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Propagande

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BrainDamage
Messages : 271
Inscription : 18 août 2006, 23:30

Propagande

Message par BrainDamage »

Bon, ce n'est pas tout à fait en rapport avec la musique, mais tout de même…

Dans le dernier numéro (35) de TransLitérature, le bulletin de L'Association des Traducteurs littéraires de France, on trouve un article d'Isabelle Audinot intitulé "Internet aura-t-il raison du droit d'auteur ?" qui, sous couvert de dénoncer le "fansubbing" de travail qui menacerait le travail des traducteurs professionnels de l'audiovisuel, se livre à une propagande vigoureuse en faveur de la commission Olivennes (il y a même une citation Extraite de "La gratuité c'est le vol" !), avec emploi des clichés les plus éculés, etc.

On en a vu d'autres, c'est sûr. Mais je voudrais attirer votre attention sur le fait que cet article parlant de traduction dans l'audiovisuel est destiné aux traducteurs littéraires, qui ne sont donc pas concernés mais que l'auteur du texte essaye de convaincre qu'il faut "faire respecter la loi sur le droit d'auteur pour qu'Internet cesse d'êre une zone de non-droit".

Je précise que, contrairement aux traducteurs littéraires qui gèrent leurs droits au coup par coup, les traducteurs de l'audiovisuel passent par la Sacem et la Scam.

Les pôvres.
suppr4046
Messages : 1018
Inscription : 11 févr. 2006, 16:13

Re: Propagande

Message par suppr4046 »

salut a toi,

As tu des connaissances coté systeme de gestion pour les écrivains ; on m'a demandé conseil et je ne sais pas quoi répondre ; je pense qu'il y a possibilité de gérer individuellment ou collectivement son oeuvre comme tout artiste (CPI)

Maintenant je crois qu'il y a des specificités.
pour le collectif j'ai remarqué "la soccité des ecrivains" qui me semble etre une sorte de société de gestion collective. Mais est ce la seule?

Tu parles de gestion au coup par coup ; cela ressemble a de l'individuel ; mais peut etre que contrairement à la sacem les socités de gestion collectives pour le ivre ont des statuts différent qui le permette (?)

si tu as des infos, je suis curieux.

merci a toi et fais nous plein de musique !

didier
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bituur
Messages : 1368
Inscription : 23 juin 2004, 13:18

Re: Propagande

Message par bituur »

une des sociétés pour l'écrit c'est http://www.la-sofia.org/sofia/Adherents ... /index.jsp
BrainDamage
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Inscription : 18 août 2006, 23:30

Re: Propagande

Message par BrainDamage »

La sofia verse le produit des ventes aux bibliothèques, soit à l'auteur s'il est inscrit chez eux, soit dans le cas contraire à l'éditeur, à charge pour lui de reverser.

À part ce cas précis, un écrivain n'a aucun intérêt à passer par une société de gestion collective pour ses droits d'auteur. Enfin, sauf s'il veut se priver sans raison d'une partie de ses revenus.

J'écris un roman, je le propose à un éditeur qui, s'il l'accepte, me signe un contrat. Pas besoin de rajouter un parasite intermédiaire inutile. Déjà que ça paye pas des masses…

Le contrat signé, c'est l'éditeur qui gère les droits du texte en question. (Tout ou partie, ça peut se négocier.)

Une fois le livre épuisé, récupérer ses droits pour le republier ailleurs est en général assez simple.

Je connais quelques écrivains et je ne me souviens pas avoir discuté une seule fois en trente ans d'une éventuelle gestion collective de nos droits.

J'espère que ça répond au moins en partie à ta question.
taro
Messages : 650
Inscription : 26 sept. 2006, 13:04

Re: Propagande

Message par taro »

eisse a écrit :salut a toi,

As tu des connaissances coté systeme de gestion pour les écrivains ; on m'a demandé conseil et je ne sais pas quoi répondre ; je pense qu'il y a possibilité de gérer individuellment ou collectivement son oeuvre comme tout artiste (CPI)

Maintenant je crois qu'il y a des specificités.
pour le collectif j'ai remarqué "la soccité des ecrivains" qui me semble etre une sorte de société de gestion collective. Mais est ce la seule?

