bizarre de voir des gens se disant libertaire réclamer + d'Etat !
Quand vous dites que l'Etat pourrait faire qqch de bien en "laissant faire" et en "ne faisant pas" ceci ou cela, moi j'entends que ce que vous souhaitez c'est tout simplement que l'Etat s'efface, c'est à dire tende à disparaitre.
Dogbreath, tu as raison, la lutte des classes est + que jamais d'actualité, et c'est la bourgeoisie qui mène les offensives et qui fait progresser ses intérêts, alors que les prolétaires ne font au mieux que se défendre, et de manière bien dispersée, sans avoir conscience qu'il s'agit bel et bien d'une guerre sociale qui est en cours.
Et si l'on veut vraiment "améliorer la situation sociale générale", il faut pas compter sur l'Etat, mais sur l'auto-organisation de la classe de ceux qui ne possèdent rien. Du coup, il est vraiment important de redéfinir ce que veut dire "lutte des classes" aujourd'hui, et ce qu'est la classe des prolos. Bien sûr il y a les "classes moyennes", qui constituent probablement la plus grande partie de la population dans les sociétés occidentales, mais un "classe moyenne " devient un prolo lorsqu'il prend conscience de sa condition d'exploité et de dominé et qu'il entre en lutte. Ce qui est nouveau par rapport à la période d'avant 1940, c'est que le "mouvement ouvrier" est maintenant un cadavre, qu'agitent encore quelques orga et syndicats. Du coup, la grande majorité des gens est passive (attitude de base des classes moyennes, masses indécises perdues dans les mirages de la représentativité et réclamant avant tout du confort), ce qui n'est pas le cas des dominants, qui eux continuent à lutter pour leurs intérêts.
La confusion est grande (y compris dans ma tête mais je tente d'éclaircir mes idées), et le rapprochement que certains font entre les modéles libertaire et ultralibéral illustre bien cette confusion. L'idéal libertaire est incompatible avec le capitalisme, puisqu'il suppose l'abolition de la propriété et du pouvoir. Le modèle néo ou ultra libéral n'a même aucun idéal, il se veut juste le moins pire des systèmes, et prône la concurrence de tous conte tous dans un capitalisme totalement débridé : il n'y a là aucune volonté de solidarité, d'égalité sociale, et encore moins de volonté de dynamiter les rapports de domination.
Dana, quand tu dis être ultralibéral pour la création, dis plutôt que tu es pour l'autonomie : absence de dépendance et d'entraves venant d'où que ce soit (Etat, marché ...). Ce serait pas un mal pour éviter d'ajouter à la confusion générale ... L'autonomie a aussi pour condition de ne pas dépendre de subventions, comme tu le revendiques si justement.
Se passer de l'état, ça voudrait dire aujourd'hui affaiblir le marché dominant !
c'est dingue mais c'est comme ça (et pas que dans la musique regardez dans l'agriculture ou la santé)
j'ignore ce que pensent les groupes anarchistes à ce sujet.. je serais curieux de le savoir.
Oui, le "marché" (ou plutot ceux qui en profitent le +) ne peuvent se passer de l'Etat, et cela a toujours été comme cela. Seulement, et c'est la doctrine ultralibérale en ce qui concerne l'Etat, les seuls services vraiment utiles au maintien du désordre économique sont la police, la justice, les prisons, et l'éducation. Les fameux "pouvoirs régaliens", auquel j'ajoute l'éducation car elle est essentielle pour maintenir des mécanismes de sélection sociale et former les élites mais aussi la chair à patron ou à canon.
Les autres services de l'Etat auquels tiennent tant les partisans de l'Etat providence, ont tous (ou quasiment) été conquis par les luttes sociales, et c'est cela qui est en cours de démantèlement : sécurité sociale, minima sociaux, retraites par répartition, garanties de libertés minimales (temps de traval, liberté syndicale, droit de grève, ordonnance de 45 etc ...)
Ce qu'en pensent les groupes anarchistes ? je voudrais pas parler à leur place ...
D'un point de vue anarchiste, il faut en finir avec tous les rapports de domination, à commencer par le pouvoir ET la propriété. Il est vrai que certains anars sont mal à l'aise pour critiquer l'offensive ultralibérale puisqu'elle consiste à démanteler l'Etat qui est "leur pire ennemi", mais la grosse différence qu'il y a c'est que les libéraux s'attaquent dans l'Etat à tout ce que les libertaires auraient plutot tendance à vouloir sauver comme exemples de solidarité collective (même imparfaite puisque soumise au contrôle des institutions) : sécurité sociale, retraites par répartitions, minima sociaux etc ... Et les libertaires veulent plutot s'attaquer à tout ce que les libéraux défendent dans l'Etat : prison, justice, police, soutien à l'industrie etc ...