hommage à toi pareil
j'ai lu la première moitié de ton texte
Il y a des idées assez frappantes : par exemple celle de darwinisme musical, laquelle laisserait entendre que la succès en musique n'est réservée qu'aux "guerriers" de l'art, les battants, etc.. Je pense au livre de JB Menger : Portrait de l'artiste en travailleur. On y découvre un artiste qui serait devenu le modèle même du travailleur, incarnant cette petite entreprise à soi tout seul, faisant commerce de ses compétences et de son talent. Au contraire de cette vision là tu laisses entendre que certains artistes ne souhaitent aucunement s'engager dans cette lutte à mort vers le succès - ce qui ne les empêche pas d'avoir du talent (et si le talent suffisait à faire le succès, quelques uns d'entre serions peut-être au directorire de la sacem à l'heure qu'il est ou sur tf1)
Suit une critique en règle des intentions et du pouvoir de l'industrie du disque, lesquelles portent évidemment ce discours de compétition généralisée etc..
L'autre problème soulevé (dans ce que j'ai lu pour le moment) concerne les revenus de l'artiste. Comme tu le dis, il existe globalement deux manières de toucher un revenu en tant qu'artiste : ou bien on tire parti du marché du disque dans son ensemble ou bien on bénéficie de subventions ou d'aides de l'état : régime des intermittents du spectacle, soutiens à la création etc.. Et, quelquefois, on touche de l'argent aussi bien de l'état que du marché (l'état n'ayant aucun scrupule manifestement à soutenir des productions issues des majors ou assimilées).
Tu réfléchis donc à la la mise en oeuvre d'une troisième voie : une sorte de réhabilitation du mécénat si j'ai bien saisi, qui passerait par la création d'un statut particulier, ouvrant droit à des dons, des subventions, des aides etc..
Tu en appeles donc au législateur si j'ai bien saisi, de manière à obtenir un statut privilégié (au même titre qu'une association à vocation humanitaire par exemple, habilitée à recevoir des dons).
Bon. Pourquoi pas ?
je me permets de relever plusieurs idées qui, dans ton texte, me paraisse peu discutées et qui du moins dans mon petit cerveau, requièrent une élucidation (si elle est possible) :
1° tu poses la question :
"Le métier d'artiste est-il un métier commercial ou un métier au service du citoyen ? "
Cette question suit une brève démonstration (trop rhétorique à mon goût) qui tend à prouver que "artiste" c'est un métier. Je ne suis pas très convaincu. Qu'est-ce qu'un métier au service des citoyens : gendarme par exemple ? (c'est tout à fait ce qu'on lit sur les messages de l'armée en ce moment : "engagez vous au service des citoyens"). Bon, en tant qu'artiste, je n'ai pas le sentiment d'exercer un métier commercial ni celui d'être au service des citoyens. Et pour tout dire, je n'ai pas le sentiment d'exercer un métier, quoiqu'en dise JB Menger.
2° je lis ceci :
Permettre à un artiste de déposer ainsi ses maquettes enregistrées à la maison, de les faire évaluer jusqu’à obtenir la reconnaissance de ses pairs serait évidemment un argument déterminant pour l’obtention d’un statut d’artiste indépendant
.
ce qui me fait bondir. En quoi Dieu du ciel l'évaluation par ses pairs, thème que tu répètent à plusieurs reprises dans ton essai, et qui semble constituer le critère de l'obtention du statut que tu réclames, serait-il plus "objectif" ou plus "pertinent" que l'évaluation de ma musique par ta voisine du dessous ou Pascal Nègre ou Renaud Donnedieu de vabre ?? Je veux bien que dans le domaine du savoir, des sciences, de l'histoire, etc.. le controle et l'évaluation par la communauté des chercheurs constitue une des pierres de touche de la scientificité d'une thèse, mais dans le domaine de l'art ??
ET ce dont tu parles, ça existe déjà ! Nombreux sont les musiciens qui ont réussi à dégoter un job dans l'industrie musicale (toi le premier si j'ai bien lu ton cv), ou dans les organisations de soutien aux musiques amplifiées ou aux musiques actuelles (je ne sais pas "comment on dit" en ce moment

