Re: passer à l'offensive !?
Publié : 19 mars 2008, 11:10
"empoisonner nos vies" : un peu fort, tout de même. La SACEM verrouille pas mal de choses, soutient les majors dans leur guéguerre contre le "piratage", mais il y a quand-même, je trouve des institutions qui nous empoisonnent beaucoup plus la vie.bikepunk a écrit :C'est pourquoi je parle d'offensive par rapport à la SACEM. C'est quand même un organisme qui empoisonne nos vies,
Effectivement, la SACEM ne conçoit pas que la musique puisse être partagée librement. Elle est donc tout à fait dans une logique exclusivement marchande. La preuve en est qu'elle ne considère comme dignes d'adhérer que les artistes pouvant justifier de diffusions commerciales, ce qui est logique, puisqu'elle ne s'occupe que de gérer des revenus issus de droits patrimoniaux. Il ne s'agit pas d'un syndicat qui défendrait l'ensemble des droits (y compris le droit moral) accordés aux auteurs par la loi.bikepunk a écrit :qui n'est qu'une société de gestion capitaliste de la musique et qui voudrait faire croire qu'il n'y a pas d'alternative... (il ya beaucoup de monde qui croit encore qu'on est obligé de passer par la SACEM pour protéger sa musique ou sortir un disque...)
La SACEM a été créée dans un but plutôt noble : obliger les diffuseurs et les interprètes à partager un peu de leurs gains avec des auteurs-compositeurs qui étaient jusque là complètement exploités. Mais le poids des éditeurs au sein de la SACEM a permis aux majors d'y prendre place (beaucoup de maisons d'éditions sont des filiales des majors). Aujourd'hui, elle est une grande machine bureaucratique qui se comporte plutôt en lobby au service d'intérêts dominants sur la défensive.
La musique libre, en existant, contredit déjà le monopole de la SACEM et l'idée que la musique est forcément une marchandise. Je crois que nous n'avons pas besoin de faire plus que défendre ce principe de partage, que nous mettons déjà en application, et le faire connaître, pour combattre l'hégémonie de la SACEM. Nous sommes là : c'est déjà un acte de résistance. Vouloir détruire la SACEM serait une perte de temps, à mon avis.bikepunk a écrit :Mon but à moi, c'est de "partager nos musiques" mais en faisant aussi la guerre à la SACEM qui obéit à une logique gerbante. C'est politique en fait, comme il y a des gens qui refusent le système électoral en ne votant pas ou d'autres en agissant contre le vote en collant les serrures de bureaux par exemple (oulà je digresse).
Mais de même qu'on peut dire "élections, piège à cons", il est important de dire aux artistes "SACEM, piège à cons" en leur expliquant que la SACEM les prive de liberté et ne redistribue les profits qu'aux "stars" formatées par l'industrie du disque.
(digression en passant : je suis moi-même convaincu que les élections sont un moyen de nous laisser choisir la couleur de nos barbelés ; pourtant, je préfère un bon social-traître à la tête de l'Etat bourgeois plutôt qu'un démagogue aux relents pétainistes ; l'abstention comme refus de cautionner la mascarade politicienne se justifie si elle est relayée par des actions plus fortes et d'envergure : ça dépend surtout du contexte social)
Tu sembles t'interroger sur la licence qui te conviendrait le mieux pour résister. Je dirais que la licence importe peu, dans cette optique. Quelle que soit la licence, en diffusant librement, tu t'écartes au moins un peu de la logique de profit. Par contre, tu peux choisir ta licence en fonction de critères d'utilisation. Ceux qui veulent laisser la plus grande liberté aux utilisateurs et escomptent sur une dissémination virale de la musique libre choisissent souvent la Licence Art Libre. Ceux qui veulent placer leur musique en dehors du règne de la marchandise choisissent volontiers une licence CC avec clause "nc" qui interdit les diffusions commerciales sans une dérogation accordée éventuellement par l'auteur.bikepunk a écrit :Je me pose donc la question de trouver un moyen de "résistance active" à cette merde, et le copyleft peut je pense être un moyen de saboter leur logique (de profit).
Les autres licences que tu cites me sont nettement moins familières.