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pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Discussions sur ce qui se passe dans le monde de l'industrie du disque.
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suppr4046
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pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par suppr4046 »

Pour ceux qui ne l'aurait pas lu et que cela intéresse

Les pratiques culturelles des français à l'heure numérique.

http://www.culture.gouv.fr/mcc/Actualit ... -exclusive
dana
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par dana »

très intéressante cette étude réitérée chaque décennie.. On n'est pas trop surpris de voir la place qu'a pris le numérique dans les pratiques culturelles. On verra aussi que sous bien des aspects, les politiques d'accès à la culture pour les "masses" (parlons franc) est un raté complet depuis Malraux. (l'astuce qui fait que ce n'est pas un raté complet consiste à élargir le terme culture pour embrasser la culture des masses - l'idée de Jack Lang, certainement sincère sur ce coup, lui : mais au fond, ça n'a changé grand chose au fait que globalement les plus riches achètent de l'art contemporain et vont à l'opéra, tandis que les prolos regardent TF1 et suivent les aventures de Jonnhy Hallyday)
On peut en dire autant de la fracture numérique, parce que mine de rien, y'a un abime qui s'est creusé entre les 20% de gens branchés et les 20% complètement non connectés etc.. (les autres au milieu se contenant de suivre les recommandations de leur page d'acceuil (MSN en général)
sinon on en avait causé quand c'était sorti sur électrons libres
http://outsiderland.com/dissemination/?p=198
suppr4046
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par suppr4046 »

Oui je sais cette étude n'est pas récente mais je suis retombé dessus et je trouve intéressant de soumettre des travaux à la critique à l'opinion.

Il y a la culture des masses.
Il y a la culture populaire. et ce n'est pas la même chose.

Parles tu de la culture Pour les masses ou la culture Par les masses.
Est ce différent?

Perso je crois profondément que oui. Quand je vois cette vidéo que Taro nous propose; celle faite pas les enfants de Pessac, je me dis que le numérique a tout son rôle a jouer et peut considérablement changer les choses.
Oui tout le monde n'y a pas accès. c'est un soucis ; mais de classe moyenne j'écume dogmazic sans avoir les moyens d'aller à l'opéra.

Je n'ai plus le temps d'écouter l'eurovision...sans remord.

PS tiens au fait mon avatar du moment c'est une goudroune qui aborait le bide au père rico pendant les RMLL. :lol:
suppr4046
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par suppr4046 »

Je relie de biais ton blog dana et je vois ou tu veux en venir.

Il est vrai que je parle de culture pas tous et que cela ne te semble pas pertinent.

Je pense que nous sommes au début de quelque chose et que comme l'art libre si peu s'y adonnent, devons nous se dire que c'est peine perdue ou que cela ne vaudrait pas coup de s'emparer de cette jolie chose.

Dire aussi que nous sommes au début d'une chose un peu écrasé par cette génération de seniors en grand nombre dont le numérique leur est peu parlant.

Les choses vont évoluer. Si on se réveille trop tard, c'est une opportunité de perdu pour que la culture, celle des gens, puisse s'approprier ce média qu'est internet.

Même dans le sport, les amateurs ont leur mot a dire ; pour quoi dans la culture il n'en serait pas de même?

Si les gens sont déconnectés de leur créativité est ce dire qu'ils ne seraient pas capables de créer et qu'après tout à quoi bon les valoriser et leur permettre de poser leur empreinte.
Je ne saurais me résoudre à ce genre d'idée.
dana
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par dana »

disons qu'avant de souhaiter la culture pour tous ou par tous, j'aimerais qu'on s'entende sur ce qu'on veut dire par culture (or, s'il y a bien un terme qui propose une large et vaste polysémie c'est celui)
mon histoire de culture de masse, tu as raison, faut distinguer de culture populaire, mais dans mon esprit c'était plutôt une blague (disons que je cause dans la langue des élites qui, eux, parlent de culture de masse en sachant très bien en quel sens ce n'est pas leur culture à eux :)
sur le sujet je n'ai rien de mieux à dire que cela (qui date d'il y a quelques années quand même)

Programme de réforme de l’Etat et de la société toute entière

pour le soutien de la Haute Culture – et de ceux qui en vivent.


Devant le désert que constituent les propositions politiques en matière de Culture, nous avons souhaité élaborer à l’attention des candidats aux présidentielles en mal d’inspiration un programme rationnel, fondé sur des données indubitables, qui résoudraient d’un coup d’un seul tous les problèmes et mettraient fin aux incessants débats dont la Culture (et ceux qui en vivent) pâtissent.

