texte concis mais percutant Tumulte
je commente brièvement comme ça me vient :
C’est là où le problème devient vraiment drôle : lorsqu’on regarde l’ensemble de la production artistique que constate-t-on ? Quelque soit le média, on retrouve des œuvres pour lesquels il a fallut 10ans de travail acharnés, d’autres où il a fallut quelques heures, certaines ont coûtés des millions en investissement d’autre rien...
Et vous voulez savoir où le bas blesse ? Dans tout les cas on retrouve des chef-d’œuvres ! Contrairement a l’artisanat où on retrouve plus ou moins une corrélation entre le temps de travail et la qualité du produit finit, on retrouve dans le domaine artistique une déconnexion totale entre la « portée » effective de l’œuvre et le travail nécessaire en amont.
ça c'est un excellent point de départ
Il y a une inadéquation radicale entre deux perspectives : disons la perspective "économique" au sens étroit (le temps de travail corrélé à la valeur "capitalistique" si l'on veut.) et la perspective esthétique (le chef d'oeuvre)
bon c'est pas nouveau, mais entretenir la confusion à ce niveau c'est précisément ce qui permet de faire prendre des vessies pour des lanternes au public
on pourrait renverser le truc joliment (et ce n'est pas qu'anecdotique) : dans l'art primitif ou l'art brut, il n'était pas rare que le ou les créateurs, n'ayant aucune idée des fonctionnements des mondes de l'art (à l'occidental, mode cultivé), abandonne pour des clopinettes leur travail à tel collectionneur passant par là, ou répondent à la question : "combien me vendez-vous votre oeuvre ?" : "hé bien, j'y ai passé environ 8 heures, alors, calculé au smic, ça fait tant".. Combien de colectionneur se sont fait des couilles en or en travaillant avec ces "ignorants", je ne saurais le dire (et l'histoire se garde bien de le dire, y compris au musée du quai Branly)
Dans le libre, nous ne sommes pas sans sombrer dans cette confusion à notre tour soit- dit en passant. (ce que j'ai essayé de mettre en avant lors de mon intervention de cet automne à Lyon, mais malheureusement l'enregistrement de la conf n'a jamais été diffusé je crois.. (Aysik ??) et j'ai perdu mes notes : une confusion entre éthique, économique, esthétique, qui fait qu'on se perd dans des discussions sans fin)
Pourtant, on admet que nous avons besoin d’œuvre et que certaine d’entre elle ont besoin d’un travail a temps plein... et donc d’une rémunération... Alors le problème se pose sous cette forme : comment rémunérer des gens qui produisent quelque chose qui n’a pas valeur marchande ?
hum
"nous avons besoin d'oeuvre" ??
(d'oeuvre d'art j'imagine ?)
j'aime pas trop ce genre de formule.. On a besoin de nourriture, et sous nos latitudes, c'est mieux d'avoir un toit, à tout le moins un "chez soi"
besoin d'oeuvre ?
je ne sais pas
il y a pas mal de gens que je connais qui semblerait s'en passeraient fort bien
JL Austin, remarquable philosophe qui n'avait quasiment rien publié, disait : "y'a bien déjà assez de livres comme ça"
et
que des oeuvres aient "besoin" de rémunération.. humm
ça me parait difficile de demander à un tableau ou une symphonie : alors tu veux combien ?
qu'il y ait par contre un type qui désire un combien à un moment donné, je l'entends tout à fait : mais ne parlons pas alors d'une "nécessité" (c'est le problème du registrre des BESOINS).. moi je crois plutôt qu'il est question de désir : la preuve que tous les auteurs n'ont pas les mêmes désirs surr ce point : il y a des gens qui voudraient se payer une villa à Hollywood, ett d'autres qui se contentent rès bien d'un deux pièces cuisine à St-Flour (cantal, France)
ce point là serait à éclaircir
c'est le genre de truc apparemment évident consensuel, mais qui ne veut rien dire à mon avis
faudrait trouver un moyen de le dire autrement en tous cas
Avec la loi Hadopi on essaie de limiter l’hémorragie pour circonscrire a nouveau les œuvres a des domaines limités (support matériel ou centre de téléchargement limité). Ça va a l’encontre de l’histoire, ça va a l’encontre de l’aspiration légitime de l’humanité d’accéder a la culture et au savoir librement... alors ça ne tiendra pas – si seulement ça marche (à autre chose qu’à casser les couilles au logiciel libre) !
là pareil pour "l'aspiration légitime de l'humanité
de mon côté j'ignore tout à fait ce que pourrait bien être l'aspiration de l'humanité (ne connaissant qu'une très faible partie de l'humanité, et encore, est-ce que je connais vraiment leurs aspirations (et les connaissent-ils eux mêmes)
évitons de causer à la place de l'humanité.. et rajouter le mot légitime n'y change rien
et "le sens de l'histoire".. mon dieu.. on se calme

si ça se trouve le sens de l'histoire c'est internet transformé en hypermarché géant
et des milliards d'abrutis
qui sait ?
Penser un système non-marchand au coeur d’un système marchand, voilà un défit de taille... Finalement il suffit de penser autrement que sous la forme « des sous = un bien ». Le libre entreprends ci-et-là des initiatives intéressantes parce qu’il ne va pas a contre-sens de l’histoire...
hum
"des sous = un bien " ou "un bien = des sous" est-ce que c'est réversible ??
et sinon ? "un bien = quoi ?"
"=rien ?" (du plaisir ? de la jouissance ?)
le contre sens de l'histoire de l'histoire, comme le sens de l'histoire, c'est un peu le truc qui coince dans ce texte finalement
par contre moi ça me gène pas cette idée d'un domaine non-marchand au sein du système marchand.. Bituur prétend renverser ce partage.. mais n'est-ce pas au fond nos représentations et nos désirs qui font qu'on présente les choses dans un sens ou dans l'autre ? (disons qu'un domaine non-marchand au sein d'un système marchand serait la vision paranoiaque, et le contraire la vision humm... idéaliste, pleine d'espérance - mon pessimisme foncier me fait préférer la première vision
