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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 16 nov. 2006, 01:39
par -banni-
C'est une bonne idée pour la partie Action.

Pour la rencontre avec Dogmazic, je sais pas trop, je suis un peu sauvage mais ça reste une bonne idée :D

C'est parce que tu en as marre de me voir poster sur ce forum que tu m'écris ça ?!!

Le fourbe... :twisted:

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 16 nov. 2006, 02:19
par taro
salut à tous,

c'est my first post ici !

je m'invite, j'adore cet endroit !

:)

dana a écrit : je me disais, si je remontais un label, je ferais les choses ainsi

considérant que la musique ne devrait pas être vendue (c'est un point de départ comme un autre, c'est le mien)
mais qu'il faut bien qu'un label ait quelques moyens
considérant qu'au fond, lorsque nous vendions un disque chez another, c'était d'abord un objet, pas la musique proprement dite (celle-ci étant dispo gratos sur le net)
Que chaque achat constituait en quelque sorte un signe de soutien adressé par des gens qui nous apprécient
[…]
alors
pourquoi ne pas aller plus loin ?
et vendre carrément de véritables objets d'artisanat
[…]
bref on peut faire des tas de choses
dans l'idée, on voulait bosser avec des artistes multifacettes, ou des collectifs

je crois qu'il y aurait vraiment à creuser, un truc vraiment sympa et original
avec les nouvelles technologies, ça reviendrait beaucoup moins cher qu'avant
[…]
L'idée est de fabriquer à la demande, avec très peu de stock
[…]
Du coup
on vend vraiment des objets
ça permet aux artistes de se faire connaître, aux amateurs de posséder quelque chose de chouette, et on ne vend pas la musique, on manifeste l'univers dont elle émane (à travers les textes, les images, les objets etc..)
Bon c'est génial, c'est exactement le modèle que je suis en train de mettre en place avec mon pico label :)

dana a écrit : (j'avais déjà essayé de penser à partir des chants pygmées dans la dissémination de la musique, mais ça n'a inspiré personne, en tous cas personne ne mù'a dit à quel point c'était une chouette idée :) alors que je crois que c'est la meilleure idée de ce texte)
je vais faire quelques commentaires sur ça. Personnellement, j'ai bien aimé la métaphore. telle que je l'ai comprise, ça rejoignait assez ma conception des choses ; la musique est vivante, volatile. la musique est instant, émotion pure, intention pure. la fixer sur un support (pour la reproduire), c'est la tuer. paradoxalement l'enregistrement, c'est la mort de la musique :D je dis ça alors que je consacre tout mon temps libre à l'enregistrement ;) mais c'est pour ça que mon cheminement de la musique a été d'aller vers le 'chant de la pluie'. et la suele raison d'être de l'enregistrement devient la capture d'un instant magique, où quelque chsoe se passe (la pluie se met à tomber par exemple).

il y a 10 jours, j'étais dans les montagnes du pays basque. avec un accordéoniste, un violoncelliste. et moi à mon nagra. le duo part sur 30 mn d'improvisation avec les éléments (avions, voitures, troupeau au loin etc.). ben c'est 30 mn de moment magique dans la boîte, une symphonie de synchronicité incroyable ! ç'aurait pu être raté. mais non. Là, l'enregistement a vrai un sens à mes yeux. et du coup de moins en moins celui d'un travail de "studio" où tout doit être poudré, cosmétisé, maquillé, lifté, aseptisé, mis en boîte — de conserve — qui veut dire ce que ça veut dire… le studio, c'est comme un immense congélateur ! :D

des ethnomusicologues pleins de bonne volonté ont retranscrit des chants traditionnels... pourquoi ont-ils bémolisé ou dièzé des notes qui ne rentraient pas leur grille de 12 notes égales?... pourquoi à l'heure du midi, on ne peut pas jouer sur les tempéraments ? comment en sommes-nous arrivé à enregistrer des pièces du répertoire classique par tranches de tant de mesures... pour faire propre soi-disant. ouf, j'écoute la 5e de malher par l'orchestre de st petersbourg enregistré par water lilly acoustics et je comprends à quoi sert un enregistrement.