Constats :

Nos propositions sont fondées sur les observations suivantes, qui elles-mêmes reposent sur les constats formés par les plus brillants experts de la Culture. Nous énumérons ces constats :

1° Depuis Malraux, les ministres successifs de la Culture ont tous fait le voeu de l’accès à la Culture* pour tous. Approximativement un demi-siècle plus tard, on doit bien admettre que ce voeu demeure pieux. Les élites, certes, continuent bon an mal an de s’intéresser à l’Opéra, ou passent une partie de leurs vacances au Festival d’Avignon. Les masses elles, continuent de préférer regarder les variétés ou les séries américaines à la télévision.

* On entend évidemment ici par Culture la Haute Culture, c’est-à-dire les œuvres reconnues par les experts de la Culture, subventionnées par les institutions publiques et appartenant principalement aux domaines suivants : théâtre, danse, art lyrique, musique dite « contemporaine », art dit « contemporain ».

2° Cet état de fait est tout bonnement consternant, et consterne en effet aussi bien les ministres de la culture que les artistes ou bien les élites. Ces derniers aimeraient bien, en effet, que les masses apprécient ce qu’eux-mêmes apprécient, plutôt qu’ils apprécient au contraire ce qu’eux-mêmes méprisent. Ce sentiment d’appartenir à une élite entraîne ainsi une terrible déception morale : on aimerait bien en effet que les masses se saisissent de leur droit à la culture, qui doit être défendu – malheureusement, les masses semblent incapable de traduire ce droit à la culture en jouissance de la Haute Culture, elles préfèrent se divertir : Pascal avait raison. C’est très déprimant. Et le ministre, les élites et les artistes se sentent vaguement coupables de jouir de la Haute Culture, tandis que la majorité préfère Johnny Hallyday à Pierre Boulez.

3° Comme un malheur ne va jamais seul, on s’inquiétera aussi de la crise des emplois culturels. Les artistes professionnels, malgré le soutien de l’Etat, peinent à joindre les deux bouts – et c’est en grande partie parce que le public les boudent. Ainsi les compagnies de Haute Culture vivent souvent aux crochets des collectivités locales, les caisses sont vides, et les intermittents du spectacle, à qui on n’ose pas dire en face qu’ils sont trop nombreux pour un marché trop limité, font les intéressants dans la rue (sans compter que les plus pauvres d’entre eux ne mangent pas à leur faim, ce qui accroît le sentiment de culpabilité des élites qui jouissent des spectacles que ces crève-la-faim leur proposent).

4° Pour couronner le tout, on assiste depuis une décennie à une explosion des pratiques artistiques de la part d’individus qui, manifestement, n’attendent des experts aucune reconnaissance et ne demandent de surcroît rien à l’Etat. Ces « amateurs », comme les appellent habituellement les « professionnels », non seulement font fi des règles habituelles des mondes de l’art subventionné, mais parviennent, en abusant des facilités offertes par Internet, à obtenir parfois plus de notoriété auprès des masses, et même parfois auprès des médias, que les artistes de la Haute Culture.

5° Cet état de fait est tout aussi consternant que la manière dont les masses dédaignent les œuvres de la Haute Culture. Consternant et énervant : car les succès de ces « amateurs » accentuent les difficultés des professionnels à vivre de leur art. On n’a franchement pas besoin de cette épine supplémentaire dans le pied. Malheureusement et, doit-on ajouter, inévitablement, les masses, qui ne savent pas trier le bon grain de l’ivraie, qui préfèrent la télévision aux grandes œuvres de nos artistes subventionnés, se font duper par ces praticiens amateurs, et semblent incapables de reconnaître la véritable qualité artistique authentique là où elle est produite.

Propositions :

La situation actuelle est donc tout à fait insupportable à la fois pour le ministre de la culture, les élites et les artistes subventionnés. Le sentiment de culpabilité morale exposé dans le constat n°2, ainsi que les menaces qui pèsent sur le statut et la profession des véritables artistes (constats n° 3 à 5), ne saurait être laissé pour compte par l’Etat. Il y a va en effet de l’avenir de la Création – et notamment de la Haute Culture : comment les artistes pourraient-ils continuer à créer des œuvres susceptibles de remonter le niveau du peuple, alors qu’elles ont le moral en berne ? Il importe donc, d’une part, d’inciter tous les citoyens à remonter le moral des artistes subventionnés (sans compter celui des élites et du ministre), en y mettant un peu du leur. Et secondement de réformer deux ou trois détails de la vie culturelle française afin de consolider leur statut et leur profession.

