Cet argument ne tient pas au regard du droit, mais ce n'est pas mon rayon, je ne vais donc pas chipoter là-dessus.FreeMusicFactory a écrit : Incaudaveneum => je ne suis pas d'accord avec toi. Le fait est qu'une erreur a été réalisée dans mon cas, vu qu'on avait la possibilité d'utiliser de la musique libre de droit et que ça n'a pas été fait. Dans ce cas-là, on peut difficilement dire que l'on rétribuait quelqu'un auparavant (ça n'a même jamais été fait ... donc on "n'enléve" rien aux artistes).
Le "c'est comme ça" me semble un peu court.FreeMusicFactory a écrit :Quant au fait que l'on rentre dans une loi du marché où les petites entreprises sont mises en concurrence avec les artistes libres, j'y peux rien, c'est comme ça. Avec cette logique, on n'a plus qu'à interdire les logiciels libres pour concurrence déloyale envers les entreprises développant des logicels propriétaires !
L'analogie avec les logiciels libres est plus percutante, sauf que j'aurais tendance à dire qu'un outil technologique et de la musique (de l'art), ce n'est pas tout à fait de même nature (même si je ne sais pas bien ce que c'est que l'art). La musique, je l'aime quand je la fais, quand je l'écoute pour elle-même, ou quand elle est partie constitutive d'une oeuvre plus large (un film, un happening, un spectacle...). Mais la musique utilisée comme fond sonore dans les téléphones, les restaus, les parkings, les pubs... ça me gave : je chéris alors le silence.
D'autre part, il me semble qu'un développeur peut à la fois collaborer gratuitement à des projets open-source et être rétribué lorsqu'il travaille pour une entreprise fabriquant des logiciels propriétaires. Le monde de la musique est malheureusement dans une situation assez différente : un artiste SACEM n'a pas le droit de faire du "libre", et un artiste sous CC est considéré a priori (et à tort) comme gratuit.
Je ne critique pas ta démarche qui me semble pleine de bonne volonté, mais cela soulève à mon sens des questions sur lesquelles il est utile de réfléchir.FreeMusicFactory a écrit :Le fait de laisser du silence entre deux postes est une idée, même si je préfére encore donner un peu plus de crédit et de reconnaissance aux artistes libres en les exposant davantage.
S'il est avéré que ce type d'utilisation ne contredit pas la clause NC, alors effectivement tu as raison, je l'ai dans le baba, ce qui ne me réjouit pas d'emblée. Après, il y a l'esprit et la lettre... Il y a quelque temps, par exemple, on m'a contacté pour me demander si j'acceptais l'utilisation d'une de mes musiques pour un DVD non commercial réalisé par des élèves de collège. J'ai répondu oui, à la fois car cela reste dans le cadre de ma licence CC, mais surtout parce qu'on a pris la peine de me consulter. C'est important ça, d'entrer en relation avec l'auteur de la musique qu'on veut utiliser et de dialoguer avec lui, même s'il n'y a pas de clause CC "venez causer avec moi avant d'utiliser ma zic". Surtout qu'on est assez facilement joignable, contrairement à des "stars" du show biz. J'aime bien cette dimension humaine, dans la pratique que nous avons de la musique.FreeMusicFactory a écrit :Mais tu souléves un point intéressant : ta position personnelle (et celle de n'importe quel artiste libre) a t-elle une quelconque valeure légale et juridique dés lors que l'usage n'est pas prohibé par la licence que tu as choisi, même si tu n'es pas d'accord ?
Je ne pense pas.
Encore une fois, tu te places ici dans une logique utilitariste de la musique. Bien sûr que l'attrait principal de la musique sous licence ouverte est la gratuité, dès lors que l'on songe à l'utiliser. Et l'aspect artistique sera vraiment secondaire, dans ce cas : j'imagine que pour un répondeur téléphonique, tu ne choisiras pas forcément en priorité ce que tu aimes (surtout si tu aimes le harcore industriel expérimental) mais une musique adaptée à la fonction que tu lui assignes (faire patienter le chaland).FreeMusicFactory a écrit : j'ai du mal à comprendre en quoi le fait que la gratuité puisse être un argument soit un problème. Ou alors je n'ai pas compris pourquoi Dogmazic ne faisait pas payer chaque téléchargement ...
Mais si l'on se place dans une logique culturelle, dans une logique d'oeuvre et non de produit, on peut espérer que l'amateur s'orientera vers la musique sous CC parce qu'il espère y trouver un plaisir culturel. La licence ouverte est juste ici un moyen de favoriser l'échange entre artistes et amateurs de musique. La gratuité y a sa place, mais plutôt comme cerise sur le gâteau.