Tu parles de gestion au coup par coup ; cela ressemble a de l'individuel ; mais peut etre que contrairement à la sacem les socités de gestion collectives pour le ivre ont des statuts différent qui le permette (?)

si tu as des infos, je suis curieux.

merci a toi et fais nous plein de musique !

didier
pour ce qui me concerne (traduction littéraire), c'est de la gestion individuelle. mais dans ce genre de contexte, il n'y a pas besoin de société de gestion collective, tu signes avec un éditeur, lequel, après, doit (enfin normalement !) te filer un récap des ventes, invendus, passage au pilon etc. Avec j'ai lu par exemple, j'ai ça tous les 6 mois. bon j'ai pas le temps je dois filer, je développerai plus tard !

edit : oups, j'ai été devancé ! :D
dibidibirek
Messages : 1
Inscription : 03 nov. 2008, 04:36

Re: Propagande

Message par dibidibirek »

Cher BrainDamage, je suppose que c'est le manque d'informations qui vous fait écrire ceci. Oui, l'article d'Isabelle Audinot s'adresse aux traducteurs littéraires et concerne la traduction audiovisuelle : peut-être ignorez-vous que beaucoup de traducteurs littéraires font aussi de la traduction audiovisuelle, et vice versa ? D'où l'intérêt de cet article dans le cadre de la revue de l'ATLF. Ces deux types de traduction relèvent en effet du même statut (celui d'auteur), contrairement à la traduction technique, qui s'effectue sous un statut de type profession libérale.
Pourquoi "sous couvert de dénoncer le fansubbing ? Il y est dénoncé - et il y a de quoi le dénoncer, du point de vue des auteurs de traductions audiovisuelles, croyez-moi...
Et pourquoi parler de propagande ? N'est-ce pas le droit des auteurs que de défendre... leurs droits, justement ? Et n'est-ce pas légitime de s'inquiéter face au grignotage de ce droit d'auteur qui est l'une des rares protections qui nous reste, à nous, auteurs ? Outre l'aspect "propriété intellectuelle", qui est sans cesse remis en cause, d'un point de vue très prosaïque je rappelle que notre statut implique zéro congés payés et zéro chômage en cas d'inactivité. Donc oui, "nos" droits d'auteur sont importants pour nous : leur part "morale", comme leur contrepartie financière. Et oui, Internet inquiète bon nombre d'entre nous à cet égard, que ce soit du côté du fansubbing ou du piratage de fichiers de sous-titres.
contrairement aux traducteurs littéraires qui gèrent leurs droits au coup par coup, les traducteurs de l'audiovisuel passent par la Sacem et la Scam.

Les pôvres.
Oui, cela tient aux multiples (formes de ) diffusions possibles des oeuvres audiovisuelles. Pour info, c'est pourquoi en traduction audiovisuelle (notez que je ne me prononce pas sur la traduction littéraire à cet égard), traiter les sociétés de gestion de droits d'auteur de "parasites" n'aurait par exemple pas lieu d'être : sans elles, il nous serait très difficile de toucher des droits sur les diffusions des programmes que nous avons traduits. Il faudrait contacter les chaînes une par une, leur réclamer leur grille de diffusion et éplucher cette dernière heure par heure , jour par jour, pour voir si par hasard une de nos trads n'est pas diffusée... Un second boulot à temps complet, quoi. Ce système facilite en outre la vie aux chaînes, éditeurs de DVD et autres diffuseurs, qui n'ont que deux ou trois interlocuteurs, et non des centaines, et n'ont pas trop de questions à se poser (ils passent à la caisse, les sociétés de gestion des droits d'auteur se chargent ensuite de répartir les montants versés entre les ayant-droits). A vrai dire, confier la gestion des droits de diffusion à ces sociétés d'auteurs, est à peu près notre seule chance de toucher quelques euros sur les ventes de DVD, dizaines d'euros sur les diffusions TV, et un peu plus pour les happy-few qui travaillent pour le cinéma.
Pour info, la Scam est très efficace (elle s'occupe des diffusions de traductions de documentaires à la télévision), en revanche à la Sacem (traductions de fictions en DVD et à la télévision + toutes les sorties cinéma, fictions comme docus), c'est un bordel sans nom... mais là, j'ai l'impression que je ne vous apprends rien :(
kokonotsurecords
Messages : 1776
Inscription : 16 mars 2008, 17:42