Proposition numéro 1 : [s](ré-)éduquer le public[/s] et transformer le paysage culturel

La première partie de ce projet n’est pas facile à mettre en œuvre – et on doit bien admettre que la plupart des gouvernements s’y sont cassés les dents : en effet, pour des raisons incompréhensibles, les masses s’obstinent à pas éprouver de désir particulier devant un opéra de Wagner ou les compositions de Pierre Boulez. Ils persistent à passer des vacances à Palavas les flots en écoutant Johnny Hallyday sur leur baladeurs, plutôt que de s’enrichir culturellement en séjournant une semaine à Avignon pendant le festival.

Ce n’est pourtant pas la faute des artistes, qui, de manière générale, sont favorablement disposés à accueillir parmi leurs spectateurs un certain nombre de gens du peuple, ni celle des collectivités locales lesquelles ont multiplié les initiatives visant à intéresser le peuple, souvent de manière ludique, aux grandes œuvres de la Haute Culture.

On se demande bien pourquoi ces bons sentiments et ces actions vertueuses ne suffisent pas.

Notre solution se fonde sur un renversement préalable des stratégies habituellement prônées par les instances culturelles : plutôt que d’inviter le peuple à découvrir la Haute Culture, incitons-le, sans craindre l’usage de techniques coercitives – comme par exemple : l’éducation – à se nourrir des œuvres véritables et authentiques. Nous proposons deux axes d’action : premièrement, obliger tous les enfants des écoles à assister, chaque semaine, à au moins deux spectacles de Haute Culture, et à visiter régulièrement les musées d’art reconnu par les experts du ministère, moyennant une redevance forfaitaire payée par chaque foyer fiscal et versée au profit de ceux qui vivent de la Haute Culture (en premier lieu bien sûr les artistes, mais aussi ceux qui les administrent et ceux qui les expertisent). Mais comme ce bain culturel (comparable à certains bains linguistiques) ne suffira sans doute pas, nous proposons secondement de modifier en profondeur le paysage culturel français, en remplaçant de manière systématique les émissions de télévision de divertissement par des programmes instructifs concernant l’histoire et l’actualité de la Haute Culture (cette action devra être aussi entreprise auprès des radios et des médias en général). La plupart des médias bénéficiant de subventions, il suffit de conditionner de manière impitoyable le versement de ces subsides au respect d’un cahier des charges drastiques et radicalement en faveur des œuvres de la Haute Culture.

Ces deux actions menées conjointement assureront sans nul doute aux futures générations constituant le peuple à venir une formation sans faille à la jouissance des productions des artistes véritables, et garantiront pour ces derniers et tous ceux qui tirent leurs revenus de la Haute Culture un public fidèle et aimant.

Proposition n° 2 : [s]décourager[/s] administrer les pratiques amateurs.

Reste à régler le cas des difficultés posées par l’invasion d’œuvres non reconnues par les institutions, le cloaque, pour ainsi dire, des pratiques « amateurs », qui vient polluer le bel ordonnancement des mondes de l’art. Les choses ont été déjà bien engagées de ce côté-ci par le ministère actuel, lequel a émis, par le biais d’expertises indubitables, un avant-projet de loi visant à réformer les lois régissant les pratiques « amateurs ». On ne saurait évidemment continuer à tolérer cette concurrence forcément déloyale (puisque ces soi-disants créateurs ne font pas profession de leur art, et conséquemment, se satisfont de peu et cassent le marché des arts et du spectacle), et surtout : on ne saurait laisser cette vaste duperie se déployer sous les yeux d’un public victime d’une ignorance bien excusable et aisément piégé par la rouerie de ces imposteurs. Il faut donc remettre les « amateurs » à leur place, celle qu’ils n’auraient jamais dû quitter, signaler par un logo par exemple que les spectacles qu’ils offrent et les œuvres qu’ils prétendent créer ne sont que de pâles imitations de l’art véritable, qu’elles ne sont pas comparables à celles que produit la Haute Culture.

