En fait, ça fait résonnance avec d'autres discussions abordées ici, relatives à un certain usage des oeuvres sous LLD dans le but de faire des économies.
Quand un artiste inscrit à la Sacem joue dans une salle ou un bar, l'organisateur du concert est censé remplir la fameuse feuille jaune de la Sacem, afin que cette dernière puisse calculer les droits d'auteurs afférents au concert et les reverser à l'artiste. POur l'organisateur du concert, cette somme allouée à la Sacem s'ajoute à l'éventuel cachet du à l'artiste, le remboursement de ses frais, la nourriture etc..
Un de mes amis responsable d'un label me disait : "tu vois, ce groupe XXX, ne déclare pas à la Sacem les enregistrements que nous publions. Parce qu'ils savent bien que les ventes des disques sont trop faibles. Ce serait pas rentable pour eux de payer la redevance Sacem sur le disque que nous publions (vu que le label refuse de payer cette taxe de toutes façons). Mais ils demeurent inscrits à la Sacem parce qu'ils jouent beaucoup en concerts et que ça par contre, ça leur rapporte des thunes."
Autrement dit : le groupe touche des droits sur les concerts (et c'est l'organisateur qui paye), pas sur les disques commercialisés.
Bien.
Les artistes qui ont choisi les Licences de Libre diffusion ne touchent évdiemment aucun "droit d'auteur" sur les disques qu'ils commercialisent (ils peuvent éventuellement négocier des royalties bien sûr, mais ce n'est pas la même chose). Quand ils se produisent sur scène, ils touchent éventuellement un cachet etc.., mais pas non plus de droits d'auteur sur leur concert.
Pour l'organisateur, c'est une économie. Il n'a pas les droits sacem à payer. dans un monde merveilleux (oui oui a pays des jouets comme disait ailleurs dogbreath, ou candy au pays de candy comme je dis souvent), on pourrait se dire que l'organisateur pourrait donc verser un cachet plus important à l'artiste sous LLD, compte tenu du fait qu'il ne paye pas les droits sacem (la fameuse feuille jaune lui revient avec la mention : somme due : 0 euro).
Hé bien, non. ça n'arrive quasiment jamais. Que ce soit dans les petits bars, les salles subventionnées ou les gros festivals (par exemple : le Printemps de Bourges, exemple récent), ça permet de faire des économies, et vu que les bugets "artistes" sont toujours ric rac dans les gros festivals, faut réserver de sacrées sommes au village VIP vous comprenez
Ça se comprend..
mais : ça me fait penser à cette histoire de sonnerie téléphonique (cf le post ci_dessous). En choisissant pour illustration musicale du répondeur téléphonique une musisque sous Licence Art Libre par exemple, ben c'est cool, on n'a pas à payer la Sacem, donc : on n'a rien à payer du tout.
Quand on peut faire des économies pourquoi se priver hein ?
Dans un monde merveilleux, certains organisateurs de spectacles, je pense notamment aux spectacles SUBVENTIONNÉS, donc les lieux qui survivent grace à de l'argent public, l'argent des citoyens, pourraient être amenés à prendre en compte le fait de ne pas payer la sacem quand ils accueillent un artiste sous LLD. Avec tous les interminables discours sur le soutien des artistes etc. ça se tiendrait..
On touche aussi un point qui hante littéralement le monde des licences libres depuis son comencement (dans l'informatique) : l'assimilation LIBRE/GRATUIT (facilitée en anglais dans le sens où le mot "free" porte les deux significations). Ou du moins : LIBRE=MOINS CHER.
Là dessus ça ne me gène pas outre mesure : quand j'ai adopté linux (ça fait plus de 4 ans maintenant), sûr que ça me paraissait le moyen le moins onéreux de disposer d'un ordi performant (avant ça je passais un temps fou à craquer des logiciels.. n'ayant pas les moyens de me payer les licences d'utilisation).
Pour un label qui soutient des artistes sous licence libre, je vous assure que ça représente une sacrée ligne en moins dans le budget annuel. Je connais pas mal de labels qui ne pourraient tout simplement pas sortir de disques si ils devaient à chaque fois s'acquitter des frais sacem.
Pour vous donner un exemple, un morceau présent sur une compilation type CQFD, la fameuse compil des inrocks tirée à des dizaines de millers d'exemplaires, coûte au label (parce que le magazine ne peut pas le prendre en charge) des milliers d'euros si l'artiste est inscrit à la sacem. C'est pas donné à tout le monde de pouvoir sortir cette somme.
Pour les programmeurs de spectacles, ça représente une somme en moins à payer (certes pas aussi importante mais tout de même).
Bon j'arrète là pour aujourd'hui, je vous laisse réagir, réfléchir..
(à titre personnel je n'en pense pas grand chose de tout ça. Est-ce qu'on devrait utiliser cet argument "faire des économies" pour mieux "vendre" nos LLD ? Mais si on fait cela est-ce qu'on ne risque pas de se faire manger tout cru ? etc..)