ben écoute taro suite à ton message j'ai relu l'intervidouille
mais alors je vois vraiment pas ce qu'il y a d'intéressant là dedans
tu pourrais me donner des exemples ?
amicalement
ah oui, des exemples, des exemples...
parce que si vraiment ce sont les mêmes idées, les mêmes définitions qui sont défendus par ici (tu peux citer un post ou un article ?), alors faut vraiment que je le sache, moi...
bon, salut à tous, je vois que j'ai fait réagir du monde

et j'ai même pas pris le temps de tout lire, désolé, je suis sur des partoches en ce moment (au lieu de sagement traduire des pages, c'est un comble) et mon dieu, j'avais oublié que les partoches, ça prend un temps fou
je réagirais quand même rapidement pour dire que, oui déjà Murat, je m'en fous, c'est pas du tout la musique que j'écoute, limite, je préfère sa peinture (sa série d'autoportraits bizarres), mais sinon sur ce qu'il dit... bon euh je réponds en vrac : je ne l'ai pas du tout vu comme un donneur de leçon, juste le gars un peu fatigué qui fait le bilan. il fait partie de ces artistes qui ont galéré bien des années et qui ont eu la chance de rencontrer le succès + une structure marketing pour entretenir le buzz etc. Je pense que s'il n'avait pas eu ça, il aurait continué sa musique même s'il doit transporter des cartons dans un hyper le matin, avec son approche du travail artistique (discipline, travail, sacrifice, engagement), vu qu'apparemment c'est sa conception des choses... après tout, il n'y a pas de règle. l'approche de Dana qui bosse pas et qui arrive à pondre des merveilles (ah! "when i was a super hero" !!!) me semble tout aussi légitime que l'approche d'un Bill Evans qui jusqu'à la fin de sa vie a fait tous les jours 8 heures de piano... parce que ce qui compte, c'est pas le temps passé, ou l'effort ou le fait d'avoir du succès ou pas, ou d'être un artiste sacem ou un artiste creative commons, ou etc, ce qui compte c'est si on est en adéquation avec la forme artistique qui fait de nous des artistes uniques, et s'il y a un travail, c'est plutôt une quête, une envie, un 'enthousiasme' pour avancer, progersser dans une 'forme', une 'conformation' à sa forme d'expression propre, personnelle, pour aller toujours plus loin dans ce qu'on "fait" (ce qui fait que je ne concçois pas une oeuvre comme une marchandise bien su^r, mais pas non plus comme un "bien culturel" comme certains le disent ici)... Et donc si ce "besoin" (de création) consiste à faire 8 heures de piano par jour, il faut les faire ces 8 heures, sans quoi, c'est foutu. et si ce "besoin" consiste à ne pas faire 8 heures de piano par jour, il ne faut surtout pas les faire ! sans quoi c'est foutu aussi !
(j'ajouterais même, dans l'un ou l'autre cas : même s'il faut, en plus de ça, transporter des cartons dans un hypermarché de 5h du mat à 11h tous les jours de la semaine pour pouvoir payer son loyer et sa bouffe... du coup, la distinction pro/amat m'échappe... comme celle de c'ui qui fait que ça / c'ui qui fait pas que ça pour faire référence à un autre thread au sujet d'un article de l'irma — d'ailleurs dans l'inteview sur l'Irma du gars qui fait cette dernière distinction (c'ui qui fait que ça, c'ui qui fait pas que ça), il regrette de ne pas avoir assez développé le cas des artistes qui vont jusqu'au bout du chemin (pour reprendre la métaphore de l'un) et qui ne font pas que ça pour autant (pour reprendre la métaphore de l'autre)...)
Pour revenir à Murat, un truc que j'ai trouvé intéressant, qui m'a parlé en tout cas, c'est quand il parle des gros qui bouffe les petits parce que ce sont les actionnaires qui veulent continuer à toucher des billes même si c'est la crise et même après la crise. parce que pour moi, c'est ça le véritable ennemi de toutes nos histoires. Et personnellement ça me parle df'autant plus que ce phénomène touche le monde de l'édition depuis un bail et c'est en train de tuer l'édition, et d'ailleurs mes contrats avec j'ai lu, c'était terminé quand Flammarion a racheté j'ai lu; explication : réduction de titres pas immédiatement rentables, faire le max de choses en interne etc, bref schéma classique : tout bon pour l'actionnaire qui ne voit qu'à court terme, tout mauvais pour les arts et la littérature à long terme... c'est pas la gratuité qui tue la musique, c'est les actionnaires.
hier sur France Cul, un gars disait (je paraphrase) : "n'importe qui qui a un peu de goût peut faire des photos bien cadrées, avec le bon contraste, etc. mais tout le monde ne peut pas photographier des choses que les autres ne voient pas"... et il y a forcément mille manières pour arriver à savoir à révéler l'invisible. si pour tel artiste, c'est l'ascèse, la discipline, ben il doit foncer. si pour un autre, c'est autre chose, il doit foncer... le plus dur, finalement, c'est peut-être de se trouver soi-même. donc tout le monde peut faire de la musique et il faut encourager cette démocratisation, mais tout le monde n'est pas bill evans ou dana hilliot... en ce sens, j'ai moi aussi une conception élitiste de l'art.
