je me suis occupé assez longtemps d'un site qui présentait des labels indie européens, (certains s'en souviennent peut-être

c'était "musiic for sensitive people" )
je dirais la chose suivante concernant l'idée de label discographique
Jusque qu'a l'explosion du haut débit internet, un label c'était cela :
une association ou une entreprise qui s'occupait de promouvoir et de commercialiser des enregistrements (sous une forme "solide", un vinyl un 78 tours, un cd etc.), chercher des distros et négoicier (et c'est ça c'est le pire je vous assure). Il y a aussi un aspect dont on parle peu mais qui à mon avis est le plus excitant : la découverte de nouveaux artistes. je ne me lasse pas de raconter comment on a rencontré Gina Artworth, Half Asleep, Jullian Angel.. Des expériences vraiment imprévisibles (sachez par exemple qu'au départ, gina artworth, plus tard gatechien, ce sont des gens que j'ai croisés à un live de mogwai, Ils répétaient dans un garage à Royan, m'ont filé une K7 audio bien pourrave enregistré sur un magnéto 1 piste, et je les ai signé là dessus. Onsait ce qu'il est advenu par la suite. ) Chacun à sa mesure investissait donc de l'argent et du temps et de l'énergie pour accompagner des artistes, dont la discographie constituait le catalogue du label. Il s'agissait principalement de faire de la promo, du biz, de monter des tournées, et de produire et fabriquer des scuds. Chez another record par exemple, qui est un tout petit label, cet accompagnement de l'artiste pouvait aller assez loin : combien de fois il a fallu que je passe des heures au téléphone au milieu de la nuit pour soutenir psychiquement certains des artistes que j'aime, je vous dis pas.bref. un boulot assez effarant, et quand on pratique sous forme associative, ça ne rapporte pas un rond, mais on peut en perdre (j'ai perdu environ 10 000 euros dans l'aventure, que je ne regrette aucunement d'ailleurs).
Puis, avec internet sont arrivés premièrement les labels online. En France au début des années 2000, le premier a été hinah de Laurent Orseau. Ce qui la caractérise : un travail de promo essentiellement via internet, une exposition via internet (pas de boulot de recherche de concerts etc. ou très peu), des morceaux online (ça c'était assez nouveaux), et des tirages sur CDR (de jolis cdrs qu'il faisait venir des states et qu'il gravait lui-même) à 50 exemplaiires maxi. Un boulot formidable : Laurent a su faire découvrir en France des tas d'artistes américains (notamment issus du courant americana), un travail de défricheur exceptionnel. Et un vrai boulot : son amie et lui n'hésitait pas à ytraverser l'Atlantique pour rencontrer Willard Grand Conspiracy etc. Quelqu'un comme Half Asleep par exemple, a été largement porté par des gens comme Hinah, another record et maintenant unique records. Donc certainement moins de moyens nécessaitres que pour les lebels classiques, mais du boulot quand même. Les meileurs netlabels se situant quelque part entre le label traditionnel et le fanzine de classe (celui qui ne se contente pas de recopier les chroniques de Magic ou des inrocks)
Puis.. Il y a eu une extension soudaine de la signification du mot label. On a vu arriver des ziqgues qui créaient des sites webs où n'importe quel gars qui faisait de la zique pouvait s'inscrire et présenter sa zique, et ils appelaient ça un label. je pense à Jamendo qui se fait passer parfoiis pour un label, mais il y en a plein d'autres. Aucune relation humaine avec les artistes. On a surtout affaire à des webmasters. Aucune sélection. Aucun risque financier ou humain. Pas d'amour donc

Ma présentation est un peu biaisée je sais et certains seront vexés, mais ça n'a pas grand chose à voir avec l'aventure humaine que constitue à mon sens un label traditionnel ou un netlabel dans l'acception de hinah par exemple (ou les anciens magnatunes au RI)
Il y a aussi, et ça je trouve ça plus touchant, les gars qui, désepsérés de n'être signés nulle part, ou ayant la flemme d'envoyer leurs scuds aux labels existants, créent leur propre label en solo pour se promouvoir eux-même : ils se signent eux-mêmes en quelque sorte

Je suis d'autant plus compatissant vis-à-vis de ces pseudos labels, pseudo parfce qu'ils se font passer pour des expériences collectives alors qu'ils ne sont que de l'autorpomotion personnelle, qu'another record au départ, m'a servi à publier mon premier scud