Sachant qu’il n’est malheureusement pas souhaitable pour un Etat démocratique d’interdire tout à fait ces manifestations sauvages de la créativité populaire (on risquerait en effet de susciter une nouvelle culpabilité morale chez les artistes de la haute Culture, les élites et le ministre de la culture), nous proposons d’encadrer et de contrôler ces pratiques au niveau départemental. Chaque velléité créative non sollicitée par l’Etat devra dorénavant être au préalable, et avant tout réalisation, déclarée à la Préfecture dont on dépend, laquelle indiquera au velléitaire les démarches à suivre afin de pratiquer son art dans des centres de (rééducation) création amateur, mis en place par le ministère, au sein desquels les velléitaires pourront s’informer de leurs droits et leurs devoirs, apprendront à apprécier comme il se doit les œuvres de la Haute Culture et leur rendre régulièrement hommage, et pourront mesurer le chemin, long et exigeant, qui leur reste à parcourir avant de mériter le titre officiel d’artiste (décerné chaque année aux plus méritants d’entre eux suites à des analyses menées par les plus savants experts).

Ces propositions de réforme de la vie culturelle française permettraient seules à mon humble avis de résoudre les problèmes qui se posent à tous ceux qui s’épuisent à vivre de la Haute Culture. Parce que la valeur d’une nation se mesure aussi à l’adhésion du peuple aux œuvres les plus représentatives de sa Culture, nous ne pouvons laisser nos meilleurs artistes et nos élites dans le désarroi qui est le leur en ce moment. Chaque citoyen devrait aimer d’un amour sincère les artistes qui portent la Haute Culture de notre pays. Nous nous proposons simplement, par des réformes simples à mettre en œuvre et économiques, de les y aider.

(Saint-Flour le 15 août 2006)

****************************************************************************************************
en gros voilà pourquoi je me méfie des grands élans sociaux en matière de culture..
dans le même style (en infiniment mieux que moi) tu as aussi les spectacles de Franck lepage dont on avait causé ici je crois, par exemple :
http://www.radio-rouge.org/index.php/?q=lepage
(voir la vidéo en bas de page, attention, amis de l'UMP, c'est un site de gauche, voire très, voire : terroriste)
ou encore le classique Kasimir Bisou :
http://www.irma.asso.fr/jeanmichellucas

bref. j'ai du mal avec le mot culture (et plus je lis de l'ethnologie, plus j'ai du mal :)

NB : pourquoi les balises BBCODE genre [s]Texte[/s] ne fonctionnent pas ? C'est dommage..
Baluzo
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par Baluzo »

à l'heure numérique
c'est con, mais j'ai que des pendules analogique chez moi ..
suppr4046
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par suppr4046 »

Baluzo a écrit :
à l'heure numérique
c'est con, mais j'ai que des pendules analogique chez moi ..
ca marche aussi mais à l'ère numérique est mieux
corrigé

mise à part ce détail ; qu'en dis tu de tout cela toi?
suppr4046
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par suppr4046 »

DAna,

très beau texte ; à mourir de rire....ou a faire grincer. Cela eut valu de le publier quelque part à la page culture de bobo-magazine ; je suis sûre que tu aurais eu de jolis courriers.
arf !

et je ne te cache pas que pour avoir vu certains élus je ressens un micmac indéfinissable quand il s'agit de parler de ce que font les gens...de ce qui n'est pas expertisé et reconnu. Mais on a les politiques que l'on mérite ; et rares sont les gens qui s'enjouent de la découverte, qui se risquent aux spectacles impromptus de Mr personne.
La curiosité, l'imprévu fait peur ; c'est aujourd'hui ainsi. Je parie que la curiosité est vivace surtout quand on apprend qu'a son tour on peut surprendre l'autre.

Pour le mot "culture" désolé je n'en connais pas d'autres ; et quand je le cite je ne me sens réellement pas issu de cet univers d'élites mais bien au contraire de la plus simple situation qui soit : un citoyen comme un autre.

c'est pour te rassurer sur le discours que je peux tenir parfois. :)

ton texte est vraiment très bien.
dana
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par dana »

Pour le mot "culture" désolé je n'en connais pas d'autres ; et quand je le cite je ne me sens réellement pas issu de cet univers d'élites mais bien au contraire de la plus simple situation qui soit : un citoyen comme un autre

c'est pour te rassurer sur le discours que je peux tenir parfois

je n'ai jamais imaginé qu'il puisse en être autrement Didier.
Non non quand je râle sur culture par tous, c'est parce que justement le terme culture me paraît trop polysémique et trop ambigü
Les slogans perdent en compréhension ce qu'ils gagnent en extension (c'est-à-dire que c'est efficace ça sonne bien, mais on peut leur faire dire ce qu'on veut, et ce genre de slogan pourrait bien être repris par tes pires ennemis, justement parce qu'il est trop flottant).
Mais bon, la création par tous, ça changerait pas grand chose au problème
le problème de mon point de vue c'est le mot : "tous"
et là on peut faire un lien avec l'enquête sur les pratiques culturelles des français

