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pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Discussions sur ce qui se passe dans le monde de l'industrie du disque.
dana
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par dana »

miam ! quelqu'un qui se réfère à « Le nouvel esprit du capitalisme » de Boltanski/Chiappello
pour ceux (Didier, Alain ?) qui veulent jeter un oeil sur ce désormais classique des sciences sociales, voyez surtout le chapitre VII : « À l'épreuve de la critique artiste ».
Une interview des auteurs par yann Moulier Boutang sur Multitudes :
http://multitudes.samizdat.net/Vers-un- ... tique.html
dont j'extrais ceci :
Y. M. B. - Une question sur l’exploitation, le travail gratuit contenu. Le monde connexionniste et connectique (les NTIC, nouvelles technologies de l’information et de la communication), semble être un nouvel eldorado. Mais on s’aperçoit que ce monde « riche » repose sur une masse considérable de travail gratuit, d’absence de statut, de protection, de formes nouvelles de pression au travail, à la performance. Croyez-vous que la critique dite « artiste » est loin de ce type de préoccupation qui traditionnellement étaient du ressort de la critique sociale ?

LUC BOLTANSKI - La critique « artiste » n’est pas forcément loin de ces préoccupations. Ses tenants devraient s’apercevoir que la liberté n’est pas réelle pour de très nombreuses personnes et que sa réalisation effective est impossible sans sécurité, c’est-à-dire sans statut, mais cette idée de « statut » est tellement associée à la bureaucratie qu’ils ont combattu que nous ne sommes pas sûrs qu’ils soient prêts à enfourcher ce cheval de bataille. Par ailleurs, il faut bien voir que la critique artiste est aujourd’hui surtout portée par des personnes placées en haut de la hiérarchie socioculturelle, qui ont fait des études supérieures, qui travaillent souvent dans des secteurs créatifs (le marketing, la pub, les médias, la mode, internet, etc.) ou encore sur les marchés financiers ou dans des sociétés de conseil, et que leur sensibilisation à ce qu’est, à l’autre bout de l’échelle sociale, la vie d’un ouvrier intérimaire, qui n’a, lui, aucune espèce d’intérêt à la mobilité, est pas loin d’être nulle. Mais la critique artiste, encore une fois, n’est pas spontanément égalitaire ; elle court même toujours le risque d’être réinterprétée dans un sens aristocratique : la liberté à laquelle prétend l’artiste, peut être considérée comme un moyen d’accomplir une créativité humaine, c’est-à-dire formellement donnée à tous, bien qu’elle soit brimée chez la plupart. Mais on sait bien que, alliée, depuis le XVIIIesiècle et surtout au XIXe siècle, aux conceptions de l’art comme « sublime » et de l’artiste comme « génie », la critique artiste s’est souvent accompagnée d’un mépris pour le « commun », pour les « petits bourgeois », pour les « beaufs », etc. Certes, le « peuple » ou le « prolétariat » pouvaient paraître à l’abri de ce mépris, mais parce que la critique s’en donnait un tableau idéalisé et purement abstrait. Le « peuple », comme entité, était conçu comme « admirable », mais ses représentants réels, quand par aventure il arrivait aux tenants de la critique artiste de les croiser, ne pouvaient sembler que décevants, avec des préoccupations « terre à terre », « rétrogrades », etc.

EVE CHIAPELLO - C’est pourquoi l’alliance de la critique artiste avec la critique sociale est la meilleure garantie d’une promotion de l’égalité dans les libertés. Mais demander la sécurité n’est pas la seule façon pour la critique artiste de faire face aux problèmes que vous soulevez. Elle pourrait aussi le faire en redonnant de l’importance à ce motif qui lui est si fortement lié : le refus de voir la valeur des choses, historiquement des œuvres d’art et par extension du travail artistique, se résumer à leur valeur marchande, et au-delà le refus de voir le marché organiser des activités jugées trop nobles ou trop dignes pour être perverties par lui. La critique artiste a toujours été un rempart contre la marchandisation, notamment de l’homme et de son travail. Or il est essentiel que soit conservée une telle position critique qui permet que le capitalisme soit cantonné dans sa sphère et ne deviennent pas tyrannique au sens de M. Walzer en envahissant tous les secteurs de la société. En fait, il n’est pas impossible que la critique artiste soit amenée à disparaître accouchant de deux groupes en forte opposition comme on peut par exemple l’illustrer avec la question des OGM : d’un côté les tenants de la sauvegarde de « l’authenticité » de la nature qui sont contre toute production de masse et commercialisation d’OGM, voire toute recherche sur la question ; de l’autre ceux qui pensent qu’il ne faut rien interdire aux capacités d’innovation de l’homme et qui ont vite fait de faire alliance avec les forces capitalistes qui voient tout le profit que l’on peut tirer d’un tel credo libertaire.
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aisyk
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par aisyk »

