''L'age de peer'': esclavage 2.0
Publié : 20 oct. 2006, 16:28
''L'age de peer'', le bouquin d'Alban Martin, est-il un suppositoire libéral livré dans un écrin communautaire?
Intrigué par l'omniprésence d'Alban Martin sur la nébuleuse libre, j'ai décidé de me lancer dans la laborieuse digestion de l'Age de Peer.
Je dis laborieuse car il s'agit d'un ouvrage commercial (je m'explique plus bas) dont le sujet est l'étude d'une éventuelle viabilité économique du marché du libre.
A lui seul ce sujet est totalement irrespectueux des principes de bases qui font que nombre d'artistes libres, dont je fais partie, ont à coeur de partager leurs oeuvres: l'accès universel à la culture et le refus de considérer la culture comme un produit de consommation.
Alban Martin propose aux majors une mécanique commerciale pour faire des bénéfices, le discours est donc cohérent. Ce qui l'est moins, c'est notre attitude grégaire.
Alors pourquoi laisser un avocat de l'économie de marché nous représenter (directement ou indirectement)?
Première clef de la supercherie: l'emballage.
La couverture et le titre de l'ouvrage font clairement de l'oeil aux artistes libres. ''Tiens! Un bouquin sur la culture libre. Alors voyons, ça parle de culture libre positivement et le mec il s'incruste même sur des plates formes de diffusion libre... woooaaaa, cool! Merci M. Martin. Ton livre, je vais pas le lire passsque tu woa, moi chui un artiste, mais t'es un mec cool''.
Emballage 2.0: ''waoooo, en plus c'est édité sous licence libre!''... Non, non et non. Seul un enregistrement indigeste (ce type de bouquin ne supporte évidemment pas un enregistrement sonore, j'ignore si les mal-voyants sont habitués à se concentrer sur une lecture aussi monocorde), imaginez, près de 6h de lecture. Il ne s'agit pas d'un roman! même si l'auteur enrobe son idéologie d'une historiette ridicule. ''Oui, mais sur son site, tu peux télécharger le bouquin!''... Non, non et non. Sur le site, on peut (je cite parce que c'est très beau) ''Téléchargez librement DU contenu du livre''. Vous saisissez la différence? Vous aviez commencé à nous caresser le genoux, Mr Martin, pourquoi ne pas employer les méthodes que vous admirez tant: publiez votre ouvrage sous licence libre. Il m'avait pourtant semblé entendre l'éloge des échanges numériques gratuits.
Le contenu de cet ouvrage m'est apparu comme un hymne au néo- libéralisme flamboyant. Rien à envier aux ''lendemains qui chantent''. On nous explique doctement les avantages immenses de l'esclavage consenti. Attention, esclavage 2.0, rien à voir avec les négriers... Alban Martin est un individu respectable.
D'ailleurs, le discours de ce monsieur semble passer assez facilement auprès des grosses entreprises du ''divertissement''. Pour certains, ça force l'admiration. Personnellement, ça m'intrigue.
J'ai trouvé dans la musique libre un échappatoire à l'engraissement de toute une chaîne de production-distribution de divertissement sans aucun respect pour l'oeuvre en tant que telle. Aujourd'hui, j'ai du mal à accepter qu'un seul individu s'acharne au nom de tous à trouver des solutions pour qu'enfin les acteurs du marché culturel (pour éviter de répéter divertissement) tirent bénéfices d'un tel vivier. Feuilletez le livre sans l'acheter, vous goûterez aux avantages en nature que les artistes et les ''clients'' (c'est lui qui le dit, pas moi) en tireraient, c'est un poème.
Quand ce monsieur se vante à tout va des diplômes H.E.C et des stages de marketing qu'il accumule, les doutes quant à la nature sociale de sa démarche s'amenuisent.
Si je dépose ma colère ici, plutôt que sur une plate forme où figure le livre de Mr Martin, c'est parce que ici, les déclarations d'intentions n'ont jamais changé.
Je suis très agacé de voir ce monsieur s'imposer comme un interlocuteur privilégié dans les débats autour du libre.
Son discours, tant qu'il consiste à justifier le p2p ne me dérange pas, mais je redoute le glissement vers le libre qui est en train de s'opérer.
Si vous avez digérer cet ouvrage différemment, je suis curieux de connaître votre point de vue.
