November
Publié : 27 avr. 2025, 23:31
[MISE À JOUR : L'évenement a lieu le samedi 8 novembre 2025 dès 16h et jusqu'au petit matin, et venez y participer par là: https://labeillecool.bandcamp.com/merch ... c-festival ]
Curieusement, c'est assez notable, nous vivons dans un monde où il est considéré comme risible et ridicule d'être ordinaire. Le mouvement dominant de notre société, le modèle dont on nous abreuve, tend à vouloir montrer qu'il est nécessaire d'être singulier à tout prix.
Cette singularité peut prendre différente formes, on peut s'inventer différents buts. Certains, ça vous parlera peut-être, peuvent s'amuser à se rêver en musicien. Tout est une question de vogue et de moment. On peut s'inventer une vie d'expert en piratage informatique, de roi de la finance dématérialisée, de parangon des technologies de production bricolée à la maison de l'électronique et de l'usinage hors-usine. De légaliste pointu de la culture libérée, de star de l'influence coach en vidéo de plateforme, ce que vous voudrez.
Mais tôt ou tard, avec un peu de clairvoyance, il nous apparait toujours finalement que cette singularité tant recherchée est de Panurge, aussi loin qu'on soit allé pousser, il y a des cohortes, des légions, qui s'accrochent à l'exact même wagon. Juste un avatar du conformisme ; et là, la désillusion est brutale, et l'amertume résultante, de magnitude infinie.
Cette singularité peut prendre différente forme, et nourrir des courants de bords très divers. Il s'agit avant tout d'enfiler un costume et ainsi d'espérer exister. Prenez la politique, par exemple. Si l'on passe sous silence les convictions et la théorie, quel que soit le camp, on y entre comme on endosse un rôle, et seule l'étiquette dans le fond va distinguer un tenant d'un des pôles de celui thuriféraire du coté opposé de l'axe.
Cependant, il n'y a pas que de l'innocence d'un jeu vain à laquelle notre faible condition nous condamne, dans ces panoplies que nous revêtons. Pour rester sur la politique, certains partisans de certains courants, ça fait partie du starter kit, ont un programme à vision hégémonique de ce que le monde doit être, et réprimer jusqu'à denier le droit d'existence à ce qui sort de cette vision fait parti des buts pour lesquels leurs énergies se mobilisent.
Faire de la musique, par contre, n'est pas aussi dictatorial pour l'autre.
Et sans doute, ça ne peut que difficilement ne pas être remarquable, vous avez sûrement constaté si vous avez un peu le recul, un pourrissement dans le raidissement, une acceptation progressive à l'œuvre, de l'obsession du pouvoir sécuritaire, d'une radicalisation en cours de la réaction. Les droits fondamentaux et les libertés admises se voient remis en question. Une propagande claire conduit les électorats vers des gouvernances scabreuses.
On en revient à la musique, alors.
Le netlabel l'Abeille Cool, émanation directe de feu le SASS Crou qui rappellera des souvenirs aux assidus des scènes musicales moins oubliables qu'un peu oubliées, se propose,
"si la fête est libre, elle l'est pour tout le monde quel que soit sa couleur de peau, son genre, son orientation ou son statut social - à défaut de quoi elle n'est ni libre ni fête.
Parce que face à la montée du fascisme en France et dans le monde, on a raison de faire du bruit. Ou pour mieux le dire : faire beaucoup de bruit est bien la moindre des choses."
D'organiser un festival virtuel à coloration politique, le 8 novembre 2025, diffusion unique d'un agglomérat de sets plus ou moins live préenregistrés auparavant dans ce but. C'est le No Faf Noisevember.
Et pour ma part, normalement Me In The Bath y participera. Les zicos sont bookés, le home studio est presque rangé, la session de préenregistrement de notre concert pour ce festival en ligne est prévue pour un jour parmi les plus prochains. Histoire d'envoyer le matériel tant qu'il reste des créneaux disponibles pour la programmation.
Et c'est pas impossible, une fois que la fumée sera retombée, que ce live devienne un bête album studio au catalogue de Crem Road records, qui s'appellera, pourquoi pas, "November" (histoire de faire écho au légendaire "September").
Car comme le dit Gabite sur la présence de l'évènement sur le rezozio bien couru :
"Je le vois déjà venir dans les commentaires, alors si tu fais partie de celleux qui se demandent pourquoi on mêle art et politique, tiens-toi pour dit que considérer qu’il est des domaines desquels l’art devrait ne pas se mêler est en soi un positionnement politique."
