Tu es parfaitement dans le vrai, Boris !
Il y a bien des Sacémisés, comme on les nomme, qui font n'importe quoi avec la diffusion de leurs oeuvres, y compris, y coller des licences de libre diffusion, ce qui est complètement en opposition avec les règles imposées par la SACEM et qu'ils ont signés.
Pour rappel la SACEM autorise uniquement le streaming (lecture mais pas de téléchargement) sur le site perso de l'auteur.
Il n'existe aucune dérogation, l'utilisation de licences creatives commons, même en CC-by-nc-nd, n'est pas acceptée, voici d'ailleurs la réponse de la SACEM à ce sujet :
http://fr.creativecommons.org/FAQgenerales.htm
voir en fin de page
"Je suis membre d’une société de gestion collective (SACD, SACEM, ADAGP…). Puis-je mettre toutes ou une partie de mes oeuvres sous contrat Creative Commons ?"
et plus particulièrement :
Partie relative à la SACEM (Informations relues par la SACEM, octobre 2005)
Il est donc
impératif de se désinscrire de la SACEM pour pouvoir diffuser librement ses oeuvres. On pourrait croire que cela n'a que des conséquences légères pour les contrevenants, comme un gentillet rappel à l'ordre, or il n'en est rien. L'auteur peut se voir sommé de payer le droit de diffusion. Pire, ce sont les utilisateurs finaux comme les petits commerces, qui doivent payer des amendes forfaitaires élevées pour avoir diffusé, UN seul artiste Sacémisé sans le savoir, parmi une playlist conséquente de musique libre. La SACEM ne fait pas dans la dentelle, mais bon, ça c'est pas nouveau...
Ce qu'il faut savoir : le droit d'auteur n'est pas monolithique, il se décompose, en deux parties :
-le droit moral
-les droits patrimoniaux.
C'est une partie de ces droits patrimoniaux que gère la SACEM, mais pas l'intégralité, certains font l'objet d'une négociation avec d'autres intervenants (maisons de disques...). Parmi les droits gérés par la SACEM, il y a les droits obligatoires édictés par la loi qui sont :
1. la rémunération pour copie privée (et oui elle existe toujours...)
qui concerne directement les auteurs.
2. La rémunération équitable qui concerne les droits voisins, c'est-à-dire les artistes interprètes et les producteurs.
Ca concerne donc certains auteurs qui sont tout à la fois auteurs, interprètes et auto-produits.
Cette rémunération est collectée par la SPRE reversée par la SACEM.
Cette "rémunération équitable" est versé par les lieux qui diffusent de la musique, comme le forfait SACEM, mais c'est le seul qui soit obligatoire, le forfait SACEM n'est pas à verser par les lieux diffusant de la musique libre.
Un artiste qui choisit la libre diffusion, choisit donc de s'asseoir sur ces droits obligatoires...
Petite réflexion à ce sujet, cette situation ne pourra pas perdurer ad vitam eternam, en effet le nombre d'oeuvres musicales en LLD (licences de libre diffusion) ne cesse de croitre et leurs diffusions sur les medias traditionnels (radios FM) aussi, qui l'eut cru...
Puisque la SACEM continue à ignorer (ou pire) la libre diffusion, elle n'assure plus la fonction de partage équitable qu'elle prétend assurer (idem pour les sociétés de gestion collective des droits équivallentes en Europe). Sans entrer dans les détails, il y a aussi certains droits commerciaux réservés par les clauses nc qui pourraient être gérés par la SACEM et sur lesquels les artistes doivent s'asseoir aussi. Il ne s'agit pas d'un problème technique mais bien d'un choix politique, puisqu'il il exite dans le monde au moins une société de gestion collective des droits ouverte sur la musique libre (aux Etats Unis).
Pour finir, voici, l'indispensable lien pour ceux qui veulent quitter la SACEM (en toute connaissance de cause)
http://quitterlasacem.info/