Le lien que je propose fait même remonter l'Éducation Populaire à la naissance de la Ligue de l'Enseignement (1866).
Je suis également d'accord avec toi sur l'analyse du glissement sémantique des discours et communications de l'administration publique. Néanmoins, penses-tu que le terme "Cultures par tous" soit vraiment dans cette veine de pré-novlangue ?

Je veux dire que si on regarde comment sont définies la "Culture Libre", "Free Culture", comme le notait Ram Samudrala (lien : http://www.dogmazic.net/compil/document ... elibre.pdf) , et bien plus proche de nous, même Ubuntu, pour qui la "Free Culture" est :
The free culture movement is a social movement that promotes the freedom to distribute and modify creative works in the form of free content. Our aim is to promote a culture of creativity and sharing which is embodied by Ubuntu and the open source software available for it.
Source : https://wiki.ubuntu.com/UbuntuFreeCultureShowcase
La notion même de participation des publics (et pas de simple spectateur des animations, mais d'acteur), le partage et la réutilisation des œuvres...

En ce qui concerne les bibliothèques, ça me rappelle l'intervention de Christian Massault (président de l'asso des médiathécaires lyonnais) lors des conférences d'Artischaud qui parlait de "culture administrée" concernant les bibliothèques, qu'on y conservait au départ que les livres dont le public lambda ne devait surtout pas accéder... Et que cette culture professionnelle là, encore ancrée dans les bibliothèques (archives, documents peu consultables sauf si "laisser-passer estudiantin"...), se heurte à des réalités, 18% des français visitent les bibliothèques, peu sont abonnés... les horaires d'ouvertures des bibliothèques françaises sont parmi les plus courts d'Europe... Je l'appellerai "culture consultative", "annotative", de classement aussi et bien évidemment "administrée" si on se place sur la question de comment on gère une structure telle qu'une bibliothèque, médiathèque.

On peut parler longtemps de "culture", du terme, de sa polysémie, de ce qu'on veut bien y mettre derrière, je préfère accepter la diversité de ses sens et usages et en retirer le pourquoi on crée, comment, et surtout le devenir des œuvres produites... c'est cela qui m'amine. Si le terme "Cultures par tous" vous dérange parce qu'il simplifie une notion complexe, ou qu'il se réfère à des politiques ineptes, je le comprends (quoique pour le quidam moyen, les politiques ineptes à base de "participatif" sont lointaines et les débats sur la polysémie du terme le sont tout autant...). Mais comprenez aussi que ce terme, n'est qu'un étendard, pas un slogan ; une "volonté de faire", pas un constat ; une invitation, pas une politique.

Et quoi qu'en dise les quelques relents maoistes (révolution culturelle, les intellectuels ne servent à rien, il faut qu'ils travaillent, qu'ils soient dans l'action...), je crois sincèrement que les critiques les plus acerbes sont à même de bousculer les idées, pour mieux rebondir, pour mieux agir, car sans idées, sans réflexions, on agit à court terme, et on est l'esclave des discours des autres.
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aisyk
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par aisyk »

