Arrêt de la cour de cassation de décembre sur Jamendo et Saint-Maclou
Publié : 05 janv. 2020, 00:50
Bonjour,
comme beaucoup ici le savent probablement déjà, il y a eu en décembre un arrêt assez important, de la cour de cassation, qui concerne Jamendo et la SPRÉ.
J'ai trouvé cette histoire intéressante, et donc décidé de me pencher dessus afin d'en apprendre plus.
J'ai donc épluché le texte.
Ma conclusion est que, je n'en comprends pas tous les points légaux, mais ça m'a l'air d'aller plus loin qu'un manichéen "c'est bien/c'est mal."
J'aimerais tout de même les lumières de ceux qui ont de meilleures compétences légales que moi. @aisyk , @shangril , @nomys , @explicite ... et ceux qui le souhaitent, vous seriez ok pour m'aider à comprendre ?
Donc voilà l'arrêt 1021 du 11 décembre 2019, et ma compréhension de ses différents points (6 points):
Point 1) Quand un phonogramme a été publié à des fins de commerce, l'artiste-interprète et le producteur ne peuvent s'opposer à sa communication directe dans un lieu public: ça, ok.
Saint-Maclou a diffusé les phonogrammes, ça ok aussi,
sans avoir recherché si les phonogrammes avaient fait l'objet d'une communication directe au public: ? pourquoi ça aurait dû être fait ?
-> donc la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article L. 214-1 du CPI.
Bon. Je saisis pas trop. Alors, je suis allée voir ce que dit l'article L214-1.
Et j'en ai donc compris que: si un phonogramme a été publié à des fins de commerce,
-Il doit pouvoir être diffusé
-Il doit pouvoir être utilisé pour sonoriser d'autres programmes, à condition d'acquitter la rémunération équitable: cette rémunération, c'est moitié pour l'aertiste-interprète, et moitié pour les producteurs de phonogrammes.
-Il doit pouvoir être communiqué par la radio.
Du coup, sur quel point Jamendo s'est planté ? Parce qu'ils ont utilisé des morceaux à des fins de commerce, mais sans rémunérer leurs auteurs, c'est ça ?
Et Saint-Maclou ne s'est pas assuré que les morceaux restaient accessibles au public par ailleurs ?... ("sans avoir recherché si les phonogrammes avaient fait l'objet d'une communication directe au public") ou ce serait autre chose ?
Je continue.
Point 2) que, lorsqu'un phonogramme...
Aïe. Je ne comprends pas du tout ce point.
Point 3) Les morceaux étaient utilisés à des fins de commerce, sans avoir forcément été publiés à des fins de commerce ?... Donc... la cour d'appel a entaché... quoi ? Ce point non plus je ne le comprends pas.
Point 4) Les morceaux ont pu être publiés à des fins de commerce, donc l'article 214-1 a été violé ? Si c'est bien ça, alors ça devient intéressant !
À ce point, voilà ce que je saisis: Jamendo constitue une base de donnée de musiques, dans cette base de données, certains morceaux ont pu avoir été postés à des fins de commerce (et ça, ça me semble possible, dans la mesure où l'intérêt de certains artistes adhérant au programme de diffusion Jamendo a très bien pu être de se faire des revenus avec leurs œuvres via Jamendo).
Or, ces artistes, publiant éventuellement à des fins de commerce, n'ont pas été suffisamment payés via la rémunération équitable. Ou en tout cas, ce n'était pas à Jamendo de s'en charger, mais à la SPRÉ. Correct ?
Point 5) L'utilisation des morceaux était faite à des fins commerciales privées, et non publiques, donc Saint-Maclou doit payer une amende.
Point 6) Je ne comprends pas ce qui y est dit de nouveau.
À ce niveau... alors si un jour une énorme chaîne de supermarchés décide d'utiliser des musiques sous CC via Jamendo mais en rémunérant leurs auteurs des clopinettes, voire rien du tout, alors ils seraient dans l'illégalité. Correct ?
Ensuite, Jamendo et Saint-Maclou ont fait appel, en disant "on ne sait pas combien de personnes ont entendu ces musiques, donc la diffusion était publique", mais l'argument n'a pas été retenu. Correct ?
Mais dans tout cas, la question a aussi été de débattre d'utilisations commerciales non équitables, si je saisis bien:
Accessoirement, si un jour une grande plateforme de diffusion commerciale de musique fait pression sur ses auteurs pour qu'ils publient forcément sous licence libres, et n'adhèrent pas à la SACEM (pour que ça leur revienne moins cher à eux en tant que plateforme), sinon ils les virent de leur plateforme (CGU), ça ne marchera pas, parce que DANS TOUS LES CAS ils devront payer la SPRÉ. Correct ?
Parce que, je dis ça je dis rien, mais actuellement, Jamendo est utilisé par des grosses chaînes comme Mac Donalds, Nestlé, Marrionnaud, Carrefour... et qu'ils utilisent peut-être la musique d'artistes qui se sont dits "ok avec ce programme de Jamendo je vais me faire 3 sous", mais en exploitant carrément le travail des artistes en fait.
Enfin. Le fin mot de cette histoire, c'est que, clairement j'ai pas tout compris et j'ai besoin de vos lumières. Mais ce que mon petit doigt me dit, c'est qu'il y a là d'autres enjeux, importants, que portant sur la SACEM. Qui font peut-être poser des questions sur le bénévolat, l'exploitation, le travail non rémunéré, et ce qu'est qu'une rémunération équitable au final y compris pour des grandes chaînes comme le MC Do.