Re: Propagande

Message par kokonotsurecords »

Bonjour et bienvenue dibidibirek.

Etant moi-même un "consommateur" d'animés japonais, je connais un peu le sujet des fansubs. Je précise que je n'ai pas quinze ans, au cas où. :)
Je trouve qu'utiliser cet argument comme support à une revendication relative aux droits d'auteurs des traducteurs dans l'audiovisuel, c'est comme invoquer le "piratage" sur le Peer to Peer pour expliquer le manque à gagner de l'industrie du divertissement.
C'est chercher un bouc émissaire pour expliquer un faux problème.
Cher BrainDamage, je suppose que c'est le manque d'informations qui vous fait écrire ceci.
Comme pas mal de gens dans le coin, nous sommes concernés par la loi HADOPI issue de la commission Olivennes. Parler de droits d'auteurs alors que c'est surtout les multinationales du divertissement qui défendent leurs intérêts corporatistes c'est de la propagande à l'usage des mal informés.

Etes-vous si naïfs ?
Est-ce que cette loi est devenue le moyen de certaines catégories d'auteurs de revendiquer leur part d'un quelconque hypothétique gâteau ?
N'est-ce pas le droit des auteurs que de défendre... leurs droits, justement ? Et n'est-ce pas légitime de s'inquiéter face au grignotage de ce droit d'auteur qui est l'une des rares protections qui nous reste, à nous, auteurs ? Outre l'aspect "propriété intellectuelle", qui est sans cesse remis en cause, d'un point de vue très prosaïque je rappelle que notre statut implique zéro congés payés et zéro chômage en cas d'inactivité. Donc oui, "nos" droits d'auteur sont importants pour nous : leur part "morale", comme leur contrepartie financière.
Le droit d'auteur n'est remis en question que lorsque le nom de l'auteur, sa paternité n'est pas respectée. En fait lorsqu'un autre oublie ou s'approprie cette paternité.
En l'occurence, en ce qui concerne le fansub, vous pouvez vous plaindre que d'autres font le travail à votre place, pas qu'ils s'approprient un travail que vous auriez déja fait.
Si grignotage du droit d'auteur il y avait, il faudrait aller voir du côté de l'industrie du divertissement plutôt que du côté des consommateurs.
Ce qui est remis en cause c'est l'idée même de propriété intellectuelle et ce que ce terme, qui ne va pas de soi, implique réellement.
Si des gens s'oppose à cette notion ce n'est pas contre les auteurs mais contre la privatisation d'un bien commun de l'Humanité : la création et la diffusion des oeuvres de l'esprit.

Vous signalez vos inquiétudes liées à votre statut précaire mais quel rapport avec la loi HADOPI ?
Prenons les fansubs. Je ne vois pas bien comment mais imaginons que la loi HADOPI leur fait fermer leurs portes à force de condamner les gens qui comme moi recherchent des animes non licenciés en France. Qu'est-ce que cela changerait à votre situation ?
Ca ne vous apportera pas plus de travail et donc pas plus de droits d'auteur, ni de contrepartie financière, votre travail dépendant d'accords commerciaux qui n'existent pas encore, ou jamais.