quand on utilise le mot "tous", on commet immanquablement un déni de réalité : on fait passer une idée pour le réel. Or, que signifie tous au niveau des pratiques culturelles ? L'enquête a ce mérite de faire apparaître les inégalités dans les pratiques et l'accès à la culture. Les inégalités persistent, ici comme ailleurs. bon. C'est un fait. Il y a des exceptions évidemment, mais ici on peut dire qu'elles confirment la règle.
Pour le dire clairement, quand tu es né dans un milieu défavorisé socialement, tu as de fortes chances de grandir aussi dans un milieu défavorisé culturellement. On peut toujours dire : mais TF1 et la Star AC, c'est de la culture aussi, c'est du point de vue de l'élite que vous considérez cela comme de la merde. C'est vrai. Mais
mais
Dans mon idée de ce qui serait souhaitable en matière d'accès à la culture, ce n'est pas que les gens écoutent Jean Sébastien Bach plutôt que la Star Ac, mais qu'ils puissent au moins avoir l'opportunité psychique de s'intéresser aux deux.
Ce qui m'intéresse, c'est qu'on ait la possibilité de vivre de nouvelles expériences et d'en apprendre quelque chose.
Maintenant, la création ou la culture PAR tous. Oui bon. Mais quoi ? Quoi ?? en quoi consisterait diable cette création, quel art ? quel objet ? quel méthode ? quel média ?
Quand j'entends dans mon patelin parler de pratiques culturelles, globalement, on parle d'ateliers de macramé. Ok. Très bien. Je n'ai rien contre.

D'autre part (là je lance des trucs au hasard pour t'inciter à donner du coffre à ton slogan) : et si tout le monde se met à créer, est-ce qu'il y aura encore des oreilles pour écouter ? Moi je pense que oui, et d'ailleurs je m'en fiche - une société de créateurs ce serait franchement assez délirant.. Du coup.. est-ce qu'on pourrait encore parler de la culture comme cette collection d'objets devant être appréciés (c'est-à-dire distinguer les producteurs des consommateurs) ? Ben non. Et ce serait chouette de tenter l'expérience. y'a des gens qui se plaignent de cette ère nouvelle : la FIN de la rareté ! (disons que d'un point de vue économique enfin. si on veut gagner des thunes, ça pose problème en effet.. mais si on oublie le problème des thunes.. c'est plutôt sympa et détendu)

Est-ce que tu irais juqu'au bout de ton idée ? La culture par tous, c'est la ruine de l'économie culturelle traditionelle (la compétition et la rareté etc..)

Moi ça m'irait bien, à titre d'utopie (même si dans la musique, on en est pas si loin finalement, d'où les efforts désespérés de l'industrie et du ministère, alliés main dans la main, pour sauver ce qui peut l'être)

etc
_________________
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dana
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Re: pratiques culturelles des français à l'ère numérique

Message par dana »

tiens Didier (Eisse)
si tu as le temps, écoute ce débat récent aux journées de Pétrarque à Montpellier
c'est assez technique mais ça donne une petite idée de l'avenir (et notamment de la question de la subvention, locale ou nationale sur le financement de la culture)
http://www.franceculture.com/emission-d ... 07-19.html
(du grain à moudre pour mon idée de mécénat généralisé ultralibérale :)

Un des trucs qui m'a frappé dans ce débat :
le fait est que , quand le ministère de la culture a commencé à travers les DRAC à travailler avec les départements et les régions, les financements sont d'abord allés vers les structures déjà professionnalisées : et en général, c'était des structures du genre : festival de musiques classiques , théâtre, compagnie de danse, arts etc.. des gens qui avaient déjà fait leur preuve
le problème qui s'est posé, c'est que les nouvelles esthétiques (pour reprendre l'expression d'un interlocuteur) arrivent forcément après.. les musiques actuelles par exemple récoltent en général forcément les restes (et sont incités à se professionnaliser sur des modèles pas forcément adaptés)
Dans la perspective d'une crise majeure du financement publique (l'apocalypse promise dans ce débat qu'il faut écouter) les nouveaux acteurs et les nouveaux projets seront nécessairement mis au ban (et beaucoup d'autres acteurs déjà installés perdront leur financement avec les drames que ça suppose)

Un interlocuteur dit alors : c'est le marché qui prendra le relais (notamment dans les musiques actuelles et le spectacle vivant)

d'où ma suggestion : finançons la culture par le mécénat généralisé individuel et la réduction d'impôts etc.. je renvoie les curieux à pas mal d'articles de mon blog
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