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petit traité de philosophie sonore

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Lunt
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Inscription : 20 nov. 2005, 14:17

petit traité de philosophie sonore

Message par Lunt »

Chers amis du libre,

certains parmi vous savent que je suis le cofondateur du label WAUR
anciennement Unique Records et obligé de changer pour une close concernant
la propriété intellectuelle (à croire que plein de gens veulent être unique).

Je viens vers vous afin de partager l'élaboration de ma pensée concernant
mon expérience "d'ingénieur du son".
En septembre de l'année dernière, j'achevais le mixage de mon album switch the letters
et me demandant s'il n'était pas préférable d'en confier le mastering à une oreille
extérieure je contactais différents ingénieurs du sons réputés pour leur qualité.
Je me suis alors confronté à des remarques tellement absurdes que j'ai écrit cet essai
en réaction. Cet écrit m'a aidé à mettre en forme 10 ans de pratique d'une théorie intuitive
sur le sens que je crois avoir donné à la mise en forme sonore des albums enregistrés sous ma houlette.
Je parle de réaction pour expliquer une des raisons du ton parfois dur et vindicatif de
cet essai, à la forme un peu aride.

Je serais donc curieux de partager avec vous cette pensée, car le mastering rencontre
sur sa route des problématiques dont vous avez l'habitude.

Je précise également que cet essai est une partie analytique, et qu'il appelle donc
une dialectique avec vous (et d'autres), pour enfin envisager une sorte de synthèse.

Trève de bavardage voici un lien ou télécharger le pdf, je n'ai pas trouvé mieux.

http://dl.free.fr/rsZsls75u

Je m'en remets à vous et à la qualite de réflexion dont vous avez l'habitude.

Très sincèrement

Gilles

ps : je ne sais pas si cette rubrique est la mieux adaptée a ce post merci de me dire :)
matmix
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Re: petit traité de philosophie sonore

Message par matmix »

Commencé à lire, intéressant.
Petit oubli à la page 7, au numéro 30 "Troule" au lieu de "Trouble"
J'imagine que c'est pas facile de relire 30 fois son essai pour dénicher les ptites fautes, alors si ça peut aider :wink:
Tomek
Messages : 7
Inscription : 05 avr. 2009, 17:22

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par Tomek »

Je m'en vais lire ça, le postulat est intéressant.
Lunt
Messages : 17
Inscription : 20 nov. 2005, 14:17

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par Lunt »

signaler des coquilles est bienvenu, content de voir que tu es de la partie Franck.

bonne lecture à tous.
matmix
Messages : 344
Inscription : 18 avr. 2006, 06:17

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par matmix »

J'ai trouvé ça super bien écrit, pas élitiste du tout dans la forme et bien vu pour les numérotations d'arguments.

Clair que le mixage/mastering est la bête noire de l'artiste, car d'un seul morceau peut aboutir une dizaine de mixages différents.

Pour ma part, je me suis reconnu dans les mixages de mauvaise qualité :) mais c'est aussi ce qui fait le charme des prods underground (et finalement la patte, quand c'est toujours la même personne derrière ce mixage foireux).

L'analyse tape, c'est clair que ça sent le vécu et poser tout ça par écrit, traduit pas mal de malaises qu'on rencontre justement dans l'ambiguïté du mixage/mastering :

"quel est le mixage parfait ?"
"est-ce qu'un mixage ne remplissant pas ces codes est forcément un mauvais mixage ?"

