pour continuer un brin, tiens, là-dessus...
comme @kidjazz , je constate aussi une tendance assez lourde à qualifier d'amateurisme ce qui émerge du libre. tendance dont on peut se faire une idée de l'ampleur en s'arretant par exemple quelques secondes sur l'expression "il/elle a agi comme un/une pro", pour désigner une action digne du plus haut mérite. C'est pro donc forcément ça déboite. et par déduction, ce qui n'est pas pro, donc amateur, ben... c'est pas pro, quoi
anyway
je veux dire, pro ou pas, comme @Ladee , je ne pense pas qu'il y ait d'incompatibilité entre la diffusion en licence libre et une certaine popularité. tout dépend encore une fois de quelle popularité on parle...
mais sans faire une fixette non plus sur les supermarchés ^^, si on regarde le truc par le bout "vivre de sa musique". Donc être suffisement "populaire" pour pouvoir gagner sa vie avec la musique. qu'est-ce que ça veut dire ?
ça veut dire se mettre d'accord avec les gens pour organiser le marché de votre zic. et les gens avec qui vous allez taper la tchatche sur le sujet peuvent avoir des exigences qui vont entrer en conflit avec ce qu'implique une diffusion en licence libre.
je dit pas que c'est systématique, (cf. les exemples de Ladee, auxquels je pourrais ajouter Nine Inch Nails, qui a publié un album en licence libre, et Radiohead aussi, il me semble, à un moment... là on pourrait dire qu'ils étaient déjà populaire avant, mais c'est pour dire que c'est pas incompatible).
mais par exemple, une maison de disque pourrait me dire un truc du genre : "bon écoute la LAL, c'est bien cool, mais tu comprends, si sur ton album, qu'on voudrait produire, les morceaux sont en LAL, ça va concurencer les ventes, et tu comprends l'économie, tout ça, enfin faut être raisonnable, etc". je dis pas que toutes les maisons de disque diront ça... mais vous voyez l'idée.
bon ou alors : "ouais non mais moi, dans ma boutique, j'ai déjà un forfait SACEM (qui me coute d'ailleurs une blinde) et la gestion du magasin est déjà bien assez compliquée comme ça. donc la SACEM c'est cher mais au moins je passe tout par eux et c'est réglé. si en plus je doit me fader la gestion d'un contrat spécialement pour ta zic... c'est cool ce que tu fais, hein, c'est pas la question, mais là c'est trop compliqué"
enfin vous avez compris. vivre de sa musique, aujourd'hui, ça veut dire (en plus d'avoir la chance d'être repéré, + être bien avancé dans la liste à @kidjazz ...), ça veut dire se mettre d'accord avec ces gens. contractualiser des trucs avec les procédures de préférence habituelles... disons y'a une tendance lourde dans le marché actuel de la zic, avec son organisation, qui laisse la place à la zic libre, mais qui est en grande partie fondée sur des principes de diffusion qui entrent... en tension, avec les principes de la libre diffusion.
[parenthèse cosmique]
On pourrait dire qu'il se passe un peu la même chose en physique, si vous voulez. Y'a l'approche relativiste et l'approche quantique. d'une manière générale, les deux théories cohabitent sereinement (en s'ignorant complètement). mais si vous essayez d'expliquer les trous noirs avec la relativité, vous obtiendrez des trucs aberrants d'un point de vue quantique (et vis-versa).
[/parenthèse cosmique]
mais revenons à nos histoire de diffusion

mes deux cents sur cette tension entre démarche libre et démarche SACEM :
la SACEM classifie les différents types de diffusion en se basant sur une disctinction entre les diffusions dites publiques et celles dites privées. Les licences libres quant à elle ont d'autres préocupations, par exemple de savoir si le morceau est publié en entier ou s'il est tronqué, ou mixé avec d'autres trucs, ou si la diffusion se fait dans un contexte commercial ou pas. mais la publication (au moins dans un cadre non commercial) est toujours autorisée quelle que soit la licence libre choisie. Et cette liberté est une aberration du point de vue de la séparation public/privé qui fonde l'approche SACEM.