Yo, les amis (on reste amis, hein?)
Je vais essayer de clarifier mon discours par quelques rappels qui me tiennent à cœur.
Ce sera peut-être un peu désordonné et j'aimerai vous répondre à tous sur chaque point mais ce serait vite indigeste.
1° je suis partisan de la politique par le fait.
Or, ce qu'on constate ici, c'est quoi ? La SACEM existe depuis 150 ans (selon vous, je n'ai pas vérifié) et son modèle de répartition ne nous convient pas. Jamendo propose un modèle qui nous fait horreur.
Deux modèles de gestion à éviter, donc? Oui mais deux modèles non-fictifs.
Vous, les experts, vous souhaitez engager une discussion sans modèle en place, comme les curés qui prétendent asseoir les bonnes pratiques sexuelles. Je continue malgré tout à vous faire confiance sur le fond, mais ça me semble naïf.
Etes-vous capables d'assurer la rémunération des artistes ? Non.
Imaginez un épicier mutualiste de Tarnac qui viendrait expliquer à la ministre de l'intérieur: "ok, on est pauvres et notre modèle n'est pas encore très en place, mais t'imagines comme ce serait cool une société égalitaire?"
2° on ne discute pas avec les collabos.
Même Petitgirard admet que la répartition effectuée par la SACEM est le reflet des dérives médiatico-marchandes organisées par les grands groupes. Conséquence: une grande majorité des sociétaires mangent du caca pendant que d'autres, souvent les plus insipides sont honteusement richissimes.
Suite à quoi, il affirme que cette répartition est "juste". Ben, ça clos la discussion, à mon avis.
3° le projet de culture libre a un sens (pourvu qu'on veuille lui en donner un)
La vraie force du mouvement libre est de proposer un accès universel et sans entrave économique aux cultures, savoirs, logiciels... etc... C'est cette idée qui a permis à Richard Stallman (pas sûr de l'orthographe) d'imaginer les licences libres.
La réflexion sur une rémunération des acteurs du libre devrait, à mon avis, ne se faire qu'en regard ce cette considération. La compatibilité avec les institutions n'est qu'un retour en arrière programmé.
4° je reste absolument contre la constitution d'une base de données
Et je trouve ça très symptomatique du problème: on veut s'intéresser aux petits papiers de la SACEM ou de Jamendo, et du coup on fait une petite entorse à nos idéaux en faisant notres leurs outils de gestion.
"Après tout, un fichier Edwige consacré uniquement aux pédophiles récidivistes mangeurs de femmes agées, vous ne pouvez pas être contre? Je vous assure, seuls les pédophiles volontaires y seront inscrit".
Je vous renvoie à la révolution de 1917 pour y constater combien les outils de flicage dans les meilleures mains deviennent rapidement les pires matraques. Comment, j'extrapole ? ... oui un peu
5° nous ne sommes pas des redresseurs de tort
Jamendo tente de pourrir les licences libres? Ils n'en sont pas propriétaires. Construisons en méprisant leur modèle.
La SACEM empêche les artistes de bouffer à tous les râteliers? Rien à foutre. Si les artistes-carriéristes avaient un choix (ils auraient un choix si on se sortait le doigt du cul au lieu de parlementer avec les libéraux(note pour Dana: libéraux au sens madeliniste) de la SACEM ), s'ils avaient un choix, donc, ils se renseigneraient sur le contenu.
Je ne vais pas vous empêcher de discuter plus longtemps du contenu de vos échanges avec la SACEM. Rico, tu demandais des avis, des réactions, des propositions... je vous donne ma position : grossière erreur.
Gros câlins à tout le monde.
Jacques W. Junior Higelin.