Ce que je constate en outre, c'est que sous couvert de défendre le droit d'auteur, droit légitime, vous défendez des intérêts économiques particuliers qui ne sont pas les vôtres en occultant tout le mal que ce type de loi engendre. Atteintes aux libertés individuelles grâce à la mise en place d'une intimidation illégale qui va à l'encontre du droit européen. De plus, c'est définitivement anti-pédagogique vis-à-vis du grand public.
Techniquement, les gens un peu avertis savent que filtrer le web est de l'ordre du n'importe quoi et qu'on va assister à de l'arbitraire sans que ça ait la moindre incidence sur le statut précaire dont vous vous plaignez ni que ça fasse rentrer plus de numéraire dans vos poches. On va en outre être confronté, si cette loi était appliquée, à des contre-mesures techniques ou de comportements qui vont définitivement ramener le droit d'auteur à un truc mythologique pour les générations à venir.

Alors oui, il y a propagande car nous sommes en présence d'une stratégie menée par une industrie qui exploite les auteurs dans leur majorité. Cette industrie s'est immiscée dans les lieux où elle n'a rien à faire, là où les représentants du peuple font leur travail. Cette industrie par un jeu de collusion avec le pouvoir en place ( corruption ? ) a mis en place une communication visant à influencer la population dans la perception de la réalité, donc oui c'est de la pure propagande. Et vous y contribuez par un manque de recul et de réflexion certain, sans vouloir vous manquer de respect.
Comment est-ce qu'on appelle la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie ou une contagion émotionnelle avec ces derniers ?

Cordialement.
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DECAY
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Re: Propagande

Message par DECAY »

+1 pour Kokonotsu

surtout que concernant les fansub d'animes, c'est pas rare de voir les trucs les plus fansubbé être licencié plus vite que les autres... on dirais que ça motive les éditeurs...




...
dana
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Re: Propagande

Message par dana »

je visionne beaucoup de séries américaines en vostfr (sous-titrage en français)
et ce, quelques jours seulement après leur diffusion aux états unis
il existe de très nombreuses séries tv vraiment intéressante qui ne feront jamais l'objet d'une diffusion française, au prétexte que ça n'est pas censé intéresser le public français etc
et pour les séries populaires, faudrait attendre des mois voire une année pour espérer une diffusion en France
ceci n'est possible que parce qu'il existe une communauté de traducteurs bénévoles (les fansub) hyper réactive, passionnée et compétente
les traducteurs professionnels ont certainement d'autres choses à faire que de traduire des séries tv qui ne sortiront pas en france, et si elles sortent, j'imagine qu'on fera appel à eux
bref :
JE NE VOIS PAS OÙ EST LE PROBLEME
c'est purement délirant de s'imaginer que vous perdez à cause des sous-titreur amateur des parts de gâteau
c'est exactement comme certains musiciens professionnels qui se plaignent que des groupes amateurs viennent jouer pour des clopinettes dans des bars
vous créez un régime de concurrence là où de toutes façons vous n'aviez pas envie de jouer

si des guss veulent passer du temps à traduire des séries, sans rien demander en retour, hé bien c'est leur problème
croyez vous que la compétence de traduction dussent être réservée uniquement à des professionnels ? Il m'arrive souvent de traduire des textes dans les domaines que j'étudie , traduction que je diffuse à des communautés intéressées.. Sachant que de toutes façons, ou bien personne d'autre ne le ferait, ou bien il faudrait attendre des lustres avant que ces trad soient disponibles..

que votre situation soit difficile, hé bien, bienvenue au club, c'est el cas des bien des professions actuellement, mais n'allez pas chercher des boucs émissaires n'importe où
BrainDamage
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Inscription : 18 août 2006, 23:30

Re: Propagande

Message par BrainDamage »

dibidibirek a écrit :Cher BrainDamage, je suppose que c'est le manque d'informations qui vous fait écrire ceci.
Sans doute. Je n'ai après tout que trente-cinq années d'expérience du milieu littéraire, dont vingt-cinq en tant que professionnel, et je n'ai travaillé comme traducteur que pour de petits éditeurs inconnus et provinciaux tels que Gallimard, Fayard, Flammarion, ou les Presse de la Cité.

Pour le reste, il me semble que le rôle d'un bulletin comme celui de l'ATLF est d'informer et non de faire la propagande du gouvernement et des industries culturelles.
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