(même si dans la foulée je sortais un double cd consacré à la scène uderground française). C'est bien toutefois comme démarrage si on finit par jouer le jeu de travailler progressivement avec d'autres artistes.je pense par exemple à mon ami Michel M (moonman) dont le label Greed recordings a été un certain temps un outil d'autorpomo, et qui est devenu en quelques années un des pourvoyeurs les plus passionants de musiques pop. En travaillant avec d'autres artistes, Michel a beaucoup appris. Il m'a dit un jour : en fait depuis que j'ai ouvert mon catalogue, je n'ai plus de frustration concernant ma propre notoriété. J'aime bien plus travailler avec les autres artistes que pourma gueule uniquement. Et le fait est qu'il excelle dans ce job de faire connaître des nouveaux artistes. ET du coup, le succès de groupe comme les Cornflakes Heroies par exemple, lui bénéficie à lui aussi en tant qu'artiste. C'est exactement ce que j'ai vécu. dana Hilliot, ça n'aurait eu aucun effet s'il n'y avait pas eu half asleep, gatechien, jullian angel etc.
La leçon de tout ça
Parce qu'il y a une espèce de tradition qui consiste à cracher sur les labels, qui font jamais assez bien leur job, qui sont élitistes, méprisent les artistes (enfin : méprise,nt ceux qu'ils ne signent pas

etc.
C'est qu'un label c'était autrefois d'une part une aventure humaine, un risque financier, beaucoup de stress, beaucup d'amour et de haine. Enfin de la vie quoi.
Si vous voulez monter à votre tour un label (sous une forme associative par exemple, c'est quand même plus sûr

pour commencer.. Soyez assuré d'abord de votre capacité à al générosité. Si vous commencez à compter vos heures, à vous plaindre parce que tel ou tel artiste n'est pas assez reconnaissant à votre goût, si vous mettez votre intérêt personnel avant celui des artistes que vous êtes censés soutenir, laissez tomber. Si l'effort de promo (fairde de la lèche aux inrocks et aux salles de concerts, rappeler dix mille fois un programmateur qui est débordé) c'est pas votre truc, laissez tomber (c'est la raison pour laquelle j'ai laissé tomber au bout de 5 ans, et depuis que j'ai quitté another, les artistes ont largement augmenté leur notoriété parce que la nouvelle équipe est bien plus pêchue que je ne l'étais). Si l'idée qu'unn artiste complètement ivre viennent sonner à votre porte à deux heures du mat pour se plaindre parce que sa copine l'a plaqué ou pare qu'il a besoin de thunes, si cette idée là vous ennuie, si vous avez peur de ce genre de choses, laisez tomber. Si Si vous n'aimez pas travailler avec les autres et déléguer une part du boulot, laissez tomber (vous deviendrez vite fou à force de surbooking).
Mieux vaut dans ce cas faire un nellabel. Moins de relations humaines, moins d'investissements. on peut gérer le truc de sa chambre. Et avec le haut débit, plus besoin de fabriquer de scuds.
Ha et rapellez vous une chose : les artistes ont des désirs différents : certains veulent la gloire, alors ils ne seront jamais satisfaits. D'autres sont avant tout désireux de faire des concerts : alors il faudra les aider en ce sens et c'est pas du gâteau. Certains veulent juste trouver un public qui les aprécient, d'autres sont carrément autistes et pourraient se contenter de faire des trucs de génie dans leur garage sans que ça change rien pour eux. Faut être un peu psy à mon avis pour réussir à faire quelque chose qui respecte ces désirs.
Voilà
Donc : Pragmazic est une structure qui à ce que j'en sais, vient soutenir des labels dans le genre que j'ai décrit, le genre traditonnel, ou des netlabels qui font un peu plus que deprésenter des choses online. Les distros indépendantes étant de plus en plus rares, parce que le bizness est devenu hyper hard, demande des moyens monstrueux, je coris qu'uen structure comme pramazic, au même titre par exemple que le shop online de mon ami de chez drunk dogs, sont vraiment utiles. Ça vient en quelque sorte confirmer une somme de travail souvent collossale (surtout dans un monde où chacun a tendance à bosser avant tout pour sa tronche), Et bien sûr, c'est nouveau puisque ça ne concerne que les artistes sous licence de libre diffusion. On a plus que jamais besoin de réseaux à mon avis. Puet-être pragmazic peut contribuer à recréer de tels réseaux, qui dans certains milieux musicaux ont eu tendance à se désagréger ces dernières années. Et je pense que c'est bien que Pragmazic bosse d"abord avec des collectifs qui ont fait leurs preuves. J'en ai trop vu des pseudos labels qui disparaissaient au bout d'un scud. ben oui : faut faire ses preuves. et ne pas penser uniquement à sa propre carrière d'artiste (je n'ai rien contre ça d'ailleurs : 99% des artistes sont d'abord préoccupés de leur propre carrière. c'est on ne peut plus normal.), et là on a une chance d'intéresser pragmazix ou drunk dogs ou une distro classique. (et entre parenthèses, c'est quand même moins hard d'être signé chez pragma que chez chronowax hein