une autre réflexion que m'a inspiré ton chant de la pluie : en fait, l'auteur est simplement celui qui sait quand l'oeuvre qu'il a "oeuvrée" est achevée. et cela n'est pas une abstraction. cela s'inscrit dans le temps, une époque, un lieu donnée etc. je rapproche ça de la métaphore de pierre ménard qui décide d'écrire don quichotte (borgès raconte dans sa nouvelle l'histoire de pierre ménard qui écrit don quichotte. il fait lire des passages à ses amis. en fait, c'est le *même* texte que le quichotte de cervantes. sauf que pierre ménard ne copie pas, ne plagie pas, non il écrit le quichotte en tant qu'auteur à part entière, inscrit dans son époque etc. c'est-à-dire qui n'a rien à voir avec l'époque de cervantes. autrement dit, le texte est peut-être exactement le même, mais ce n'est pas du tout le même texte !)... je veux dire par là que je distingue la notion de "work in progress" et la notion de "work qui fait sa vie". en ce sens, le droit d'auteur n'opère aucune 'réduction', bien au contraire. comme l'oeuvre échappe à son auteur dès l'instant où il commence à remplir la feuille blanche, et donc encore plus après quand il la divulgue. il ne peut pas interdire qu'on chante faux sa chanson. donc ça ouvre des espaces infinis. et le droit d'auteur est un phare dans l'immensité. (j'écris ce commentaire en ayant ton texte en regard. oui oui, tiens je sais, on va appeler ça de l'exégèse de la parole danaïenne ;) )

bon mais là il est tard et je m'égare alors je vais me coucher.

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 16 nov. 2006, 02:37
par dana
je t'aime taro
bienvenue à toi en tous cas

nitromthemetronome
arff
parler d'another record.. il y ades textes là dessus ici
http://www.another-record.com/sitev4/fr ... hie_fr.php
textes qui datent un peu à vrai dire

rien que pour te donner une idée, quand j'ai créé le label, internet tournait à 56ko.. donc tu imagines bien que la musique en ligne fallait pas rêver

sinon, un label classique (c'est-à-dire comme tous les labels avant internet) ben c'est un boulot assez balisé :
découvrir des artistes (sur des coups de coeur, parce que le mec t'a bluffé en concert, parce que t'es tombé par hasard sur un K7 audio enregistré dans le garage, cachée sous une pile de Cd, et que sans faire exprès tu l'as écouté), les soutenir (surtout : moralement, dans le rock faut beaucoup de soutien moral), organiser des concerts, sortir des disques, négocier, discuter, s'engueuler, se bourrer la gueule, faire l'amour parfois
les faire connaître
réfléchir à ce qui serait le mieux vu le peu de thnes qui entrent
inventer des nouveaux trucs, piquer des idées aux autres, discuter avec les mecs de musique-libre.org et leur piquer plein d'idées
éventuellement écrire des textes pour expliquer tout ça (ce qui permet au moins de remettre ses propres idées au clair)
s'engueuler avec pas mal de mecs aussi
et compter les sous, négocier avec l'artiste à qui on a promis de sortir un scud depuis un an et qu'on n'a toujours pas le thunes pour le sortir
assurer, pas assurer
faire un stand dans un festival de branleurs à la route du rock
voir son nom dans les magazines ou le nom du label
relancer les salles de concert une fois dix fois
avoir réellement envie de laisser tomber ce merdier et de mettre fin à ses jours
détester les artstes le public les médias, et soi-même
essayer de fédérer les choses, monter des réseaux, faire des malings pourraves que personne ne lit
y croire
(à quoi je sais pas mais bon)
être déséspéré
sombrer dans l'alcool et la coke
arrêter sa carrière d'artiste à la con arrêter le label
souffler un peu

voilà
ça va comme ça ?

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 16 nov. 2006, 14:55
par edised
Finalement Dana, Another Record et Universal, c'est la même chose :D

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 16 nov. 2006, 16:14
par dana
tout à fait eddy
C'est pour ça qu'on retrouve certains mecs des labels indé des années 80 aux manettes des Majrs aujourd'hui.
Je me vois bien PDG d'Universal tiens

En tous cas, j'ai pris pas mal de décisions débiles dans ma vie, mais celle d'arrêter le bizzness, ça c'était une bonne décision. Et c'est din gue, une fois que tu en es parti, comment tu oublies vite tout ce barzouingue
cela dit
c'est aussi un truc absolument passionant de créer un label (un label à l'ancienne je veux dire) : ça fait plein de relations humaines, sociales, ça apprend plein de trucs sur soi-même, ce qu'on supporte ou pas.bref.. S'il y en a qui ont le courage de se lancer, qu'ils le fassent. c'est galère mais par moment c'est carrément jouissif.

et puis bon
quand je vois l'actu de groupes comme gatechien, half asleep, jullian angel, the wedding soundtrack, ben je suis content d'avoir contribué à les lancer... J'aime bien ce verbe : "lancer" comme un pavé dans la mare aux canards, lancer de vilains petits canards qui éventuellement deviendront en grandissant de beaux cygnes majestueux, ou pas.

