oui c'est une de nos préoccupations chez another
mon amie delphine parle de réduire le processus de médiation entre l'artiste et le mélomane.. j'aime bien cette idée.
Faire sentir au mélomane (dont nous sommes !!) qu'il est partie prenante dans le déploiement de l'oeuvre, sa dissémination.
En incitant le mélomane à diffuser la musique à son tour selon ses moyens, on l'implique dans la musique
J'essaie de le faire autant que possible quand je découvre un artiste que j'aime..
C'est marrant (attention je pars dans l'espace là..).. c'est comme si un artiste ou un label devait être cold et distant pour garder son aura mystérieuse son autorité.. ça me rappele quand j'enseignais.. Certains élèves discréditaient mon travail parce qu'ils me trouvaient trop cool (simplement parce que, détestant les cours magistraux, je préférrais le dialogue et l'interaction.. quand on enseigne la philo c'est assez logique de préocéder ainsi mais bon..). Du coup on me faisait parfois el reproche de pas être assez sévère, de laisser les mecs mettre leurs pieds sur la table, de faire des objections à mes propos (alors que j('adore les objections !!) , de rigoler trop fort (mais j'adore quand les élèves rigolent !! me souviens de cours où on passait une demi-heure à se fendre la poire sans pouvoir s'arrêter, moi le premier.. ben voilà du bonheur !!)
je crois que tout ça a à voir avec la représentation qu'on se fait de ce que doit être une autorité. Dans un monde où la sécurité a plus de valeur que la liberté (à art pour nous mais on est minoritaire il me semble.. enfin en occident de l'ouest parce que chez les ukrainiens je pense qu'il n('en va pas ainsi !))
Ce qui commence à troubler des gens c'est que notre travail artistique vaut (esthétiquement) celui d'artistes sortis sur des majors ou des labels impliqués sur le marché du disque.. Chez another on commence à avoir des gens des médias importants (?) qui nous contactent.. Ils sont un peu génés du fait qu'on joue pas le jeu du marché, qu'on reste en dehors.. Leur question sont surtout axées la dessus. pas tellement sur l'aspect esthétique.. On reste pour le moment des énigmes..
par exemple chez another, bien sur qu'on pourrait trouver une distro, faire du pressage, de la promo dans les inrocks etc.. Mais : ON n'a pas envie, ça nous gonfle (philosophiquement et pratiquement). ça ça surprend beaucoup de gens. Ils se disent c'est con : vos disques pourraient être à la fnac pourquoi vous êtes aussi butés ?
La réponse est : on n'est pas butés. ON veut pas perdre le plaisir qu'on a à faire ce qu'on fait..
Une fois une pépéte nous a dit : pusique vous voulez pas être dans le bizz vous aves qu'à rester dans votre bac à sable

du style, vous refusez la réalité du monde des adultes responsables (qui eux, acceptent le marché et ses règles, demandent des subventions etc..)
mais oui
on est des gamins largués
yes
là je m'éloigne un peu
mais bon
je pense effectivement qu'il faut associer les mélomanes à nos choix. Aux états unis, sur la scène folk indie, y'a longtemps que ça fonctionne ainsi.
En fait, on est à la croisée des chemins vous croyez pas ??
ou bien une véritable commauté se crée autour des nombreux artistes qui travaillent en deça du buisness, ou bien le marché va nous manger tout cru
en même temps comment le marché pourrait manger ceux qui ne sont pas dans le marché ??
reste une chose : je suis désormais heureux de mon art, depuis que je suis un artiste libre. Je me sens mieux.
musique libre.org m'a beaucoup aidé sur ce point (m'a aidé à comprendre quels étaient mes choix et leur portée, et ça fait plaisir de voir que d'autres partage ce choix de .. vie ?)
ok.. je devrais pas poster ici quand je bois..