artiste raté : bon, je comprends que ça fasse réagir quand il parle d'artiste raté, mais moi ce que j'ai compris, c'est que pour murat l'artiste raté, c'est celui qui ne faitt que "la moitié du chemin" et qui se la pète tout de suite, qui "arrache tout" et mise tout sur les possibilités du réseau social virtuel etc. avec des millions d'amis anonymes etc... et j'ai, ici, je crois, déjà entendu un discours similaire à propos par exemple de types qui arrivent avec des titres torché un week end avec dance ejay avec des boucles de base et qui se jouent les stars... n'importe qui peut jouer les stars avec des sites web ou des pages myspaces.
anonymat : je comprends ce qu'il dit, je suis assez d'accord... mais ça m'a surtout fait penser en fait à ce qui est arrivé ici-même récemment dans un autre thread, avec un gars qui était sacem et qui comprenait pas pourquoi il pouvait pas mettre de titre sur dog ou sur jam etc et qui a eu cette inexcusable attitude d'anonyme dont parle Murat... je peux comprendre qu'il ait pas du tout aimé son expérience du net !
SUr la goinfrerie : je ne pense pas qu'il s'en prenne aux mélomanes. il s'en prend aux goinfres : ceux qui téléchargent à tout va (une fois, un ami a téléchargé tout pink floyd et a tout écouté d'une traite... je me demande ce qu'il en a retenu quand personnellement je me repasse régulière le dark side (c'est tout ce que je connais des floyd!) et je découvre toujours de nouvelles choses que je n'avais pas entendu... alors je me pose vraiment des questions sur ces types qui téléchargent 20000 titres... je connais un gars qui a 3000 disques, cd et vinyles. tu en prends un hasard, tu lui mets un titre au hasard, il va te dire exactement ce que c'est, quelle émotion, quelle histoire personnelle sont rattachées à cette musique, etc.), ceux qui ont 45000 amis sur myspace (d'ailleurs il y a les groupes établis qui ont 45000 'amis', mais là c'est plus comme la newsletter à laquelle on s'inscrit, mais il y a les petits groupes qui ont 45000 amis, eux ont une attitude agressive, ils veulent augmenter leur fanorat pour après pouvoir sortir le chiffre comme un argument marketing... voilà les goinfres dont parle Murat. et je crois qu'ils ne sont pas très bien vu ici également... et exceptionnellement, il y a les artistes qui se retrouvent avec 45000 amis à cause de leur succès, en fait en disant ça, je pense en fait à Tay Zonday sur youtube dont son chocolate rain a maintenant dépassé les 10 millions de visionnage !)... etc... Le mélomane, lui, n'est jamais goinfre. le mélomane, c'est le gourmet. qui sait ce qu'il y a dans son assiette. prend toujours la juste quantité, cherche et apprend la voir la qualité. cherche des saveurs nouvelles... et cherche à les faire partager... ici aussi, il me semble aussi qu'on soit contre cette goinfrerie, contre aussi celle du marketing, de la pub, du gars qui fait tout pour signer, gagner de la thune avec sa musique, veut faire la starac et autre pop star pour devenir une star très vite. toujours en vouloir plus... bref.
tout ça pour dire que Murat, c'est pour moi un type comme nous, un gars qui croit en sa musique et bosse sa musique (il parait que c'est un sacré guitariste), qui a pas sa langue dans sa poche en plus etc. il a sa vision des choses, qui est tout à fait légitime. etc. et qu'il n'ait que 2000 amis myspace est plutôt rassurant étant donné sa notoriété... ça en fait pour moi un type plutôt sympathique, même si j'écoute pas ses trucs... et qu'il fasse des trucs intéressants ou pas, ou devrais-je dire qui m'intéressent ou pas, ne change pas le fait que c'est un type qui a décidé d'être artiste, qui a trimé des années pour... puis un jour il a rencontré le succès, et voilà. et tant mieux pour lui. en tout cas c'est pas lui qu'on a sorti de nulle part pour le matraquer à longueur de journée dans les média (bon à part sur inter des fois

)...
et voilà, après, il est chez maintenant une major, mais, et alors ? quand t'achète un disque, les sous rentrent d'abord dans les poches de la major, pas de l'artiste, mais l'artiste touche quand même de la thune. et c'est tant mieux pour lui. en vouloir à la major oui, mais à l'artiste ?... (surtout quand il arrrive des hsitoires comme ce qui est arrivé à Chamfort ou plus récemment l'histoire de sébasto, super édifiante - je n'aurais jamais cru que ça pouvait arriver en france (aux states, c'est monnaie courante, cf. le célèbre article de Steve Albini !) enfin bref)... j'ai jamais compris ça, un type n'est pas con ou sympa parce qu'il est major, indé, ou 'libre' ! il y a plein d'artistes pas intéressants dans le libre ! plein qui ne font même pas la moitié du chemin !

