Mon cher Alban
(je me permets d’écrire mon cher, parce que ce post finit par une demande en mariage, donc autant bien commencer…)
alban a écrit :Bonjour à vous,
Et bien, que de critiques sur le livre dans cet "échange"...mais c'est bizarre, aucune citation précise, aucune contre argumentation sur les éléments développés, pourtant, 220 pages, ça doit se trouver, non
Si tu crois que c'est drôle, toi, de réécrire 220 pages en commentant chacune !!!
Bon,allez, pour aujourd’hui, je vais juste commencer par le tout premier paragraphe du bouquin, hein, faut faire les choses dans l'ordre.
Et comme dans ce paragraphe tu évoques un concept repris dans une des toutes premières infos exemplaires qu'on trouve sur ton blog (19/10/2006 Gnarls Barkley demande conseil aux fans), ben ça fera d'une pierre deux coup. Après, j'irai lire tous les liens que tu mets gracieusement à notre disposition, et je m'attaquerai aux autres phrases. T'as de la patience ?
Donc : 1/ les toutes premières phrases de ton bouquin :
Je cite de mémoire hein… “vous êtes en 2010, le monde est magique, tout est gratuit, la flotte est fournie gracieusement par des entreprises maîtrisant un réseau de canalisations qu'elles font sponsoriser par d'autres entreprises qui se foutent pas mal de la valeur de l'eau, l’important c’est qu’il y ait le plus de buveurs possible pour admirer les logos claqués sur tous les tuyaux.…… et blablalbla”
Ben tu vois, déjà là, ça coince. Je sais paaas, c’est ptet mon côté romantique, mais je peux pas m’empécher de penser de penser que la flotte qui coule dans les tuyaux, ben c’est la mienne, et qu’elle porte une idéologie bien différente de celles des poseurs de stickers.
Mais bon, on va pas s’arrêtez à si peu, hein ? Après tout, faut bien vivre…
Quand même, déjà, le fait qu’il devienne primordial qu’il y ait soudain le plus de buveurs possibles m’inquiète. Surtout quand la distribution est assurée par des pros du marketing, animés eux-aussi par une flamme bien différente de la mienne…
Et effectivement, de premières ficelles marketing apparaissent juste après :
“Vous avez été impliqués, via la mailing list du groupe, dans le choix des titres qui seront joués, le prix des billets, le choix de l’artiste qui jouera en première partie.”
Plus loin, tu vas plus loin encore “vous allez au cinéma, vous choisissez la version du film que vous regardez, avec quels acteurs, etc…”
Et là, je fais le lien avec cet article dans ton blog où Gnarls Barkley demande conseil aux fans en ces termes : "If you could have your way, what would you want a new Gnarls Barkley album to be like? What direction would be cool for the sound, vibe, etc. to go in?"
Là, ce passage, il craint vraiment. C’est vrai, quoi, ce qui pourrait être pour moi être une formidable expérience artistique (je veux dire collaborer avec le public), n’est pour toi qu’une ficelle marketing pour avoir un max de public en face.
La star’ac en permanence, quoi.
Je t’explique en une image simple : “Rhôooo merde alors, si Matisse était toujours vivant, il aurait pu me faire un tableau assorti à mon papier-peint !!!”
T’as pigé ?
Cette formidable expérience artistique de partage avec le public, je veux bien là vivre, et quand je veux. Mais je ne veux pas qu’elle devienne une condition pour que je puisse m’exprimer.
Et surtout, je ne veux pas qu’un espace de collaboration auquel je participe (c’est exactement le cas d’une collaboation entre l’artiste et le public) soit perverti par la loi de l’offre et de la demande.
Moi je crois que quand l’art apporte plus de réponses qu’il ne pose de questions, c’est plus de l’art, c’est du divertissement. Je ne suis pas là pour divertir, j’ai quelquechose à dire.
Quand je montre quelquechose de moi, c’est important. Signifiant.
Si je fais un film, le choix des acteurs est signifiant.
Si je fais un concert, le choix des morceaux est signifiant.
Si je fais une image, la liberté de mon discours est essentielle.
Même si c’est fait en collaboration.
Dans tous les cas, c’est ce que j’ai dans les tripes, ce sont mes fesses que je montre.
Tu vois, dès le premier chapitre, ton âge de peer pose grâve le problème de la distinction nécessaire entre l’espace de création (qu’il soit collaboratif ou individuel), et la sphère de diffusion quand celle-ci est contrôlée par des valeurs marchandes.
Nous attaquerons la sphère de diffusion plus tard, si tu veux bien.
Tiens, si tu veux voir des espaces de création “libres” collaboratifs qui fonctionnent, va faire un tour sur mcp, c’est exemplaire.
(J’en profite pour préciser, par respect pour mes potes d’mcp qui ne partageraient pas mes idées, que je parle ici au nom de mes fesses, et pas au nom de moncul.)
Bref, Alban, on finira plus tard, en attendant je t’invite à lire moi-aussi un lien où j’ai pu parler de l’âge de peer, ça meublera tes pensées.
http://www.monculprod.org/v1/lorgieV/in ... id=730#751
C’est moins verbeux, mais c’est nettement plus joli que la couverture de ton bouquin !
Ah oui c’est vrai, dernière chose : ma demande en mariage !!!
Ma grand’mère me disait toujours que, pour que je sois vraiment heureuse, il faudrait que j’arrive à trouver un homme riche qui puisse financer mes délires, un homme brillant, ouvert, sensible et talentueux qui satisfasse mon exigence esthétique de la vie, un bel homme sensuel qui soit à la hauteur de mes désirs, et qui les fasse grimper, un homme qui sache me faire rire aussi…
Alors voilà : un homme riche, un homme brillant, un bel homme sensuel… Tout ça, ça va, j’en ai plein mon carnet de commandes.
Mais est-ce que tu veux bien prendre la place du clown ?
C’est vrai, quoi, j’arrête pas de relire ton bouquin, et franchement, c’est (Marketing Kikoo lol oblige), largement à la hauteur du concours de blagues à toto récemment initié sur Jamendo*
All yours,
Pola
Merdeuse Comme Papa.
* que c’est beau, l’évolution des contenus culturels dans les tuyaux financés par universal !