@sonic :
Je ne suis pas du tout d'accord avec ce que je crois comprendre du propos d'Aisyk
qualifié l'alternative libertaire d'utopique est une manière classique d'expliquer pourquoi il faut s'allier avec les forces du progrès, c'est à dire collaborer avec les forces capitalistes en place : donc grosso modo tu nous craches à la gueule, c'est assez facile planqué derrière un clavier et un écran : c'est un grand classique du web x.0
sauf que Sonic tu n'as pas lu le post d'aysik en entier :
Il me semble qu'il parle d'une oscillation entre une alternative "contre le système" (voire tout contre

et au sein même du système (en tant que subversion ou correction ou amélioration du dit système)
"Alternative libertaire" mouai
il y a des tas de projets alternatifs libertaires hein, mais pour qu'ils soient viables faut bien qu'ils s'inscrivent dans un certain rapport à la réalité.. Quand on étudie l'histoire de ces réalisations là, on se rend compte que c'est tout sauf n'immporte quoi : ça demande une organisation très serrée, très détaillée. Enfinj tu connais sans dooute mieux que moi (je pense à des communautés partiellement autonome, des entreprises autogérées, des tas de trucs passionants..) mais ce qui me frappe toujours dans ces projets, c'est qu'à un moment ou à un autre, la pression de la réalité extérieure vient comprimer les énergies, brises les enthousiasmes : c'est épuisant ces trucs là.
Utopie donc, certainement pas (puisque des tas de projets se sont effectivement réalisés, des gens ont vécu ces réalisations là et les vivent encore), mais par contre ce sont toujours des trucs à la limite : je crois que le désir d'autarcie, bien compréhensible, ne peut pas s'incarner dans sa radicalité, sans dériver en organisation sectaire et au fond délirante. D'où le fait en général que les projets qui fonctionnent ne sont pas radicaux mais s'arrangent de certains compromis avec la réalité disons "dominante".
On en revient à la causerie sur : se développer hors sytème ou au sein du système
je ne crois pas que la première version "hors système" ait un sens, au-delà d'un phantasme ou d'un désir mégalomaniaque. Ne serait-ce que parce que la musique s'adresse à un public qui au fond est incontrolable.
Pour que l'autarcie fonctionne, il faudrait non seulement réunir dans une organisation parallèle des auteurs et des producteurs attachés à une "philosophie" commune autour des licences de libres diffusion, mais aussi un public sélectionné. Et c'est là que le bât blesse. On peut accueillir dans un tel collectif des auteurs et des producteurs selon un certain nombre de règles, des convertis, mais on ne peut pas contrôler le public, ce serait débile
Or : le public : c'est une partie de la réalité
en fait pour pousser les choses jusqu'à l'absurde, je dirais le problème, c'est le public
D'autre part une chose me frappe dans ce que je lis (et vous allez voir c'est lié) :
il est question à plusieurs reprises dans cette discussion, de se développer, de toucher plus de public, etc. ça revient comme un leitmotiv, une évidence.
Alors, bêtement, je demande :
1° pourquoi voulez-vous (je laisse le flou concernant qui est ce "vous") avoir plus de public ? Question qui paraît stupide, mais par exemple, perso, j'en viens à me dire que je m'en fous d'avoir plus ou moins de public..
2° Combien "en plus" exactement ??
parce que là il y a à un moment un saut quantique : si par exemple le public de dana hilliot passe de 100 à 1000 auditeurs, bon franchement, je verrais pas la différence : peut-être dans le lot quelques uns m'écriront , peut-être il y aura plus de chances que je puisse dans le lot me faire une gonzesse par exemple

, peut-être j'aurais plus de chroniques, plus de concerts, mais pas beaucoup plus hein..
Par contre : si dana hilliot passe de 1000 à 100000 (cent mille), là je vois tout de suite la différence : parce que y a moyen de se faire de la thune au bout du compte.
Concrètement on passe dans une autre dimension quoi, on peut monter ue tournée, commercialiser des trucs, un scud ou je sais pas quoi. C'est pas les mêmes journaux qui écrivent, pas les mêmes expositions sur le net et aillleurs etc.
3° Si vous passez de cent à cent mille auditeurs, ne voyez vous pas que tout change soudainement ? ça aura forcément de l'effet sur la réalité dominante !
regardez les fameux groupes qui sont aujourd'hui présentés voire labellisés comme "ayant réussi grâce à internet" (c'est-à-dire sans l'aide au départ des majors"). Ben immanquablement, ces fameux groupes, dès qu'ils atteignent une notorité suffisante, se tournent vers les moyens de l'industrie du divertissement pour satisfaire à leur nouveau statut de stars. etc. (faut de sacrés moyens pour satisfaire 100 000 fans)
Y'a moyen de faire autrement bien sûr (j'attends qu'un mec ayant eu du succès se barre en disant fuck off, y'en a eu d'ailleurs, et y'en aura encore dieu merci) mais bon..
Pourquoi toujours PLUS ?
Vous sentez la tension qu'il y a entre l'idéal et la réalité là ?
qu'on peut être piégé pârce qu'au fond on est noué à deux idéaux contradictoires (ou éventuellement contradictoires) : 1. un idéal d'autarcie (ou d'autonomie ou de liberté ou d'indépendance comme vous voudrez) 2° un idéal d ' "avoir plus de.. " (plus de thunes ,plus de public, plus de concerts etc... au choix)
c'est pour ça qu'en général je demande toujours aux gars qui se tâtent pour les licences libres : "mais quel est ton désir au fond ?"