je viens de lire l'essai de dana De la dissémination de la musique (part. I), http://www.freescape.eu.org/biblio/arti ... e=222#nb43
(222 hahaha j'avais pas vu) que je trouve vraiment bien, didactique sans en faire trop, clair, précis et pertinent dans sa réflexion et ses interrogations (pas comme moi lol), tout en étant agréable à lire et accessible. il vaut la peine d'être lu vraiment (sachant que je ne suis pas lèche boule lol non mais).
au passage j'ai noté, quelques mots, erreurs, qui ont été happés ou ajoutés, j'indique les phrases pour que ce soit plus simple à rechercher (occurence unique)/corriger :
- qui me sont plus ou mois familiers (moins)
- ne préoccupe en général pas le politique (ne se préoccupe)
- celui qui consacre à ce vie à autre chose qu’à la gagner (à sa vie)
- ne pas écouter la musique qui me nous plait pas (ne nous)
- et je n’imagine pas à seul instant (un seul)
- fait de l’auteur de cette œuvre une artiste libre (un ou un/une j'suis pas myso mais bon)
sinon pour les très très courageux, ou curieux, j'ai relevé quelques passages (pas ceux auxquels j'adhère volontier) qui me lançait des pistes de questionnements intéressantes. je ne met pas tout, parce que sinon je ne suis pas couché et faut que je bouffe aussi, merde lol, simplement deux d'entre eux sur lesquels j'ai eu envie de réagir spontanément.
c'est fouilli, caffouilleux et pour arranger les choses j'intitule ça :
esquisse de réflexion spontanée sur la relation créateur/auteur/oeuvre - ou l'égarement du processus de création
oui la musique est métamorphose, qui part effectivement d'une source, on pourrait d'ailleurs oser la métaphore liquide. le flux s'écoule, voyage, rencontre la rugueusité du paysage qui le remodèle avant de le reprojeter (le mot est mal choisi) à son tour en de multiples lieux, embranchements. Par contre je trouve le dernier terme par trop connoté, étant entendu qu'il ne s'agit pas d'une question pécunière, donc non pas quantitative mais qualitative, car l'enrichissement peut avoir lieu certes, le ruisseau devient fleuve dans l'inconscient (la collaboration ou transmission) collective, pour finalement rejoindre et devenir ocean, patrimoine de l'humanité. Mais certains embranchements sont également voués à disparaître, parce que n'empruntant vraisemblablement pas la direction adéquate (décidée par qui, l'auteur qui se veut ou se voit source ? ou bien la source mère, la vie ? et là la question devient plus philosophique voir spirituelle). Enrichissement donc et assèchement. Et c'est sans doute pour prémunir de l'assèchement que les licences de libre diffusion prennent la précaution, en l'état actuel, d'indiquer pour chaque embranchement où se trouve la source, du moins l'espace d'où elle a jailli.La musique est d’abord métamorphose, elle se modifie, se laisse analyser en pistes de mixage, s’ échantillonne, s’utilise, connaît des variations, des réverbérations, des échos. Ce flux suppose donc un « musicien de départ », et des modificateurs : et cela aboutit à un enrichissement.
l'entend-il vraiment ? oui il me semble légitime de poser la question, car la problématique repose sur une projection, un fantasme, dont il n'est pas évident d'en saisir chaque nervure, chaque terminaison. l'artiste/auteur peut être visionnaire à tout du moins partiellement, il capte une possibilité, une étendue de vie, et l'oeuvre préfigure le lien qui viendra éclairer ou non, transmettre ou transfigurer sa vision, en étant le relai de celle-ci, l'écho, et la relation au public en devient alors infiniment plus complexe.Et si nous laissons résonner, en dépit du droit, ce que le mot « paternité » pourrait vouloir dire, on pourrait se permettre des analyses sans doute assez passionnantes sur ce que c’est qu’être auteur, au sens d’assumer la paternité, et plus précisément « le nom du père ». Derrière la clause de paternité, derrière chaque clause des contrats Creative Commons, se dessine une problématique plus vaste qui touche à la manière dont un auteur entend assumer la paternité de ses œuvres.
d'autant qu'il y a un autre phénomène il me semble sous-jaccent à la question de la captation (et qui défini pour moi le réel processus de création), l'artiste est-il seulement visionnaire actif, ou bien subit-il ses "propres" visions ? (avec plus ou moins de plaisir/douleur ?). probablement les deux sont pensées, ou revendiquées, selon la sensibilité ou l'égarement (car les deux ne sont peut-être pas possible ensemble ?) intérieure de chacun. Néanmoins, il en resulte que ça change complètement selon, l'une ou l'autre, le rapport au "nom du père", à assumer la paternité.