dana a écrit :miam ! quelqu'un qui se réfère à « Le nouvel esprit du capitalisme » de Boltanski/Chiappello
pour ceux (Didier, Alain ?) qui veulent jeter un oeil sur ce désormais classique des sciences sociales, voyez surtout le chapitre VII : « À l'épreuve de la critique artiste ».
Une interview des auteurs par yann Moulier Boutang sur Multitudes :
http://multitudes.samizdat.net/Vers-un- ... tique.html
Merci dana,
Mais que penses-tu de Maurizio Lazzarato ?
http://transform.eipcp.net/transversal/ ... zzarato/fr
B. et C. ont fait de l’artiste et de son activité, le modèle de l’économie libérale, alors que ce modèle a été construit sur le « capital humain » en tant qu’entrepreneur de soi-même.(...)
Le problème : la conception de la « critique artiste » nous renvoie à une conception de l’activité artistique révolue et qui peut-être, dans les termes décrites par B&C, n’a jamais existé.(...)
La preuve que la théorie de B. & C. est très limitée vient du fait que le libéralisme n’a pas généralisé les modalités de travail des intermittents, les seuls artistes avec un statut de salariés, mais il leur a imposé les contraintes économiques de l’entrepreneur de soi-même, du modèle du capital humain. C’est bien l’artiste et le technicien du spectacle qui doit assumer les comportements et les styles de vie du « capital humain ».(...)
Pierre-Michel Menger fixe, à travers sa préconisation d’une politique de l’emploi culturel permanent, les limites de l’action possible et raisonnable dans le marché du travail culturel : la « régulation » du « trop » d’artistes et des techniciens intermittents. Le travail de Menger montre bien la complicité, l’imbrication, la complémentarité et la convergence de la « droite » et de la « gauche » autour de la bataille pour l’emploi. Son dernier livre est tout construit sur l’opposition « disciplinaire » entre normal et anormal, comme son titre l’indique clairement : Les intermittents du spectacle : sociologie d’une exception. Pour Menger, « il ne s’agit pas d’un chômage ordinaire, tout comme il ne s’agit pas d’un emploi ordinaire […] La réglementation du chômage des intermittents est celle d’une couverture atypique d’un risque atypique. Mais la flexibilité hors normes a des conséquences redoutables. »(...)
Et je finis avec Pierre-Michel Menger :
http://www.dailymotion.com/video/x97ofw ... enger_news
suppr13931
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par suppr13931 »

Aisyk a écrit :En ce qui concerne les bibliothèques, ça me rappelle l'intervention de Christian Massault (président de l'asso des médiathécaires lyonnais) lors des conférences d'Artischaud qui parlait de "culture administrée" concernant les bibliothèques, qu'on y conservait au départ que les livres dont le public lambda ne devait surtout pas accéder... Et que cette culture professionnelle là, encore ancrée dans les bibliothèques (archives, documents peu consultables sauf si "laisser-passer estudiantin"...), se heurte à des réalités, 18% des français visitent les bibliothèques, peu sont abonnés... les horaires d'ouvertures des bibliothèques françaises sont parmi les plus courts d'Europe... Je l'appellerai "culture consultative", "annotative", de classement aussi et bien évidemment "administrée" si on se place sur la question de comment on gère une structure telle qu'une bibliothèque, médiathèque.
Excuse-moi mais il y a des erreurs dans ce que tu dis. D’abord Christian Massault n’est pas président « de l'asso des médiathécaires lyonnais » mais de VDL : vidéothécaires et discothécaires de la région lyonnaise. Je travaille en bibliothèque dans le Rhône, je suis au courant. Ensuite ça fait franchement un bail qu’il n’y a pas que des livres en bibliothèques municipales et que beaucoup y trouvent leurs comptes. D’autre part, le mythe d’une bibliothèque où les documents sont inaccessibles relève du fantasme complet : tu confonds archives, documentation et bibliothèque.

Enfin sur les horaires d’ouvertures cela rejoint ce que je disais sur la gestion d’une bibliothèque par les lecteurs/trices ET par le personnel, non par les élus. Ces derniers seraient bien entendu favorables à une extension des horaires des médiathèques : ce n’est pas eux qui y travaillent… Mais si cela doit se faire, il faudrait que le personnel soit d’accord. Or pour qu’il soit d’accord cela voudrait dire : embauches ou compensation en temps ou en salaire pour le personnel. Travailler le dimanche ou jusqu’à minuit, tu crois que c’est amusant quand on a une famille et des gosses ?