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 16 nov. 2006, 16:18
par bituur
d'ailleurs, d'ici quelques jours, le wall street journal va annoncer "a gigantic merging" :
Another Universal Records !!!

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 16 nov. 2006, 17:46
par dana
N'y aura-t-il bientôt plus que trois majors à se partager le gateau de la musique mondiale ? Alors que rien ne va plus dans la fusion entre Sony et BMG, les deux "petites" EMI et Another Record auraient repris les discussions afin d'allier leurs forces dans une même structure.

Depuis la fusion entre le japonais Sony Music et l'allemand BMG, Universal Music (25,5%) et Sony-BMG (21,5%) dominent à elles seules près de la moitié de la musique mondiale. A côté d'elles Another Record (0,0002%) et EMI Music (13,4%) ne font plus le poids, et il est depuis longtemps question qu'elles fusionnent pour donner place à un EMI-Another Record qui réduirait à trois le nombre de majors. Ces maisons de disques géantes se partagent 96% du marché de la musique en France, et selon les derniers chiffres officiels de l'IFPI, plus de 70% dans le monde - le reste étant réservé aux "indépendants" qui pour la plupart ne méritent pas ce terme.

Les négociations sur la fusion entre Another Record et EMI Music, en stand-by face à la menace de censure par les autorités de Bruxelles, pourrait reprendre à en croire les informations du Sunday Times. Sans citer ses sources, le journal britannique indique que les préparatifs, qui en sont encore à leur début, devraient conduire à la reprise de négociations de fusion d'ici quelques mois. L'hebdomadaire britannique indique la maison de disques locale, EMI aurait contacté Dogmazik et UBS pour la conseiller dans les négociations, tandis que Another Record aurait choisi les cabinets Goldman Sachs et Jamendo.

Si la fusion était avérée et acceptée par Bruxelles (qui a accepté sous les critiques celle entre Sony Music et BMG), le groupe deviendrait la deuxième major devant Sony-BMG et derrière Universal.

Rappelons par ailleurs que des rumeurs persistantes font état d'une possible vente par le français Dogmazik des parts de BMG dans la major formée avec Sony. Universal n'a pas caché ses intentions de proposer leur rachat si Sony ne souhaite pas activer son option. Certains analystes estiment même que Dogmazik pourrait convaincre Sony de vendre lui aussi ses parts pour se concentrer sur ses activités électroniques. Il n'y a pas encore trois majors que déjà planne la menace de n'en voir plus que deux, toujours plus imposantes...

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 16 nov. 2006, 17:54
par mpop
taro a écrit :Là, l'enregistement a vrai un sens à mes yeux. et du coup de moins en moins celui d'un travail de "studio" où tout doit être poudré, cosmétisé, maquillé, lifté, aseptisé, mis en boîte — de conserve — qui veut dire ce que ça veut dire… le studio, c'est comme un immense congélateur ! :D
Mouais...

Mouais mouais mouais... Si on veut, pour quoi pas. Moi je dirais plutôt : l'enregistrement en studio, ça peut être vécu/perçu par les artistes/le public comme une dénaturation/aseptisation de la « vraie » musique. Mais de là à affirmer que la vraie musique c'est l'instant, et que l'enregistrement ne vaut que comme fixation de l'instant...

Prenons le cinéma par exemple : je sais bien qu'il doit y avoir quelques contre-exemples, mais globalement il est très difficile de concevoir un film comme la fixation d'un instant. Il faut généralement plusieurs instants (que l'on va plus ou moins scénariser, fabriquer, mettre en scène, truquer), et une fois que l'on a enregistré ces instants, il reste tout un travail de montage pour obtenir une oeuvre. Même pour un film Dogme 95.

Alors quoi, le cinéma c'est un art du trucage, tandis que la musique serait un art de l'authenticité ? À mon sens, rien n'empêche de faire du cinéma en mettant en avant « l'authenticité » (même si ça veut pas dire grand chose, mais ça donne une ligne directrice pour construire des trucs), ou de faire de la musique « truquée ». Après, libre à chacun de dire ce qu'il aime ou pas, et de promouvoir une forme de création plutôt qu'une autre.


