oui enfin, c'est une position classique de la sacem.
le titre de ton message est un peu fort, ça ne "met pas en cause" les licences cc, LP exprime là juste la position sacem, que pour défendre les artistes, leur système bien rôdé, bien établi, bien fermé, permet d'être sûr ( ??? est-on jamais sûr de quoi que ce soit - autre question) de "garder le contrôle".
sur le point précis de ce qu'il dit :
question de RsR sur numerama à Laurent P:
dans le cadre de l' article 22:
les artistes SACEM ayant retiré UNE PARTIE DE LEURS DROITS DE LEURS APPORTS A LA SACEM, dans le cas qui m' interresse celui concernant le WEB peuvent alors d'ores et déjà :
* s'inscrire sur Jamendo, dogmazic ou autre plateforme de diffusion INTERNET dite "libre"?, non?
Merci pour votre réponse.
Réponse LP
Si vous avez retiré vos apports pour Internet, vous êtes libre d'en faire ce que vous voulez.
A l'inverse avec Creative C., une fois votre œuvre donnée à ce système, vous ne pouvez plus la récupérer.
Cordialement. LP
on peut "récupérer" l'oeuvre, bien sûr que si.
un artiste peut toujours retirer son apport : droit moral inaliénable.
un artiste sacem ou CC peut le faire : il déclare vouloir retirer son apport, retire l'oeuvre des circuits de distribution. ok.
mais qu'il soit sacem ou CC l'artiste ne peut pas aller chez tous les particuliers /
destinataires de l'oeuvre qui en ont reçu copie au temps où l'artiste communiquait son oeuvre. donc dans les deux cas le public ayant déjà reçu l'oeuvre peut continuer d'en jouir légitimement, dans le cadre des droits et libertés accordés par l'artiste.
là est la seule nuance (de taille certes), qu'une oeuvre diffusée en CC, l'artiste a accordé plus de droits et libertés. ok.
et donc par rapport à la situation classique de retrait de l'oeuvre, plus vendue, plus diffusée, plus disponible, mais restant en possession privée de tous les mélomanes en ayant acquis légitimement une version,
là, l'oeuvre ne sera plus diffusée par l'artiste, ni son label, ni les structures de diffusion ayant contracté avec lui, mais restera disponible, plus largement qu'en cadre étroitement privé, par le biais de tous les destinataires de l'oeuvre sous CC avant retrait.
ça pose clairement des questions, juridiques, de droits, etc. et ça dépasse largement le domaine de la musique, ou de la diffusion d'oeuvres sur le net, c'est bien plus large, ça dérègle, bouscule tout,
ça s'appelle "bienvenue dans l'ère numérique".
on ne peut pas maintenir à l'identique le système ancien du droit, adapté à la reproduction physique, à la production, diffusion, distribution concentrée, à une époque de distinction claire entre producteurs et consommateurs, quelques producteurs, et beaucoup de consommateurs uniquement destinataires.
ah oui ça change. ah oui c'est compliqué. on est en plein dedans, et ce n'est que le début.
comme disait Michel Vivant, juriste, notamment spécialiste éminent du droit d'auteur, dans sa communication, rapport de synthèse au colloque Unesco BNF sur EUCD / DADVSI en nov. 2003, il évoquait précisément le problème du p2p et statut de copie en p2p : "il ne s'agit pas de s'incliner devant le fait ; il s'agit de ne pas nier la réalité". (référence et texte de sa communication :
http://www.unesco.org/comnat/france/Col ... Vivant.pdf )
petit ajout : dans le texte cité, M. Vivant dit plus loin, vers sa conclusion :
c’est plutôt un changement de paradigme juridique que j’évoquerai ici. Il s’agirait bien, changeant d’approche, de concevoir un « autre droit ». Mais pourquoi pas, si le « vieux droit » s’avère impuissant ?
En revanche, j’ajouterai, de mon fait (puisque la question n’a guère été soulevée), qu’il faut fermement préserver le droit moral. Tout au plus, faut-il savoir l’adapter aux réalités ou, si le mot fait peur, en avoir une compréhension raisonnable.
lumineux.