Bref sur ce truc super anodin, on est en plein dans le conflit entre critique artiste et critique sociale. Les artistes bohèmes aimeraient aller à la bibliothèque quand ça leur chantent. Les gens qui travaillent en bibliothèque ont un statut protecteur (qui n’est pas celui qu’on trouve souvent ailleurs en Europe) et aimeraient le garder. Encore une fois la solution ne peut naître que d’une libre administration des établissements culturels par les salarié-es et par le public ; aussi conflictuel que puissent être les intérêts de chacun-e ce sera toujours mieux qu’une gestion par des élus : pour caricaturer, dans une ville moyenne, l’adjoint à la culture est en général la femme du Maire…
Et quoi qu'en dise les quelques relents maoistes
Je n’ai jamais été maoïste et j’exècre ce mouvement. Va chercher tes références ailleurs.
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aisyk
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par aisyk »

Al_z a écrit : Excuse-moi mais il y a des erreurs dans ce que tu dis. D’abord Christian Massault n’est pas président « de l'asso des médiathécaires lyonnais » mais de VDL : vidéothécaires et discothécaires de la région lyonnaise. Je travaille en bibliothèque dans le Rhône, je suis au courant. Ensuite ça fait franchement un bail qu’il n’y a pas que des livres en bibliothèques municipales et que beaucoup y trouvent leurs comptes. D’autre part, le mythe d’une bibliothèque où les documents sont inaccessibles relève du fantasme complet : tu confonds archives, documentation et bibliothèque.
Christian Massault parlait d'une histoire longue, de la création des bibliothèques... de la culture dite administrée, des souvenirs flous, j'en conviens.
Quand je parle des bibliothèques, je ne remets pas en cause le travail qui y est effectué, mais juste qu'entre les intentions, et les résultats sur les populations, force est de constater que "tout le monde ne vient pas en bibliothèque", et que ce que vous appelez "critique sociale" n'est pas quelque chose de très présent dans les bibliothèques...
Et oui il n'y a pas que des livres dans les bibliothèques, il y a aussi des automazic maintenant...
Al_z a écrit : Enfin sur les horaires d’ouvertures cela rejoint ce que je disais sur la gestion d’une bibliothèque par les lecteurs/trices ET par le personnel, non par les élus. Ces derniers seraient bien entendu favorables à une extension des horaires des médiathèques : ce n’est pas eux qui y travaillent… Mais si cela doit se faire, il faudrait que le personnel soit d’accord. Or pour qu’il soit d’accord cela voudrait dire : embauches ou compensation en temps ou en salaire pour le personnel. Travailler le dimanche ou jusqu’à minuit, tu crois que c’est amusant quand on a une famille et des gosses ?
Là aussi, ne pas se méprendre.
Et les infirmières, les sapeurs pompiers, les flics... ? Je ne parle pas d'une volonté de recul social mais d'une prise en compte d'une réalité sociale dans un métier qui croise plusieurs interrogations.
Et ce sont les mêmes que pour d'autres corps de métiers. Mais nous parlons de bibliothèques, pas de supermarchés ! Et oui pour que cela soit possible il faudrait beaucoup plus de moyens humains au service des bibliothèques.
Al_z a écrit : Bref sur ce truc super anodin, on est en plein dans le conflit entre critique artiste et critique sociale. Les artistes bohèmes aimeraient aller à la bibliothèque quand ça leur chantent. Les gens qui travaillent en bibliothèque ont un statut protecteur (qui n’est pas celui qu’on trouve souvent ailleurs en Europe) et aimeraient le garder. Encore une fois la solution ne peut naître que d’une libre administration des établissements culturels par les salarié-es et par le public ; aussi conflictuel que puissent être les intérêts de chacun-e ce sera toujours mieux qu’une gestion par des élus : pour caricaturer, dans une ville moyenne, l’adjoint à la culture est en général la femme du Maire…
Je rectifie, si tu me prends pour un "artiste bohème".
"Les gens aimeraient aller à la bibliothèque quand ils ne bossent pas." ou mieux "Les gens aimeraient que les bibliothèques ne soient pas réservées qu'à ceux qui peuvent y aller et dégager du temps pour cela... (étudiants, chercheurs, artistes bohèmes...)" ou encore, "les gens aimeraient que les bibliothèques ne soient pas tout le temps dans des quartiers "centre" mais proches des populations les plus fragiles..." et "les gens préfèrent le bleu au rouge... quoique parfois, le marron leur sied plus..."
Al_z a écrit :
aisyk a écrit :Et quoi qu'en dise les quelques relents maoistes
Je n’ai jamais été maoïste et j’exècre ce mouvement. Va chercher tes références ailleurs.
Ce ne t'étais pas destiné, je n'ai pas vu de maoisme dans tes missives :) (ni même dans celles de dana, qu'il s'en rassure)
suppr13931
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par suppr13931 »