un créateur est-il bien la source, ou bien étanche t-il sa soif en puisant dans celle-ci ? ou bien encore se noie-t-il ou baigne-t-il paisiblement dedans ? est-ce bien le créateur qui crée une oeuvre, ou bien l'oeuvre qui façonne, forge "son" créateur ? peut-être bien les deux, même, après tout, mais qu'en devient-il donc de cette paternité ? d'autant qu'il me semble qu'il y a une autre question qui n'est pas ou peu abordé lorsque l'on parle généralement d'art, d'artiste et d'oeuvre (surtout si l'on se confère d'emblée l'autorité du "droit"), c'est qu'est-ce qu'une oeuvre ? Notre société, c'est du moins vrai pour l'occident, mais c'est bien en occident où la question se pose, est assise sur une posture philosophique matérialiste, qui forme son contexte, ses bases dans lesquelles viennent s'établir avec plus ou moins de bonheur, ses fondements, ses réflexions, ses orientations. Personnellement cette question du contexte m'intéresse, en tant qu'être (c'est d'ailleurs là ma plus grosse intérrogation, - en tant qu'être, entend qu'être, en temps qu'être ? lol faut que j'arrête la moquette), car si le contexte est un marais, c'est tout le reste qui s'enfonce et qui risque de s'étouffer.
l'apparté n'est pas anodine, et si je lie celà aussi à la question de l'oeuvre c'est parce que je me remmémore là façon dont le droit considère la question de l'auteur. le droit parle d'oeuvre de l'esprit. il est vrai que l'on fait peu cas de qu'est-ce qu'être artiste, mais et de la question d'esprit, qu'en est-il ? ce sont tout ses termes dont on use, et qu'on emploie tous courament, comme un tas de choses qu'il nous a fallu appréhender depuis notre venu au monde (et là je ne metterai même pas un gros point d'interrogation parce que sinon on n'est pas rendu...) et dont on s'est accoutumé d'une vision, d'une odeur, assez floue que l'on songe signifiante car évoquant bien des choses mais sans que l'on sache finalement vraiment dire quoi... Si l'on parle d'oeuvre de l'esprit, j'aimerai que l'on m'explique au préalable ce que l'on entend par esprit, car le problème identitaire de l'auteur pourrait bien venir de là, et la question n'est pas si simple qu'elle n'y parait.
et même si je laisse quelque peu de coté la question du contexte, ce n'est pas du tout en ses termes que je pose la question de l'artiste et de la création. une oeuvre de l'esprit ? vraiment ? mais où est-il donc l'esprit lorsque "je" suis happé totalement par les vibrations, les pulsations sonores ? pour moi une "oeuvre de l'esprit" est impropre et n'a pas lieu d'être. Une oeuvre du silence de l'esprit, en revanche oui fait sens. car ce n'est pas l'esprit qui rentre au résonance, pas au moment de la création, non mais bien plutôt le coeur (et là on vient sérieusement se poser la question de qu'est-ce qu'une oeuvre, doit-elle être détaché du processus de création même ? doit-on la résumer en un résultat, un rendu, un produit matériel, ou bien s'agit-il de l'ensemble de ce qui a lieu à l'instant ou l'esprit fait silence pour que la manifestation soit ? l'oeuvre c'est bien à mon sens le processus de création, la manifestation pure que l'on ne peut garder intacte !) . une oeuvre du silence de l'esprit, c'est une oeuvre du coeur. Et l'auteur et son esprit ont pour moi durant la manifestation complètement disparu. c'est seulement après que l'esprit se réapproprie ce qui vient de se "produire", de se dérouler pendant son "ab-sens", parce qu'il y a eu un immense trouble, l'être entier est encore tout vibrant, empreint des résonnances de ce moment de vie, et il les enregistre, les fais siennes : l'auteur est né.
au final, qu'est-ce que l'on peut bien déduire de tout ceci ? sans doute bien des imprécisions et des incohérences dans le raisonnement, ma logique est plusse intuitive, tout ça est venue d'une traite, sans que je cherche ni à modeler ma réflexion, ni à la contrôler ou l'ordonner, et cela se voit sans doute, mais peu importe, j'espère qu'il en resultera au moins quelques questionnements pertinents et qui feront sens pour ceux ou celles qui se les poseront ou qui voudront bien les exposer ici. pour finir tout de même, j'en déduirais pour ma part qu'il y a méprise, on se trompe d'objet de bout en bout, l'auteur n'est pas le créateur, et l'oeuvre n'est pas celle que l'on dit être, et si l'oeuvre est capable d'entrer dans un marché, c'est parce qu'elle n'est que l'illusion de ce qu'on voudrait qu'elle soit. L'industrie (l'industrie !! bordel !) du disque (!) n'est en réalité qu'un triste marchand de (mauvais) rêves, rien d'autre, et personne n'a besoin d'elle pour véritablement rêver/tripper, ni l'artiste, ni le publique. Je crois qu'à voir les revendications hostiles des vieux dinosaures, l'on peut au contraire se réjouir de leur faim outrancière. dana, l'explique très bien, la figure de l'artiste ne peux plus se poser dans un contexte qui n'a qu'une logique mercantile, qu'il s'en dise garant ou non. l'art ne peut pas se poser en terme d'élevage, l'artiste n'est pas un poulet et il n'est pas question d'élevage mais au contraire d'élévation et celle-ci ne peut avoir lieu par principe qu'en dehors des circuits fermés, viciés, c'est sa raison d'être. Elle se nourrie du désordre, désordre qui réhabilite la nature même de celui qui s'en écarte et par la même ce faisant s'élève et se révèle.