(par exemple)
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Zeco
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Inscription : 04 févr. 2008, 22:58

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par Zeco »

Wallez, j'me suis bouquiné ça à midi, je te fais une liste de coquille orthographiques

Avant propos) "quant auX philosophes, il semble ..."
3) ou un disque , c’est s’attaquer
16) Imagions --> imaginons ?
26) notre mémoire, mémoire où nous étions
28) non pas orthographe, mais technique : un micro convetit des vibrations en signal "electrique" plutôt que "electromagnétique" non ? (m'enfin vu que c'est ton métier j'ai des doutes sur ma remarque :D)
30) atteint d'un tel trouBle
31) le violon bénéficie d'un espace
51), ça peut être bien d'ajouter une virgule après "s'imposent" pour mieux comprendre la phrase
"notre conception s'éclaircit quanT aux contraintes qui s'imposent, plus large est le champ ...
57) (dans la citation)
D'autres, dont j'ai fait parti onT gagné leur [manque un mot] par la phrase magique ...
62) tant de gens surdéterminent la qualité
64) des techniques ayant courS actuellement
69) cela a toujours été le cas
70) (ajout de virgule)
se donner un cadre, tendre vers un objet
73) non pas d'une équalisation --> à remplacer par égalisation non ? à moins que l'anglicisme soit voulu
Avatar de l’utilisateur
Zeco
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Inscription : 04 févr. 2008, 22:58

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par Zeco »

Et une ou deux questions du coup que je formalise assez rapidement (j'ai pas forcément pris le temps de digérer ton pavé encore non plus)

1)Justifier le principe de téléologie par l'histoire du cou de la girafe me parait foireux, pour le coup darwin a démonté cette explication là et ça fait aujourd'hui concensus, même si je pense avoir compris ce que tu voulais dire, je trouve que l'exemple de la giraffe est pas super adapté.

2) Merci pour le petit cours sur le vinyle, par contre ça suscite une question : ok, les ingé son qui masterisaient pour du vinyle était extrêmement talentueux, mais tu souligne bien qu'ils devaient faire des mix, master sans reproche pour s'adapter à la technique de fabrication du vinyle, mais est-ce que vraiment c'était l'idéal pour l'auditeur ?
(comprendre on avait des limitations techniques, matérielles qui nous imposaient de masteriser comme ça, mais est-ce que c'est également comme ça que le son était le meilleur pour l'auditeur ??? (sans revenir bien sûr sur ta question très bien soulevée de "qu'est-ce que le son le meilleur)) ? [pas sûr que je soit très clair là]

Et bref, j'ai trouvé ton essai très intéressant, ce recul sur ton travail, et sur les habitudes des gens en général.
Bref, merci de faire partager ça
TOTORESK
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Inscription : 01 déc. 2007, 18:01

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par TOTORESK »

ouep , c'est clair que c'est intéressant !

manquerai peut-être une brève analyse sur "l'auditeur" , des différentes façon "d'écouter" de la musique , pas au sens technique (chaine hi-fi , pc...etc..) mais sur le coté sensoriel....

perso je peux écouter "the kill" de Fugazi ou "le vent nous portera" de noir desir ou "paranoid" de black sabbath.......de n'importe quelle "qualité"...ça me collera toujours des frissons dans le dos...

quel impact le mastering peut-il avoir sur ce coté sensoriel ? peut-il accentuer ou atténuer certaines émotions?
Lunt
Messages : 17
Inscription : 20 nov. 2005, 14:17

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par Lunt »

Zeco a écrit :Et une ou deux questions du coup que je formalise assez rapidement (j'ai pas forcément pris le temps de digérer ton pavé encore non plus)

1)Justifier le principe de téléologie par l'histoire du cou de la girafe me parait foireux, pour le coup darwin a démonté cette explication là et ça fait aujourd'hui concensus, même si je pense avoir compris ce que tu voulais dire, je trouve que l'exemple de la giraffe est pas super adapté.
Effectivement Darwin a démonté dans le cadre de sa théorie de l'evolution et le principe de téléologie est obsolète dans ce domaine, mais je dirais là n'est pas le propos.
Kant utilise dans la critique de la faculté de juger la téléologie pour le jugement de gout, ou l'histoire. Ce que je veux avec cet exemple c'est donner une illustration par un exemple même s'il a été battu en brêche, de la même façon que l'on n'utilise plus la
théorie des humeurs en médecine (et heureusement pour nous).
Je trouvais que c'est un exemple "parlant" qui enlève l'aridité du concept "on part de
la fin".
Zeco a écrit : 2) Merci pour le petit cours sur le vinyle, par contre ça suscite une question : ok, les ingé son qui masterisaient pour du vinyle était extrêmement talentueux, mais tu souligne bien qu'ils devaient faire des mix, master sans reproche pour s'adapter à la technique de fabrication du vinyle, mais est-ce que vraiment c'était l'idéal pour l'auditeur ?
(comprendre on avait des limitations techniques, matérielles qui nous imposaient de masteriser comme ça, mais est-ce que c'est également comme ça que le son était le meilleur pour l'auditeur ??? (sans revenir bien sûr sur ta question très bien soulevée de "qu'est-ce que le son le meilleur)) ? [pas sûr que je soit très clair là]