Aisyk a écrit :"Les gens aimeraient aller à la bibliothèque quand ils ne bossent pas.
Bah oui mais tu crois pas que si les gens qui bossent avaient pas tous des horaires de dingues ce serait pas plus simple ? C’est pour ça que je dis que vous ne comprenez pas ce que sous-entend votre « culture par tous ». Un tel truc suppose une remise en question globale de notre civilisation. Mais vous vous contentez d’un truc superficiel et faussement consensuel. Et puis à qui fera-t-on croire que trouver un livre, une BD, un disque ou une connexion internet est un problème aussi urgent et vital que ceux qui concernent la santé ou la sécurité publiques ? - je mets de côté les flics qui sont une corporation à mon avis globalement négative pour le peuple.
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aisyk
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par aisyk »

Al_z a écrit :Et puis à qui fera-t-on croire que trouver un livre, une BD, un disque ou une connexion internet est un problème aussi urgent et vital que ceux qui concernent la santé ou la sécurité publiques ?
ou l'alimentation ?

C'est une première pierre d'une remise en cause globale, oui. Je n'ai pas le pouvoir ni la légitimité pour tout remettre en cause, mais néanmoins j'essaie d'y mettre des gens... Après, que tu le juges, consensuel ou superficiel, c'est un avis.
Mais une fenêtre de plus vers cet autre possible ne mérite-t-elle pas au moins qu'on y ... participe ?
dana
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par dana »

@aysik
Merci dana,
Mais que penses-tu de Maurizio Lazzarato ?
http://transform.eipcp.net/transversal/ ... zzarato/fr
ben écoute justement ça tombe bien que tu me poses la question :
Boltanski ou Menger ou Lazzarato
j'avais déjà émis de sérieuses réserves sur les thèses de Menger quand son bouquin sur l'artiste comme petite entreprise était sorti (en gros il oublie de tenir compte dans son analyse de toute une pratique contemporaine de création hors système)..
Et quand je lis la critique que fait Lazzarato de Boltanski, hé bien, je ne peux que confirmer ma tendance à me sentir plus proche des modèles de Boltanski que des analyses de Lazaratto (qui gratte les chiffres certes avec talent, mais qui à mon avis répond à un tout autre niveau que Boltanski.. disons que le second essaie d'élaborer un modèle pour penser la critique, à quelles conditions une critique est-elle encore possible dans le champ politique, ce qui me paraît être une question assez vitale aujourd'hui comme hier, tandis que Lazaretto s'en tient à des analyses socio-économiques, certes intéressantes, mais qui à mon avis font tout aussi bien le beurre des opposants que du pouvoir)
je me méfie effectivement de la "critique artiste", et je maintiens, ce que je n'ai cessé de faire, que la question la plus vitale reste celle des inégalités et des effets de l'inégalité sur le destin de chacun, artiste ou pas. Je préfère la critique sociale.
Tu sais ce que je pense du système des intermittents j'imagine :) (là chez lazzarato, les intermittents comme porteurs d'une véritable critique antilibérale. pfffff.. j'ai du mal hein.. la référence à Foucault, pffff.. c'est à des millénaires de ce que je défend, et en plus, tu sais bien que je suis pour le domaine de l'art extrêmement libéral.. et par contre très à gauche quand il s'agit des luttes sociales.)