Va voir comment se passent les sélections du Printemps de Bourges : le jury est constitué d'experts, et parmi ceux-ci évidemment des musiciens. Là on y est bien jugé par ses pairs, la profession. En quoi tes propositions apportent-elles une nouveauté à ce niveau ?
et ceci me fait d'autant plus bondir que tu ajoutes plus loin :
3°
Le Web va permettre de sortir du Darwinisme Musical. C'est à dire qu'il permettra à chaque artiste de s'exprimer et pas seulement ceux qui auront signé avec les multinationales qui résisteront à la concentration de cet univers impitoyable. Pour cela il faudra que le public change de mentalité. Qu'il cesse de se laisser conditionner par la télévision.
alors si je te suis bien , pour que ton projet marche, il faut que les artistes s'auto-évaluent ET que le public change de mentalité.
J'ai envie de te dire : pourquoi pas créer un label ou une organisation uniquement destinée aux musiciens, qui vivraient de leur statut particulier, encouragés par le sentiment de rendre un service citoyen, quémandant des dons et des aides diverses, tout en ESPERANT que le public s'améliore et décolle son nez de la télé.
Mais mon cher ami de qui parlez vous donc ?? Qui est ce public dont vous parlez ? Qui sont ces artistes dont vous parlez ? Tu vois, je connais plein de mecs qui jouent de la guitare. Il y en a qui jouent du reggae, d'autre du métal, d'autres de la variété pour des mariages. Je ne me sens aucune compétence pour juger de leur art, et je ne leur reconnais en retour aucune compétence (et en tous cas aucune position privilégiée) pour porter un jugement sur mes disques. Le reggae, le métal et la variété ne me touchent en rien. bon. ET qu'est-ce que c'est qu' évaluer ? évaluer de l'art ?? (ça ça me fait hurler

Les mecs du printemps de Bourges et du Ministère de la culture prétendent en savoir plus sur l'art que vous et moi ou votre voisin d'en dessous : ils se sont formés dans des écoles dont l'unique but semble être de fromer des experts susceptibles d'alimenter les DRAC, les FRAC, et tout le tintouin. Ce que tu présentes, c'est une simple parodie de ce système là, prétendument plus indépendant (mais si au fond tu gagnes ton statut grâce au consentement de l'état, peux tu vraiment prétendre à l'indépendance ?)
tant qu'à faire on pourrait laisser les artistes entre eux, dans une sorte de couveuse, statufiés par le droit social, et attendre qu'émerge celui qui parmi eux aura su faire montre de son talent ?
Les majors au moins elles, sont claires : elles ne sont pas là pour évaluer le talent, mais pour se faire des tunes et satisfaire des actionnaires (et donc, secondairement, doivent "inventer" le mec qui va leur faire gagner plus de tunes - qu'il soit artiste ou pas peu importe)
Enfin, dans les deux cas, tant pis pour ces triples imbéciles de public.
4° tu listes les revenus possibles pour faire vivre ton label :
Le budget pourrait alors être alimenté par plusieurs voies, leur multiplicité étant un gage d’indépendance :
Le mécénat culturel d’état
Le mécénat culturel privé
Le mécénat culturel d’entreprise
Les taxes existantes sur la copie privée (ADAMI, SPEDIDAM)
Les droits d’auteurs (licences légales radios/télé)
Les nouveaux revenus de l’Internet
L’industrie du disque (en contrat non exclusif)
Les cachets de représentations publiques
Là je ne saisis pas. Pour le mécénat, je ne me prononce pas (mais je vois mal comment concrètement je pourrais convaincre EDF GDF de me verser des tunes pour mon label. peut-être en écrivant sur chaque scud : Nous vous devons plus que la lumière ? je leur dois 150 euros là, depuis décembre, mais ils peuvent pas me couper c'est l'hiver et je suis pauvre. ET c'est à ces mecz là que je vais demander de financer mes scuds ? arggll là désolé je peux pas)
Les 5 derniers revenus que tu listes (hors mécénat donc), ben ils existent déjà. Et pas mal de labels "indie" en profitent déjà ! (pas another record, on est des intégristes, on en crèvera mais bref..)
Les droits d’auteurs (licences légales radios/télé)
???
que veux-tu dire par là ?? Tu veux parler de générique de programmes télés par exemple, d'illustrations sonores comme ils disent ? hummm Te fais pas d'illusions sur le système. Les télés négocient directement un forfait avec la sacem qui leur évite de se faire de la bile et de signer de quelconques licences (j'ai un ami qui a entendu une de ses chansons en générique de Capital sur M6.. ben.. il peut toujours essayer de faire un procès pour toucher la moindre tune là dessus -vu qu'il est pas à la sacem. Même Déaft pUnk ils sont galéré pout avoir gain de cause.)
bon voilà
excuse d'avoir été un peu dur là, amis on n'a pas l'habitude de se faire de cadeau sur ce forum

je lirais la suite demain.