lol..
j'adore ce forum
bon..
perso je me demande maintenant en vous lisant si on n'est pas en train de se heurter de plein fouet au problème crucial de la vulgarisation de nos idées.
Je m'explique.
La philosophie qui sous-tend le principe des licences libres est non seulement profonde (parce qu'elle engage au fond une certaine conception et pratique de la liberté, parce qu'elle a des enjeux politiques, sociaux, économiques, etc..), mais aussi complexe à déployer parce qu'elle est entièrement liée à l'existence d'un droit d'auteur - dont elle est en quelque sorte un commentaire : la pertincence des licences libres repose entièrement, du point de vue juridique en tous cas (donc du point de vue "social", puisqu'il n'y a rien de réel socialement en dehors du droit), sur le code de la propriété intellectuelle. Si l'on ajoute à ce faisceau de complexités le fait que les legislations touchant aux droits des auteurs différent d'un pays à l'autre, que les licences libres ont d'abord été conçues pour diffuser du code informatique (ce qui je le répéte, n'a pas grand chose en commun avec une oeuvre d'art), que la communauté du libre est en réalité en débat permanent (et parfois violent), on sent bien que la vulgarisation de nos idées constitue une tâche particulièrement difficile (et rien n'est plus subtil que de vulgariser ses idées, tout ceux qui ont eu à présenter les licences libres à un public de non-initiés savent de quoi je parle). Voyez, pour donner une seul exemple, la subtilité et les discussions qui ont été nécessaires pour l'adaptation française des creative commons.
bon.
mr ersatz écrit :
Ensuite, il n' y a pas 12 idées à synthétiser. Ca n'existe pas en marketing, ça. Y a une idée forte, et des idées satellites. A nous de trouver l'idée forte.
C'est pour ça que le P2P-friendly, je trouve ça cool, même si vous pensez que c'est pas le principal, etc. POur moi si, ça l'est un peu.
Tu mets un symbole clair qui concerne le contexte légal et communautaire, à toi de rajouter à côté le logo de ta licence.
On pourrait effectivement trouver réducteur de ne mettre en avant que le P2P friendly, parce qu'on sait bien nous autres que là n'est pas le problème, que c'est une manière même de disséminer la musique qui nous préoccupe, le P2P n'étant qu'un des moyens de cette dissémination.
Cela dit :
Si nous souhaitons vulgariser nos démarches c'est en réaction à un certain discours (ce que j'ai coutume d'appeler la propagande concertée de l'état et du marché). La preuce en est l'occasion de ce post.
Nous réagissons à ce que nous considérons comme une agression, un mensonge, une injustice. Le problème c'est que les moyens mis en oeuvre par la partie qui nous est adverse sont d'une simplicité d'une efficacité redoutable. En gros : "l'échange de musique sur internet tue la musique (et les pauvres artistes)". Quand le ministre de la culture et celui de l'économie, quand pascal nègre et le patron de la sacem, vous assène ce genre de discours, quand on investit des sommes considérables pour promouvoir cette idée sommaire et fausse, on a tout à craindre qu'elle s'insinue dans l'esprit des "consommateurs" (là je n'ose pas parler de mélomanes, parce que ce discours ne s'adresse pas à des mélomanes bien entendu) et devienne une sorte d'axiome irréfutable.
Comment lutter contre un discours aussi simpliste et contre la campagne médiatique orchestrée pour le répandre ?
Grossièrement, je vois dans nos posts deux tendances se dessiner :
premièrement : l'exposition rationnelle de nos idées (autant que faire se peut). Suppose qu'on soit explicite et prècis.. mais jusqu'où ? J'ai envie de dire : c'est ce que proposent déjà les textes des licences libres auxquels nous adhérons. A quoi bon réécrire une charte qui redoublerait en quelque sorte le texte de nos licences. Je me vois mal personnellement adhérer à une charte qui ne ferait pas mention de la réalité juridique. Parce que ça n'aurait aucun sens. De mon point de vue, du moins par rapport au droit français, la licence libre n'est qu'une glose apportée à l'article 122.4 du Code la propriété littéraire et artistique, qui joue sur l'idée du consentement de l'auteur ("Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque." En quelque sorte, nous, auteurs adoptant les licences libres, nous prenons à la lettre cet article et" consentons" a priori, rendons licite a priori, levons des restrictions d'usage, etc..)
Secondement : on pourrait réponde aux discours simpliste et mensonger culturello-mercantile par un discours aussi simpliste, mais aussi efficace : style la proposition de mr ersatz citée plus haut : P2P friendly par exemple. c'est réducteur, mais puisque tous les médias se masturbent le kiki avec cette histoire de P2P, au moins ça aurait un impact : on parlerait la même langue qu'eux
On risque d'être pris entre notre volonté d'être rationnel et la nécessité d'être efficace.
les creative commons ont inventé un système très intéressant finalement en coupant la poire en trois : un logo qui renvoie à une version human readable de la license qui renvoie elle même à une version pleinement "juridique".
On peut s'inspirer de ça.. mais évidemement pour pas faire double emploi, faudrait éviter de se plonger dans le juridique et se contenter d'une profession de foi..
Mais.. partageons-nous tous la même profession de foi ? cela reste à voir

Quand je lis certains défenseurs de la LAL par exemple, je doute qu'on soit vraiment sur la même planète.