en repassant tous ces posts en revue je note ceci :
L'originalité réside aujourd'hui à mon avis uniquement dans la personnalité de l'artiste, son histoire, ses émotions...
dit eOle
ça me plaît bien ça
dans mon langage je traduirais en :
"l'oeuvre originale c'est celle où s'y trouve la trace d'un
sujet" . Sujet au sens de la psychanalyse (qui est le sens décrit par eOle en fait : l'histoire de la personne, affective, émotionnelle, intellectuelle etc..)
En effet quoi de plus original qu'un Sujet ?
là on peut rapporcher le mot "original" du mot "singulier" ou "singularité"
Il n'est pas deux sujets en tous points pareils
Toute oeuvre porte plus ou moins la marque d'un sujet
(après il y a du plus et du moins.. Si on compare Laurie et Dana Hilliot, on sent bien qu'il y a du plus et du moins. Quoique je sois disposé à croire que Laurie se pose dans on oeuvre en tant que sujet, qu'elle y mette un peu du sien quoi.. suffirait qu'elle me l'explique.. faut que je lui demande tiens)
pour la question de la norme dont parle mpop..
tout cela est fort juste
mais l'occident contemporain a vis-à-vis de la norme un rapport très différent des sociétés antérieures
Il me semble qu'une distinction doit être faite ici
(et il y a des tas de bouquins à ce sujet depuis l'école de franckfort)
dans la société pré-contemporaine, la norme est relativement incarnée, elle se confond à la fois avec un ensemble de valeurs (inscrites, enseignées) et de personnages (l'instituteur, le curé, le patron, le maire, le
maître en général).. je simplifie bien sûr.
dans les sociétés dites post-modernes, la norme est détachée, désarrimée. le système des valeurs se disloque, ce qui ne signifie pas du tout qu'il n'y ait plus de pouvoir normatif, au con,trairre, mais que ce pouvoir, pour s'effectuer, emprunte des voies bien moins visibles qu'autrefois. On le voit très bien par exemple, quand on s'intéresse au statut de la folie dans la France d'aujourd'hui, où se situe la frontière entre le normal et le pathologique, etc... Et en règle général, où commence l'altérité, jusqu'à quel point pouvons nous supporter la singularité, etc..
Ce qui me frappe concernant l'art et les artistes, c'est l'impossibilité désormais de subvertir quoi que ce soit, non pas tellement pârce que tout aurait été fait (qui donc pourrait en jurer ?), mais parce que justement la culture est elle-même NORMATIVE. le monde contemporain, le capitalisme radical, est une vaste entreprise de normalisation, de nivellement, de neutralisation de l'altérité, du singulier, des émotions, de l'histoire personnelle etc.. qui aboutit au DENI du Sujet. L'artiste dans cette histoire est happé comme les autres dans ce grand trou noir qui avale toute altérité.
Donc : la Norme est de mon point de vue un effet, et j'ai envie de dire, un effet de pouvoir. Elle n'existe nulle part, mais elle s'effectue et agit partout. Elle détruit les sujets un par un, à commencer par les plus vulnérables (les psychotiques, les pauvres, les délinquants, les enfants sauvages). Elle est portée par la nation elle même, par une force inconsciente collective, à travers les discours et les actes, elle se nourrit de la peur et de la précarité. Lisez le discours de Sarko à Agen d'il y a 3 jours. Le problème n'est pas Sarko, le problème ce sont les gens qui applaudissent, ou plutôt, cette partie de nous qui applaudit en silence.