Et bref, j'ai trouvé ton essai très intéressant, ce recul sur ton travail, et sur les habitudes des gens en général.
Bref, merci de faire partager ça
remarque là aussi interessante même s'il y a une part de flou.
etait ce vraiment l'idéal pour l'auditeur ? mais quel
auditeur ? Ce qui est surtout tragique c'est que le musicien est son premier auditeur,
et que je crois tout simplement qu'on n'avait pas le choix, d'echapper à ces contraintes.
Du coup il y a eu une influence sur les choix plus purement artistiques cautionnés
par des raisons d'ordres techniques, qui ont rendu les ingénieurs du son très puissants
artistiquement pour de vrai faux pretextes (à la base la contrainte était réelle mais
parfois elle était utilisée alors qu'il n'y avait pas lieu)
Un exemple : peux tu mettre la basse plus en avant ? Réponse non parcequ'après
ca va poser des problèmes. Alors qu'il y avait peut être une marge.
Pour l'auditeur chez lui, le son aurait il pu être meilleur ou différent ? C'est peut être
ta question. J'avoues ne pas avoir réfléchi complètement à la question pour l'instant.
Je dirais, sans rester arnaché à ma logique, que c'est surtout comme ça que ça s'est
"construit" et que nous en sommes tributaire.

Désolé si je ne réponds peut être pas à ton interrogation.
Lunt
Messages : 17
Inscription : 20 nov. 2005, 14:17

Re: petit traité de philosophie sonore

Message par Lunt »

TOTORESK a écrit :ouep , c'est clair que c'est intéressant !

manquerai peut-être une brève analyse sur "l'auditeur" , des différentes façon "d'écouter" de la musique , pas au sens technique (chaine hi-fi , pc...etc..) mais sur le coté sensoriel....

perso je peux écouter "the kill" de Fugazi ou "le vent nous portera" de noir desir ou "paranoid" de black sabbath.......de n'importe quelle "qualité"...ça me collera toujours des frissons dans le dos...

quel impact le mastering peut-il avoir sur ce coté sensoriel ? peut-il accentuer ou atténuer certaines émotions?
on touche aux limites de cet essai effectivement, comment se nouent esthétique et
technique d'une part et la subjectivité de l'auditeur mais sans vouloir botter en touche je
dirais que cette question appartient aux auditeurs justement :wink:
en tout cas cela pourrait faire l'objet de nouveaux paragraphes.

pour commencer à répondre à la question je pense que si dans un morceau l'intro
est à la basse et qu'on ne l'entend pas (sur un netbook avec des twitters qui ne donnent que dans l'aigu) alors qu'elle etablit une atmosphère et provoque
une émotion alors il y a un gros souci. Mais on touche justement aux limites du mastering, et en même temps on mesure l'importance de la chaine sonore qui restitue
le son. Ce à quoi on peut attacher une importance d'est de faire ressortir les harmoniques de la basse en question présentes dans le medium par exemple.
Je dirais a priori oui le mastering a un impact sur l'emotion en ce sens qu'il garanti un minimum entendable (quand on y pense c'est quand meme horrible) ;)

merci de tes remarques ! une matière à réflexion supplémentaire.
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