Car forcément, je me trompe. Alban Michel est destiné à la postérité, j'en veux pour preuve SA page Wikipédia.
le site d'Alban Martin: http://alban.martin.googlepages.com/home
SA page Wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Alban_Martin
en écoute: http://www.jamendo.com/fr/album/2881/
Intrigué par l'omniprésence d'Alban Martin sur la nébuleuse libre, j'ai décidé de me lancer dans la laborieuse digestion de l'Age de Peer.
Je dis laborieuse car il s'agit d'un ouvrage commercial (je m'explique plus bas) dont le sujet est l'étude d'une éventuelle viabilité économique du marché du libre.
A lui seul ce sujet est totalement irrespectueux des principes de bases qui font que nombre d'artistes libres, dont je fais partie, ont à coeur de partager leurs oeuvres: l'accès universel à la culture et le refus de considérer la culture comme un produit de consommation.
Alban Martin propose aux majors une mécanique commerciale pour faire des bénéfices, le discours est donc cohérent. Ce qui l'est moins, c'est notre attitude grégaire.
Alors pourquoi laisser un avocat de l'économie de marché nous représenter (directement ou indirectement)?
Première clef de la supercherie: l'emballage.
La couverture et le titre de l'ouvrage font clairement de l'oeil aux artistes libres. ''Tiens! Un bouquin sur la culture libre. Alors voyons, ça parle de culture libre positivement et le mec il s'incruste même sur des plates formes de diffusion libre... woooaaaa, cool! Merci M. Martin. Ton livre, je vais pas le lire passsque tu woa, moi chui un artiste, mais t'es un mec cool''.
Emballage 2.0: ''waoooo, en plus c'est édité sous licence libre!''... Non, non et non. Seul un enregistrement indigeste (ce type de bouquin ne supporte évidemment pas un enregistrement sonore, j'ignore si les mal-voyants sont habitués à se concentrer sur une lecture aussi monocorde), imaginez, près de 6h de lecture. Il ne s'agit pas d'un roman! même si l'auteur enrobe son idéologie d'une historiette ridicule. ''Oui, mais sur son site, tu peux télécharger le bouquin!''... Non, non et non. Sur le site, on peut (je cite parce que c'est très beau) ''Téléchargez librement DU contenu du livre''. Vous saisissez la différence? Vous aviez commencé à nous caresser le genoux, Mr Martin, pourquoi ne pas employer les méthodes que vous admirez tant: publiez votre ouvrage sous licence libre. Il m'avait pourtant semblé entendre l'éloge des échanges numériques gratuits.
Le contenu de cet ouvrage m'est apparu comme un hymne au néo- libéralisme flamboyant. Rien à envier aux ''lendemains qui chantent''. On nous explique doctement les avantages immenses de l'esclavage consenti. Attention, esclavage 2.0, rien à voir avec les négriers... Alban Martin est un individu respectable.
D'ailleurs, le discours de ce monsieur semble passer assez facilement auprès des grosses entreprises du ''divertissement''. Pour certains, ça force l'admiration. Personnellement, ça m'intrigue.
J'ai trouvé dans la musique libre un échappatoire à l'engraissement de toute une chaîne de production-distribution de divertissement sans aucun respect pour l'oeuvre en tant que telle. Aujourd'hui, j'ai du mal à accepter qu'un seul individu s'acharne au nom de tous à trouver des solutions pour qu'enfin les acteurs du marché culturel (pour éviter de répéter divertissement) tirent bénéfices d'un tel vivier. Feuilletez le livre sans l'acheter, vous goûterez aux avantages en nature que les artistes et les ''clients'' (c'est lui qui le dit, pas moi) en tireraient, c'est un poème.
Quand ce monsieur se vante à tout va des diplômes H.E.C et des stages de marketing qu'il accumule, les doutes quant à la nature sociale de sa démarche s'amenuisent.
Si je dépose ma colère ici, plutôt que sur une plate forme où figure le livre de Mr Martin, c'est parce que ici, les déclarations d'intentions n'ont jamais changé.
Je suis très agacé de voir ce monsieur s'imposer comme un interlocuteur privilégié dans les débats autour du libre.
Son discours, tant qu'il consiste à justifier le p2p ne me dérange pas, mais je redoute le glissement vers le libre qui est en train de s'opérer.
Si vous avez digérer cet ouvrage différemment, je suis curieux de connaître votre point de vue.
Car forcément, je me trompe. Alban Michel est destiné à la postérité, j'en veux pour preuve SA page Wikipédia.
le site d'Alban Martin: http://alban.martin.googlepages.com/home
SA page Wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Alban_Martin
en écoute: http://www.jamendo.com/fr/album/2881/