... ou alors c'est comme si je devenais du jour au lendemain infréquentable parce que l'éditeur avec qui j'ai des contrats est racheté par Hachette, ce qui fait donc que maintenant, je "bosse" pour Lagardère, le marchand d'armes !!...
sur la gratuité : je comprends qu'un artiste un peu établi (comme murat) puisse s'inquiéter de son sort et dire la gratuité ça nous tue. comme tout le monde il a un certain revenu, il est parti de rien, grâce à la maison de disque et le public etc il est arrivé à avoir des rentrées de thune régulière, bref il en a pu en faire son métier, donc normal, il veut que ça continue. et il a fait des projections dans l'avenir en fonction de ces revenus. il a peut-être un crédit sur 30 ans, mis de l'argent de côté pour ses gamins, que sais-je! peu importe, je ne trouve pas ça moins légitime que par exemple des gens qui font grève pour garder leurs acquis sociaux... le monde doré (argenté devrais-je dire) du disque s'il a jamais existé est sûrement derrière, mais je ne comprends pas qu'on puisse s'enthousiasmer qu'un artiste qui vit de sa musique s'inquiète du fait que ses revenus vont baisser... je préfèrerais lui souhaiter la meilleure reconversion possible. parce qu'à ce train, seuls les gros actionnaires des grosses boîtes seront très riches, et tout les autres, très pauvres, et c'est tout.
sur l'histoire de la gratuité qui compromet la création... je pense que c'est une histoire de taille de production. biensûr si c'est pour tout miser sur le marketing avec un artiste qui travaille dans sa cuisine avec 2 nagras, ça se comprend (cf. un autre thread). Mais pour prendre un exemple personnel puisque j'y suis. je bosse donc sur une partoche avec au moins 20 instruments d'orchestre. je ne vois vraiment pas comment je vais pouvoir réaliser un enregistrement décent sans moyens... si, avec beaucoup d'efforts pour trouver de bons musiciens bénévoles, et encore il faudra payer des frais de transport, de bouffe, voire de logement, mais aussi changer l'orchestration en fonction de ceux qui seront partants & dispos pour répéter le temps qu'il faudra etc. et brider la musique pour la rendre plus facile à exécuter... bon, ou alors faire un emprunt à la consommation, recruter les zikos sur tant de jours avec un planning, louer un orchestre des pays de l'est (c'est pas cher, ça ne coûte que 2000 euros par jour) en décidant que je retrouve pas mes billes... ou alors... ou alors faire ça avec des sons morts (samples). bah c'est malheureusement la direction que ça prend. même au cinoche, c'est de plus en plus du sample (je ne parle pas de musique "électronique" mais de musiques qui imitent l'orchestre). enfin c'est comme pour l'image de synthèse. bon c'est soi-disant pour un meilleur contrôle artistique, qui est sans doute réel, mais ça devient fade et uniforme, je préfère la vision d'un Bela Tarr par exemple enfin bref.
et donc moi la solution que j'ai trouvée, c'est mes sessions after infinity (réunir plein de zikos et faire un album en une après midi)... mais ça ne résoud pas ma problématique de certaines musique qui ne peuvent exister sans moyens financiers. tout ça pour dire que la gratuité n'empêche pas la musique, mais elle la colore. en même temps, ce n'est pas un mal évidemment. mais ce n'est pas l'un ou l'autre, les deux doivent être possible. c'est pour ça, pour moi, la sacem n'est pas l'ennemi. elle est juste très vieille... (mais ça va changer. après tout, iln'y a pas si longtemps, pour s'inscrire, il y avait un examen d'entrée avec lignes de partoches à faire, etc. et il fallait déposer des partoches etc. ce n'est plus le cas.)
putain, je me suis étalé comme pas possible, et dans le désordre en plus, au lieu de faire de la musique.
pfff.
et j"ai même pas fini de lire les autres contributions... et j'ai même pas lu la lettre ouverte sur ratiatum. bon, tant pis... désolé si je fais des redites ou contresens sur des points qui m'auraient échappées dans mon survol (c'est pas bien c'est pas bien !

)
face à un caca nerveux, je préfère m'en tenir comme d'autres ici au registre de la provoc en retour, de l'argument gras et vaseux
ce qui est dommage...
surtout que Murat. ne fait pas un caca nerveux, il répond juste à sa manière aux questions stupides du journaliste.
non il n'y a rien d'intéressant dans ce texte
il y a un effet d'excitation : la comunauté est émue, s'indigne, etc.
c'est nul
bah Murat n'est qu'un prétexte. ce qui est intéressant, c'est qu'une interview finalement ordinaire donne lieu à 6 pages de réactions diverses et variées...
mais je me trouve plus d'affinités avec le ton des dernières réactions, ce... dogmazicalisme ouvert, posé et argumenté qui donne envie d'intervenir et de discuter pour faire avancer le schmilblikkkk
