La conjonction entre l'outil permettant légalement de lire une correspondance privée + la dérive souhaitée par une bonne partie du peuple de condamner sur des intentions et non plus sur des actes
oui
sauf que qui est premier de la poule ou de l'oeuf ?
est-ce que c'est la peur des gens ? ou bien la rhétorique politique (ou les médias ou ce que vous voudrez) ? c'est la peur qui suscite le discours ou le discours qui attise la peur ?
on voit bien que cela repose en réalité (à mon humble avis) sur un mythe :
le mythe selon lequel nous sommes en guerre.
or je voudrais faire une remarque à ce sujet :
quand en 1940 la France était en guerre, c'est ce qu'on lit dans les livres d'histoire, hé bien tout le monde ne sentait pas les effets de la guerre de la même façons. mais admettons qu'on en sentait où que l'on soit plus ou moins les effets (par exemple, dans les régions directement touchées par les comabts, c'était la mort, et dans d'autres, plus épargnées, le rationnement par exemple, etc.)
Bref, il y avait des effets. Or ces effets directement issus de la guerre, on les sentait j'ai envie de dire dans sa chair. dans la vie de tous els jours. ça modifiait le réel quoi.
Alors que là
dites moi ce que sont les effets de cette "guerre" contre les terroristes.
Imaginez un instant que nos n'ayons aucun accès aux médias (la grotte dont tu causes justement)? ni aucun moyen d'entendre les discours des uns et des autres. Croyez-vous alors que la réalité de cette guerre nous paraîtrait si évidente. À moins d'avoir été la victime directe ou le proche d'une victime d'un attentat,par exemple, ou de bosser dans le pétrole (et encore, je doute que la crise du pétrole dépende du terrorisme), enfin, ce sont là de rares cas où on subit des effets dans la chair.
Bref : nous sommes en guerre dans la mesure où on nous bourre le crâne de cette idée que nous sommes en guerre.
Alors attention : je ne dis pas qu'il n 'y ait pas une menace qui plane. Mais je vous le demande : ne planait-elle pas dans les années 50-70 pendant la guerre froide ? n'a-t-elle pas toujours planée au fond, parce que c'est tout simplement, ce que certains appelaient, un état universel de guerre entre les nations (faut relire Kant là)
Bref, nous ne sommes pas plus en guerre, si l'on entend par guerre "
la menace de la guerre", qu'il y a vingt ans, ou cent ans ou un millénaire.
Et c'est faire preuve de bien du mépris envers ceux qui ont connu
non pas la menace de la guerre mais la guerre elle-même (demandez aux irakiens, aux gens du soudan en ce moment, et malheureusement on peut multiplier par cent ces exemples)
Donc, fin de la demonstration :
je ne vois pas ce qui justifierait aujourd'hui qu'on prenne des mesures liberticides au prétexte d'une MENACE de guerre qui au fond n'a jamais cessé de planer sur nos têtes (et comme nous sommes des êtres humains, des machines à oublier et à cliver les choses, forcément si on ne nous rappelle pas cette menace nous vivons comme s'il n'y avait pas de menace).
je sais pas si je me fais bien comprendre là..
Je crois qu'il y a au moins deux grandes causes au fait les gens sont prêts à accepter une mesure attentatoire à la liberté :
1° à cause de la réussite du matraquage des discours tendant à faire croire qu'il existe non seulement une menace de guerre (ce qui n'a jamais cessé d'être vrai depuis que Dieu a viré adam et eve du paradis

mais une guerre avérée, réelle.
2° à cause aussi de la possibilité technique qui permet de contrôler des choses qu'on ne pouvait contrôler auparavant.
Cette seconde raison est à mon avis fondamentale. J'ai déjà écrit pas mla de choses là dessus, après beaucoup d'autres (à commencer au fond par Heidegger), comme quoi, la technique, la machine, une fois qu'elle existe, exige qu'on l'utilise. Nopus avons des outils extraordinaires pour scruter le cerveau humain ? hé bien inventons des pathologies susceptibles d'être "explorées" grâce à ces outils (il faut bien les rentabiliser) etc..
là c'est pareil. On sait faire, hé bien, suffit de trouver à quoi ça pourrait bien servir. et faisons le. etc.
Je songe à un autre point lié à l'invention de l'objet de la peur.
Prenons deux objets qui sont devenus en quelque années des objets de peur : les pauvres (les rmistes surtout) et les immigrés clandestins (les sans papier).
Dans les deux cas ce qui me frappe, c'est le fait que ces populations comptent quasiment pour rien dans l'économie nationale. lenombre d'immigrés clandestins est si faible que leur impact économique est inversement proportionnel à leur impact politique. Le rmi concerne pas loin de 1 million 500 mille personnes (trois fois plus de rmiste que de ISF donc), et coûte àaux collectivités et à l'état (quand il verse effectivement son obole aux départements), moins de 6 milliard d'euros (on compte par là toutes les dépenses liées au rmi, pas seulement la somme des allocations versées directement aux bénéficiares) : je vous laisse comparer cela au budget global de la nation et des collectivités locales.. Ce ne sont que quelques poussières. le budget de la défense dans notre pays (qui n'est pas le pire dans ce cas hein) s'élève à environ 33 miliard d'euros, 2% du PIB. Calculez vous-même : le rmi, c'est vraiment pas ça qui plombe les finances du pays bordel, et encore moins les sans papiers. Mais voyez coment on présente les choses : d'un côté, nous sommes en guerre (ou sinon comment expliquer ce budget de la défense) de l'autre, il y a des ennemis intérieurs qu'il faut détruire (les sans papiers, les délinquants, els pauvres etc.)
Alors que : tout ça c'est globalement du flanc
vraiment
le problème des discussions politiques, c'est qu'elles se fondent en général sur des mythes, et justifient malgré des postulats délirants des mesures que tout le monde accepte (ou presque) sans sourciller, voire avec zèle, parce qu'on passe trop de temps à travailler plus pour gagner plus au lieu de se creuser la cervelle et de rechercher la vérité et la justice.
