invité a écrit :
pourquoi vouloir voir un cadrage a priori ici, plus que dans les forums auxquels vous faites références... quelles paroles s'expriment, pour qui, pour quoi, comment ?
C'est une question de constat empirique, non de théorie. Je constate que ce qui s'exprime sur foruma n'est pas ce qui s'exprime sur les forums techno, et vice versa. idem pour ceux qui s'expriment. Je semble être l'exception et ne peuix que le constater. Quant aux rraisons, ma foi, je ne peux faire état que d'hypothèses : les textes de cadrage de foruma sont très... cadrants, et le dispositif sous spip est moins aisé d'accès au neu neu de base qui fréquente les forums tek.
ne pourrait donc être trouvé un
agencement qui tende vers une
société qui pourrait, entre autres, bien évidemment :
- « associer étroitement les différents secteurs de la société civile à la définition des politiques publiques visant à sauvegarder et à promouvoir la diversité culturelle »
- « favoriser l'échange des connaissances et des meilleures pratiques en matière de pluralisme culturel, en vue de faciliter, dans des sociétés diversifiées, l'inclusion et la participation des personnes et groupes venant d'horizons culturels variés »
- reprendre à son compte, pour les faire vivre, que « les droits culturels sont partie intégrante des droits de l'homme, qui sont universels, indissociables et interdépendants. L'épanouissement d'une diversité créatrice exige la pleine réalisation des droits culturels, tels qu'ils sont définis à l'article 27 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et aux articles 13 et 15 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Toute personne doit ainsi pouvoir s'exprimer, créer et diffuser ses œuvres dans la langue de son choix et en particulier dans sa langue maternelle ; toute personne a le droit à une éducation et une formation de qualité qui respectent pleinement son identité culturelle ; toute personne doit pouvoir participer à la vie culturelle de son choix et exercer ses propres pratiques culturelles, dans les limites qu'impose le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. »
des possibles existent !?
Peut-être, mais comprends que je sois plus que sceptique : à force de s'en être pris plein la gueule, à force de grandes déclarations d'intention, à force de devoir plonger dans une certaine clandestinité pour fuir les forces réactionnaires qui refusent à certaines pratiques culturelles le droit de s'exprimer, et qui mobilisent pour cela les forces de l'ordre, je ne peux plus croire les grandes intentions. Deleuze, certes, mais Deleuze n'a jamais été obligé de se cacher des flics pour faire ses cours. La déclaration des droits de l'homme ? Certes... Encore faudrait-il qu'elle soit respectée dans ce pays ! Je cottoie des centaines de personnes, DJ ou musiciens, qui pour trouver un public sont obligés de se cacher en forêt et de jouer à cache cache avec des chiens policiers, avec des hommes en armes. Tu n'as sans doute jamais été obligé de couper ta musique, un matin, à cause d'une dizaine de pandorres assermentés et armés de fusils à pompes qui ont débarqué, menaçants, vérifiant ton identité, souvent insultants, et à qui il faut dégainer ton grand âge et tes titres universitaire pour qu'un semblant de discussion couvre enfin les aboiements et le mépris. Et si cette cladestinité est devenue nécessaire, ce n'est pas seulement par un effet de mode : avant les années de plomb que nous vivons, la gauche caviar avait déjà sonné le glas des émergences de la musique électronique à grands coups d'interdictions, de lois puant le mépris et visant explicitement la techno. J'ai fait partie de toutes les manifs contre les lois Mariani/vaillant qui sont devenu les lois Sarkozy, dans un bel élan de collusion entre droite et gauche. et avant ça il y avait les interdictions locales, et dans le même temps il y eu les fermetures administratives de lieux festifs (bars, clubs, squatts, assos, etc.) qui se sont succedfées et se succèdent encore à un rythme effréné dans les villes : là encore, le ministère et les cultureux sont là, complices, à ne rien voir, ne rien dire et ne rien faire ! Leurs subventions sont sans doute en jeu, et qui voudrait être solidaire avec les suvageons de la culture, lâchés tant par la droite sécuritaire que par la gauche elle aussi sécuritaire. tu n'as sans doute jamais investi les fonds de ton asso pour louer une salle de spectacle et pour voir ta soirée finalement interdite à 1 heure de l'ouverture des portes par un maire accompagné des pompiers qui prétend que la MJC que tu as louée, et qui a servi la semaine précédante, à un match de hand, ou à un concert rock, n'est pas aux normes de sécurité... ça, la plupart des acteurs des musiques électroniques l'ont vécu, et y ont laissé des plumes.
Tu n'as sans doute jamais vécu ça, pas plus que les cultureux qui s'expriment sur foruma et qui prétendent que tout le monde aurait sa place dans ce monde de merde. Et encore, j'ai la grande chance d'être un quadra avec une situation professionnelle qui me permet d'en foutre plein la vue aux cons en képi ! Mais les jeunes de la free party ont plus souvent affaire à la saisie de leur matériel par la police qu'à un quelconque dialogue. Quant au ministère de la culture, son mépris de toutes les cultures émergentes a été tellement criant depuis 15 ans que plus personne de crédible ne peut réellement lui faire confiance aujourd'hui, du moins dans les milieux que je fréquente (même si je suis également critique envers ces milieux, qui ont leurs contradictions, n'en doute pas).
Non, tout le monde n'a pas sa place dans la culture, il y a les nantis, les bobos, les légitimes, et la racaille dans mon genre, moi qui ai été punk et qui me trouve aujourd'hui plus proche de la free party que de Deleuze et des bonnes âmes lisant Aden ou les Inrocks en croyant avoir affaire à de l'émergence...
Dans ce contexte, il ne peut exister que de la méfiance, c'est normal. Elle ne t'est pas destinée en particulier, mais je suis a priori méfiant et critique envers tout ce qui touche de près ou de loin toutes les actions du ministère de la culture depuis environ 15 ans. Là encore, c'est une question d'expérience empirique, de vécu d'acteur, dont je ne pourrai peut-être me débarrasser que le jour où le ministère donnera d'autres gages que quelques pinces fesses et petits fours avec Technopol.
Je ne sais pas quel est le rôle de l'Irma là-dedans, pas plus que je ne cernes précisément le lien entre l'Irma et foruma, mais j'espère que des ponts pourront se mettre en place entre des champs culturels qui au mieux s'ignorent, au pire se haïssent. Une certitude : tout cela demandera bien plus qu'un forum sous Spip et un débat à Nancy : trop d'eau boueuse a coulé sous les ponts.
+A+