Tiens, ça me fait penser à la littérature, qui est un art frigorifié (pour reprendre l'image de taro) par excellence : parce que bon, un livre, c'est des mots, du langage, et que « normalement » le langage c'est un machin qui utilise un système des cordes vocales, des bouches, de l'air, des oreilles, des tympans, ce genre de conneries, et pas du papier et des yeux (et puis quoi encore ?).

Ou alors, peut-être que la fixation et le remaniement permettent des choses que l'instant (capté ou pas) ne permettent pas, et inversement ?


Tant que j'y suis et pour finir, ce petit témoignage de taro (qui n'avait sans doute pas de vocation généralisatrice, mais je me suis permis de rebondir dessus) me rappelle encore l'atelier d'écriture de mon lycée, quand j'avais 17 ans (donc ya pas si longtemps, pour tout dire), où on nous avait suggéré d'écrire un machin sur « Qu'est-ce que l'écriture ? » (ou une question du genre). Pour nous inspirer un peu, il y avait quelques textes de machin ou de bidule (des écrivains et écrivaines, donc) qui proclamaient « Écrire c'est comme hurler sous les miroirs des relents du temps tout en dansant la lambada » (je cite pas de mémoire, car j'en ai peu, mais ça donne une idée). Non, plus sérieusement, il y avait des trucs très sympa et tout, mais au final c'est un peu ridicule tous ces ressentis personnels extrapolés en définitions catégoriques. Mais bon, au moins ça sert à créer des courants artistiques, donc c'est déjà ça de pris.

Pour l'anecdote, j'ai rien écrit sur l'écriture ce jour là (et j'ai arrêté d'écrire des nouvelles à peu près à ce moment là : quand je me suis rendu compte que je n'avais pas de fiction personnelle pour motiver ma « plume »... mais là je sur-interprète un peu pour les besoins de la cause).


Ah tiens, je me rends compte que j'ai oublié de parler des statistiques, que tous les artistes s'accordent à décrire comme étant « froides ». Genre : l'analyse statistique ça fait des « moyennes », ça gomme les nuances, etc. Alors que 1) c'est pas les chiffres qui gomment les nuances, c'est l'exploitation qu'on peut en faire (surtout quand on sait pas analyser des résultats statistiques) et 2) la dernière fois que je me suis retrouvé face à des statistiques, j'ai trouvé ça super chaud à comprendre. Et si c'est chaud, c'est pas froid. CQFD.


Sur ce, je vous laisse, et mes excuses à Nitrom pour le polluage de sujet.

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 17 nov. 2006, 05:23
par meltingman
whaoo!

j'ai lu mais pas tout :lol: ..

alors, eu.. si je m'inscrit sur jamenrouge, je pourrai toujours fumer du Dogmableu?

en tout cas, je trouves que toutes les pensées sont bonnes a prendre et toutes les expériences enrichissantes ..
je sais pas ecrire de longues phrases donc je vais juste dire que j'ai été d'accords avec pleins de jolies mots et aussi avec les pas jolies, a partir du moment ou on se rend compte qu'il y a une raison à chaques chose..

moi je penses que la pub me derange pas si elle n'est pas bruyante pour un site musical, de toutes manieres je clique jamais sur le bandeaux de pub (sauf pour faire plaisir aux copians webmasteurs qui vivent de ça :P)..

je vais juste reprendre cette pensée :
Moi je dirais plutôt : l'enregistrement en studio, ça peut être vécu/perçu par les artistes/le public comme une dénaturation/aseptisation de la « vraie » musique.
pour dire que plus ça va et plus la musique perd ses musiciens, et l'ordinateur remplace le batteur le pianiste, le guitariste et arrange le chanteur :lol:..
Donc, pour moi la vrai musique est dans le coeur et dans le live, l'album n'est pour moi qu'un temoin, une mémoire, j'ecoute peu de musique et pourtant je l'aime, car il y a peu de gens qui jouent partout ou je me promene :P.

voila, bon, il est tard alros il faut m'excuser un peu, :D.
merci de votre debat/dialogue/eclaircis..

et bonne journée

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 24 nov. 2006, 20:10
par taro
dana a écrit :je t'aime taro
moi aussi je t'aime. c'est beau l'amour.
dana a écrit :bienvenue à toi en tous cas
merci.

;)