Non-licence CopyHeart sur Dogmazic
Publié : 17 juil. 2011, 18:59
Je voudrais ouvrir un débat, avec ceux et celles que ça intéresse, sur la possibilité d'imaginer un monde où le Copyright/Droit d'auteur ne serait plus pris en compte dans la gestion légale des oeuvres.
En référence, car je suis en train d'étudier le sujet en même temps que je lance ce débat, je dispose de plusieurs sources :
http://copyheart.org/ ( merci à Yza pour m'avoir permis d'ouvrir un peu plus mon esprit )
http://linuxatomic.wordpress.com/2011/0 ... nce-libre/ ( traduction en Français de la FAQ de Nina Paley )
http://www.framabook.org/un_monde_sans_copyright.html ( Livre sous licence CC 0, base de la réflexion )
Tout d'abord, je voudrais savoir de quelle marge de manoeuvre dispose MLO! et Dogmazic pour proposer de nouvelles licences, que ce soit des forks de licences déjà existentes mais remaniées dans une optique explicitement éthique ou bien la non-licence de Nina Paley que j'ai trouvé suite à un commentaire d'Yza sur un autre sujet.
Je trouve cette non-licence très intéressante car elle n'appartient ni au monde du Copyright ni au monde du Copyleft. Elle répond aussi peut-être au ras-le-bol que je peux lire, ici ou là sur certains forums, concernant des gens pointus dans le domaines des licences, mais épuisés par la technicité du truc.
En 2011, personne ne sait expliquer clairement ce que revêt la notion Non Commercial dans les Creative Commons. Tout le monde a sa propre idée très argumentée de la question, et cela donne des joutes sans fins.
On en est encore à considérer la LAL comme la licence la plus permissive de tout l'art libre alors que c'est l'inverse quand elle est utilisée correctement.
Bref, on rame, on rame, et je crois qu'on devrait arrêter vu qu'on attaque la falaise.
L'idée de Nina Paley me paraît bonne et répond, peut-être, à un besoin du Libre, celui de ne plus être en réaction face au monde du Copyright/Droit d'auteur, mais de construire enfin une alternative simple : Ce monde ne vous plaît pas, construisez-en un autre.
L'art n'est un business de masse que depuis très très peu de temps et les esprits formatés au Capitalisme que nous avons sous nos boîtes crâniennes ont du mal à imaginer qu'autre chose est peut-être possible.
Les artistes ne produisent pas des bien culturels, ils donnent réalité à des idées, c'est très différent, et je le rappelle parce que c'est flou pour pas mal de monde et ça nous jette dans des débats sans fins où personne ne se comprend.
Les bien culturels sont conçus selon un mode productiviste qui va de l'artisanat à très forte valeur ajoutée, adapter à l'Internet, à l'industrie à très faible valeur ajoutée apanage de l'ancien monde.
Les artistes ne deviennent dépendants de la production de biens culturels que lorsqu'ils ils sont rétribués par la vente de ceux-ci.
Mais pour autant rétribution ou pas, je ne connais aucun artiste qui arrête de donner vie à des idées parce qu'il n'est pas rémunéré pour cela ou qui détruit ses oeuvres parce qu'on ne l'a pas payé pour ça.
Par contre, je connais des cas inverses d'artistes qui ont arrêter d'être des artistes une fois subordonnés à un éditeur ou à un label.
J'aime bien la sémantique utilisée par Nina Paley.
Elle parle de "propriété imaginaire" là où on nous parle de "propriété intellectuelle".
Tout le monde a accepter les termes "propriété" et "intellectuelle" associés l'un à l'autre.
Je veux dire que même les gens qui sont farouchement contre cette forme de propriété utilisent les termes de "propriété intellectuelle".
Hors cette aliénation au langage de ceux auxquels on s'oppose nous ampute de notre capacité à imaginer des "armes" pour les contrer.
En adoptant un langage on adopte aussi son imaginaire.
Lorsque vous dîtes vidéoprotection au lieu de vidéosurveillance, vous ne parlez pas de la même chose car l'imaginaire associé aux termes n'est pas le même. C'est une des bases du roman 1984 de Orwell.
Hors, Nina Paley nous propose de renommer la "propriété intellectuelle" en "propriété imaginaire", c'est-à-dire en considérant que cette propriété est un pur fantasme qui ne repose donc sur aucune réalité tangible et que par conséquent ce qui est imaginaire n'existe pas. Si cela n'existe pas on ne peut pas nous l'imposer, et surtout nous ne pouvons nous l'imposer à nous-même .
