoiqu’elles aient vigoureusement protesté, ces associations ont été laminées. Au surplus, elles n’ont vocation qu’à défendre un intérêt économique, non un intérêt culturel. L’intérêt culturel ne pourrait être défendu que par des lobbies de créateurs, mais outre qu’il s’agit encore d’une logique de lobby qui risque de tourner au corporatisme, à quel titre les créateurs pourraient-ils se regrouper et intervenir quand ils sont réduits au statut de travailleurs exclus du schéma propriétaire ? On ajoutera que le travail porte, par nature, au regroupement du fait qu’il consiste en une compétence interchangeable, que l’on partage entre gens de métier, alors que la création est, à l’opposé, d’essence singulière ; ce qui pousse à l’individualisme ; l’idée syndicale n’a pas la même emprise sur le monde de la création que sur celui du travail. #
je mets aussi ici ceci :
Comment se construit le futur de la propriété intellectuelle. ça c'est carrément dans le genre "know thy enemy"...
il s'agit des traités internationaux, ompi, etc.. la prochaine horreur dans les tuyaux :c'est sur broadcasting / webcaxting..
la dernière phrase du billet (lien à aller y cliquer) : " Il est tout à fait instructif de comprendre de l'intérieur comment se rédigent ces traités, à la fois pour repérer les enjeux des textes mais aussi pour percevoir les rapports de force entre pays, industriels et société civile. On trouvera ici un compte-rendu édifiant des dernières tractations par Thiru Balasubramaniam, dont le titre donne le ton : Propositions des gagnants et tombeau des propositions (Winners' proposals and Graveyard proposals). "
publié ici : libé et donc bien sûr maintenant inaccessible, sauf, chut, via gagleu (résultat nº4),
trouvé donc, ce texte sur le droit moral, rempart de la liberté culturelle. publié d'abord sur sgdl.org, site de la société des gens de lettre, comme fait foi le lien sur netlex, mais le lien est brisé, et ce texte introuvable sur sgdl.org...
dommage vu son intérêt... (c'est moi qui met en gras)
Le droit moral dans la création liée, par Philippe Gaudrat
→ Le droit moral, rempart de la liberté culturelle Si l’on veut abandonner le droit moral, pour intégrer le paradis culturel américain, il faut, au moins et préalablement, mesurer la portée du geste. On abandonne la défense de l’intérêt général pour ne plus servir que des intérêts privés antagonistes ; et du combat des lobbies auxquels on ne peut plus échapper, il est mathématiquement assuré que c’est celui des producteurs et des diffuseurs qui sortira vainqueur. Plusieurs raisons y concourent. La disparition du droit moral fragilise le créateur et le ravale rapidement au rang de travailleur, n’ayant droit qu’à une rémunération appropriée (comme dit la directive de 2001), qui tend à se fondre dans le salaire ou les honoraires. Le monopole, délié du créateur, devient un outil de puissance dans les mains des diffuseurs qui contrôlent entièrement le marché et appliquent la politique que dicte leurs seuls intérêts (exemples des majors du disque). A partir d’un certain seuil de puissance économique, les associations de consommateurs ne sont plus en mesure de faire contrepoids ; lors du vote du DMCA, quoiqu’elles aient vigoureusement protesté, ces associations ont été laminées. Au surplus, elles n’ont vocation qu’à défendre un intérêt économique, non un intérêt culturel. L’intérêt culturel ne pourrait être défendu que par des lobbies de créateurs, mais outre qu’il s’agit encore d’une logique de lobby qui risque de tourner au corporatisme, à quel titre les créateurs pourraient-ils se regrouper et intervenir quand ils sont réduits au statut de travailleurs exclus du schéma propriétaire ? On ajoutera que le travail porte, par nature, au regroupement du fait qu’il consiste en une compétence interchangeable, que l’on partage entre gens de métier, alors que la création est, à l’opposé, d’essence singulière ; ce qui pousse à l’individualisme ; l’idée syndicale n’a pas la même emprise sur le monde de la création que sur celui du travail. #
je mets aussi ici ceci :
Comment se construit le futur de la propriété intellectuelle. ça c'est carrément dans le genre "know thy enemy"...
il s'agit des traités internationaux, ompi, etc.. la prochaine horreur dans les tuyaux :c'est sur broadcasting / webcaxting..
la dernière phrase du billet (lien à aller y cliquer) : " Il est tout à fait instructif de comprendre de l'intérieur comment se rédigent ces traités, à la fois pour repérer les enjeux des textes mais aussi pour percevoir les rapports de force entre pays, industriels et société civile. On trouvera ici un compte-rendu édifiant des dernières tractations par Thiru Balasubramaniam, dont le titre donne le ton : Propositions des gagnants et tombeau des propositions (Winners' proposals and Graveyard proposals). "