il y a une chose qui serait peut-être importante de clarifier : on parle de LLD et de gestion individuelle etc mais on y mélange droits d'auteur, droits d'interprète, droits de producteur, et même les répertoires d'ailleurs... ça vient évidemment de ce qu'on fait la plupart du temps tout ça en même temps, mais ce sont quand même des domaines différents : si jean jacques goldman n'était qu'à la sacem, il pourrait (sic) diffuser en libre une interprétation d'une oeuvre de bach par exemple... ou si johnny hallyday n'était qu'à l'adami, il pourrait (sic) diffuser en libre une musique qu'il aura composée mais interprétée par un autre, etc. et l'ouverture ou non de la sacem aux LLD ne concerne donc que la partie "droit d'auteur" des LLD.
ce qui fait qu'un producteur (qui finance un enregistrement donc) pourrait très bien dealer un contrat où il laisserait l'artiste diffuser "sous LLD" les paroles & la musique de sa chanson, mais où il garderait l'exclusivité (pour 50 ans) sur l'enregistrement qu'il va financer... de ce fait, le deal serait : "ouais, pas de sdrm à payer pour moi, donc je te reverserai direct un (petit) pourcentage comprenant ta part de droits d'auteur et ta part de droits d'interprète, et comme la version que t'as enregistrée chez toi avec tes potes qui à chier mais qui marche vraiment très fort sur les réseaux quand même, je suis sûr que l'enregistrement que je finance, super bien produit avec des putains de zikos et un son d'enfer etc. ben il se vendra d'autant mieux"...
(euh, ça pourrait être aussi : "mais non, je ne te reverse pas de droits d'auteur ni de droit d'interprète puisque je te donne de la visibilité ! ouais, la sacem, l'adami, on s'en fout, ils respectent pas les artistes, mais moi, je te laisse rester en LLD pour tes musiques et tes textes... ouais, je suis à 100% avec toi dans ton combat pour la liberté de créer !... ah sinon, bonne nouvelle, je vois que tu as fait 8 heures de studio pour enregistrer la chanson, tu vas toucher 8 x le smic horaire... par chèque, ça te va ?")
il y a donc une indépassabilité de la clause nc... une société de gestion collective ne peut "s'ouvrir" qu'aux licences ouvertes
à clause nc car le rôle d'une telle société, c'est avant tout de récupérer de la thune liées aux exploitations commerciales. ce qui fait donc que de toute façon l'inscription d'un auteur à une société de gestion collective n'a de sens que si au moins 1 de ses oeuvres fait l'objet d'une exploitation commerciale
conséquente...
on avance toujours les chiffres de la sacem (100 000 membres, 2000 qui touchent plus de 1500 € mensuel ou un truc comme ça) pour dénoncer la sacem mais finalement, c'est normal qu'il y ait une telle disproportion puisque n'importe qui peut s'inscrire à la sacem et n'importe qui s'inscrit à la sacem depuis que dans l'esprit des gens, "il faut s'incrire pour protéger ses musiques" (il est loin le temps où pour s'inscrire, il y avait un examen d'entrée pour tester les connaissances du candidat en matière de solfèges et d'écriture musicale)...
ce que je veux dire c'est que cette disproportion ne peut pas être un argument, car les auteurs dont les oeuvres ne sont pas exploitées commercialement n'ont tout simplement rien à faire à la sacem. (et en ce sens, leur logique 'forfaitaire' est légitime)
(donc en fait une comparaison plus pertinente serait : il y a tant d'auteurs de musique en france (et on compte tous ceux qui composent de la musique, qu'ils soient ou non inscrits à la sacem), et parmi tous ces auteurs, on compte ceux qui touchent plus de 1500€. et ils sont donc 2000... Vu comme ça, la sacem devient juste un petit organe administratif de récupération de thune qui n'a qu'une fonction policière et utilitaire, non ?

)...
donc de toute façon,
ouverture aux LLD ou pas, la sacem n'a de sens que si on a au moins une oeuvre exploitée commercialement et de manière conséquente. et justement, le problème, c'est que dans l'état actuel des choses, il suffit d'une seule musique qui "marche commercialement" et voilà son auteur condamné à soit gérer tout ça individuellement (et il est obligé de se transformer en homme d'affaire), soit à laisser tomber, soit à s'inscrire à la sacem...
et là ça devient comme, je sais pas, un garagiste condamné à faire des factures dès qu'il prend la moindre clé à mollette, même si c'est pour aider un pote à réparer sa mob... c'est une situation absurde. alors qu'on devrait pouvoir justement distinguer la musique "pour le boulot" et la musique pour le partage... et libre à chacun de ne faire que de la musique pour le boulot ou que de la musique pour le partage, ou les deux.