Et ça c'est très important, en ne nous l'imposant pas à nous-même nous ne l'imposerons pas aux autres qui ne l'imposeront pas à d'autres, etc.
Création artistique = acte d'amour = don total. Le don total étant un acte gratuit au sens où il n'attend rien en retour.
Pour ce dernier point ce n'est pas totalement vrai puisque Nina Paley imagine aussi un système économique autour de sa licence.
Cela n'est en rien incompatible avec la mémoire et donc la notion de Paternité.
J'aime savoir qui a écrit, chanté, joué, composé, modifié, remixé, ajouté, etc, telle ou telle oeuvre. J'aime cela parce que je peux apprendre sur la vie de ces personnes, connaître leurs influences, savoir à quels mouvements politiques ou artistiques ils ont appartenu, etc, etc, cela me rend plus instruit et plus intelligent et surtout cela occupe mon esprit, donc ma vie, et la rend plus intéressante. Hors vous savez comme moi comme il est difficile de rendre la vie intéressante.
Sortons l'art du droit.
Voilà en substance ce que dit Nina Paley et voilà le message que je veux relayer dans ce sujet.
Arrêtons, artistes et créateurs, mélomanes, amateurs d'art éclairés ou occasionnels de nous préoccuper du droit, peut-être que le reste suivra.
Je ne dis pas que nous devons nous octroyer le droit de passer outre la volonté des créateurs qui ne veulent pas donner leurs oeuvres ou bien devenir des Bisounours s'enfermant dans un monde imaginaire plein de fleurs et d'arc-en-ciels, je parle de créer des oeuvres originales sous non-licence CopyHeart.
Est-ce que Dogmazic intégrerait la non- licence CopyHeart et réfléchirait avec ceux et celle que cela intéresse à un monde où l'art ne serait plus assujettis au droit mais aux relations humaine sensibles et intelligentes. Cela pourrait faire l'objet d'une expérience sur un site qui affiche fièrement ses 50 000 contributions.
Je sais bien que l'objet de MLO! comme de Dogmazic est la promotion de l'art libre. Mais n'est-il pas temps de se demander si, finalement, il n'y aurait pas d'autres possibilités que de contrer le Copyright/Droit d'auteurs autrement qu'en l'aménageant, simplement en créant des oeuvres qui n'en tiennent plus compte.
En référence, car je suis en train d'étudier le sujet en même temps que je lance ce débat, je dispose de plusieurs sources :
http://copyheart.org/ ( merci à Yza pour m'avoir permis d'ouvrir un peu plus mon esprit )
http://linuxatomic.wordpress.com/2011/0 ... nce-libre/ ( traduction en Français de la FAQ de Nina Paley )
http://www.framabook.org/un_monde_sans_copyright.html ( Livre sous licence CC 0, base de la réflexion )
Tout d'abord, je voudrais savoir de quelle marge de manoeuvre dispose MLO! et Dogmazic pour proposer de nouvelles licences, que ce soit des forks de licences déjà existentes mais remaniées dans une optique explicitement éthique ou bien la non-licence de Nina Paley que j'ai trouvé suite à un commentaire d'Yza sur un autre sujet.
Je trouve cette non-licence très intéressante car elle n'appartient ni au monde du Copyright ni au monde du Copyleft. Elle répond aussi peut-être au ras-le-bol que je peux lire, ici ou là sur certains forums, concernant des gens pointus dans le domaines des licences, mais épuisés par la technicité du truc.
En 2011, personne ne sait expliquer clairement ce que revêt la notion Non Commercial dans les Creative Commons. Tout le monde a sa propre idée très argumentée de la question, et cela donne des joutes sans fins.
On en est encore à considérer la LAL comme la licence la plus permissive de tout l'art libre alors que c'est l'inverse quand elle est utilisée correctement.
Bref, on rame, on rame, et je crois qu'on devrait arrêter vu qu'on attaque la falaise.
L'idée de Nina Paley me paraît bonne et répond, peut-être, à un besoin du Libre, celui de ne plus être en réaction face au monde du Copyright/Droit d'auteur, mais de construire enfin une alternative simple : Ce monde ne vous plaît pas, construisez-en un autre.
L'art n'est un business de masse que depuis très très peu de temps et les esprits formatés au Capitalisme que nous avons sous nos boîtes crâniennes ont du mal à imaginer qu'autre chose est peut-être possible.
