#Sam,
il ne s'agit pas d'un débât, encore, sur la clause NC. Cette clause est citée en introduction comme prétexte à une discussion sur des thèmes plus ambitieux, comme la Liberté et la façon dont la société emploi cette notion; l'imagination et le pouvoir que cela représente d'inventer des scénarios de mondes; le partage et ses raisons. comment se fait-il qu'aprés 40 ans de consumérisme acharné, avec tout ce que cela comporte d'aliénation, des gens de par le monde, ne se connaissant pas, ont tous la même idée lorsqu'ils utilisent le même médium, et qu'il foutent en l'air tout ce que l'argent, le pouvoir et la technologie leur ont imposé de conditionnement depuis tant d'années. Alors qu'on pensait que l'homme civilisé était juste un bête consommateur, il a des comportements que les marchands regardent avec horreur. On ne prend pas le temps de faire voter des lois juste pour rigoler. La peur a changé de camps.
Et si ces comportement déviants se répandaient ? Qu'est-ce qui se passerait ?
Et si 3 milliard de personnes se mettaient à parler en abolissant temps et espace via le Réseau et à comparer leurs vies, qu'est-ce qui se passerait ?
ET si on n'arrivait jamais à faire d'Internet une télévision interactive, c'est-à-dire un medium unidirectionnel, que fera-t-on ?
Autant de questions que peuvent se poser les détenteurs du pouvoir économique et politique actuel.
Tu vois ? Ce genre de chose.
Pour ma part, ce débât sur les licences que je vous sens prêt à aborder encore et encore en partant de votre point de vue, de vos raisons de telle ou telle clause, ben, je m'en cogne un peu. On a fait le tour du sujet dans d'autres fils. Ce n'est pas intéressant.
Pour moi Sam, tu n'es pas un adversaire. Tu as des idées sur la façon dont tu veux partager tes oeuvres, je les respecte, tu es un des nombreux motifs de ce mouvement patchwork du libre.
#Decay,
avec cet exemple de digue contruite avec du sable, je voulais pointer du doigt le pragmatisme obssessionnel à l'oeuvre dans le monde depuis quelques temps.
La réflexion, la discussion, sont montrés de façon négative. De fait, l'intellectuel, le vrai, pas celui qui se fait passé pour un penseur auprés des media chez qui il a ses entrées le samedi soir, se retrouve obligé de se taire, ou alors de venir poser sa prose sur l'Internet.
Ce qui est bien car au moins, il n'est pas interrompu par un animateur ou un pseudo journaliste imbécile qui n'a qu'une culture de supermarché.
La pragmatisme forcené, celui dont on fait exemple, cache l'incompétence en matière d'imagination de nos hommes politiques. Quand on est incapable de trouver une solution à un problème en utilisant son cerveau, on porte aux nues le principe de l'action. Ainsi toute critique d'un monde observé est conspué par une majorité suiveuse d'individus, qui voient dans l'acte physique une sorte d'intelligence.
"J'agis donc je suis."
Quand on agis sans réflexion, on construit une digue en sable. On donne donc l'impression de faire quelque chose d'important, mais en fait, on fait 'nimporte quoi. On confond agitation et action. Je ne suis pas contre l'action mais contre celle qui n'est pas précédée de la réflexion et de l'imagination. La réflexion et l'imagination sont deux choses d'une trés grande importance. En tant qu'artiste, c'est-à-dire, une personne qui passe sa vie à vivre d'interpréter le monde, je passe beaucoup de temps dans l'inaction physique.
Ca n'a pas toujours été le cas, car il m'a fallut beaucoup de travail sur moi pour ne pas culpabiliser de cette inactivité. On nous enseigne que l'oisiveté est mère de tous les vices. On montre du doigt, à l'école, les enfants qui sont dans la Lune comme en se moquant d'eux et en les humiliant. Il est important de ne pas confondre oisiveté et réflexion, souvent confondue avec inaction.
#Dana,
Ce monde, le nôtre a besoin d'une Pause, nous-mêmes, nous avons besoin de cette Pause. Pour regarder autour de nous et nous parler.
En 99, pendant et aprés la tempête, j'habitais dans le Périgord, je me suis retrouvé pendant toute la nuit, alors que le vent décollait les toits, dans un café, éclairé à la bougie avec des dizaines d'autres personnes. Sans nous connaître, nous avons parlé. Pas de nos angoisses de fin du monde à cause des éléments déchaînés, mais de lui, d'elle, de moi. Sans les atours habituels de la vie en société, sans préliminaires.
Lorsque je vais à l'Utopia, un café dans un cinéma d'arts et essais, ici à Bordeaux, pour profiter du wifi, je me mets à une table collective pour pouvoir étaler mes petites affaires et être à l'aise.
De temps en temps, d'autres personnes viennent s'installer à cette table pendant que j'y suis. On a tous besoin de brancher nos ordinateurs et c'est le seul endroit où il y a une prise. La plupart du temps, on sympatise et on se parle. Pas du temps qu'il fait, mais de politique, de philosophie, de musique et de cinéma, bien sûr. La dernière fois, il y a un mois, ave un garçon que je ne connaissais pas, nous sommes parti du logiciel libre pour nous retrouver à discuter du Zen et du libre-arbitre. Mais pas entermes de magazine féminin, en terme de conviction profonde, de ressenti, d'intuition et de connaissance sérieuse sur ces sujets.
C'est ça la Pause dont je parle, mais à plus grande échelle. Et c'est de cette liberté-là aussi dont je parle ici Dana.
Nous ne l'avons pas, poussés que nous sommes dans une marche en avant perpétuelle.
Le déséquilibre dans lequel nous nous trouvons nous oblige à adhérer aux scénarios conçus par d'autres, ceux qui détiennent un pouvoir sur nos vies. Alors que nous devrions pouvoir inventer les nôtres. Ca rejoint le logiciel libre qui est la possibilité pour tout le monde de pouvoir s'inventer, adapter, tester, son environnement informatique. Les libertés définies par Stallman sont des choses précieuses. Nous ne nous en rendons pas vraiment compte. Parce que ce Hacker n'est pas seulement informaticien, il est surtout un humaniste et un mystique. Quelqu'un qui pense le monde et qui finit par agir aprés l'avoir beaucoup pensé.
Les pragmatiques, eux, ont inventé l'Open Source, en partant de la même idée et on monté des start-up côtées en bourse. Le résultat, c'est une pseudo-liberté, un semblant de liberté, et une confusion entre le FreeSoftware et l'Open Source dans la tête du public non averti.
On ramène la liberté de partage et la pérénisation du lien humain à une simple formalité technique en mettant tout au même niveau.
Tou est lié; arts, informatique, société, politique, alimentation, écologie, etc...