__sam a écrit :puisqu'on parle de ma timidité, je m'exprime

Quand j'ai entendu le gars vous rentrer paternellement dans le lard, je me suis attendu à une réaction plus acide de votre part, en me disant : putain, si c'était moi, eh ben je lui enverrais pas dire, je te lui répondrais franco : "euh, non, ben euh, quoi, euh, voilà, euh, quand-même, hein, euh bon, enfin bref, faudrait que je l'écrive pour être plus clair, mais bon, quoi, euh, hein, faut pas pousser, non plus, merde, à la fin, eh oh, hein".
Sinon, je connais le mec que de nom, et je crois que je n'ai jamais rien entendu de lui, ou alors, ça ne m'a pas marqué.
__sam a écrit :moi j'ai été déçu par mano solo, (et thierry pas du tout)
il s'est placé en papa. c'est vrai qu'il a une belle carrière, mais son discours ressemble très fortement à celui de 2 membres de zebda que j'avais rencontré :
ils sont aujourd'hui connus, ils se sont fait connaître à une époque où l'internet n'existait pas, dans des structures 'indépendantes' mais qui fonctionnaient comme une structure commerciale standard. dans ce sens, ils sont en dehors de la réalité d'un jeune musicien.
Tu sais, petit, on n'est pas tous de la première fraîcheur, ici. Mais effectivement, c'est le genre de type qui exprime une conscience sociale, on dira, à l'intérieur du système dans lequel nous (chacun pour nos propres raisons) nous ne sommes pas entrés.
__sam a écrit :en revanche, et j'ai toujours tenu le discours qu'il faut pouvoir être professionnel, vivre de sa musique, trouver plusieurs sources de benef pour ne pas dépendre que d'un seul canal, et se faire payer pour tous les concerts ... sauf que dans la réalité, c'est pas toujours évident. c'est l'une des raisons pour lesquelles je ne suis pas favorables au licences libres sans clauses NC.
Je comprends tout à fait ton point de vue, même si l'idée que ma musique ne me rapporte jamais le moindre revenu ne me dérange pas outre mesure (et ça, c'est difficile à comprendre pour la majorité des gens !). Un situ disait en 1957 : "Nos ambitions sont nettement mégalomanes, mais peut-être pas mesurables aux critères dominants de la réussite. Je crois que tous mes amis se satisferaient de travailler anonymement au ministère des Loisirs d’un gouvernement qui se préoccupera enfin de changer la vie, avec des salaires d’ouvriers qualifiés". C'est pas demain la veille, mais ça me conviendrait assez.
Bien sûr, même si je n'attends pas après le flouze, je ne veux pas être le "pôv con" (comme il dit, si je me souviens bien) qui va engraisser les marchands. Tant que le "libre" était ignoré du commun des mortels, nous pouvions diffuser nos trucs dans la plus parfaite insouciance, et la diversité de nos objectifs respectifs ne posait pas de problème. A présent, le système marchand à l'écart duquel nous nous tenions nous rattrape et notre insouciance devient faiblesse. De ce fait, les propos de Mano Solo, même s'il n'évolue pas dans les mêmes eaux que nous, me semblent tout de même à méditer. Je trouve que le statut conféré par la SACEM aux auteurs n'est même pas à rejeter en bloc, d'ailleurs. Le problème est que la SACEM est une bureaucratie qui ne conçoit pas que l'oeuvre musicale puisse être autre chose qu'une marchandise et/ou une rente, et qu'à travers le lobby des éditeurs, les industriels y ont une place prépondérante. Bon, euh, je m'écarte un peu du sujet, là.
Enfin bref, je tiens moi aussi à ma clause NC, et le "libre" à la sauce vaseline 2.0 me court de plus en plus sur le haricot. Moi je dis qu'il faut former un soviet de musiciens au couteau entre les dents et faire cracher l'impôt révolutionnaire aux auditeurs bourgeois (pour les prolos, ça doit rester gratos).