Les artistes ne produisent pas des bien culturels, ils donnent réalité à des idées, c'est très différent, et je le rappelle parce que c'est flou pour pas mal de monde et ça nous jette dans des débats sans fins où personne ne se comprend.
Les bien culturels sont conçus selon un mode productiviste qui va de l'artisanat à très forte valeur ajoutée, adapter à l'Internet, à l'industrie à très faible valeur ajoutée apanage de l'ancien monde.
Les artistes ne deviennent dépendants de la production de biens culturels que lorsqu'ils ils sont rétribués par la vente de ceux-ci.
Mais pour autant rétribution ou pas, je ne connais aucun artiste qui arrête de donner vie à des idées parce qu'il n'est pas rémunéré pour cela ou qui détruit ses oeuvres parce qu'on ne l'a pas payé pour ça.
Par contre, je connais des cas inverses d'artistes qui ont arrêter d'être des artistes une fois subordonnés à un éditeur ou à un label.
J'aime bien la sémantique utilisée par Nina Paley.
Elle parle de "propriété imaginaire" là où on nous parle de "propriété intellectuelle".
Tout le monde a accepter les termes "propriété" et "intellectuelle" associés l'un à l'autre.
Je veux dire que même les gens qui sont farouchement contre cette forme de propriété utilisent les termes de "propriété intellectuelle".
Hors cette aliénation au langage de ceux auxquels on s'oppose nous ampute de notre capacité à imaginer des "armes" pour les contrer.
En adoptant un langage on adopte aussi son imaginaire.
Lorsque vous dîtes vidéoprotection au lieu de vidéosurveillance, vous ne parlez pas de la même chose car l'imaginaire associé aux termes n'est pas le même. C'est une des bases du roman 1984 de Orwell.
Hors, Nina Paley nous propose de renommer la "propriété intellectuelle" en "propriété imaginaire", c'est-à-dire en considérant que cette propriété est un pur fantasme qui ne repose donc sur aucune réalité tangible et que par conséquent ce qui est imaginaire n'existe pas. Si cela n'existe pas on ne peut pas nous l'imposer, et surtout nous ne pouvons nous l'imposer à nous-même .
Et ça c'est très important, en ne nous l'imposant pas à nous-même nous ne l'imposerons pas aux autres qui ne l'imposeront pas à d'autres, etc.
Création artistique = acte d'amour = don total. Le don total étant un acte gratuit au sens où il n'attend rien en retour.
Pour ce dernier point ce n'est pas totalement vrai puisque Nina Paley imagine aussi un système économique autour de sa licence.
Cela n'est en rien incompatible avec la mémoire et donc la notion de Paternité.
J'aime savoir qui a écrit, chanté, joué, composé, modifié, remixé, ajouté, etc, telle ou telle oeuvre. J'aime cela parce que je peux apprendre sur la vie de ces personnes, connaître leurs influences, savoir à quels mouvements politiques ou artistiques ils ont appartenu, etc, etc, cela me rend plus instruit et plus intelligent et surtout cela occupe mon esprit, donc ma vie, et la rend plus intéressante. Hors vous savez comme moi comme il est difficile de rendre la vie intéressante.
Sortons l'art du droit.
Voilà en substance ce que dit Nina Paley et voilà le message que je veux relayer dans ce sujet.
Arrêtons, artistes et créateurs, mélomanes, amateurs d'art éclairés ou occasionnels de nous préoccuper du droit, peut-être que le reste suivra.
Je ne dis pas que nous devons nous octroyer le droit de passer outre la volonté des créateurs qui ne veulent pas donner leurs oeuvres ou bien devenir des Bisounours s'enfermant dans un monde imaginaire plein de fleurs et d'arc-en-ciels, je parle de créer des oeuvres originales sous non-licence CopyHeart.
Est-ce que Dogmazic intégrerait la non- licence CopyHeart et réfléchirait avec ceux et celle que cela intéresse à un monde où l'art ne serait plus assujettis au droit mais aux relations humaine sensibles et intelligentes. Cela pourrait faire l'objet d'une expérience sur un site qui affiche fièrement ses 50 000 contributions.
Je sais bien que l'objet de MLO! comme de Dogmazic est la promotion de l'art libre. Mais n'est-il pas temps de se demander si, finalement, il n'y aurait pas d'autres possibilités que de contrer le Copyright/Droit d'auteurs autrement qu'en l'aménageant, simplement en créant des oeuvres qui n'en tiennent plus compte.