je peux te décrire comment ça se passe dans l'indie (enfin, les labels folk, pop, rock un peu pointus : style :
http://www.another-record.com/mfsp
)
il y a trois niveaux à mon avis (qui ne préjugent absolument rien de l'esthétique, de la qualité etc.. mots que j'ai en horreur d'ailleurs)
1° le niveau auto-organisation complète :
Là c'est la scène indie qui s'organise elle-même. avec les artistes, les labels, des assos locales : on essaie de trouver un lieu, une sono etc.. C'est ainsi que fonctionne le Forum des Alternatives pour la Musique par exemple. Evidemment, on fait aussi la programmation
Dans le même esprit il y a les échanges de première partie. Tu invites un groupe ami à jouer chez toi en première partie de ton show. En échange il t'invite à jouer chez lui.
2° le niveau : organiser sa tournée ou son concert soi-même. Là c'est un gros boulot en amont pour contacter les lieux où on pourrait jouer. C'est souvent le label qui se charge de ça, et su tu es un peu connu, de temps en temps, c'est le lieu de concert qui t'appelle pour jouer, mais c'est rare (y'a de la conccurence) ça va des petits bars aux salles subventionnées. Faut télphoner, écrire, retéléphoner, envoyer des scuds, bref, la galère.. (je déteste ça, je le fais pas d'ailleurs). Evidemment, plus il y a de buzz autour de ton nom, plus le lieu que tu vises sera susceptible de t'accueillir. Pour une raison toute simple : si tu es connu tu as plus de chance de remplir la salle ou le bar (ça m'est arrivé de jouer devant dix pelos et trois chiens, je t'assure que je faisais pas mon fier quand je croisais le regard du barman
Le tarif se négocie avec le lieu qui t'accueille : et là tout est possible. Il ya des gros bars qui payent mal, qui te filent deux bières et basta, mais que tu veux absolument viser parce que c'est là qu'il faut avoir joué
Les salles subventionnées, c'est un autre monde : il y en a qui sont trrès frileuses (généralement parce qu'elles se sont fait taper sur les doigts par les collectivités locales au prétexte qu'elles ne remplissent pas assez leur salle en accueillant des groupes inconnus. D'autres qui ont une politique plus ouverte, qui prennent plus de risques. ça dépend vraiment des villes, des politiques culturelles, des couleurs musicales privilégiées. En ce moment, pour les groupes acoustiques qui chantent en anglais ben c'est hyper cho d'avoir ne serait-ce qu'une première partie dans une de ces salles : et puis on est victime du goût de l'exotisme à la française, cette chose stupide qui veut qu'on préfère payer n'importe quel groupe qui vient des états unis plutôt qu'un groupe français qui fait la même chose. Mais bon, ça c'est pas nouveau;.
Autre problème au niveau des salles subventionnées, c'est qu'elles ont surtout et d'abord affaire aux tourneurs. Ce qui me permet de passer à mon point suivant :
3° les tourneurs :
si tu es un peu connu, que tu es soutenu par un label assez costaud, que tu as une distro magasin, tu peux éventuellement signer avec un tourneur. Une société dont le job est de te trouver des concerts, et qui touche une part sur les cachets. Là on rentre déjà dans le bisness. Il y a de la tension
On trouve aussi de tout chez les tourneurs : des branleurs qui s'occupent pas de toi, et des mecs qui se bougent comme des fous.
Mais on entre là dans quelque chose de plus prenant. Pas facile d'organiser sa vie pour se barrer deux mois par an en tournée. La plupart des amis que je connais qu arrivent à ce niveau sont obligés de faire des petits boulots entre deux tournées (come beaucoup d'artistes américains). Dans notre milieu il n'y a quasiment pas d'intermittents : on ne touche pas assez d'argent pour ces concerts. Souvent, une tournée ça peut être une bonne salle subventionnée, et le lendemain un squat où tu joues gratos (parce qu'il faut une date ce soir là ou parce que c'est des potos)
J'ajouterai une chose concernant les bars. J'ai fait une saison entière en 2001 (environ 10 concerts) dans un bar avec lequel je m'étais associé. J'ai fait venir des musiciens de toute la france et même des states. Le patron du bar a toujours perdu de l'argent ces soirs là. Un autre patron de bar qui adorait la musique, et qui faisait beaucoup de concerts, m'a avoué : de toutes façons, avec ou sans concerts, on ferait à peu près la même recette. Faut pas s'imaginer que les bars se font du fric grâce aux artistes. Le meilleur plan pour se faire des tunes quand on a un bar en ce moment c'est de passer de la variété à fond ou de faire du karaoké. Bref : faire un bar à concert, c'est vraiment une histoire de passion.
Pour les salles subventionnées le problème est plus complexe : elles ont des impératifs financiers, doivent équilibrer les comptes, et faire donc une programmation "pour" le public et non pas seulement pour se faire plaisir.
Les politiques de ces maisons diffèrent selon la générosité et la pression des colectivités locales. Pour notre genre musical par exemple il ya des particularités géographiques : c'est quasiment impossible de jouer au sud d'une ligne : bordeaux/toulouse/lyon
parce que là bas faut que ça swingue
question de public quoi..
on fait aussi plus des musiques d'automne hiver que printemps été
On touche en général un public plutôt cultivé et mélomane etc..
bon..
voilà
j'imagine que d'autres scènes sont organisées différemment
ce serait chouette d'en parler ici