Donc bonne bourre et à bientôt pour des suites.
Curieusement, c'est assez notable, nous vivons dans un monde où il est considéré comme risible et ridicule d'être ordinaire. Le mouvement dominant de notre société, le modèle dont on nous abreuve, tend à vouloir montrer qu'il est nécessaire d'être singulier à tout prix.
Cette singularité peut prendre différente formes, on peut s'inventer différents buts. Certains, ça vous parlera peut-être, peuvent s'amuser à se rêver en musicien. Tout est une question de vogue et de moment. On peut s'inventer une vie d'expert en piratage informatique, de roi de la finance dématérialisée, de parangon des technologies de production bricolée à la maison de l'électronique et de l'usinage hors-usine. De légaliste pointu de la culture libérée, de star de l'influence coach en vidéo de plateforme, ce que vous voudrez.
Mais tôt ou tard, avec un peu de clairvoyance, il nous apparait toujours finalement que cette singularité tant recherchée est de Panurge, aussi loin qu'on soit allé pousser, il y a des cohortes, des légions, qui s'accrochent à l'exact même wagon. Juste un avatar du conformisme ; et là, la désillusion est brutale, et l'amertume résultante, de magnitude infinie.
Cette singularité peut prendre différente forme, et nourrir des courants de bords très divers. Il s'agit avant tout d'enfiler un costume et ainsi d'espérer exister. Prenez la politique, par exemple. Si l'on passe sous silence les convictions et la théorie, quel que soit le camp, on y entre comme on endosse un rôle, et seule l'étiquette dans le fond va distinguer un tenant d'un des pôles de celui thuriféraire du coté opposé de l'axe.
Cependant, il n'y a pas que de l'innocence d'un jeu vain à laquelle notre faible condition nous condamne, dans ces panoplies que nous revêtons. Pour rester sur la politique, certains partisans de certains courants, ça fait partie du starter kit, ont un programme à vision hégémonique de ce que le monde doit être, et réprimer jusqu'à denier le droit d'existence à ce qui sort de cette vision fait parti des buts pour lesquels leurs énergies se mobilisent.
Faire de la musique, par contre, n'est pas aussi dictatorial pour l'autre.
Et sans doute, ça ne peut que difficilement ne pas être remarquable, vous avez sûrement constaté si vous avez un peu le recul, un pourrissement dans le raidissement, une acceptation progressive à l'œuvre, de l'obsession du pouvoir sécuritaire, d'une radicalisation en cours de la réaction. Les droits fondamentaux et les libertés admises se voient remis en question. Une propagande claire conduit les électorats vers des gouvernances scabreuses.
On en revient à la musique, alors.
Le netlabel l'Abeille Cool, émanation directe de feu le SASS Crou qui rappellera des souvenirs aux assidus des scènes musicales moins oubliables qu'un peu oubliées, se propose,
"si la fête est libre, elle l'est pour tout le monde quel que soit sa couleur de peau, son genre, son orientation ou son statut social - à défaut de quoi elle n'est ni libre ni fête.
Parce que face à la montée du fascisme en France et dans le monde, on a raison de faire du bruit. Ou pour mieux le dire : faire beaucoup de bruit est bien la moindre des choses."
D'organiser un festival virtuel à coloration politique, le 8 novembre 2025, diffusion unique d'un agglomérat de sets plus ou moins live préenregistrés auparavant dans ce but. C'est le No Faf Noisevember.
Et pour ma part, normalement Me In The Bath y participera. Les zicos sont bookés, le home studio est presque rangé, la session de préenregistrement de notre concert pour ce festival en ligne est prévue pour un jour parmi les plus prochains. Histoire d'envoyer le matériel tant qu'il reste des créneaux disponibles pour la programmation.
Et c'est pas impossible, une fois que la fumée sera retombée, que ce live devienne un bête album studio au catalogue de Crem Road records, qui s'appellera, pourquoi pas, "November" (histoire de faire écho au légendaire "September").
Car comme le dit Gabite sur la présence de l'évènement sur le rezozio bien couru :
"Je le vois déjà venir dans les commentaires, alors si tu fais partie de celleux qui se demandent pourquoi on mêle art et politique, tiens-toi pour dit que considérer qu’il est des domaines desquels l’art devrait ne pas se mêler est en soi un positionnement politique."
Donc bonne bourre et à bientôt pour des suites.