En tout cas, je pense que le sujet mérite une discussion sur le forum, tranquillement.
comme beaucoup ici le savent probablement déjà, il y a eu en décembre un arrêt assez important, de la cour de cassation, qui concerne Jamendo et la SPRÉ.
J'ai trouvé cette histoire intéressante, et donc décidé de me pencher dessus afin d'en apprendre plus.
J'ai donc épluché le texte.
Ma conclusion est que, je n'en comprends pas tous les points légaux, mais ça m'a l'air d'aller plus loin qu'un manichéen "c'est bien/c'est mal."
J'aimerais tout de même les lumières de ceux qui ont de meilleures compétences légales que moi. @aisyk , @shangril , @nomys , @explicite ... et ceux qui le souhaitent, vous seriez ok pour m'aider à comprendre ?
Donc voilà l'arrêt 1021 du 11 décembre 2019, et ma compréhension de ses différents points (6 points):
Point 1) Quand un phonogramme a été publié à des fins de commerce, l'artiste-interprète et le producteur ne peuvent s'opposer à sa communication directe dans un lieu public: ça, ok.
Saint-Maclou a diffusé les phonogrammes, ça ok aussi,
sans avoir recherché si les phonogrammes avaient fait l'objet d'une communication directe au public: ? pourquoi ça aurait dû être fait ?
-> donc la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article L. 214-1 du CPI.
Bon. Je saisis pas trop. Alors, je suis allée voir ce que dit l'article L214-1.
Et j'en ai donc compris que: si un phonogramme a été publié à des fins de commerce,
-Il doit pouvoir être diffusé
-Il doit pouvoir être utilisé pour sonoriser d'autres programmes, à condition d'acquitter la rémunération équitable: cette rémunération, c'est moitié pour l'aertiste-interprète, et moitié pour les producteurs de phonogrammes.
-Il doit pouvoir être communiqué par la radio.
Du coup, sur quel point Jamendo s'est planté ? Parce qu'ils ont utilisé des morceaux à des fins de commerce, mais sans rémunérer leurs auteurs, c'est ça ?
Et Saint-Maclou ne s'est pas assuré que les morceaux restaient accessibles au public par ailleurs ?... ("sans avoir recherché si les phonogrammes avaient fait l'objet d'une communication directe au public") ou ce serait autre chose ?
Je continue.
Point 2) que, lorsqu'un phonogramme...
Aïe. Je ne comprends pas du tout ce point.
Point 3) Les morceaux étaient utilisés à des fins de commerce, sans avoir forcément été publiés à des fins de commerce ?... Donc... la cour d'appel a entaché... quoi ? Ce point non plus je ne le comprends pas.
Point 4) Les morceaux ont pu être publiés à des fins de commerce, donc l'article 214-1 a été violé ? Si c'est bien ça, alors ça devient intéressant !
À ce point, voilà ce que je saisis: Jamendo constitue une base de donnée de musiques, dans cette base de données, certains morceaux ont pu avoir été postés à des fins de commerce (et ça, ça me semble possible, dans la mesure où l'intérêt de certains artistes adhérant au programme de diffusion Jamendo a très bien pu être de se faire des revenus avec leurs œuvres via Jamendo).
Or, ces artistes, publiant éventuellement à des fins de commerce, n'ont pas été suffisamment payés via la rémunération équitable. Ou en tout cas, ce n'était pas à Jamendo de s'en charger, mais à la SPRÉ. Correct ?
Point 5) L'utilisation des morceaux était faite à des fins commerciales privées, et non publiques, donc Saint-Maclou doit payer une amende.
Point 6) Je ne comprends pas ce qui y est dit de nouveau.
À ce niveau... alors si un jour une énorme chaîne de supermarchés décide d'utiliser des musiques sous CC via Jamendo mais en rémunérant leurs auteurs des clopinettes, voire rien du tout, alors ils seraient dans l'illégalité. Correct ?
Ensuite, Jamendo et Saint-Maclou ont fait appel, en disant "on ne sait pas combien de personnes ont entendu ces musiques, donc la diffusion était publique", mais l'argument n'a pas été retenu. Correct ?
Mais dans tout cas, la question a aussi été de débattre d'utilisations commerciales non équitables, si je saisis bien:
Accessoirement, si un jour une grande plateforme de diffusion commerciale de musique fait pression sur ses auteurs pour qu'ils publient forcément sous licence libres, et n'adhèrent pas à la SACEM (pour que ça leur revienne moins cher à eux en tant que plateforme), sinon ils les virent de leur plateforme (CGU), ça ne marchera pas, parce que DANS TOUS LES CAS ils devront payer la SPRÉ. Correct ?
Parce que, je dis ça je dis rien, mais actuellement, Jamendo est utilisé par des grosses chaînes comme Mac Donalds, Nestlé, Marrionnaud, Carrefour... et qu'ils utilisent peut-être la musique d'artistes qui se sont dits "ok avec ce programme de Jamendo je vais me faire 3 sous", mais en exploitant carrément le travail des artistes en fait.
Enfin. Le fin mot de cette histoire, c'est que, clairement j'ai pas tout compris et j'ai besoin de vos lumières. Mais ce que mon petit doigt me dit, c'est qu'il y a là d'autres enjeux, importants, que portant sur la SACEM. Qui font peut-être poser des questions sur le bénévolat, l'exploitation, le travail non rémunéré, et ce qu'est qu'une rémunération équitable au final y compris pour des grandes chaînes comme le MC Do.