cela dit merci beaucoup pour les références, je prendrais le temps d'écouter Menger dont tu me files l'interview un de ces jours.


une note relative au reste de la discussion
plus ça va plus je suis convaincu que le seul combat méritant vraiment un titre de priorité c'est celui des inégalités sociales, dans la mesure où elles sont absolument effarantes. C'est ce que j'écrivais à la fin de professionnels versus amateurs. Ce qui peut paraître bizarre, c'est que je traite la question en considérant comme acquis un certain modèle politique d'inspiration libéral (considérant que les libertés sont des biens premiers), mais il n'empêche que..
Imaginons un monde dans lequel, brutalement, subitement, soudainement, les personnes seraient privés massivement d'accès aux biens suivants :
1. les psychotropes, antidépresseurs, anxiolytiques, neuroleptiques etc..
2. des drogues diverses et variées, légales ou pas, y compris l'alcool
3. de bouquins, de cinéma, de musique, etc..
4. bref de tout ce qui nous console en ce bas monde
je crois que l'espèce de paix civile qui se traduit par le fait que les gens ont l'air de supporter leur vie de merde ou les écarts de niveau de vie effarants, ou du moins qui leur permet de survivre en se privant de tout plaisir excepté ces expédients et dérivatifs, hé bien, je suis persuadé que cette illusion s'effondrerait. Je suis sidéré de voir comment on supporte ce qu'on supporte.
TOTORESK
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par TOTORESK »

Je veux dire que si on regarde comment sont définies la "Culture Libre", "Free Culture", comme le notait Ram Samudrala (lien : http://www.dogmazic.net/compil/document ... elibre.pdf) , et bien plus proche de nous, même Ubuntu, pour qui la "Free Culture" est :
Citation:
The free culture movement is a social movement that promotes the freedom to distribute and modify creative works in the form of free content. Our aim is to promote a culture of creativity and sharing which is embodied by Ubuntu and the open source software available for it.

Source : https://wiki.ubuntu.com/UbuntuFreeCultureShowcase
La notion même de participation des publics (et pas de simple spectateur des animations, mais d'acteur), le partage et la réutilisation des œuvres
On peut parler longtemps de "culture", du terme, de sa polysémie, de ce qu'on veut bien y mettre derrière, je préfère accepter la diversité de ses sens et usages et en retirer le pourquoi on crée, comment, et surtout le devenir des œuvres produites... c'est cela qui m'amine. Si le terme "Cultures par tous" vous dérange parce qu'il simplifie une notion complexe, ou qu'il se réfère à des politiques ineptes, je le comprends (quoique pour le quidam moyen, les politiques ineptes à base de "participatif" sont lointaines et les débats sur la polysémie du terme le sont tout autant...). Mais comprenez aussi que ce terme, n'est qu'un étendard, pas un slogan ; une "volonté de faire", pas un constat ; une invitation, pas une politique.
+1 comme on dit......
MrPiggiePopp
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Inscription : 20 janv. 2008, 13:35

Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par MrPiggiePopp »

Aisyk a écrit :
Al_z a écrit :Et puis à qui fera-t-on croire que trouver un livre, une BD, un disque ou une connexion internet est un problème aussi urgent et vital que ceux qui concernent la santé ou la sécurité publiques ?
ou l'alimentation ?
Paf ! en plein dans l'actualité, ce sujet !

"Passer la journée au boulot m'aide à oublier la faim"

Imaginons un monde dans lequel, brutalement, subitement, soudainement, les personnes seraient privés massivement d'électricité (c'est plus probable)

Lien

un véritable orage comme celui qui s'est produit au début du XXe siècle pourrait causer nombre de dégâts sur les systèmes de production et de distribution électrique, sans parler des communications. Ces orages sont tout à fait exceptionnels, mais en astrophysique, aucun phénomène n'est unique.
On n'ose pas imaginer la merde que ce serait si la Terre était sans courant et sans com pendant deux semaines, sans parler du coût.
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